Communiqué de M. Lionel Jospin, Premier ministre, en date du 3 juin 2000 sur les enjeux de la mondialisation, l'importance de la responsabilité sociale internationale et les principes d'une "gouvernance moderne pour le XXIe siècle". | vie-publique.fr | Discours publics

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Communiqué de M. Lionel Jospin, Premier ministre, en date du 3 juin 2000 sur les enjeux de la mondialisation, l'importance de la responsabilité sociale internationale et les principes d'une "gouvernance moderne pour le XXIe siècle".

Personnalité, fonction : JOSPIN Lionel.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Réunion de 15 chefs d'Etat et de gouvernement ("sommet des réformateurs") à l'initiative du chancelier Schröder sur la définition d'"Un projet politique de progrès pour le siècle nouveau", à Berlin les 2 et 3 juin 2000

ti : Nous nous sommes réunis à Berlin pour échanger nos idées et apprendre les uns des autres afin de nous préparer aux nouveaux enjeux et aux nouvelles opportunités du XXIe siècle. Six d'entre nous se sont rencontrés à Florence au mois de novembre 1999 et nous nous étions promis d'étendre nos discussions. Aujourd'hui, 14 chefs d'État et de gouvernement ont trouvé une assise commune qui, à notre avis, permet de définir un projet politique progressiste pour le siècle nouveau.

Ce sont avant tout nos valeurs qui nous unissent. Nous souscrivons à la solidarité et à la justice sociale. Nous croyons à l'égalité de tous et à notre responsabilité mutuelle. Ces valeurs revêtent une nouvelle pertinence dans un monde en mutation rapide. Si nous sommes libérés de nos anciennes inimitiés, nous devons assumer la lourde responsabilité de rattraper les années perdues. La seule façon de nous acquitter de cette tâche est d'avancer dans une nouvelle voie progressiste.

Nous sommes des responsables politiques conscients des possibilités offertes par la mondialisation, sans pour autant en nier les dangers. Nous savons parfaitement que la mondialisation est une réalité économique, sociale et culturelle, mais il serait bon de ne pas lui laisser libre cours: c'est une réalité que nous pouvons maîtriser ensemble. Aider les hommes à exploiter au mieux cette mutation en leur procurant les instruments qui leur permettront de développer leurs talents dans le monde en gestation, voilà la tâche maîtresse d'une gouvernance moderne dans le siècle nouveau.

Nous pensons que l'économie de marché doit aller de pair avec la responsabilité sociale si l'on veut engendrer à long terme la croissance, la stabilité et le plein emploi, promouvoir la justice sociale et protéger l'environnement. Nous sommes d'avis que des politiques macro-économiques et budgétaires saines favorisant une expansion à la fois forte et constante sont propices à une politique du plein emploi dans laquelle une croissance continue encourage le patronat à recruter et à former ceux qui, auparavant, n'ont pu profiter de bonnes opportunités en matière d'emploi. Toutefois, la révolution numérique, l'intégration croissante de l'économie mondiale tout comme les changements dans les domaines démographique et social signifient que nous ne pouvons réaliser nos valeurs que si nous nous engageons dans de nouvelles voies. Nous savons que les avantages de la mondialisation ne profitent pas à tous, en particulier dans le tiers-monde où l'inégalité dans la répartition des revenus s'accroît sans cesse. La mondialisation doit mener à une amélioration du niveau de vie pour tous et non à une spirale destructive s'effectuant aux dépens de la protection de l'environnement et des travailleurs.

Tous ces défis demandent une action progressiste. Nous proclamons notre attachement aux valeurs fondamentales que sont des chances pour tous, la responsabilité de tous et la communauté entre tous. Nous utilisons de nouvelles méthodes de gouvernance moderne. En cela, seul un dialogue plus large peut nous aider, c'est pourquoi nous invitons d'autres responsables politiques à s'engager avec nous pour gérer les défis et les chances que nous allons évoquer.

Les populations veulent vivre au sein d'une communauté et non simplement travailler dans une économie de marché. Ils attendent donc de leurs gouvernements qu'ils luttent efficacement contre le chômage, en coopération avec le patronat et les syndicats; ils désirent être instruits et apprendre tout au long de leur vie car ils savent que c'est la clé à la fois d'une plus grande efficacité et d'une plus grande cohésion sociale; ils souhaitent que leurs gouvernements développent les opportunités et renforcent la sécurité; ils veulent protéger l'environnement et améliorer la qualité de vie à l'échelon local; ils veulent que la coopération se développe au-delà des frontières nationales afin de tenir compte, dans la réalisation de ces objectifs, des liens existants au sein de la communauté internationale.

Nous sommes déterminés à faire avancer nos pays et à créer des conditions-cadres sûres et solides susceptibles de contribuer à promouvoir les droits civiques, l'emploi et la prospérité et à assurer l'égalité des chances entre les hommes et les femmes. Notre objectif est de déployer les talents de tous les citoyens mais, pour ce faire, nous devons partager les responsabilités entre les pouvoirs publics et l'individu, entre les gouvernements et les organisations internationales, entre les organisations non gouvernementales et le secteur public. C'est une question qui est au coeur de la gouvernance moderne du XXIe siècle.

Promouvoir la prospérité

Nos entretiens à la Conférence de Berlin se sont concentrés sur trois domaines. Premièrement, nous avons discuté du rôle de la politique et du gouvernement à l'échelon national dans le contexte de la concurrence économique mondiale, des marchés globalisés et des flux financiers internationaux. Selon nous, pour promouvoir la prospérité, tout État national doit assumer cinq responsabilités majeures:

- Il doit maintenir la stabilité dans le cadre de la politique macro-économique, soutenir des finances publiques saines et s'opposer résolument à l'inflation. Il devrait aussi promouvoir la stabilité et la transparence des marchés financiers ainsi qu'une concurrence loyale. C'est seulement ainsi que les milieux d'affaires et les familles pourront investir avec confiance, seulement ainsi aussi que nous pourrons maintenir nos économies sur la voie d'une croissance stable et soutenue et envisager le plein emploi.

- La nouvelle économie qui conquiert le globe à une très grande vitesse apporte une prospérité sans pareille. Nous croyons que le changement économique et les technologies innovantes peuvent déboucher sur de nouveaux modes de travail et que les nouveaux marchés sont susceptibles de présenter davantage de possibilités d'aménagement pour l'individu et peuvent être démocratiques. Le progrès économique peut aider les populations à surmonter les barrières sociales et économiques, à la condition que les individus disposent des capacités nécessaires pour gérer les nouveaux défis.

- L'éducation est essentielle à la fois pour assurer l'égalité hommes-femmes, le développement et une conscience civique, et elle constitue la clé de voûte de l'équité sociale et du dynamisme économique. L'un de nos objectifs est de promouvoir l'apprentissage tout au long de la vie et de développer les capacités des travailleurs peu qualifiés. En étendant l'enseignement supérieur, nous créons également une base de recherche dynamique pour les nouvelles technologies.

- Les systèmes d'aide et de protection sociale ont besoin d'être à la fois améliorés et adaptés. Dans les pays en développement, de meilleurs réseaux de protection sociale peuvent empêcher de perpétuer la pauvreté et l'inégalité aussi bien des hommes que des femmes. Nous devons également veiller à assurer la sécurité financière de la prise en charge des personnes âgées, des malades et des personnes handicapées et nous préparer ainsi aux nouveaux défis démographiques. La politique sociale repose sur une politique de l'emploi efficace fondée sur la participation et destinée tout particulièrement à prévenir le chômage structurel. Dans ce domaine précis, nous mettrons en commun nos expériences et profiterons mutuellement de nos bonnes pratiques respectives.

- Nous sommes déterminés à exploiter pleinement les chances que nous offrent les nouvelles technologies de l'information et de la communication pour la prospérité, l'emploi et la participation. Le rôle de l'État est de créer un climat favorable au développement de l'esprit d'entreprise, de contribuer à réduire le coût de l'accès aux nouvelles technologies et d'encourager la recherche et le progrès scientifique. Nous sommes résolus par ailleurs à surmonter le clivage numérique. Tous les citoyens doivent avoir les capacités de participer à ces technologies qui sont en train de bouleverser rapidement notre vie. Nous sommes conscients que les nouvelles technologies créent de nouvelles formules d'aménagement du travail et sont susceptibles d'affecter les droits des travailleurs.

(Source : http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 9 juin 2000)

(Pour la suite du texte voir les références 00200005402 et 00200005403)
(Pour le début du texte voir la référence 00200005401)


Renforcer la société civile

Deuxièmement, nous avons discuté des moyens de renforcer la société civile. La mutation des structures sociales peuvent renforcer encore la vitalité des communautés prospères. Les familles nécessitent notre soutien; les citoyens exigent un environnement sûr; les enfants ont besoin de grandir dans un milieu exempt de crimes, de drogues et de violence, et les immigrés et les populations indigènes doivent être pleinement intégrés dans la vie économique, sociale et politique. Nous voulons afficher notre horreur du racisme sous toutes ses formes ainsi que notre détermination à le combattre, à l'échelon national et international.

Une société civile forte basée non pas sur des préjugés mais sur des règles convenues et un État réformé forment le cadre d'un marché dynamique. Les responsables doivent rendre des comptes. Les gouvernements réformateurs doivent mettre la mondialisation au service de tous les hommes. Les sujets suivants sont essentiels à nos yeux:

- Nous devons moderniser l'État et l'adapter à l'époque actuelle pour assurer qu'il se concentre sur le règlement efficace des problèmes que connaissent nos citoyens et qu'il encourage leur développement. Nous soutenons le partenariat avec le secteur public quand il est dans l'intérêt public. Nous soutenons la décentralisation lorsqu'elle donne aux citoyens davantage de contrôle sur leurs affaires. Nous soutenons les technologies lorsqu'elles peuvent rationaliser les services et les rendre plus favorables aux citoyens.

- Les services publics sont cruciaux pour l'égalité des chances et une société civilisée car nous dépendons tous de la qualité de l'éducation et de la santé publique, des soins et de la prise en charge des enfants, de la justice en matière criminelle et des services sociaux. Nous sommes convaincus que ces services doivent s'orienter en fonction des besoins des citoyens et offrir une meilleure qualité, une attitude plus proche de la clientèle et des services plus personnalisés. Cela veut bien souvent dire procéder à des réformes difficiles qui représentent un complément essentiel aux investissements accrus afin de répondre aux besoins croissants.

- À nos yeux, une communauté n'est digne de ce nom qu'à partir du moment où tous les citoyens, indépendamment de leur race, de leur religion, de leur origine et de leur sexe, vivent dans la tolérance et le respect mutuel. À une époque de grandes migrations de populations, nous devons adopter une politique claire en matière d'immigration et d'asile. Nous sommes attachés à promouvoir l'insertion sociale et le respect pour la diversité ethnique, culturelle et religieuse car ce sont ces éléments qui font la force de nos sociétés, qui rendent nos économies nationales plus flexibles et qui encouragent les échanges d'idées et de connaissances.

- La révolution numérique doit être acceptée par le gouvernement de façon à le rendre plus accessible, plus calculable et plus efficace. Nous reconnaissons que la technologie numérique est un instrument puissant qui offre aux citoyens de nouveaux moyens d'entrer en contact et de communiquer avec leur État.

- Nous avons besoin de trouver un nouvel équilibre entre les droits et les responsabilités pour fonder des communautés plus fortes. Les privilégiés devraient mettre à la disposition de la société leurs aptitudes et leurs talents, et non pas s'exclure de la société, et les défavorisés devraient être intégrés en obtenant de nouvelles chances. Nous préconisons un rôle constructif de l'État pour que tous les citoyens disposent des moyens de s'épanouir pleinement. Les femmes doivent bénéficier des mêmes droits et de chances égales pour accéder à l'éducation et à l'emploi ainsi que d'un salaire égal à travail égal. Les entreprises assument elles aussi des responsabilités dans la vie de la communauté. Cette relation a besoin d'être soulignée.

- Les minorités indigènes de plusieurs pays comptent parmi les plus vulnérables de la terre. Nous reconnaissons que protéger et promouvoir leurs droits mérite une attention particulière et constitue une préoccupation légitime de la communauté internationale.

(Source : http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 9 juin 2000)

(Pour la suite du texte voir la référence 00200005403)
(Pour le début du texte voir les références 00200005401 et 00200005402)

Amélioration suivie de la coopération internationale

Troisièmement, nous aspirons à devenir une communauté internationale fondée sur des valeurs partagées. Nous voyons la nécessité de créer un nouveau pacte social international, qui traduise la mise en oeuvre concrète, au niveau international, de notre engagement en faveur de fortes communautés dans nos pays. Ce pacte est la reconnaissance de l'interdépendance et se fonde sur des efforts réciproques et sur la responsabilité mutuelle à l'égard d'objectifs communs. Le monde développé a des devoirs à remplir vis-à-vis du monde en développement, et cet engagement est réciproque: l'allégement de la dette sert à satisfaire les besoins des populations et non à alimenter les conflits, le développement respecte les aspects écologiques, et les bénéfices des échanges doivent être partagés. Pour faire progresser la justice sociale et la dynamique économique dans les pays en développement, nous devons soutenir l'État de droit, les institutions de l'économie de marché, la liberté du commerce et la sécurité tant à l'intérieur des États qu'entre les États, ces éléments étant le préalable du développement économique. Au fur et à mesure que l'économie mondialisée et une préoccupation partagée des affaires internationales nous rapprochent, nous devons faire avancer l'idée d'une communauté aux niveaux national, régional et mondial.

De même que nous cherchons à faire bénéficier l'ensemble de la population de nos pays de la justice sociale et du dynamisme économique, de même nous avons la responsabilité de parvenir durablement, à l'échelle mondiale, à une répartition la plus large possible des richesses et des opportunités. Nous avons des institutions internationales qui se consacrent à nombre de questions essentielles: commerce, stabilité financière, prévention des conflits, santé publique, éducation, emploi, protection de l'environnement et développement économique. Nous devrions tout particulièrement soutenir les institutions qui se concentrent sur la lutte contre la faim, la pauvreté, l'exclusion sociale et la dégradation de l'environnement.

Nous reconnaissons la demande de transparence et de contrôle de ces institutions. Nous croyons aussi que renforcer la coordination et la coopération internationales sur les issues de portée mondiale peut contribuer de manière significative à renforcer la gouvernance progressiste au niveau national en assurant des conditions économiques plus stables et en encourageant les efforts déployés pour asseoir un processus de mondialisation plus symétrique.

Nous savons que les problèmes en rapport avec la pauvreté, les enfants affamés, la dette, les conflits et la dégradation de l'environnement sont interdépendants. L'une des tâches centrales des gouvernements progressistes est de traiter les problèmes de la pauvreté et du sous-développement. C'est pourquoi nous avons besoin d'une coopération internationale efficace visant à regrouper les solutions à ces problèmes. Cette forme de regroupement est pratiquée pour la première fois en associant l'allégement de la dette aux programmes de lutte contre la pauvreté. Nous considérons que les questions suivantes sont capitales:

- Nous soutenons le libre-échange comme un instrument important du développement économique des pays en développement et comme une voie ouverte aux pays industrialisés pour accéder à de nouveaux marchés. Nous examinerons si les flux des marchés dans l'économie mondialisée font obstacle aux investissements directs également dans les pays qui disposent des bases économiques nécessaires. Un système commercial multilatéral renforcé est une condition essentielle pour permettre à une gouvernance moderne de s'imposer au niveau international en assurant à ceux qui travaillent dur dans tous les pays une chance véritable de vendre leurs produits à l'étranger. Nous sommes convenus qu'il est crucial pour la libéralisation des échanges que les pays développés et les pays en développement ouvrent davantage leurs marchés aux pays les moins développés.

- Nous sommes conscients qu'un climat financier stable à l'échelon mondial est un facteur décisif pour encourager la croissance économique et pour permettre à tous les pays de récolter les bénéfices potentiels de la mondialisation. Les dernières crises internationales ont souligné la nécessité d'une réglementation financière appropriée. Nous soutenons les tentatives qui sont engagées en vue de réduire la dette des PPTE, et nous voulons soutenir davantage la gestion responsable des affaires publiques dans les pays où la faiblesse des gouvernements mine les règles de primauté du droit et le développement de la vie économique et sociale.

- Nous voyons la nécessité d'améliorer le cadre institutionnel dans lequel opèrent les marchés financiers, et ce en adoptant des règlements efficaces, des mécanismes de surveillance et de contrôle, des codes de conduite, des principes de bonne gestion des entreprises et en pratiquant une répartition équitable des responsabilités entre les secteurs public et privé. Nous avons convenu de la nécessité d'adopter des règlements et des mécanismes de contrôle adéquats pour renforcer la stabilité financière et la justice sociale.

- La mondialisation, le commerce et les progrès technologiques devraient nous permettre de faire mieux face que jamais à la pauvreté largement répandue. La responsabilité nous incombe de veiller à ce que les pauvres et les nations les plus démunies participent aux chances historiques qui s'offrent actuellement à nous, en particulier parce que les progrès rapides des technologies sont susceptibles d'approfondir le fossé des inégalités. Une aide directe et efficace venant à la fois des gouvernements et des organisations non gouvernementales reste nécessaire. Nous lui donnerons un caractère prioritaire plus marqué et nous résisterons à ceux qui voudraient amoindrir son importance.

- Nous devons surmonter le clivage numérique et le transformer en potentiel numérique international en assurant la formation des enseignants et en créant des partenariats forts avec les gouvernements et les entreprises, les fondations et les organisations de la société civile. Nous devons nous servir des nouvelles technologies à notre plus grand avantage pour améliorer la santé publique, promouvoir l'éducation et cultiver les échanges et la compréhension culturels entre les cultures. Nous considérons que l'éducation est aussi importante, sinon plus importante, pour les pays en développement que pour les pays développés. Nous soutenons l'objectif de donner si possible à tous les enfants du monde un enseignement scolaire élémentaire. Nous devons veiller à ce que les enfants du monde entier - les citoyens de demain - bénéficient d'un enseignement de qualité donné par des enseignants qualifiés et disposant de moyens appropriés.

- Nous sommes fiers de la diversité de nos peuples. Nous encourageons la diversité culturelle. La mondialisation qui engendre un renforcement des contacts et des échanges ne devrait pas conduire à l'uniformisation mais à l'enrichissement des personnes et à l'ouverture des cultures.

- Nous devons laisser un environnement intact aux générations futures. Le développement durable est une orientation importante de la gouvernance moderne. Cet objectif devrait être respecté dans tous les domaines pertinents de la politique internationale. Nous soutenons les engagements pris dans le Protocole de Kyoto et voulons utiliser les nouveaux mécanismes, comme les permis d'émission négociables, pour créer des intérêts communs entre le monde en développement et le monde développé.

- Nous devons déployer des efforts concertés pour prévenir la prolifération des maladies infectieuses qui privent les pays en développement de leur plus précieux atout: leurs populations. Nous sommes d'accord pour nous concentrer davantage sur les ressources pour l'infrastructure en matière de santé publique. Nous nous engageons par ailleurs à augmenter notre contribution à l'effort de vaccination et d'immunisation qui aide les pays les plus pauvres ainsi qu'à soutenir le développement de nouveaux vaccins et sérums pour lutter contre des maladies comme la tuberculose, le paludisme et le sida.

Nous, les responsables de gouvernements progressistes, croyons que la démocratie au XXIe siècle fera progresser les idéaux et les instruments d'espoir pour tous. Nous agissons aujourd'hui dans l'intérêt des générations futures du XXIe siècle.

Nous avons tous appris quelque chose à l'occasion de cette réunion et nous avons tous l'intention de nous rencontrer à nouveau. L'une des conclusions de la réunion de Florence est d'agrandir le réseau des gouvernements progressistes. Nous souhaitons que nos ministres, nos fonctionnaires et nos administrations se rencontrent à intervalles réguliers pour coopérer, pour discuter de solutions politiques et pour apprendre les uns des autres. Nous encouragerons les échanges de fonctionnaires et entre nos administrations publiques, et nous établirons des réseaux de penseurs et d'institutions scientifiques dont la mission sera d'identifier les défis à gérer et les options politiques. Nous estimons que nos expériences et nos stratégies communes devraient donner confiance à nos citoyens. Nous nous réjouissons de pouvoir développer nos idées avec tous ceux qui partagent nos objectifs et nos valeurs


(Source : http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 9 juin 2000)

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