Déclaration de Mme Martine Aubry, ministre de l'emploi et de la solidarité, sur la campagne de communication sur la contraception, (en annexe le dossier de presse sur la campagne d'information sur la contraception), Paris le 11 janvier 1999. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Martine Aubry, ministre de l'emploi et de la solidarité, sur la campagne de communication sur la contraception, (en annexe le dossier de presse sur la campagne d'information sur la contraception), Paris le 11 janvier 1999.

Personnalité, fonction : AUBRY Martine.

FRANCE. Ministre de l'emploi et de la solidarité

Circonstances : Conférence de presse de présentation de la campagne de communication sur la contraception à Paris le 11 janvier 2000

ti : Je suis très heureuse avec Marie-George Buffet, Ségolène Royal, Dominique Gillot, Nicole Péry et Jean-Jack Queyranne de vous retrouver en ce début d'année 2000 pour vous présenter la campagne de communication sur la contraception. Cette mobilisation de plusieurs ministres aujourd'hui traduit l'ampleur de la mobilisation des pouvoirs publics, à Paris comme dans chaque Département, sur les enjeux de cette campagne.

J'ai d'ailleurs lu que vous étiez vous-même particulièrement attentifs, voire impatients de voir cette campagne gouvernementale démarrer. Je me réjouis que ce projet ait généré une telle attente de la part des médias, ce qui est, je n'en doute pas, de bon augure pour l'impact de cette action de sensibilisation auprès du grand public.

Cette campagne est prête et elle sera lancée demain dans l'ensemble des médias.

Je souhaiterais revenir quelques instants sur les enjeux et la méthode retenue pour la conception de la campagne d'information et de communication, avant de vous la présenter en détail puis de revenir sur la date de lancement qui revêt, à mon sens, une portée symbolique importante.

1) Les enjeux de la campagne

Je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, le lancement d'une nouvelle campagne sur la contraception s'imposait pour plusieurs raisons.

La nécessité d'une meilleure maîtrise des moyens de contraception

Plusieurs éléments nous montrent que la contraception, si elle est largement répandue dans notre pays, n'est pas suffisamment maîtrisée :

La France se trouve dans une situation paradoxale où le nombre de femmes sous contraception (plus de 70% des femmes de 20 à 44 ans utilisent une méthode contraceptive) est parmi le plus élevé des pays européens mais où subsiste un taux d'IVG certes stable mais important (environ 220 000 pour 730 000 naissances par an) même s'il est moins élevé qu'en 1975. Surtout, le nombre de grossesses non désirées et d'IVG chez les adolescentes reste élevé (près de 10 000 grossesses non désirées d'après le rapport Uzan, plus d'une sur deux entraînant un avortement ).
Si l'INED juge que globalement la contraception féminine est généralisée, deux problèmes persistent :
- celui des premières relations sexuelles sans moyen de contraception,
- celui de la maîtrise sur le long terme de la contraception ( oublis de contraception ).

On sait par ailleurs qu'en matière de contraception, les inégalités sociales sont manifestes : il y a un moindre accès des femmes d'origine plus modeste à l'information et aux méthodes contraceptives. De même, il apparaît que le taux de recours à la pilule est lié au niveau d'éducation et d'insertion sociale.
Ces constats justifient que nous redoublions d'efforts pour informer pleinement les femmes des moyens qui s'offrent à elles pour maîtriser leur fécondité. La nécessité d'une meilleure connaissance et d'une meilleure utilisation des méthodes de contraception doit être pleinement réaffirmée.

Rapprocher la réalité quotidienne, la pratique, du droit, n'accepter aucun recul en matière de contraception : l'enjeu de l'action gouvernementale est là. L'objectif de la campagne de communication est d'aider et de conforter les femmes dans leurs choix contraceptifs et de favoriser une ré appropriation de cette formidable conquête que représente la contraception.

La volonté d'une nouvelle prise de parole publique sur la contraception

Il n'y a, vous le savez, en effet pas eu de communication publique sur ce sujet depuis 1992, date à laquelle le secrétariat d'état aux droits des Femmes avait réalisé une campagne ciblée sur les jeunes intitulée : " la contraception ça devient simple quand on en parle ". Mais cette campagne qui traitait à la fois de la contraception et de la prévention sida, mettait principalement l'accent sur le préservatif. Cette priorisation des messages de communication était légitime et nécessaire. Je tiens d'ailleurs à réaffirmer ici qu'il ne s'agit en aucun cas de relâcher les efforts en matière de prévention du sida et de promotion du préservatif. Cette priorité reste une nécessité absolue en santé publique pour améliorer l'image, l'acceptabilité et l'usage de ce moyen de prévention qui est le seul à protéger à la fois des maladies transmissibles et du risque de conception non désirée. Cette double vocation du préservatif doit être réaffirmée avec constance et les campagnes de communication sur le sida comme celle sur la contraception doivent s'y employer.

Dans un tel contexte, il faut en définitive remonter à 1981-1982 pour trouver une campagne grand public exclusivement centrée sur la contraception " la contraception est un droit fondamental ". Je suis convaincue que nous pouvons désormais apporter un message fort sur le sujet, replaçant le préservatif dans la palette des outils de contraception sans en obérer le rôle essentiel en matière de prévention des MST.

Un contexte favorable marqué par de récentes avancées pour les droits des femmes

Lancer une campagne d'information nécessitait au préalable de faire progresser trois dossiers qui étaient restés bloqués : pilule d'urgence, pilules de 3ème génération, RU 486

A cet égard, je voudrais rappeler que si deux pilules d'urgence sont désormais disponibles en France, depuis cette année, et dont l'une est en vente libre, c'est grâce à l'action des associations féministes mais aussi au soutien vigoureux des pouvoirs publics à quelques industriels du médicament, que je salue ici pour la pugnacité dont ils ont su faire preuve sur le sujet. C'est sur l'insistance des pouvoirs publics que la pilule du lendemain est aujourd'hui disponible en France, depuis janvier 99, sur prescription, pour le Tetragynon et depuis juin 99, en vente libre en pharmacie, pour le Norlevo.

L'égal accès à l'ensemble des pilules contraceptives et notamment aux pilules dites de 3ème génération a également fait l'objet d'une action soutenue des pouvoirs publics comme je m'y étais engagée.
Des négociations serrées ont été conduites depuis 1998 par le Comité Economique du Médicament afin de parvenir au remboursement des pilules de la 3éme génération sans que pour autant cela ne se traduise, pour l'assurance-maladie, par une dépense excessive et non justifiée compte tenu de leur faible apport au regard des pilules de 2ème génération.
Je rappelle en effet que l'actualisation du rapport Spira, réalisée à ma demande en 1998 avait établi que ces contraceptifs n'étaient pas " meilleurs " que les autres mais recommandait que le plus large choix soit offert aux femmes, ce à quoi nous nous sommes donc employés.
Nous poursuivons ces discussions, et la possibilité de disposer d'un générique pour la fin 2000 sur laquelle nous travaillons très activement devrait en tout état de cause permettre de trouver une solution (des dossiers de demande d'AMM pour des génériques ont d'ailleurs été déposés dès la fin de 99)

Enfin, vous savez que le RU 486 est désormais disponible dans toutes les pharmacies hospitalières et des recommandations ont été diffusées pour que soit systématiquement proposée aux femmes l'IVG médicamenteuse lorsqu'elle leur est possible.
Sur ce sujet, je tiens à vous rappeler que si la Mifespristone est aujourd'hui largement disponible en France, c'est là encore en grande partie grâce à la détermination sans faille que le Gouvernement a manifestée sur ce sujet, multipliant les contacts nécessaires pour que la production et la distribution du RU 486 puisse répondre aux besoins, alors que le laboratoire fabricant s'était désengagé du sujet, et que l'approvisionnement en RU 486 était devenu précaire à la suite des différentes pressions et menaces de boycott dont on se souvient.

***

Fort de ces enjeux, nous nous sommes attelés à la tâche, pendant plusieurs mois pour apporter à la population un message optimiste et déterminé sur le rôle indispensable de la contraception.

Cette campagne sera l'occasion, à travers les différents supports qu'elle utilisera, d'une information renouvelée (la contraception est associée à des valeurs de liberté, de choix de vie, de responsabilité et d'épanouissement personnel) sur la grande variété des moyens de contraception aujourd'hui disponibles, y compris ceux qui sont d'apparition récente sur le marché comme par exemple la pilule du lendemain. C'est pourquoi nous avons choisi un slogan simple mais fédérateur pour cette campagne : "la contraception, à vous de choisir la vôtre".


2) Le choix d'une large concertation dans la préparation de la campagne

La communication sur la contraception n'est pas une chose facile.
D'abord parce que tous les publics, dans leur diversité sociale, ethnique ou culturelle doivent pouvoir se reconnaître dans un message souvent unique et d'autre part parce que le sujet lui-même est sensible, tant il touche à une sphère éminemment intime.


Plusieurs écueils devaient notamment être évités :

les différents moyens de contraception doivent être présentés sans risquer d'induire, pour autant, des comportements normatifs,
les messages sur la contraception ne doivent pas, je viens d'en parler, obérer les messages de prévention du sida sans créer, toutefois, de confusion sur le sens de la campagne,
contraception et grossesse ne doivent pas être opposées. Il s'agit au contraire de montrer qu'une contraception bien maîtrisée permet de favoriser le choix d'une grossesse désirée,
la question de la contraception d'urgence doit être abordée sans pour autant banaliser cette méthode d'urgence,
enfin, parler de la contraception aux adolescents ne signifie pas qu'il s'agit de hâter ou de banaliser le premier rapport sexuel, mais plutôt de leur donner la liberté et la responsabilité d'avoir un premier rapport sexuel lorsqu'ils se sentent prêts pour cela.
Pour toutes ces raisons, j'ai souhaité que nous prenions le temps de débattre avec l'ensemble de nos partenaires, sur le fond, de chaque question importante soulevée par la préparation de cette campagne.

A cette fin, le ministère de l'emploi et de la solidarité a souhaité la mise en place d'un Comité de Pilotage composé de représentants des associations (Planning familial, ANCIC, CADAC, Fil Santé Jeunes), de personnalités qualifiées (Pr Nisand, Pr Spira, Dr Aubeny, Mme Bajos, Dr Dagousset, Mr Ben Youssef) et des ministères concernés (Santé, droits des Femmes, Education Nationale, Ville, Jeunesse et Sport, DOM-TOM, Agriculture..).
Ce comité a été réuni à plusieurs reprises (décembre 98, juillet 99 et novembre 99) pour valider les différentes étapes de la campagne.
Je tiens aujourd'hui encore à remercier particulièrement les membres de ce comité de pilotage pour leur disponibilité et leurs conseils, y compris pendant des périodes estivales habituellement plus calmes, qui nous ont permis d'avancer avec efficacité pour une campagne qui réussira d'autant plus qu'elle est partagée par le plus grand nombre.

Parallèlement plus d'une trentaine de réunions spécifiques ont été organisées avec les uns et les autres depuis le début de l'été pour traiter des aspects plus techniques ou pour aborder certains points particulièrement sensibles de la campagne. Je pense notamment à la mise en place d'une plate-forme téléphonique et au choix des messages pour les spots TV, pour lesquels les associations et les experts nous ont apporté des conseils précieux.

(Ce sont d'ailleurs ces relations permanentes et privilégiées qui nous ont permis de venir à bout de nos hésitations sur le choix des spots TV.
Forts des enseignements des tests qui ont montré les limites des créations initiales, nous avons retravaillé à partir des recommandations des associations et de l'Inserm. Je suis convaincue que les nouvelles créations, qui privilégient désormais des témoignages sur la contraception, atteindront pleinement leurs objectifs. )


3) Description du dispositif

Je vous rappelle que le cahier des charges, que le comité de pilotage a défini en décembre dernier, fixait un cadre précis à la campagne.

Celle-ci devait s'attacher à :

réaffirmer l'importance de la contraception en l'associant à des valeurs positives, sans culpabiliser les femmes en " échec de contraception ",
lever les freins à l'utilisation de la contraception liés à certaines peurs ou " à priori " non fondés,
améliorer et développer l'information sur les différents modes de contraception existants sans fixer un cadre normatif ni promouvoir un moyen privilégié,
favoriser l'accès à l'information par une meilleure connaissance des lieux, des structures et des points d'accueil où l'information sur la contraception est disponible.
La campagne, dont le budget s'élève au total à 24 MF, s'appuie d'une part sur une campagne média, en janvier et février, et d'autre part sur une campagne hors média, sur le terrain, tout au long de l'année 2000.


Les actions médias comportent :


Les spots TV
Nous avons choisi de confier la réalisation de ces films Tv à Claire Denis (réalisatrice des films " Chocolat ", " J'ai pas sommeil ", " Nénette et Bonni ") dont la sensibilité et l'enthousiasme sur ce sujet nous ont profondément marqués. Je suis convaincue que Claire Denis a su donner à ses personnages, mais vous en jugerez par vous-même dans quelques instants, une force de conviction qui saura marquer durablement les téléspectatrices et les téléspectateurs.
Trois films de 20 secondes présentent les témoignages d'une adolescente, d'une célibataire et d'un couple sur les raisons qui les ont amenés à choisir leur contraception.
Ces spots vont être diffusés (89 passages) pendant 3 semaines à compter du 12 janvier sur TF1, France 2 France 3 et M6 dans le cadre d'une programmation diversifiée (journaux télévisés, séries pour adolescents et pour adultes)

La radio
La radio doit permettre de cibler prioritairement les jeunes de 15-24 ans. Deux messages radio de 30 secondes, évoquant, sous forme de Quizz, la question de l'oubli de pilule et de la pilule d'urgence incitent les jeunes à s'informer sur la contraception. Ils seront diffusés (226 passages en métropole) en alternance, pendant 3 semaines, sur les ondes à compter du 12 janvier, notamment sur Fun Radio, Skyrock et NRJ.

La presse

Trois annonces presse reprenant le principe des spots TV, vont être diffusées en janvier et février dans la presse grand public et la presse jeune : Télé Loisirs (24-01) et Télé Star (17-01), Femme Actuelle (24-01), Elle (17-01), Marie-Claire (14-01), Salut (05-02), OK Podium (02-02), Jeune et Jolie (14-01)
Par ailleurs, 320 000 guides de poche seront encartés dans " Jeune et Jolie ".

Les actions hors médias, particulièrement importantes dans cette campagne, reposeront principalement sur :

Le guide de poche de la contraception
La diffusion à très large échelle (12 millions d'exemplaires) d'un guide de poche de la contraception permet de présenter clairement l'information sur la contraception, avec notamment un panorama des principaux modes de contraception, sans tomber dans le discours encyclopédique ou scientifique. Cette petite brochure pratique et discrète (Format " carte Z ") est déjà arrivée dans l'ensemble des départements et sera disponible dans quelques jours dans les Collèges les Lycées et les Universités (5.7 millions) ainsi que dans les associations, les centres sociaux, et les différents organismes de santé (2.1 millions), les mutuelles (0.7 millions)¿
Il s'agit là, à mon sens, d'un outil essentiel de notre campagne qui donne tout son sens et vient appuyer les actions de tous (associations et professionnels) sur le terrain.

Une plate-forme téléphonique
Le numéro indigo 0 825 08 90 90 est mis en place à compter d'aujourd'hui et jusqu'au deuxième semestre 2000. Tous les supports de la campagne renvoient ce numéro Indigo. Cette plate-forme téléphonique permettra d'apporter des informations sur la contraception et, si nécessaire, de réorienter, les personnes vers des structures d'accueil et d'informations locales (associations, Planning, PMI¿).
Je tiens à remercier, sur ce point, les associations (Fil Santé Jeunes, Mouvement français pour le planning familial et Sida Info Services notamment) qui nous ont apporté une aide méthodologique importante pour la mise en place de cette plate-forme téléphonique qui fonctionnera en étroite complémentarité avec eux.

L'affichette
La mise à disposition des professionnels de santé d'une affichette (200 000 affichettes) incitant le public à s'informer auprès d'eux permettra d'accroître la visibilité de la campagne. Cette affichette pourra être apposée dans les associations, les collèges et lycées, les PMI, les services hospitaliers, les centres sociaux et les pharmacies.

Un dispositif spécial pour les DOM
Je tiens à souligner, (mais Jean-Jack Queyranne vous en reparlera dans quelques instants), le travail considérable accompli par le Ministère des DOM-TOM qui permet de disposer, pendant la durée de la campagne, de services téléphoniques locaux pour chacun des 4 départements d'outre mer. Ils fonctionnent en relais du numéro Indigo et permettront d'apporter des réponses adaptées aux appelants des DOM
Par ailleurs des messages spécifiques pour les adolescentes et les femmes seront diffusés, en français et en créole, sur les stations radios des 4 départements d'outre mer.
Enfin, et je m'en réjouis, un spot TV spécialement réalisé pour les DOM et mettant en scène une jeune Antillaise sera diffusé sur RFO dans quelques jours.

Un partenariat renforcé avec les pharmaciens d'Officine
Les pharmaciens d'officine seront invités à apposer, dans le courant du mois de février, sur leur vitrine ou à l'intérieur de leur pharmacie l'affichette " professionnel de santé " réalisée à l'occasion de la campagne
Je me réjouis également et tiens à souligner l'engagement de l'Ordre des Pharmaciens (Président : M. Parrot) qui a décidé de proposer aux pharmaciens d'officine de distribuer des guides de poche de la contraception à compter du mois de février, en relais de la campagne de communication.
Au total 90 000 affiches et 500 000 guides de poches sont prévus dans le cadre de ce partenariat.

4) La priorité apportée aux actions d'accompagnement sur le terrain

Ce point est essentiel. Il conditionne, à mon sens, autant que la campagne proprement dite, le succès de notre politique de sensibilisation et de mobilisation sur la contraception.
La campagne d'information et de communication repose en effet sur une vaste mobilisation des acteurs de terrain, chargés de susciter et d'accompagner toutes les manifestations locales susceptibles d'informer et de sensibiliser le public sur le thème de la contraception. Ce travail de préparation, qui implique le tissu associatif comme les services de l'Etat, est désormais bien engagé.
Depuis plusieurs mois, le Service du Droit des Femmes a été chargé de recenser les actions projetées et de mobiliser les énergies.
Ainsi, dans de nombreux départements, les préfectures vont organiser, tout au long du premier semestre 2000,des conférences de presse et des déjeuners-débats avec la presse locale sur le sujet. Des émissions faisant intervenir des spécialistes sont également envisagées avec les radios et télévisions locales.
Des journées portes ouvertes vont être organisées par les associations et des expositions sont programmées dans les locaux de médecine préventive universitaire, les centres d'information des jeunes ou encore les mutuelles.
Nombre de rencontres, tables-rondes et débats sont prévus dans les lycées et collèges, foyers d'accueil, maisons de jeunes, mairies et associations de quartier.
Enfin, à l'occasion de diverses manifestations locales, des stands sur la contraception et des diffusions de documents sont prévues.
Il ne s'agit là que de quelques exemples d'actions projetées dans le cadre de cette vaste mobilisation.

Afin que tous les départements soient mobilisés de manière homogène j'ai adressé, avec Dominique Gillot et Nicole Péry, il y a quelques jours une circulaire aux Préfets pour que les services déconcentrés de l'Etat fédèrent leurs actions, appuient le travail des associations et multiplient les initiatives pendant et après la campagne médiatique.

Je suis convaincue que le parti pris de cette campagne, d'accorder la plus haute importance aux actions de sensibilisation et d'informations locales, va contribuer à renforcer le travail et à valoriser l'action des associations et des structures qui fournissent cette information, en orientant un large public vers ces structures et en mettant à leur disposition des outils actualisés et de qualité, tels que le guide de poche, auxquels tout public puisse accéder.

De son côté, l'Education nationale a demandé, et Ségolène Royal vous en parlera dans quelques instants, aux directeurs d'établissements de préparer avec les enseignants et professeurs, des actions à caractère pédagogique destinées à accompagner la distribution des " guides de poche de la contraception " aux élèves.

Comme vous pouvez le constater, c'est une campagne de grande envergure qui démarre demain, dont la partie média, que vous allez maintenant découvrir, est certes un aspect moteur, mais un aspect seulement, qui ne doit pas occulter la mobilisation de tous les acteurs concernés que je tiens à remercier encore une fois pour leur engagement.

5) Une période symbolique pour le lancement de la campagne

La campagne démarre quelques jours avant le 25ème anniversaire de la loi Veil sur l'IVG.
Cette date n'est donc pas anodine. Pour certains, ce mois de janvier 2000 sera l'occasion d'essayer de remettre en cause les acquis fondamentaux que représentent, dans notre pays, la contraception et l'IVG.

Lancer une campagne sur la contraception à cette période permet de leur opposer la sérénité et la cohérence du gouvernement sur ce sujet :

conviction que la contraception et l'IVG, qui ont été conquis grâce au combat des associations, des hommes et femmes politiques qui ont su porter ces réformes. Ces dernières ont fait profondément progresser les droits des femmes en leur donnant les moyens de leur autonomie, de leur liberté et de leur responsabilisation.
conviction qu'il convient de favoriser la maîtrise de la contraception dans notre pays afin de permettre aux femmes et aux couples d'avoir une meilleure connaissance, un accès facilité à des structures mieux identifiées et une égalité d'accès à tous les moyens de contraception afin d'aborder dans les meilleures conditions la décision d'avoir des enfants et de fonder une famille. C'est cette meilleure appropriation de la contraception qui doit notamment permettre d'éviter le terrible désarroi d'une grossesse non désirée ou non assumée, notamment chez les jeunes adolescentes ou encore le traumatisme d'un avortement
conviction que le droit à l'IVG, qui est un dernier recours quand la contraception a échoué, reste indispensable pour nombre de femmes qui sont dans une situation terriblement difficile et qu'il convient d'améliorer les conditions d'accès à l'IVG dans notre pays.
Le XXème siècle a établi les droits de chacune et de chacun à la pratique de la contraception, sans possibilité de retour en arrière. Savoir l'exercer et aider les autres à le faire est une nécessité. Je souhaite que cette nouvelle campagne réaffirme l'importance de la contraception en l'associant à des valeurs positives de liberté, de choix de vie, de responsabilité et d'épanouissement personnel pour conforter les femmes dans leurs choix contraceptifs et favoriser une ré-appropriation de cette formidable conquête que représente la contraception.

Je vous remercie.


(Source http://www.sante.gouv.fr, le 14 janvier 2000)

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