Déclaration de M. François Huwart, secrétaire d'Etat au commerce extérieur, sur la politique régionale du commerce extérieur, Paris, le 22 février 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Huwart, secrétaire d'Etat au commerce extérieur, sur la politique régionale du commerce extérieur, Paris, le 22 février 2000.

Personnalité, fonction : HUWART François.

FRANCE. SE au commerce extérieur

ti : Messieurs les Présidents,
Messieurs les Directeurs,
Mesdames et Messieurs

Je suis très heureux de réunir aujourd'hui plusieurs grands acteurs de la politique du commerce extérieur dans les régions afin de vous présenter les orientations de notre action commune et de répondre à vos questions.

1. Relancer la politique du commerce extérieur en région

La politique du commerce extérieur en région mérite, je crois, une impulsion nouvelle. Cela fait quinze ans que la Charte de l'Exportation a été signée. Elle est d'ailleurs arrivée à échéance en juin dernier. Son bilan est assez positif, comme vous pouvez en juger en consultant les fiches régionales de votre dossier. Les Conventions régionales de l'exportation, les Corex, n'ont pas mal fonctionné et ont permis une véritable concertation dans beaucoup de régions.

Néanmoins, le mouvement doit être relancé, à l'occasion d'ailleurs des nouveaux contrats de plan Etat-Région qui voient, sur la période 2000-2007 , un volet commerce extérieur en forte augmentation.

Depuis quinze ans, nos entreprises ont réalisé des progrès, voire des prodiges à l'exportation. Nous sommes passés du déficit structurel à l'excédent structurel. Les entreprises intègrent de plus en plus, dans leurs plans de développement, une stratégie internationale, aidées souvent, en cela, par leurs fédérations professionnelles.

Le réseau public s'est lui aussi modernisé en particulier en recourant de plus en plus aux nouvelles technologies de l'information.

Les Chambres de Commerce et d'Industrie et les Chambres d'agriculture ont développé de nouvelles compétences dans le domaine international.

Bref, les choses ont évolué et l'idée de se remettre autour de la table pour échanger nos expériences, et lancer de nouveaux projets, me semble, ainsi qu'à ceux qui sont aujourd'hui autour de moi, assez naturelle.

Alors que l'intégration économique internationale s'accélère, il est en effet important que nous puissions ensemble, en concertation avec les partenaires régionaux, définir les instruments qui permettront aux régions de répondre aux défis de la mondialisation, afin que celle-ci contribue à renforcer et non à menacer l'équilibre du territoire français.

La politique régionale du commerce extérieur n'est donc pas un ensemble de mesures sortant toutes armées du ministère mais plutôt une invitation lancée à l'ensemble des acteurs pour qu'ils se mobilisent en faveur d'une démarche globale et cordonnée au service du développement économique de nos régions.

Le commerce extérieur en régions est en effet l'affaire de tous, des entreprises de toutes taille, grandes, moins grandes voire très petites, qui toutes ensemble contribuent à la vitalité du tissu économique local, mais également de tous les acteurs, publics et privés qui sont désireux d'apporter leur contribution à l'insertion de ces entreprises dans les réseaux de l'économie mondialisée.

Cette volonté de mise en commun des initiatives existe puisque la plupart de ces acteurs ont déjà participé à des politiques analogues, engagées par mes prédécesseurs. Je dois dire que plusieurs voies m'étaient offertes pour prendre le relais : j'ai choisi de proposer celle de la mise en commun et de la contractualisation des moyens dans le cadre d'une politique coordonnée et de démarches concrètes élaborées conjointement par l'ensemble des acteurs.

S'agissant des moyens privés je laisserai les principaux partenaires s'exprimer tout à l'heure.

S'agissant des moyens publics, ils demandent à être mobilisés et optimisés par une politique coordonnée ce qui a déjà été le cas dans les Contrats de plan Etat-Régions.

A travers le réseau du Commerce Extérieur, c'est à dire la Direction des Relations Economiques Extérieures, de ses 2000 collaborateurs dont 1000 expatriés dans les 160 Postes d'Expansions Economiques, à l'étranger, et de ses 153 agents en Directions Régionales du Commerce Extérieur, à travers les organismes d'appui, le CFCE, le CFME-ACTIM et les différentes procédures financières, je pense notamment à l'assurance prospection de la Coface, aux 300 millions de dotation au Fonds d'Actions pour le Secteur Privé (le FASEP) ce sont 3,2 MdF, en terme de budget annuel qui sont mis au service de l'internationalisation des entreprises.

Voilà, décrits à grands traits les principaux outils d'appuis publics, mais vous retrouverez dans le dossier de presse une présentation plus détaillée de l'ensemble du dispositif

Dans le cadre des nouveaux contrats de plan, l'enveloppe du commerce extérieur, parts consolidées de l'Etat et des Régions, s'élève à plus d'1 MdF. Ces nouveaux moyens, je le rappelle en très forte augmentation, s'articuleront autour de 3 grandes priorités : l'emploi avec le financement du cadre export, les Nouvelles Technologies de l'Information et la Communication (NTIC) avec l'intégration de ces nouvelles technologies dans les PME et un appui direct au secteur des NTIC, enfin, l'organisation d'actions collectives de prospection sur les marchés étrangers.

2. Dans quel but exactement ?

Vous l'aurez deviné, il s'agit de soutenir plus efficacement nos PME dans leur démarche à l'exportation, car cette ouverture internationale constitue un facteur fondamental en faveur de la croissance et de l'emploi.

Les PME, qui dans l'économie française emploient aujourd'hui plus de 16 millions de salariés, sont le véritable poumon économique des régions.

Qu'en est-il à l'exportation ? Sur les quelques 110 000 entreprises exportatrices françaises, 300 entreprises ou groupes très internationalisés assurent à eux seuls plus de la moitié des exportations françaises. La moitié restante se partage, à parts à peu près égales, entre des filiales de grands groupes et des PME indépendantes.

S'agissant des secteurs industriels la contribution des PMI aux ventes françaises à l'étranger s'est établie à 29 % en 1999, concentrées essentiellement sur l'Europe Occidentale où en majorité elles réalisent près des ¿ de leurs exportations.

Mais elles sont également présentes sur les marchés éloignés : 30 % d'entre elles exportent vers l'Amérique et 23 % vers l'Asie. Par exemple, 33 % des ventes françaises à Hong-Kong sont réalisées par des PMI.

3. Quels objectifs, pour quelles PME ?

Ce constat d'une présence très forte sur les marchés de proximité mais aussi d'une vraie pénétration des marchés lointains correspond à la distinction importante qu'avait établie, naguère, C. Sautter entre deux catégories d'entreprises.

D'abord, les EREM, entreprises régionales d'envergures mondiales : il s'agit de PME très performantes sur leur secteur de marché dotées d'une forte capacité exportatrice et déjà très internationalisées. Le rapport de Christian Sautter estimait leur nombre entre 1 500 et 3 000. A ces entreprises, nous devons être en mesure d'offrir un accès à une information personnalisée, dans le cadre d'un réseau d'intelligence économique en cours d'élaboration.

Un gros travail a déjà été accompli. D'abord dans quatre régions, les DRCE, avec l'appui des Chambres, des Banques, et de tous les partenaires, se sont employés à identifier ces PME à fort potentiel puis à leur proposer des prestations d'information et de soutien sur huit pays prioritaires.

Cette expérience a été un succès et se trouve généralisée à l'ensemble du territoire depuis quelques mois. Mais il faut aller plus loin. Environ 1700 entreprises ont été repérées et on doit encore élargir le cercle.

Cela peut être le premier objectif de notre concertation régionale.

Second objectif, les primo-exportateurs : par ce terme, j'entends non seulement les PME qui désirent exporter pour la première fois, mais également celles qui ont déjà eu l'occasion d'avoir une expérience sur des marchés étrangers, sans pour autant que cette expérience soit le fruit d'une véritable stratégie. L'objectif est dans ce cas, on le comprend aisément, d'aider ces entreprises à transformer une démarche occasionnelle en véritable stratégie exportatrice. Un secteur devra à coup sûr être plus particulièrement visé, celui des nouvelles technologies de l'information en raison de son fort taux de croissance. Il représente en effet un nouvel enjeu pour le développement régional. Plus généralement, en améliorant les supports nécessaires à l'internationalisation des PME dans les secteurs porteurs d'emplois et de croissance, le nombre des entreprises nouvellement exportatrices pourrait être fortement augmenté.

4. Comment allons nous procéder ?

Il ne s'agit pas de réinventer l'exportation. Beaucoup de travail a déjà été accompli au niveau régional ou interrégional.

Certaines professions, dans l'agriculture, ou l'industrie, sont remarquablement organisées et s'appuient efficacement sur les services de l'Etat ou des Régions.

Mais ce n'est pas le cas de tout le monde. La première priorité est donc de dresser un bilan permettant d'identifier les secteurs bien structurés à l'international et ceux qui méritent au contraire d'être renforcés ou simplement mieux organisés.

A ces derniers, il faudra que nous proposions des analyses sur les marchés étrangers, des instruments collectifs de promotion, et, si besoin est, des solutions individualisées.

5. Tout cela aura lieu dans un calendrier concret, que j'évoquerai rapidement.

Dans les prochaines semaines, des Ateliers Techniques Régionaux permettront de réunir, dans chaque région, l'ensemble des partenaires du Commerce Extérieur, l'Etat avec les DRCE appuyées par les DRIRE, les Régions et les réseaux consulaires mais aussi les autres collectivités territoriales, les chambres d'agriculture et de métiers et les organisations professionnelles et patronales. Leur objectif sera dans un premier temps de faire le bilan de la coordination régionale et de repérer plusieurs secteurs à renforcer pour chaque économie régionale.

Dans un deuxième temps, les fruits de cette concertation pourront être communiqués à la Direction des Relations Economiques Extérieures, et au CFCE, afin que soient identifiés en liaison avec les organisations professionnelles les débouchés potentiels pour les secteurs repérés et que soit établi, avec le CFME-ACTIM la liste des salons, expositions et autres actions collectives susceptibles de porter les entreprises sur ces marchés étrangers.

Ainsi, les Ateliers Techniques Régionaux pourront permettre de proposer aux entreprises concernées, secteur par secteur, des programmes d'actions régionales sectorielles, les Programmes d'actions régionaux pour le développement International (PARDI).

Enfin, à l'automne, les Assises du Commerce extérieur s'attacheront à dresser un premier bilan de cette approche, à recenser les secteurs clés, région par région, et les programmes d'action au service de ces secteurs, à mettre en place des passerelle inter-régionales dans le cadre de ces opérations collectives, enfin à préparer l'évaluation de l'ensemble de cette politique.

Comme je le rappelais à l'instant, nos premiers partenaires dans cette démarche sont les régions françaises. Leur présence aujourd'hui témoigne de l'intérêt qu'elles portent à cette politique, que chacune d'entre elles relaiera à travers des expériences pilotes.

Elle marque aussi la conviction que le gouvernement partage avec la majorité des élus régionaux : parce que l'écart se creuse aujourd'hui très vite entre les pays, et au sein des pays, en fonction de la capacité à s'intégrer dans l'économie globalisée, via le succès des PME à l'exportation, c'est l'intégration harmonieuse de l'activité économique française et non pas seulement d'une fraction des entreprises, qui est en jeu.

(Source http://www.commerce-exterieur.gouv.fr, le 1er mars 2000).

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