Extraits de la déclaration de M. Georges Sarre, président délégué du Mouvement des citoyens, à LCI le 23 février 2000, sur la nécessité de conserver une défense nationale. | vie-publique.fr | Discours publics

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Extraits de la déclaration de M. Georges Sarre, président délégué du Mouvement des citoyens, à LCI le 23 février 2000, sur la nécessité de conserver une défense nationale.

Personnalité, fonction : SARRE Georges.

FRANCE. Mouvement des citoyens, président délégué

ti : L'Europe de la défense, une défense commune européenne, voilà un des derniers thèmes à la mode. L'objectif est assigné avant même que ne soit examiné ce dont il s'agit. La défense est un outil. Elle n'est pas une fin en soi. La défense est un outil au service de la diplomatie, celle-ci exprimant les intérêts collectifs d'une collectivité. Or, au plan mondial, la collectivité qui reste toujours pertinente pour regrouper et protéger les individus, se nomme la nation. Il ne peut donc y avoir de défense commune que s'il y a une diplomatie commune. Une diplomatie commune n'est possible que si les intérêts nationaux sont identiques, toujours identiques. C'est précisément cette similitude des intérêts qui identifient une nation.
Des nations peuvent avoir des intérêts nationaux proches, souvent proches ou différentes. Leurs diplomaties peuvent donc être proches, très proches ou divergeantes. On peut alors envisager de rapprocher leurs défenses nationales respectives mais garder les mains libres. De tels rapprochements existent depuis longtemps ; on les nomme des alliances, alliances qui peuvent être plus ou moins étroites, plus ou moins lâches.

Il paraît utile de rappeler ces évidences alors que le Conseil européen a créé, il y a quelques semaines, pour qu'il soit opérationnel en 2003, un corps d'intervention rapide de 50 à 60 000 hommes. Nombre de questions décisives restent sans réponse.

D'abord, celles précisément qui ont un rapport avec la diplomatie. Les liens avec l'ONU sont ignorés. Son autonomie vis à vis de l'OTAN et donc des Etats-Unis demeure dans le flou le plus vague. En réalité, les enseignements politiques de la sanglante dislocation de la Yougoslavie, qui dure maintenant depuis prés de dix ans n'ont pas été tirés. Seules sont prises en compte quelques conclusions superficielles, où le médiatique le dispute à l'humanitaire. Ces raisonnements à courte vue montre leur perversité au moment où, à Mitrovisa, des Serbes et des Albanais trouvent un " terrain d'entente " : tirer sur les soldats français.
Mais, les européïstes n'ont cure ni des ces tristes réalités, ni des logiques qui fondent une armée. Ils sont aveuglés par leur but : l'intégration européenne par la disparition des nations au profit, croient-ils, de " lendemains qui chantent ". Il faut alors sans tarder arracher le qualificatif de " nationale " à la défense. Comme toujours, ils avancent de biais. Ici, par exemple, ils se couvrent de l'humanitaire pour s'emparer du militaire, faisant l'impasse sur tous les stades intermédiaires. Chacun voit bien tous les dangers que recèle cette perpétuelle fuite en avant.

Malgré les flots de propagande, les français montrent une grande lucidité sur les principes. La Commission de la défense à l'Assemblée nationale vient de publier les résultats d'un sondage qu'elle avait commandé. 58 % des Français, contre 22 %, se déclarent pour une dissuasion nucléaire nationale ; c'est bien le c¿ur de notre indépendance. 60 % veulent le maintien, ou même l'augmentation du budget militaire, seul un tiers se laisse abuser par " les dividendes de la paix ". Que notre armée soit coordonnée avec celle des autres pays européens ne les gêne pas, à condition que la France participe en tant que telle aux décisions ultimes. Seulement, 22 % d'entre eux sont prêts à déléguer à des instances supranationales. En revanche, nos compatriotes souhaitent une industrie européenne de l'armement, même si elle doit coûter plus chère que l'achat de matériels outre-Atlantique. Ce thème aurait mérité d'être approfondi et précisé.

A défaut d'une alliance avec ensemble, les Etats-Unis, et la Russie, que 32 % appellent de leurs voeux, nos compatriotes souhaitent pour 27 % d'entre eux que l'Europe à travers ses nations s'assume toute seule. La situation actuelle de prédominance des Etats-Unis à travers l'OTAN ne rallie que 19 % des Français.
Même tonalité quand les français sont interrogés sur les interventions à l'étranger. Approbation quasi unanime quand il s'agit de " porter assistance à une population en détresse ". Approbation massive quand nous respectons alliances ou accords d'assistance ou encore quand nous garantissons la paix après la fin d'un conflit. Approbation modérée pour que nous contribuions à ramener la paix lors d'une conflit entre deux pays. En revanche, refus de toute intervention dans le cas d'une agression contre un pays qui n'a ni alliance, ni accords avec la France.
Que les responsables politiques de notre pays méditent ces chiffres. Nos concitoyens se prononcent pour une défense nationale, pour l'indépendance militaire de la France. Ils ne renient pas les alliances, au contraire, mais ils veulent des alliances équilibrées et des alliances qui restent des alliances, qui ne soient pas des fusions improbables. Les Français sont généreux, mais la générosité ne se confond pas avec l'aventure.


(Source http://www.mdc-France.org, le 5 février 2001)


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