Déclaration de Mme Marilyse Lebranchu, secrétaire d'Etat aux PME, au commerce, à l'artisanat, sur la nécessité d'éduquer les enfants à la consommation afin de renforcer leur esprit critique, Paris, le 23 mars 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Marilyse Lebranchu, secrétaire d'Etat aux PME, au commerce, à l'artisanat, sur la nécessité d'éduquer les enfants à la consommation afin de renforcer leur esprit critique, Paris, le 23 mars 2000.

Personnalité, fonction : LEBRANCHU Marylise.

FRANCE. SE aux petites et moyennes entreprises, au commerce, à l'artisanat et à la consommation

Circonstances : Atelier de la consommation "Le jeune consommateur" à Paris, le 23 mars 2000

ti : Mesdames, messieurs,

En vous remerciant de votre présence aujourd'hui et de votre fidélité à ces ateliers de la consommation, je me tourne plus particulièrement vers M. Edling, directeur général de l'agence de consommation de Suède.

La présidence suédoise succèdera début 2001 à la présidence française du conseil de l'Union européenne au second semestre de cette année.

L'échange de nos expériences nous rapproche dans l'action. Il est toujours positif et contribue au succès et à l'efficacité de la construction européenne. C'est en ce sens que je salue la présence de la Suède aujourd'hui à Paris.

Je remercie également Madame Fontaine, présidente de l'Office de protection des consommateurs au Québec, qui honore cette rencontre de sa présence.

Merci aussi à l'ensemble des intervenants, qui nous ont consacré du temps, nous ont apporté leurs savoirs et leur réflexion.

Les ateliers de la consommation, organisés et tenus par la DGCCRF, avec le concours d'un comité de pilotage ouvert et dynamique, constituent toujours des moments de rencontre et d'approfondissement. Ils marquent une réflexion approfondie, en donnant l'occasion de se confronter à des angles d'approche différents, et au fond complémentaires, pour dégager à la fois une vision d'ensemble et une vision prospective.

Aujourd'hui, en consacrant nos travaux au jeune consommateur, nous avons traité d'un thème particulièrement ambitieux et motivant, car contribuer à la formation des adultes de demain est un objectif noble et mobilisateur.

D'abord, nous savons mieux qui sont les jeunes consommateurs. Puis, avec l'exemple suédois, nous avons vu qu'il y a vraiment en la matière un modèle suédois.

Le jeune consommateur et l'école, le jeune consommateur et la presse, la responsabilité des parents. Chacune de ces approches met en évidence quelques constantes à propos de l'éducation des jeunes consommateurs.

Je relève d'abord que l'éducation à la consommation correspond à un enjeu, celui de préparer et renforcer l'autonomie de nos concitoyens dans le monde marchand. Mais l'enjeu de préparer les acteurs économiques de demain n'est pas qu'économique. L'éducation des jeunes consommateurs illustre aussi un enjeu pour la société que nous voulons préparer pour nos jeunes.

C'est un vrai et large chantier, sur lequel nous devons être actifs et volontaires. La réflexion d'aujourd'hui était donc à mon avis nécessaire et opportune.

Les jeunes ont pour eux l'avenir, mais ils sont aussi des consommateurs qui n'ont pas encore acquis l'expérience, ni la notion de durée. De même, leur appréhension de la relativité des besoins n'est pas formée comme celle de l'adulte.

Ces éléments rendent légitime, même indispensable, l'intervention d'une démarche éducative propre à renforcer de manière positive l'esprit critique des enfants et leur autonomie. Cette démarche éducative, qui implique aussi les parents, l'entourage, le milieu du jeune passe à mon sens prioritairement par l'école.

Un paradoxe serait que l'école ne trouve pas les moyens de bien prendre sa part de l'éducation du jeune consommateur, alors que la consommation, qui n'a pas seulement une dimension économique mais traduit aussi des attentes de valeurs - sécurité, authenticité par exemple - est si ancrée dans notre vie quotidienne, dans notre expression sociale.

L'influence structurante de l'école me parait ici décisive. Les expériences, les défrichages qui ont été menés par les enseignants eux-mêmes, par les associations de consommateurs, par les pouvoirs publics sont toujours des temps forts pour les enfants, et aussi pour les intervenants extérieurs lorsque l'enseignant leur a demandé leur concours (je pense par exemple à la formation euro proposée dans les écoles de France voici deux ans, ou au travail mené récemment sous l'égide de l'INC, sur la sécurité alimentaire).

Je crois important de travailler avec nos partenaires de l'éducation nationale à la cohésion des outils pédagogiques, à la formation des enseignants, aux contenus de l'enseignement. Sur ces trois volets des outils, de la formation et des contenus, les contacts sont pris pour préparer l'avenir ; c'est une action de fond qu'il faudra situer dans la durée, mais je la juge significative et elle témoigne de notre volonté d'avancer de manière à la fois pragmatique et construite.

Il a donc été convenu récemment que la DGCCRF participera aux groupes de travail de référence mis en place par le Ministère de l'éducation nationale dans ces domaines, l'ambition étant d'insuffler des contenus concrets marquant à la fois la place et l'insertion de l'éducation à la consommation dans l'école.

Par ailleurs, j'ai demandé récemment au conseil national de la consommation de reprendre dans le même temps ses travaux sur l'éducation à la consommation. Ce groupe, qui commencera à fonctionner dès demain, se penchera sur l'éducation du jeune consommateur. Le groupe du CNC sera informé en temps réel du travail de balisage qui est engagé par les administrations. J'attends qu'il examine de près la situation et fasse les propositions d'action adéquates. Nos partenaires du Ministère de l'éducation nationale sont cordialement invités à participer aussi à ces travaux.

Les évolutions des programmes, des cursus peuvent ainsi fournir l'opportunité d'offrir au monde enseignant des possibilités nouvelles, avec des outils bien adaptés et facilement accessibles, pour intégrer l'éducation a la consommation à leur projet éducatif.

Je vois pour ma part que la tranche d'âge des 10-12 ans est particulièrement réceptive à ce type de contenu, puis aussi la population des lycées car une matière telle que l'enseignement de l'économie, ou encore la notion de consommateur citoyen peuvent fournir des points d'appui à une ouverture large.

En matière d'outils pédagogiques, la pédagothèque de l'INC constitue déjà un répertoire critique spécifique au domaine de la consommation. Il faut considérer, en partenariat avec l'Education nationale, comment cette fonction de filtre peut encore être approfondie dans l'actualité de la question sur la présence de l'entreprise à l'école. De même, le défi d'internet s'applique aussi à l'information ou à l'éducation en matière de consommation. Il faut donc intégrer cette perspective et travailler aussi sur ce vecteur.

Une formule de Montaigne nous livre la conclusion transitoire de ce débat : " un enfant n'est pas un vase qu'on remplit mais un feu qu'on allume ". Il nous reste à préparer des consommateurs, même jeunes, tous libres et éclairés.


(Source http://www.pme-commerce-artisanat.gouv.fr, le 28 mars 2000)

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