Déclaration de M. Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement des transports et du logement, sur le plan de déplacements urbains en région Ile de France, la modernisation et le développement des réseaux de transports collectifs, Paris, le 20 mars 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement des transports et du logement, sur le plan de déplacements urbains en région Ile de France, la modernisation et le développement des réseaux de transports collectifs, Paris, le 20 mars 2000.

Personnalité, fonction : GAYSSOT Jean-claude.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports et du logement

Circonstances : Inauguration de la station de métro "Europe", à Paris, le 21 mars 2000

ti : Madame la Présidente,

Monsieur le Président du Conseil Régional,

Monsieur le Président de la RATP,

Mesdames et messieurs les Élus,

Mesdames, Messieurs,

Dans le cadre d'un vaste programme intitulé "Renouveau du métro", dont l'objectif est de rénover 175 stations, neuf d'entre elles ont été choisies pour marquer le centenaire du métro de Paris par des animations culturelles. Elles participent ainsi au mouvement général d'amélioration de la qualité des déplacements, en témoignant tout particulièrement du fait que les stations sont aussi des espaces de vie. Ici, à la station Europe, le propos est de faire mieux connaître l'Europe dans sa diversité à toutes celles et à tous ceux qui empruntent le métro. Des affiches, des films, des documents sonores permettront de comparer et de juxtaposer les modes de vie avec intelligence et gaieté.

Cette inauguration, que je suis heureux de pouvoir faire avec vous Madame la Présidente du parlement européen, est, pour moi, l'occasion d'évoquer, le rôle que les transports ont à jouer pour que l'Île-de-France assume pleinement sa vocation de région capitale.

Pour que Paris demeure un des pôles les plus dynamiques et les plus attractifs du continent européen, il est nécessaire de prévoir un aménagement durable de l'Île-de-France, tout en améliorant la qualité de la vie quotidienne des Franciliens, notamment en matière de déplacements.

Si l'on veut améliorer la qualité de l'air dans une région où la mobilité de la population et des marchandises est en augmentation, il est indispensable de modérer la circulation routière et donc d'encourager l'usage des modes de transport alternatif : transports en commun et voie d'eau - j'étais ce midi à l'Assemblée générale du comité des armateurs fluviaux -. Telle est l'ambition du Plan de Déplacement Urbains.

Le contrat de plan Etat-Région Île-de-France, qui vient d'être voté par le Conseil Régional et qui sera signé prochainement, témoigne de la très forte implication du Conseil Régional et du Gouvernement dans cette politique. C'est ainsi que 2/3 des crédits du volet transport seront consacrés aux transports collectifs. L'effort est très important, puisqu'il repose sur une progression annuelle des crédits, tous financements confondus de 50 % par rapport à ce qui a été constaté au XIème plan.

En matière d'infrastructures, la priorité est donnée aux lignes de rocade, car c'est là qu'est constatée la plus forte croissance des déplacements, alors même que le trafic y est assuré aujourd'hui majoritairement par l'automobile. Pour inverser cette tendance, une rocade de tramway en proche couronne -il s'agit du projet "Grand Tram"- sera réalisée sur une durée de deux contrats de plan. En outre, les principaux pôles économiques de la grande couronne seront reliés par des tangentielles ferroviaires. Et bien sûr, pour conforter le rôle de la Région Capitale, sur le plan européen et international, l'amélioration de l'accès aux aéroports de Roissy et d'Orly sera prioritaire.

Bien évidemment, pour renforcer leur efficacité et multiplier les possibilités de trajet offertes aux usagers, les lignes de rocade seront en correspondance avec des prolongements de lignes de métro. Il s'agit des lignes n°4, 8, 12, 13 et 14. Ainsi, sera assuré un maillage plus rationnel et cohérent de l'Île-de-France par les transports en commun. Le souci d'intermodalité se traduira également par le réaménagement de plusieurs grands pôles d'échanges, aujourd'hui vétustes et saturés.

Ceci me conduit tout naturellement à la grande nouveauté de ce contrat de plan : le volet "qualité de service", qui sera une première concrétisation des actions contenues dans le projet de Plan de Déplacements Urbains (PDU) d'Île-de-France.

Pour conforter l'usage des transports en commun, l'effort des pouvoirs publics portera sur la mise en accessibilité des réseaux aux personnes handicapées, la rénovation des gares et du matériel roulant SNCF, la constitution d'un réseau de lignes d'autobus complémentaire au réseau de tramway et aux lignes ferrées à grand gabarit. Des aménagements de voirie permettront d'y améliorer sensiblement la vitesse commerciale des véhicules et la régularité.

Le développement des transports collectifs se fera dans un cadre institutionnel rénové, avec la réforme des transports en Île-de-France, qui vient d'être votée en première lecture à l'Assemblée Nationale. Cette réforme institutionnelle - attendue depuis plus de vingt ans - est d'autant plus nécessaire que l'Île-de-France, tout comme les métropoles européennes, connaît des spécificités liées notamment à la forte urbanisation, à l'existence de pôles d'activités importants et de centre dense de grande superficie.

Dans ces conditions, la mobilité dans ces métropoles constitue un enjeu décisif. Les solutions pour l'organisation des réseaux de transport public doivent à mes yeux pouvoir reposer sur une démarche d'efficacité économique et sociale, ce qui suppose la prise en compte de la nécessaire intégration des réseaux de transport et de l'exploitation de modes de transport justifiant des investissements à long terme. Il faut donc un cadre réglementaire permettant la transparence dans la prise de décision, la performance des réseaux et bien sûr leur sécurité.

Pour atteindre ces objectifs, je considère que le secteur public et le service public sont incontournables.

Le rapide tableau que j'ai brossé des dispositions du XIIème contrat de plan Etat-Région en Île-de-France en matière de transports en commun montre que, dans une Europe en mouvement, l'Île-de-France est aussi en mouvement, grâce à de nouvelles infrastructures et services aptes à favoriser les déplacements et les échanges, à réduire les inégalités sociales et spatiales, à améliorer les conditions de vie et d'environnement de nos concitoyens. Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs, je pense que le même esprit peut prévaloir pour développer l'Europe des Transports. C'est en tout cas l'ambition de la France, qui se verra dans quelques mois confier la Présidence de l'Union européenne. Et ceci, bien entendu, en tenant compte de la diversité des expériences et des traditions qui peuvent être pour l'Europe un atout, à la condition de privilégier partout la coopération, en se donnant le temps de vérifier, en terme de qualité de service et d'efficacité, le résultat, les performances de tel ou tel système.

En tout cas, hors de toute vision dogmatique qui conduirait à rejeter par principe la riche tradition du service public ou encore à retarder l'exigence qui monte d'une harmonisation sociale par le haut des conditions de travail. J'espère que sur ces dossiers qui me tiennent à c¿ur, nous saurons ensemble avancer pour conjuguer l'avenir de l'Europe avec celui du progrès social.

Je vous remercie de votre attention.

(source http://www.equipement.gouv.fr. le 23 mars 2000)

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