Déclaration de Mme Michelle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, sur les mesures prises en faveur de l'économie touristique après les intempéries et le naufrage de l'Erika : campagne de restauration de l'image touristique de la France ; soutien aux entreprises et filières touristiques des régions les plus touchées ; programmation d'un plan de modernisation, à moyen terme, de l'offre touristique du littoral Atlantique, Paris, le 15 mars 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de Mme Michelle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, sur les mesures prises en faveur de l'économie touristique après les intempéries et le naufrage de l'Erika : campagne de restauration de l'image touristique de la France ; soutien aux entreprises et filières touristiques des régions les plus touchées ; programmation d'un plan de modernisation, à moyen terme, de l'offre touristique du littoral Atlantique, Paris, le 15 mars 2000.

Personnalité, fonction : DEMESSINE Michelle.

FRANCE. SE au tourisme

Circonstances : Présentation de la campagne Littoral Atlantique à Paris, le 15 mars 2000

ti : Mesdames, Messieurs les journalistes,
Mesdames, Messieurs,


Le 28 février dernier, je présentais dans le cadre du Comité Interministériel d'Aménagement et de Développement du Territoire, un plan de soutien à l'économie touristique non seulement des régions touchées par les intempéries des mois de novembre et décembre 1999 mais aussi, de celles victimes des conséquences du naufrage de l'Erika.

Comme vous le savez, le tourisme est, l'un des secteurs économiques les plus fragilisés par ces événements dramatiques, en particulier notre hôtellerie de plein air, les équipements de tourisme social ou rural ou encore nos établissements gastronomiques.

Au-delà des dégâts matériels et environnementaux c'est l'image même du tourisme français qui a été atteinte.

Aussi, dans le prolongement des mesures décidées par le Premier ministre et annoncées le 12 janvier dernier, le plan national en faveur de l'économie touristique française que j'ai présenté à Nantes le 28 février 2000 s'articule autour de 3 axes :

la mise en oeuvre d'une campagne de restauration de l'image touristique de la France,

le soutien aux entreprises et filières touristiques des régions les plus touchées,

et la programmation d'un plan de modernisation, à moyen terme, de l'offre touristique du littoral Atlantique.

Ainsi, c'est quelque 350 millions de francs qui seront consacrés aux divers dispositifs mis en place.

Je laisserai le soin aux représentants de Maison de la France de vous présenter les principaux éléments techniques et visuels de la campagne de restauration de l'image de l'Arc Atlantique que le Secrétariat d'État, en partenariat avec les régions et départements concernés, mettra en ¿uvre dans les semaines à venir.

Auparavant, je souhaiterais évoquer en quelques mots les mesures qui ont été prises pour aider les entreprises touristiques et les collectivités locales, à réparer les préjudices matériels et environnementaux importants qu'elles ont subis à l'occasion de ces catastrophes.

Ainsi, afin d'être en situation d'aborder dans de bonnes conditions la prochaine saison touristique, une enveloppe de 90 millions de francs permettra aux campings, aux villages de vacances comme aux gîtes ruraux et chambres d'hôtes, de remettre en état leurs équipements et bien sûr leur environnement qui constitue, chacun le sait ici, un des éléments fondamentaux d'attractivité de leurs produits.

Par ailleurs, les entreprises du tourisme qui ont obligation de réinvestir très vite pour réparer leur outil de travail, sont confrontées à des difficultés de trésorerie. Pour les y aider et leur faciliter l'accès au crédit, elles bénéficieront des garanties accordées par le "fonds de garantie tempête" mis en place dès le 12 janvier dernier et ce à hauteur de 20 millions de francs.

Compte tenu des enjeux économiques et d'image que représente le tourisme sur le littoral Atlantique, j'ai souhaité aussi renforcer le dispositif d'observation des évolutions de l'activité touristique pour évaluer les baisses éventuelles de réservations, les annulations et les conséquences en particulier du naufrage de l'Erika sur le chiffre d'affaires des entreprises du secteur.

Un dispositif exceptionnel d'observation économique a donc été mis en place début janvier. Coordonné par l'Observatoire Économique National, il aura pour mission de constituer notamment, une base référentielle fiabilisée permettant aux entreprises d'étayer et de justifier leur demande d'indemnisation au FIPOL. 2,5 millions de francs de crédits exceptionnels seront consacrés à cette action.

Notre environnement national et en particulier la forêt ont payé, eux aussi, un lourd tribut à l'occasion de ces tempêtes. Ainsi, c'est environ 15 % de nos sentiers de promenade et de petite randonnée qui ont été rendus impraticables à la suite des intempéries. Aussi, mon ministère participera-t-il à hauteur de 30 millions de francs, aux côtés du Ministère de l'Agriculture, des collectivités locales et territoriales et des associations à la restauration de ces itinéraires et sentiers.

Ce plan de remise en état des infrastructures et de l'environnement du littoral atlantique sera aussi une formidable occasion d'améliorer et de moderniser son offre touristique.

C'est pourquoi j'ai souhaité que soit mené sur trois ans un programme d'actions visant à :

l'aménagement des stations touristiques en vue d'une meilleure utilisation des plages et d'une gestion plus optimale des flux touristiques dans le respect de l'environnement propre au littoral,

l'amélioration de l'environnement et du cadre de vie des villages de vacances et des campings,

la mise en conformité des villages de vacances pour l'accueil des classes de mer.

Ces mesures seront bien sûr définies dans le cadre d'une coordination régionale, de manière à favoriser des démarches intercommunales entre les stations littorales et leur arrière-pays.

Pour mener à bien ces différentes initiatives, le Gouvernement a pris la décision d'y consacrer une enveloppe d'environ 120 millions de francs qui permettra d'élaborer des avenants aux volets tourisme des contrats de plan qui lieront les régions Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes et Aquitaine à l'État pour la période 2000/2003.

Mais revenons maintenant au sujet qui nous préoccupe aujourd'hui et qui concerne plus particulièrement, la restauration de l'image touristique de notre littoral Atlantique et de notre pays.

Chacun le sait ici, le tourisme constitue un secteur particulièrement sensible aux problèmes environnementaux et très réactif aux situations événementielles de toute nature.

Il en ressort que l'image de la France, première destination touristique mondiale et plus particulièrement celle de son littoral Atlantique ont été très profondément affectées par l'impact du naufrage du pétrolier Erika et des conséquences des intempéries.

Aussi la mise en ¿uvre rapide et étalée dans le temps d'une vaste campagne de restauration de l'image de la France, des régions et départements plus particulièrement touchés, s'avérait-elle indispensable tant auprès de nos concitoyens qui constituent leur socle de fréquentation touristique que de nos voisins européens qui en sont les plus fidèles visiteurs.

Concernant les régions touchées par les intempéries, mon ministère consacrera une enveloppe de 16 millions de francs à la restauration de leur image.

Concernant plus particulièrement la façade atlantique, un budget global de 45 millions de francs a été mobilisé, 15 millions sur l'enveloppe prévue par l'État lors du CIADT, TotalFina participant quant à lui à hauteur de 30 millions de francs, suite aux négociations que j'ai menées avec son Président.

C'est donc 31 millions de francs qui seront consacrés par l'État à la réalisation de cette campagne dans le cadre d'un partenariat étroit avec les collectivités locales et territoriales.

Définie en lien avec les comités régionaux et départementaux du tourisme des régions atlantiques, la campagne que nous allons vous présenter dans quelques instants s'adressera donc au marché français qui représente plus de 60 % de la clientèle estivale et aux pays de la couronne européenne, aux premiers rangs desquels l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas et dans une moindre mesure la Suisse et l'Italie, qui représentent pour ces régions plus de 80 % de la clientèle étrangère.

Je souhaiterais remercier ici l'ensemble des comités régionaux et départementaux du tourisme qui ont participé autour de Maison de la France à son élaboration.

L'exercice, je tiens à le souligner, n'était pas facile. Certains le considéraient même, il y a encore quelques semaines, comme impossible.

J'avais en effet donné consigne à mes services et plus particulièrement au Président et au Directeur Général de Maison de la France, de prendre en compte dans la définition des messages et supports de communication les attentes et les spécificités de nos différents partenaires régionaux et départementaux et donc de concilier la nécessaire restauration de l'image générale de l'Arc Atlantique avec celle des régions et départements concernés.

Ils ont réussi ce pari et je tiens à les en féliciter. Nous ne partirons donc pas en ordre dispersé. Bien au contraire, chaque franc investi à titre exceptionnel par l'État et les collectivités dans cette campagne sera mis en commun et valorisé autour d'un message coordonné et cohérent, permettant ainsi de gagner en efficacité et d'amplifier, j'en suis convaincue, ses effets positifs sur notre économie touristique.

La capacité que nous avons eue dans cette situation de crise à travailler de concert en mettant en commun nos savoir faire et en optimisant nos moyens constituera sans doute pour nos actions de promotion et de communication à venir un acquis précieux qui pourrait nous éviter j'en suis convaincue quelques doublons, voire quelques gâchis.

Le plan d'action adopté par les différents partenaires se déclinera en quatre volets qui vous seront détaillés dans quelques instants par Maison de la France :

des actions à destination de la presse,

des actions vers les professionnels,

des actions à destination de notre clientèle étrangère la plus fidèle et la plus francophile,

et enfin une campagne d'image grand public.

La prise en compte des préjudices subis par l'image touristique et environnementale des régions, départements et communes touchés par une marée noire ou par une catastrophe naturelle constitue dans l'histoire du tourisme français une première qui fera j'en suis convaincue jurisprudence.

C'est l'un des objectifs que je m'étais fixé au lendemain même de la tempête et du naufrage de l'Erika. Objectif que notre action coordonnée nous a permis d'atteindre ce dont nous pouvons tous nous réjouir.

Je vous remercie de votre attention et sans plus attendre je cède la parole à Monsieur PEROL, Directeur Général de Maison de la France.


(source http://www.tourisme.gouv.fr. le 22 mars 2000)

Rechercher