Déclaration de Mme Michelle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, sur les diverses mesures prises pour aider à la remise en état des régions rurales ou à forte économie touristique touchées par les tempêtes et le naufrage de l'Erika, Paris, le 22 mars 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Michelle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, sur les diverses mesures prises pour aider à la remise en état des régions rurales ou à forte économie touristique touchées par les tempêtes et le naufrage de l'Erika, Paris, le 22 mars 2000.

Personnalité, fonction : DEMESSINE Michelle.

FRANCE. SE au tourisme

Circonstances : Réunion sur les intempéries à Paris, le 22 mars 2000

ti : Mesdames, Messieurs,

L'année 1999 s'est achevée sur les images dramatiques de la tempêtes qui a dévasté nombre de départements dont les vôtres, en particulier. Les médias se sont largement fait l'écho à la fois de cette catastrophe et du désarroi de nos concitoyens devant l'ampleur des dégâts. Mais très vite s'est aussi révélé un formidable élan de solidarité des services publics, des professionnels et des bénévoles.

Le Gouvernement a pris immédiatement une série de mesures pour aider l'ensemble des professionnels et des particuliers à surmonter l'épreuve et remettre en état notre pays.

Si les régions du littoral atlantique ont été doublement touchées par les tempêtes et le naufrage de l'Erika, il ne faut pas oublier également les conséquences durables de ces événements pour les régions dont les espaces naturels, et je pense particulièrement à la forêt, ont été détruits.

Or, tout le monde connaît ici, le formidable potentiel que représente l'espace rural, pour notre économie touristique, qui je le rappelle, rapporte à la France plus de 180 Milliards de francs en devises et un excédent du poste voyages de la balance des paiements qui a dépassé en 1999, les 84 milliards de francs.

La campagne, comme premier espace de séjour, participe largement à l'attrait touristique de notre pays, aussi bien pour nos concitoyens que pour nos amis étrangers. Ceux-ci aspirent de plus en plus à un tourisme vert, synonyme de repos et de calme, de retour aux racines et de pratique d'activités sportives et de découverte, dans un environnement de qualité.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Plus de 36 % des séjours et 21 % de la consommation touristique intérieure s'effectuent dans le monde rural. Celui-ci offre en outre avec 1.500.000 lits marchands, la capacité d'hébergements touristiques la plus diversifiée de notre pays.

Cette image de "pays nature" constitue pour la France un enjeu économique majeur, et une chance pour un développement plus équilibré du territoire national.

Car le potentiel est encore considérable, puisque 80 % de la fréquentation touristique de notre pays se fait sur 20 % de son territoire.

De nombreux départements et régions l'ont compris et ont fait le choix d'un développement touristique appuyé sur la richesse de leur environnement naturel, en valorisant des produits autour de la randonnée, de la découverte de leurs sites ou de leur petit patrimoine rural.

Les associations de randonnée, en particulier, ont un rôle important dans l'animation, la découverte et la valorisation de ces richesses de nos terroirs.

Par l'animation qu'elles créent dans ces espaces, elles répondent ainsi à cette aspiration de plus en plus forte d'un tourisme vert plus authentique, basé sur des traditions et un environnement préservés.

L'importance de la seule randonnée pédestre, première pratique sportive des Français, en est la preuve. Avec ses 15 millions de pratiquants, ses 120.000 licenciés et les 180.000 kms de sentiers balisés, elle est un partenaire essentiel, avec d'autres opérateurs touristiques locaux, de l'animation de notre espace rural.

D'ailleurs, cette réalité a conduit à l'émergence de nombreux projets d'itinéraires touristiques dans le cadre de la politique gouvernementale pour l'aménagement du territoire.

Je pense en particulier au réseau des Vélos Routes et des Voies Vertes, au développement des itinéraires de grande randonnée mais aussi à ceux de petite randonnée pour favoriser la mise en tourisme de pôles touristiques nouveaux.

Je pense enfin aux voies sur berges, qui constituent l'un des plus beaux réseaux d'itinérance au sein même de notre pays et qu'il convient de mieux valoriser.

Mais cette réussite s'appuie vous l'avez bien compris, sur un paysage serein, calme et accessible à tous.

Les intempéries de la fin de l'année dernière, par les destructions d'espaces forestiers entiers, ont compromis tous ces efforts d'organisation et de valorisation de ces espaces, rendant impraticables de nombreux sentiers de randonnée et de promenades, privant ainsi nombre de zones rurales de leurs principaux atouts touristiques.

Pour ce qui concerne les dégâts causés à notre patrimoine forestier et le nécessaire soutien à apporter aux professionnels de la filière bois, durement touchés, mon collègue, Jean GLAVANY a tout de suite réagi en élaborant un plan national pour la forêt française d'un montant de deux milliards de francs, en 2000, pour permettre le déblaiement des forêts, le stockage et la valorisation des bois mais aussi sur le long terme, organiser la reconstitution des forêts dévastées.

Pour le tourisme, touché dans ses structures, son environnement, comme dans son image, il fallait une intervention rapide pour rendre aux promeneurs, aux randonneurs et aux vacanciers, les sentiers et les chemins aujourd'hui encore obstrués, endommagés ou détruits.

C'est nécessaire pour leur sécurité. C'est indispensable pour la réussite de la prochaine saison touristique.

C'est indispensable aussi, pour garantir l'image de notre tourisme rural ou de moyenne montagne pour les saisons à venir.

C'est pourquoi dès le 27 décembre j'ai demandé à l'Inspection Générale du Tourisme et à mon administration de procéder en lien avec les acteurs associatifs privés et publics, à un inventaire des préjudices subis par l'économie touristique.

Celui ci a permis la définition d'un plan national de soutien au secteur du tourisme d'un montant de 350 millions de francs.

En particulier une campagne de restauration de l'image des régions touchées par les intempéries mais aussi par le naufrage de l'Erika a été décidée pour un montant de 61 Millions de francs.

Si la priorité, vu l'urgence a été donnée à la restauration de l'image du littoral atlantique, il est prévu également de réfléchir rapidement à la campagne de communication concernant les autres régions touchées par les intempéries, pour laquelle 16 Millions de francs sont prévus. Maison de la France, en partenariat avec les CRT concernés, me fera très prochainement des propositions à ce sujet.

Parmi les mesures retenues par le Gouvernement à Nantes le 28 février, 30 millions de francs sont également prévus pour aider à la restauration des itinéraires de randonnée et des espaces de promenades, restauration indispensable et urgente avant l'arrivée des premiers promeneurs, randonneurs et vacanciers.

Pour accompagner ces mesures de soutien aux acteurs de terrain que vous représentez ici, avec l'appui de mon collègue Jean GLAVANY, j'ai mis en place dès le 21 janvier un Comité de Pilotage pour organiser au niveau national, l'action de l'ensemble des services publics et des représentants des professionnels concernés par ce problème.

Ce groupe animé par l'ONF qui est présent aujourd'hui avec nous, a pour mission de recenser et évaluer les dégâts sur les sentiers de petite et grande randonnée et de proposer un programme de restauration à mettre en oeuvre avant l'été en complémentarité avec le plan forêt déclenché par le Ministre de l'Agriculture.

Je souhaite en particulier, que ce comité soit à l'écoute de vos problèmes et difficultés sur le terrain, pour qu'il puisse rapidement nous faire des propositions afin de vous aider dans la lutte que vous menez au quotidien contre le temps, pour remettre en état nos forêts.

C'est un engagement que j'ai pris lors de la rencontre organisée par le Premier Ministre avec les élus des départements touchés par les intempéries le 17 février dernier, de vous consulter pour identifier tous ensemble les actions les plus urgentes à mettre en oeuvre.

D'autre part, j'ai demandé à mes services d'élaborer au plus vite les dispositifs, réglementaire et financier, qui permettront de mobiliser les moyens dégagés par l'Etat pour soutenir les organisation qui localement s'attachent à remettre en état les sentiers, refont leur signalisation et leur balisage, assurent la réalisation d'itinéraires nouveaux pour remplacer ceux qui ne peuvent être rapidement réhabilités.

Toutes ces mesures devront permettre, je le souhaite, de redonner une qualité touristique à nos régions, d'effacer autant que faire ce peut, ces images de désolation et permettre ainsi que les forêts et les espaces naturels si durement touchés, soient à nouveau des espaces d'accueil, qui puissent remplir leur rôle de valorisation de notre tourisme vert.

C'est pour en accroître l'efficacité que j'ai souhaité vous rencontrer aujourd'hui, afin que vous puissiez me faire part des difficultés que vous rencontrez dans vos départements respectifs.

C'est aussi, fidèle à ma méthode, faite d'écoute et de concertation que je souhaite recueillir vos suggestions sur des mesures à mettre en oeuvre à plus long terme dans nos espaces ruraux, pour reconstituer leur environnement naturel et leur rendre les atouts touristiques dont ils ont pu être privés.

C'est dans cet esprit que je souhaite maintenant que se déroule cette réunion de travail.


(source http://www.tourisme.gouv.fr, le 13 avril 2000)

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