Déclaration de la CGT, avant la réunion du Comité interministériel de la mer, sur les mesures nécessaires pour assurer la sécurité maritime et la protection de l'environnement et tirant les conséquences de la catastrophe provoquée par le naufrage du pétrolier Erika, Montreuil le 24 février 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de la CGT, avant la réunion du Comité interministériel de la mer, sur les mesures nécessaires pour assurer la sécurité maritime et la protection de l'environnement et tirant les conséquences de la catastrophe provoquée par le naufrage du pétrolier Erika, Montreuil le 24 février 2000.

Circonstances : Réunion du Comité interministériel de la mer à Nantes le 28 février 2000

ti : Déclaration de la CGT

Le 3 février 2000, à l'Assemblée Nationale, Monsieur Lionel Jospin déclarait que le gouvernement entendait tirer les enseignements des événements dramatiques de décembre 1999.


S'agissant du naufrage de l'Erika, en même temps que certains engagements financiers, il affirmait que la sécurité maritime et la protection de l'environnement seraient au premier rang des préoccupations du gouvernement et l'une des priorités de la présidence française de l'Union européenne.


Outre les questions du traitement de la marée noire et de ses conséquences, le Comité Interministériel de la Mer devrait prendre des décisions pour que la totalité des conséquences, des dégâts et des coûts de remise en état du patrimoine écologique et économique soient prises en charge. Totalfina doit être mis en demeure de garantir qu'il assumera intégralement les dépenses correspondantes, au-delà des assurances armateur et des financements du FIPOL. Mais surtout, c'est la prévention des risques futurs qui doit être au centre de l'action gouvernementale. Il faut tout faire pour que de tels sinistres ne se reproduisent plus. C'est-à-dire qu'il faut enfin prendre des mesures d'envergure contre les navires et comportements qui menacent la sécurité maritime et l'environnement maritime et littoral. Le gouvernement doit se donner les moyens humains, matériels et juridiques d'une intervention publique efficace.


Depuis de nombreuses années et encore récemment, à l'occasion d'une conférence de presse à Nantes (le 13 janvier 2000) puis de la préparation de la table ronde du 20 février 2000, la CGT et ses organisations ont fait de nombreuses propositions qui, si elles étaient appliquées, seraient de nature à apporter des remèdes durables aux problèmes soulevés par le transport maritime, en particulier celui des matières dangereuses.


Pour la CGT, la marée noire due au naufrage de l'Erika est l'aboutissement logique de la déréglementation des conditions sociales et de l'activité de transport maritime en général, pétrolier en particulier.


Cette déréglementation -dans laquelle l'Union européenne et les états européens, France comprise, portent une très lourde responsabilité- s'est appuyée sur le développement des pavillons de complaisance et leur utilisation massive par les armateurs et chargeurs-affréteurs des pays développés. Ce développement s'accompagne souvent de pratiques sociales scandaleuses proches de l'apartheid et favorise l'utilisation croissante de navires sous-normes.


La concurrence dans les activités maritimes se fait donc sur la base de l'abaissement des normes sociales, fiscales et techniques. Elle dégrade l'emploi de tous les marins, elle sacrifie les marines marchandes et la construction navale de pays comme la France. Elle sacrifie délibérément la sécurité maritime et la protection de l'environnement.


C'est cette situation intolérable socialement, menaçant le renouvellement normal de la flotte qui doit cesser. Tirer les enseignements de la marée noire devrait se traduire par une lutte vigoureuse contre les pavillons de complaisance et les navires sous-normes, en France, en Europe et au niveau international.


Le 10 février 2000, une charte de la sécurité du transport maritime pétrolier a été signée. Cette charte prévoit un certain nombre de mesures concrètes intéressantes ainsi que des engagements de principe mais pour la CGT il est clair qu'il ne peut s'agir que d'un premier pas qui doit recevoir une concrétisation réelle et des prolongements substantiels notamment au niveau européen, sous peine de rester lettre morte.


Le comité interministériel de la mer du 28 février doit être l'occasion, non seulement de prendre des décisions concrètes traduisant les engagements de principe de la charte mais d'aller bien au-delà, notamment au plan social.


Ce comité doit donc se traduire par un signal clair sur l'action gouvernementale en France mais également sur l'action que le gouvernement entend mener lors de la Présidence Française de l'Union européenne et auprès de l'OMI, afin de garantir la sécurité maritime et de prévenir les risques de pollution.

Montreuil, le 24 février 2000


(Source http://www.cgt.fr, le 7 mars 2002)

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