Déclarations et conférence de presse de M. Charles Josselin, ministre délégué à la coopération et à la francophonie, sur les relations franco-vietnamiennes, la coopération entre les deux pays et l'aide de la France au Vietnam, Hanoï les 10 et 12 mai 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclarations et conférence de presse de M. Charles Josselin, ministre délégué à la coopération et à la francophonie, sur les relations franco-vietnamiennes, la coopération entre les deux pays et l'aide de la France au Vietnam, Hanoï les 10 et 12 mai 2000.

Personnalité, fonction : JOSSELIN Charles.

FRANCE. Ministre délégué à la coopération et à la francophonie

Circonstances : Voyage de M. Charles Josselin, ministre délégué à la coopération et à la francophonie, au Vietnam lors de la réunion de la XIeme Commission mixte franco-vietnamienne à Hanoï du 8 au 10 mai 2000

ti : ALLOCUTION DEVANT LA COMMUNAUTE FRANCAISE LE 10 MAI 2000

Monsieur l'Ambassadeur, Madame,
Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Il m'est particulièrement agréable de vous retrouver aujourd'hui dans ce pavillon de réception, que j'avais eu le plaisir d'inaugurer, à l'automne 1997, au cours d'un dîner consacré à la francophonie et à la coopération décentralisée.

Depuis le Sommet de Hanoï et la visite d'Etat du président de la République en 1997, les visites au Vietnam, tant de membres du gouvernement que de parlementaires ou de représentants des collectivités territoriales, se sont multipliées. Je citerai, parmi les plus récentes, celle de Mme Elisabeth Guigou, garde des Sceaux, qui a présidé en avril dernier le comité d'orientation de la Maison franco-vietnamienne du droit, et celle de M. Christian Poncelet, président du Sénat, venu assister à l'ouverture du Festival de Hué.

Nous attendons prochainement, à Paris, le secrétaire général du Parti communiste vietnamien, M. Le Kha Phieu. Ce déplacement officiel va contribuer encore au renforcement de nos relations bilatérales. Il donnera l'occasion à la France de réaffirmer son soutien à la politique de réformes dans laquelle les autorités vietnamiennes ont engagé leur pays.

J'ouvrirai, demain, aux côtés du ministre vietnamien de la Science, de la Technologie et de l'Environnement, les travaux de la XIème Commission mixte. Vous le savez sans doute, ces Commissions mixtes se réunissent à intervalles réguliers, afin de faire le point sur l'ensemble de notre coopération et de tracer les perpectives pour les mois qui viennent. Cette nouvelle session de la Commission va ainsi nous permettre de mesurer, avec tous les acteurs français de cette coopération - dont je salue ici le dévouement et l'efficacité -, le chemin parcouru dans nos relations avec le Vietnam au cours des trente derniers mois.

Le Vietnam fait partie des pays en développement dont la France se sent le plus proche, par le c¿ur bien sûr - et je sais combien d'entre vous sont profondément attachés à ce pays -, mais aussi par son effort de solidarité. La réforme de la Coopération a créé, vous le savez, ce que le jargon diplomatique appelle la " zone de solidarité prioritaire ". Le Vietnam, qui a toujours été un partenaire particulier pour la France, en fait naturellement partie et y jouit d'une place privilégiée, " prioritaire " effectivement.

Nos relations, ces dernières années ont progressé sur tous les plans. Une large part de cette " montée en puissance " vous est due, à vous, acteurs de terrain, qui avez su, par vos activités quotidiennes, relayer les priorités que nous nous sommes fixées dans notre nouveau cadre de coopération.

Progrès de nos relations culturelles et éducatives d'abord, avec un accroissement significatif de ceux qui, scolaires ou universitaires, apprennent le français.

Progrès de notre activité éducative aussi grâce au lancement effectif des nouvelles formations décidées en 1997, destinées aux juristes et aux ingénieurs notamment.

Progrès sensibles aussi de nos relations scientifiques. que ce soit en matière de recherche, de formation ou de réalisations concrètes. Cette avancée tient essentiellement à la bonne collaboration établie entre les établissements vietnamiens et les instituts de recherche français ou, notamment dans le domaine agricole, avec l'Agence française de Développement.

Progrès dans le domaine artistique également : le succès rencontré par le Festival de Hué en témoigne. Les troupes françaises sont de plus en plus nombreuses à se produire au Vietnam. Je me réjouis à cet égard de pouvoir assister, demain soir, à la représentation donnée par l'Opéra Ballet de Lyon.

Progrès remarquables, et j'y suis particulièrement sensible, dans la mobilisation volontaire et dynamique de l'ensemble des acteurs de la coopération non-gouvernementale - collectivités locales, associations et entreprises -. J'encourage, chaque fois que cela m'est possible, ces activités et ces projets. J'ai eu l'occasion encore récemment de le faire, en ce qui concerne le Vietnam, lors de la dernière réunion annuelle de bilan de la coopération décentralisée qui s'est tenue la semaine dernière, dans l'est de la France, dans la ville de Pont-à-Mousson. La contribution de ce type de coopération au développement de nos partenaires n'est plus à démontrer.

Je me réjouis enfin, du renforcement de nos relations économiques la France est aujourd'hui le premier partenaire occidental du Vietnam et l'un de ses principaux soutiens dans les secteurs-clés de son développement économique et social.

Bien sûr, tout n'est pas parfait. Beaucoup reste encore à accomplir, et je suis conscient des difficultés administratives, juridiques ou financières auxquelles se heurtent certains d'entre vous des entrepreneurs français qui souhaitent investir au Vietnam.

Je tiens à remercier toutes les personnes présentes ce soir, ainsi que tous celles que vous représentez, françaises ou vietnamiennes, pour les efforts déjà accomplis: fonctionnaires et agents des services français en poste au Vietnam ou en France, entrepreneurs, dirigeants d'associations de solidarité internationale, délégués de collectivités locales, mais aussi ceux qui, au sein des institutions internationales, donnent l'image d'une France compétente, mobilisée, prête à défendre la cause du développement de nos partenaires étrangers.

Vous pouvez compter sur mon soutien personnel et sur celui des administrations françaises. Je suis prêt, tout comme mes collaborateurs, à écouter et à discuter avec vous des questions qui vous tiennent à c¿ur./.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 15 mai 2000)


CONFERENCE DE PRESSE LE 12 MAI 2000

Je vais vous dire quelques mots de cette XIème Commission mixte : les Commissions mixtes rythment la vie de la coopération que la France développe avec un certain nombre de pays dans le monde. Le Viêt Nam est de ceux-là.

La France a fait le choix en effet de concentrer l'essentiel de ses moyens de coopération, et en particulier d'aide au développement, en direction de 62 pays inscrits dans ce que nous appelons une Zone de solidarité prioritaire. Ce choix tient compte de l'histoire, de nos choix stratégiques, mais aussi de la situation des pays en question par rapport aux enjeux de développement qui sont les leurs. Le plus grand nombre de ces pays est en Afrique, une partie concerne la zone Caraïbes. Je pourrais rappeler par exemple que Cuba fait partie des pays qui sont également dans la Zone de solidarité prioritaire. L'Océan indien compte également un certain nombre de pays avec lesquels nous coopérons. En ce qui concerne l'Asie, ce sont le Viêt Nam, le Cambodge et le Laos. Et puis, dans le Pacifique : le Vanuatu est également compris dans cette Zone de solidarité prioritaire.

Mais notre coopération avec le Viêt Nam a ceci de particulier qu'elle permet de mobiliser l'ensemble des procédures, des instruments juridiques ou financiers de coopération. Seuls le Maroc et la Tunisie sont dans la même situation. Cela veut dire, si je voulais employer une image sportive, que le Viêt Nam a une place sur le podium.

La France est le second bailleur de fonds en terme d'aide publique au développement, après le Japon, au Viêt Nam. Nous avons été en 1999 le premier investisseur étranger et nos achats au Viêt Nam en 1999 se sont accrus de 15 %. Ceci est la preuve que la France entend conjuguer augmentation du commerce et aide publique au développement. Les deux nous paraissent indispensables. Pour en revenir à cette commission mixte, elle aura permis bien sûr d'évaluer la coopération passée, de définir de nouvelles orientations, d'associer en particulier de nouveaux acteurs, et je veux parler là des collectivités décentralisées.

J'en profite pour souligner l'importance des actions conduites au Viêt Nam par des communes françaises, des régions françaises ou des départements français. Ces actions de coopération sont conduites librement par les collectivités locales françaises. Bien entendu en recherchant la meilleure cohérence avec les actions conduites par l'Etat français.

Quatre domaines d'action ont été clairement identifiés au cours de cette commission mixte qui sont autant de priorités pour nos partenaires vietnamiens.

D'abord le développement économique et social. Comment la France peut-elle répondre au souci d'ouverture, de modernisation de l'économie souhaitée par les autorités vietnamiennes et dans des domaines aussi divers que le développement rural la santé, avec le souci de former des cadres et en particulier des cadres supérieurs de qualité ?

Deuxième priorité : le renforcement des compétences juridiques et administratives. Mme Guigou était il y a quelques jours à Hanoï et elle a eu l'occasion de visiter la Maison du Droit qui joue un rôle important. Là encore, l'axe qui guide les actions, c'est celui de 1a formation de cadres compétents dans les administrations juridiques en matière de finances publiques et en matière d'environnement qui est une question que les autorités vietnamiennes entendent prendre en compte de manière plus importante.

Troisième domaine de priorité : la recherche scientifique et le développement technologique. Je rappelle que tous les grands organismes de recherche français sont au Viêt Nam ou coopèrent avec le Viêt Nam. C'est évidemment un terrain privilégié de coopération et nous sommes attentifs à la demande vietnamienne d'une remise à niveau constante des compétences techniques. J'ai eu personnellement beaucoup de satisfaction en visitant hier l'Institut de génie civil qui fonctionne grâce à la coopération française et qui forme des jeunes gens et des jeunes filles à de futures responsabilités de chef d'entreprise. Ces jeunes gens viennent de tout le Viêt Nam et ont été choisis au terme d'une sélection tout à fait rigoureuse.

Quatrième domaine comme priorité de notre coopération : la coopération culturelle et linguistique. Ceci répond bien sûr à la volonté partagée de la France et du Viêt Nam d'échanger leur culture mais aussi de promouvoir la pratique du français au Viêt Nam non pas vécu comme une sorte de je ne sais quelle concurrence avec la langue anglaise, mais comme un complément permettant aux jeunes Vietnamiens de s'ouvrir davantage au monde.

J'ai eu l'occasion d'en discuter avec mes interlocuteurs, le ministre de l'éducation que j'ai rencontré également. J'ai bien entendu eu des entretiens très approfondis avec le ministre de la Recherche, des Technologies et de l'Environnement, qui coprésidait avec moi cette Commission mixte. J'ai également rencontré le vice-Premier ministre chargé de ce secteur. Il y a quelques dossiers qui ont retenu particulièrement notre attention. Celui des classes bilingues qui accueillent actuellement 18 000 jeunes Vietnamiens. Des classes bilingues, qui avaient été lancées, vous vous en souvenez, à l'occasion du Sommet de la Francophonie, et qui rencontrent un très grand succès puisqu'il y a 4 candidats pour une place offerte. J'ai dit à mes interlocuteurs l'intérêt que nous attachions à la décision prise récemment et qui reste à mettre en oeuvre, d'une seconde langue obligatoire dans l'enseignement du secondaire. Il vient à l'esprit de chacun que la seconde langue étrangère sera, selon toute probabilité, le français.

Cette coopération culturelle intègre évidemment les échanges artistiques, les événements artistiques : le festival de Hué, qui vient de se tenir, il y quelques jours, a été un grand succès et nous en avons compris quelques unes des raisons hier soir. La coopération entre la France et le Viêt Nam était déjà à un très haut niveau. Je ne doute pas que cette commission mixte contribue à la renforcer. C'est de bonne augure à la veille du voyage à Paris du secrétaire général du parti communiste vietnamien.

Q - Comme vous l'avez évoqué, en 1999, la France était le premier investisseur étranger au Viêt Nam. Est-ce que la France fera des efforts pour maintenir cette place en l'an 2000 et la France envisage-t-elle d'investir pour l'année 2000, en terme d'investissements au Viêt Nam ?

La deuxième question concerne la rupture des relations ministérielles entre le Canada et le Viêt Nam. Le Canada et le Viêt Nam, comme la France, appartiennent à la communauté de la Francophonie. Quelle est votre impression, vos remarques sur cet événement ?

R - Ce n'est pas le gouvernement français qui décide du montant des investissements des entreprises privées. Le rôle du gouvernement français c'est d'inciter les entreprises à investir et de faciliter en particulier les démarches qu'un investissement nécessite avec les autorités vietnamiennes.

Je peux simplement vous dire que j'ai rencontré plusieurs industriels français lors de mon séjour à Hanoï que tous me disent leur confiance dans le développement de l'économie vietnamienne qui aura su sortir, comme ses voisins, d'une crise asiatique qui menaçait toute la région et dès lors que le gouvernement vietnamien, de son côté, se donne les moyens de moderniser certaines procédures, qu'il affiche lui-même un certain nombre de besoins et de priorités, il faut que les entreprises françaises répondent à ces appels, nous les y encouragerons. Les bons résultats observés en 1999 sont un gage d'espoir pour les investissements futurs.

En 1999, le montant des investissements faits par les entreprises françaises est de 300 millions de dollars. C'est un chiffre approximatif, vous l'aurez compris.

S'agissant du Canada, je ne veux pas commenter ici les choix diplomatiques canadiens. Le Canada est un partenaire en Francophonie, j'observe qu'il n'a pas la même histoire que la France avec le Viêt Nam et je me limiterai à cette observation. Autorisez-moi à espérer que les difficultés actuelles puissent être rapidement résolues.

Q - Monsieur le Ministre, deux citoyens français sont actuellement retenus en otage aux Philippines. Vous êtes dans un pays voisin des Philippines, est-ce que vous comptez vous y rendre avant votre retour en France ?

R - Comme vous l'avez fait remarquer en effet, deux Français comptent parmi les otages des rebelles philippins. Il y a d'autres étrangers, d'autres Européens en particulier. Il n'a pas semblé qu'une réunion de ministres européens aux Philippines serait susceptible de faire beaucoup avancer le dossier. Par contre l'Europe a confié à Javier Solana le soin de conduire les discussions avec les autorités philippines d'une part, pour les convaincre aussi de donner la priorité à la sécurité des otages, éventuellement avec les rebelles philippins.

Q - Selon une information émise par la télévision du Viêt Nam, hier, à l'occasion du Festival de Hué 2000, la France a accordé au Viêt Nam sous forme d'aide technique plus d'1 milliard de dollars. Quelle est votre appréciation de l'efficacité de l'utilisation vietnamienne de ce montant ?

R - D'abord, Monsieur l'Ambassadeur précisera, c'est un million de dollars pour l'événement dont nous parlons. Avec un milliard de dollars, c'est tous les festivals, c'est Cannes, c'est Berlin, c'est Venise, Hollywood. Mais, Monsieur l'Ambassadeur, sur cette question précise, les Vietnamiens ont-ils fait bon usage de ce million de dollars ?

R - M. l'Ambassadeur - Si on veut parler en dollars, il faut parler en dongs. Nous avons effectivement apporté un milliard et demi de dongs. Un million de dollars, je crois que l'argent a été effectivement bien utilisé au regard des trois objectifs poursuivis par la coopération vietnamo-française sur Hué 2000. Le premier aspect c'était que naturellement, des spectacles avec des artistes français et vietnamiens, des artistes de renom, les meilleures troupes françaises étaient venus ici. Le fait qu'il y ait eu 150 000 personnes à l'ouverture montre que ces spectacles ont attiré beaucoup de monde. Le deuxième aspect, c'est l'aide à la production de festivals, et nous espérons qu'il y aura d'autres festivals pour les années à venir. Le troisième aspect est un soutien au tourisme et à l'hôtellerie, et là aussi ou voit que l'attention des touristes, qu'ils soient Vietnamiens ou étrangers, s'est portée cette année, plus que d'habitude sur Hué. On peut être satisfait du résultat.

R - M. le Ministre - Je ne sais pas s'il y a une relation de causalité entre le Festival de Hué et le jeune ballet vietnamien, mais je voulais vous dire, puisque l'occasion m'en est donnée, tout le bien que je pense des prestations que nous a présentées hier soir une troupe de ballet qui n'a que six mois.

Q - Pouvez-vous nous donner une appréciation sur la coopération décentralisée entre la France et le Viêt Nam ?

R - Oui, sans doute, encore que Mme Taddéi qui est vice-présidente de la région Lorraine, pourrait aussi apporter des précisions. C'est M. Gauthier qui a la liste la plus complète de la coopération décentralisée.

De mémoire, la région Nord-Pas-de-Calais, qui est une importante région du Nord de la France, a une relation particulière avec la ville de Hué. La ville de Rennes, capitale de Bretagne, c'est également avec Hué. Avec Ho-Chi-Minh Ville c'est la ville de Lyon et le Conseil général du Rhône, autre région française. Les Côtes d'Armor, qui sont ma région, un morceau de Bretagne, coopère avec la région de Vinh et Ha Tinh, Nghê An, depuis plusieurs années. Poitou-Charentes avec Hanoï et avec Can Tho. Nous pourrons vous faire parvenir un document très complet faisant le point des coopérations décentralisées entre les collectivités françaises et les régions ou les villes du Viêt Nam. Il y a une trentaine de régions ou villes de France qui coopèrent avec différentes régions ou villes du Viêt Nam.

R - M. l'Ambassadeur - Sur le site Internet, vous avez tout ce que vous devez savoir sur la coopération décentralisée entre la France et le Viêt Nam.

R - M. le Ministre - Pour plus de précisions, il vous faut venir en France.

Q - Mais je voudrais vous demander une appréciation de cette coopération.

Je vais vous dire ma conviction que les relations de coopération se nourrissent des responsabilités partagées sur le terrain, au plus près. Les rencontres entre ministres sont nécessaires mais que des élus de France viennent dans une ville vietnamienne rencontrer ceux qui sont chargés des questions d'assainissement, d'eau, d'urbanisme, de transport ou de santé, pour voir ensemble concrètement comment l'expérience des uns peut servir les autres, ça me parait au moins aussi important. L'intérêt en plus d'une coopération décentralisée, c'est non seulement que les élus peuvent se rencontrer mais on peut organiser une coopération entre un hôpital français et un hôpital vietnamien, entre une école française et une école vietnamienne, entre une Chambre de commerce ou entre des entreprises françaises et des entreprises vietnamiennes. C'est dire la richesse que peut représenter cette coopération décentralisée. Je suis heureux que cette fois, dans cette commission mixte, on ait officiellement intégré la coopération décentralisée. Laissez-moi simplement conclure sur ce point en vous disant que pour les uns et les autres, pour tous, c'est un extraordinaire enrichissement. Les jeunes Fançais qui sont ainsi appelés à coopérer au travers d'une école ou du sport, portent sur le Viêt Nam un autre regard après. Il en va de même pour les jeunes Vietnamiens qui viennent en France dans le cadre de ces échanges. J'ai eu moi-même la chance d'en recevoir un certain nombre, parfois, ce sont de jeunes fonctionnaires qui viennent passer un stage chez nous, et je crois que c'est pour eux également un enrichissement important. C'est une bonne raison d'apprendre le français¿ et le vietnamien. Je sais seulement dire une chose, "Chuc Mung Nam Moi", parce que j'étais venu pendant la fête du Têt.

Merci./.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 17 mai 2000)


DISCOURS DU 12 MAI 2000

Monsieur l'Ambassadeur,
Mesdames et Messieurs,

En presque trois ans, j'aurai eu assez souvent l'occasion de participer à des cérémonies comme celles-ci. Mais j'éprouve ce matin, ici, à Hanoï, une émotion particulière. Je ne crois pas que nous le devions seulement à la majesté du lieu, à la majesté de ce bâtiment et de son histoire. Je crois qu'en réalité, c'est parce que nous sommes tous conscients que nous vivons un moment important dans la relation entre le Viêt Nam et la France. Tout ou presque a été dit sur la signification particulière qu'avait cette commission mixte, cette XIème du genre. Nous avons déjà eu l'occasion de souligner cette double présidence que le Viêt Nam pour sa part, dans l'ASEAN, la France en Europe, vont assumer dans quelques mois. Faut-il ajouter le rôle que nous croyons pouvoir jouer, vous et nous, dans le dialogue entre le Nord et le Sud, la part que nous devons prendre, vous et nous, dans la mise en ¿uvre d'un monde multipolaire, c'est tout cela sans doute qui explique qu'il y a dans cette pièce, en ce moment, une émotion presque palpable.

S'agissant de cette commission mixte, elle aura permis, au-delà de l'examen des actions en cours, de procéder à une évaluation, une mise en perspective de notre coopération pour les années à venir, et sans vouloir en reprendre tous les chapitres, tous les points qui ont été examinés, je voudrais relever deux éléments particuliers : d'abord, et ceci me paraît fondamental, le rôle essentiel de la formation des ressources humaines a été réaffirmé par nos partenaires dans leur stratégie de développement, et ceci concerne aussi bien les ingénieurs que les médecins, les gestionnaires du public, du privé, les juristes et les chercheurs. Je veux souligner aussi la mise en ¿uvre de projets soigneusement choisis. Il y a eu une procédure très rigoureuse de sélection et de suivi, en partenariat, s'appuyant sur la mobilisation durable des compétences dans les deux pays. Cette XIème commission mixte aura aussi permis, de manière solennelle, de consacrer le rôle de nouveaux acteurs de la coopération franco-vietnamienne que sont les collectivités locales. Elle aura d'autre part renforcé la mise en cohérence des divers instruments de notre coopération bilatérale pour former, pour produire et pour entreprendre. Je me réjouis enfin que ce dialogue chaleureux et nourri, ait permis d'identifier de nouveaux projets dans le domaine du droit, du patrimoine, de la recherche scientifique et de la formation de la haute fonction publique. L'excellence des relations franco-vietnamiennes, confirmée par mes entretiens au plus haut niveau, augurent bien de la réussite du prochain voyage du Secrétaire général à Paris. Le choix de la France comme première destination de voyage dans un pays occidental du Secrétaire général du parti communiste vietnamien est pour nous un signe important.

Mes remerciements et mes félicitations vont à tous ceux, toutes celles, Vietnamiens et Français, qui ont permis la réussite de cette XIème Commission mixte. Je vous remercie./.


(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 18 mai 2000)

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