Entretien de M. Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, avec la presse anglo-saxonne et déclaration sur le développement de la démocratie notamment dans les pays non démocratiques, Varsovie le 26 juin 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, avec la presse anglo-saxonne et déclaration sur le développement de la démocratie notamment dans les pays non démocratiques, Varsovie le 26 juin 2000.

Personnalité, fonction : , , VEDRINE Hubert.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

Circonstances : Voyage de M. Hubert Védrine à Varsovie le 26 juin 2000 pour la conférence "Vers une communauté des démocraties"

ti : Intervention devant la conférence sur la démocratie :

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,

A l'invitation de mon ami Bronislav Geremek, ministre des Affaires étrangères d'un pays qui a rétabli la démocratie il y a dix ans et qui est donc spécialement bien placé dans ce débat, je suis venu ce matin à Varsovie pour partager avec vous quelques réflexions non pas tant sur la démocratie en soi, que sur le processus de démocratisation qui nous réunit, nous passionne et nous mobilise tous.

L'idée de démocratie vient de loin. Certaines cités antiques, notamment Athènes par les réformes de Clisthène, avaient déjà donné le pouvoir au peuple. En dépit de ces antécédents, la démocratie a fait pendant des siècles figure d'exception fugace et menacée, ou d'utopie dangereuse.

Cela a commencé à changer avec la naissance du droit politique républicain moderne annoncé en Europe au XVIème siècle avec les six livres de la République de Jean Bodin en 1576 mais aussi avec l'ouvrage d'Andrzej Friycz Modrzewski "De la République réformée" publié à Cracovie en 1551. Après quoi il a fallu encore des siècles avant que se développent vraiment dans quelques pays d'Europe, le droit de l'Etat, les Droits de l'Homme, les droits du citoyen, les droits du peuple, la démocratie libérale et enfin, en un mot, la démocratie. Et même après les grandes déclarations des Droits de l'Homme et du citoyen britannique, américaine et française de la fin du XVIIIème siècle, textes fondateurs, par combien de révolutions violentes et de répressions féroces, par combien d'étapes a-t-il encore fallu passer au XIXème et au XXème siècle avant d'en arriver là où nous en sommes dans la démocratisation ? La marche vers la démocratie s'est effectué par paliers, parfois au prix de terribles crises et de régressions. Et l'analyse historique de l'Europe, comme des autres régions du monde où ce passage s'est produit, démontre l'importance déterminante, préalable ou simultanée, dans ce cheminement, des facteurs économiques, sociaux, culturels, comme autant de conditions favorables à l'éclosion et au développement de la démocratie.

Chacun de nos pays ici représentés est parvenu à la démocratie par son propre chemin. Pour autant, je ne suis pas convaincu que cette réalité reste aujourd'hui présente à tous les esprits, à l'heure où un certain triomphalisme marque à ce sujet les pays occidentaux et où une résurgence de l'idéologie de la table rase risque de rassembler anciennes et nouvelles démocraties dans un oubli commun du chemin parcouru et des obstacles surmontés pour en arriver là. La joie partagée, la fierté d'être ou d'être devenus des démocraties, l'ampleur sans précédent des avancées récentes, l'optimisme justifié qu'elles nourrissent ne doivent pas rendre amnésiques.

Cet état d'esprit d'espérance et d'impatience démocratique n'a cessé de croître depuis un siècle, associé à l'aspiration à la paix sans se limiter à celle-ci. Il a été porté par la modernisation technique et l'évolution sociale. Il s'est construit, en réaction à la première guerre mondiale, puis à l'échec de la Société des Nations puis aux horreurs de la guerre de 39/45, puis au communisme. Du coup, quand l'Union soviétique a disparu, à la fin de l'année 1991, il a semblé ne plus y avoir aucun obstacle à l'expansion universelle et immédiate de la démocratie telle qu'elle fonctionne en Occident, encore qu'il y ait de nombreuses nuances d'un pays démocratique à l'autre. C'est à partir de là, au cours des dix dernières années, que s'est exacerbée une conception de "la" démocratie instantanée qui fait trop souvent l'impasse sur les situations réelles et sur l'état d'avancement des sociétés. Un certain nombre de déclarations, proclamations, communiqués sont parfois rédigés comme s'il s'agissait dorénavant de convertir d'un coup à la religion démocratique des suppôts de la tyrannie et non d'encourager et de consolider des processus d'évolution des sociétés.

C'est en ayant ces remarques préalables à l'esprit que nous devrions nous poser trois questions :

1/ La première : comment perfectionner les démocraties existantes même les plus avancées et les protéger contre leurs dérives ? Je pense aux risques très réels de la dilution de la citoyenneté dans le marché et la communication, à l'abstention croissante qui en résulte dans les pays riches, au rôle de l'argent et des lobbies dans les campagnes électorales, à la perte de sens de la politique dans les démocraties installées. Je le dis aux nombreux représentants des nouvelles démocraties qui sont ici : nous ne pouvons nous résigner à ce que ce soit cela l'aboutissement de tant de luttes héroïques.

2/ Deuxième question : comment consolider la démocratie là où elle émerge et où elle est encore fragile ? Qu'est-ce qui peut être fait de l'intérieur ? Et comment aider de l'extérieur ?

3/ Troisième question : comment faire débuter ce processus là où il n'a pas commencé ? Que faire de l'extérieur là où cette éclosion est délibérément empêchée par les autorités politiques ? Que faire a fortiori là où non seulement il n'y a pas de démocratie mais là où les Droits de l'Homme les plus fondamentaux et les plus vitaux ne sont même pas respectés ? C'est au Conseil de sécurité de répondre, parfois dans l'urgence, et sans faux semblant ni prétexte dilatoire ou formaliste, à cette grave question.


Je ne développerai pas ici la réponse à la première question sur les maux des démocraties modernes dont a longuement et justement parlé Bronislaw Geremek, sauf pour dire qu'en France le gouvernement de Lionel Jospin y est très attentif et s'en préoccupe de multiples façons. En revanche, je ferai sur les deux autres questions deux réflexions tirées de l'histoire, y compris la plus récente :

- Première réflexion : la démocratie a toujours été le fruit d'un processus au démarrage difficile et au développement plus ou moins long, mettant en jeu tous les facteurs de changement, à commencer par les facteurs économiques et sociaux mais n'a jamais découlé exclusivement de la proclamation de "valeurs" politiques et idéologiques, ou de l'établissement de normes juridiques. Ainsi dans la longue évolution qui a conduit à émanciper l'individu-citoyen du groupe ou de la communauté initiale, notamment rurale, sociologique, régionale, ethnique ou religieuse, la révolution industrielle a joué un rôle d'accoucheur en Europe en développant le salariat. Pour être prêt à ce processus, il est clair qu'il faut être sorti de l'économie de survie et des pénuries (à partir de combien de dollars par tête ?) ; que la diffusion des savoirs doit avoir atteint un certain seuil. A cet égard, ce n'est sans doute pas un hasard si la déclaration française de Droits de l'Homme et du citoyen a été proclamée en 1789 alors que la France avait atteint le taux de 50 % d'alphabétisation ; il faut aussi un Etat régulateur et redistributeur avec une administration et des services publics capables de survivre à un pouvoir personnel ; et enfin la paix intérieure et extérieure est indispensable. Cette transformation a été plus ou moins longue, plus ou moins contrariée, plus ou moins violente selon les cas et les pays. Avec le recul, il apparaît que la rapidité et la violence des changements ne sont pas des facteurs de solidité. Mieux vaudrait dans l'idéal des processus continus pour éviter des retours en arrière violents.

- Deuxième réflexion : les facteurs de maturation internes ont toujours été déterminants, sinon exclusifs, comme le montre l'exemple des pays occidentaux qui ont été les premiers à s'engager dans cette voie. Dans quelques rares cas la démocratie a été imposée de l'étranger par des vainqueurs après une guerre perdue par des régimes totalitaires, et encore, dans plusieurs de ces cas, la démocratie avait commencé d'exister auparavant et laissé dans les mentalités des traces et des points d'appui. On pourrait même citer des interventions militaires extérieures ayant eu le résultat inverse, celui de consolider les dictatures ou les autocraties. Mêmes remarques, sur les sanctions, solution de facilité, en général contreproductives à quelques exceptions près (je pense à l'Afrique du Sud) parce qu'elles verrouillent les pays sur eux-mêmes.

Par exemple, on l'a oublié, l'Espagne d'après-guerre ne s'est pas démocratisée sous l'effet des sanctions prises en 1945 par les Alliés ni des condamnations votées par l'Assemblée générale des Nations unies, mais sous celui de la modernisation, de la maturation interne et du tourisme puis du désir d'intégration européenne. Je citerai le commerce, dans tous les cas facteur d'évolution, d'où l'importance de ce qui se passe au sein et autour de l'OMC.

Pour que les facteurs externes (je dis bien : facteurs, et pas forcément intervention) continuent à déclencher ou à renforcer un processus, il faut donc une certaine disponibilité et une maturation des forces intellectuelles et sociales internes, une certaine ouverture du jeu politique intérieur, et un respect de la dignité et des intérêts nationaux, pour réussir les transitions et ne pas provoquer une réaction de verrouillage.


Ceci étant posé, quelles conclusions opérationnelles en tirer ?

- D'abord redonner dans tout débat sur la démocratisation une importance primordiale au développement économique et social et à la formation et en donner une traduction dans les programmes de l'ONU, de l'UE, du G8, de la Banque mondiale, du FMI, etc... Comment se borner à préconiser partout une démocratie purement politique et juridique, quand dans le monde s'aggravent de fantastiques inégalités qui sont autant de bombes à retardement par les réactions démographiques ou autres qu'elles peuvent entraîner ?

- Eviter ensuite de la part des Occidentaux toute attitude qui pourrait donner l'impression qu'ils utilisent l'aspiration universelle à la démocratie et au respect des Droits de l'Homme, celle que traduit en des termes impérissables la grande déclaration du 10 décembre 1948, mère de toutes les autres, à des fins d'influence ou de domination politique, économique ou culturelle, comme est parfois instrumentalisé aux mêmes fins le fécond principe de la liberté du commerce.

- Dans un souci d'efficacité, ne pas poser sur toutes les situations et tous les stades une grille de lecture unique.

- Ne pas se contenter du plus facile c'est-à-dire des proclamations générales, condamnations, dénonciations, prescriptions. Certes cela réchauffe le coeur de ceux qui y souscrivent et entretiennent l'espoir chez beaucoup d'autres et donne à leurs combats un point d'appui et de référence. Mais cela ne doit pas nous dispenser de nous concentrer sur la consolidation concrète de chaque processus démocratique, ce qui est plus ardu mais encore plus nécessaire.

- Aider chaque pays à mettre en oeuvre le maximum de démocratie dont il est à un moment donné capable pour préparer les étapes suivantes. Prenons l'exemple des élections : pour être pleinement démocratiques, elles nécessitent l'existence de listes électorales honnêtes ; de règles claires de présentation des candidatures ; d'une campagne électorale équitable et pluraliste, et donc de médias indépendants des autorités politiques comme des puissances économiques ; d'un Etat de droit, c'est-à-dire d'une administration impartiale, d'une armée et d'une police neutres. Et il faut qu'en plus des groupes humains entiers ne votent pas comme un seul homme sous l'effet de l'ignorance, de la peur, des réflexes religieux ou ethniques, quand leurs suffrages ne sont pas purement et simplement achetés. Et enfin des tribunaux en qui on ait confiance sont nécessaires pour juger des inévitables contentieux. Il est vrai qu'à ce compte là je ne sais pas où on pourrait faire des élections ! Je ne dis donc pas qu'il faut attendre d'avoir réuni toutes ces conditions idéales pour franchir cette étape démocratique décisive. Au contraire, on apprend toujours de l'expérimentation démocratique. Mais il ne suffit pas de plaquer des élections sur n'importe quelle situation pour être quitte avec les progrès de la démocratie. Cette remarque vaut pour tous les aspects et les étapes de la démocratisation.

- Dans cette perspective la construction d'Etats modernes, vraiment efficaces mais en même temps respectueux du droit et démocratiques est une nécessité et devrait être une priorité des programmes d'aide, d'échanges et de coopération. Il y a encore dans le monde trop d'Etats répressifs ou arbitraires. Mais il y a encore plus d'Etats incapables. Et beaucoup de drames dans le monde d'aujourd'hui éclatent parce que des Etats implosent, se désintègrent ou sont incapables d'assumer les fonctions de base de protection, de sécurité, de développement, d'équité et de garantie de la démocratie qu'ils doivent à leurs populations. Sur tous ces plans, la société civile peut jouer un rôle complémentaire très utile, surtout quand ceux qui entendent parler en son nom sont responsables et transparents comme ils demandent aux gouvernements de l'être.

- Nous devrions avoir toutes ces considérations à l'esprit lorsque nous rédigeons des clauses de conditionnalité dans des accords internationaux. Inciter et encourager sans bloquer, exiger des avancées réalisables sans provoquer des explosions, savoir placer le curseur au bon niveau doit être notre souci constant. Les dispositifs introduits par l'Union européenne dans les Accords de Lomé à l'instigation de la France en sont un bon exemple.


Je remercie Bronislav Geremek de m'avoir invité et de m'avoir ainsi permis de développer devant vous ces considérations qui visent à éclairer la façon dont nous devons exercer nos responsabilités de pays démocratiques. Pour conclure, je voudrais adresser le salut de mon pays aux peuples qui, partout dans le monde, perfectionnent ou consolident leur démocratie et plus encore à ceux qui luttent pour pouvoir commencer à la construire.


(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 28 juin 2000)
Entretien avec la presse anglo-saxonne :

Quelques mots d'abord sur cette réunion. Je suis venu à Varsovie par amitié pour Bronislaw Geremek. J'apprécie son action et je ne voulais pas laisser passer l'occasion de faire quelques réflexions sur la démocratie et sur la démocratisation.

Le fondement de mon raisonnement, c'est que les pays occidentaux ont eu un peu trop tendance à croire que la démocratie est une religion et qu'il suffit de convertir les gens.

Or, historiquement, cela ne s'est jamais passé comme ça. Cela a toujours été le résultat de transformations, de processus économiques, sociaux, et de l'évolution des mentalités, et donc finalement de processus politiques.

D'autre part, cela a été historiquement principalement le résultat de processus internes.

Il y a évidemment des facteurs externes très importants : les échanges d'idées, le commerce qui est un facteur de changements extraordinaires.

Mais quand c'est une intervention extérieure au sens brutal du terme, c'est souvent assez contre-productif.

Pas toujours bien sûr, je ne veux pas schématiser. Mais l'action militaire extérieure et l'usage brutal des sanctions peuvent avoir des effets inverses. Il est clair par exemple qu'à Cuba, Castro ne tient que grâce à ça par exemple. Même pas Saddam Hussein, on pourrait dire la même chose. Sur Milosevic, la question reste encore ouverte.

Il y a des cas en sens inverse. Par exemple, le Japon d'après-guerre : il est clair qu'on y a imposé des formes démocratiques.

Donc, dans un état d'esprit constructif et pour apporter notre contribution utile, concrète, j'ai voulu dire : n'oublions pas tout ca.

J'ai voulu dire aussi : évitons l'auto-satisfaction. Nos démocraties elles-mêmes doivent encore se perfectionner : le rôle de l'argent dans la politique dans les grandes démocraties devient effrayant. Le désintérêt des citoyens est de plus en plus massif. N'oublions pas cela et ne donnons pas des leçons aux autres.


Q - (Sur l'administration Clinton)

Mon intention n'est pas de critiquer l'administration Clinton. Nous, responsables français, nous nous sommes bien entendus avec l'administration Clinton. On a bien travaillé sur beaucoup de sujets et quand on a eu des désaccords, nous les avons gérés sans tragédies.

Je crois que nous avons une relation sereine et sympathique. Je ne cherche donc pas du tout à les critiquer.

Je vise à un discours plus global. Cette approche peut être aussi bien européenne qu'américaine, elle peut venir des media comme des responsables politiques, des ONG. C'est global.

Q - (Sur l'ingérence)

R - Rien n'est blanc ou noir, le choix n'est pas entre l'ingérence la plus lourde et rien. Je redis donc qu'historiquement la démocratie a surtout été le résultat de mécanismes de maturations internes.

Mais l'effet des actions externes est évident. Je crois qu'il y a un dosage à adopter pour chaque Etat et à chaque étape.

Et puis il y a des interventions qui donnent des résultats inverses. Je l'ai déjà dit. Rappelez-vous Jimmy Carter. Il ne voulait bien sûr pas installer la révolution islamique au pouvoir. Or il y a contribué indirectement. Il faut donc faire attention à ce que l'on manipule et le faire avec le plus de finesse possible.

Q - Le gel des contacts avec l'ambassadeur d'Autriche est une de ces manières d'envoyer des messages ?

R - C'est un cas un peu différent. Personne n'est obligé d'entrer dans l'Union européenne. Nous ne sommes pas ici dans le cas des relations internationales classiques.

Quand vous entrez dans l'Union européenne, vous souscrivez à un programme plus exigeant notamment sur les valeurs. Tout le monde l'admet en Europe, même les Autrichiens l'acceptent. C'est sur la situation concrète que nous avons des discussions.

Q - Pensez-vous que cette Conférence aura un impact sur le long terme ?

R - Je n'en sais rien. Il faut le demander aux organisateurs.

Q - Pensez-vous qu'une telle réunion puisse apporter quoi que ce soit ?

R - C'est bien que les démocraties mettent en commun leur réflexion et essaient d'en tirer des conclusions utiles pour ceux qui ne sont pas aussi avancés sur ce chemin. A condition que l'on tienne compte des réflexions que j'ai faites au début.

Q - (sur l'attitude des Occidentaux vis-à-vis du Kosovo)

R - Le Kosovo, c'est une situation complètement différente. Il ne s'agit pas simplement d'une situation où la démocratie était bafouée. C'était une population qui était traitée de façon monstrueuse. On a épuisé tous les moyens politiques et diplomatiques avant d'être obligés d'intervenir. Je n'ai jamais cru moi-même que cette intervention allait suffire à transformer les Balkans en une paisible Suisse du jour au lendemain. La question des élections au Kosovo, c'est très important. Selon la façon dont cela se passera, soit cela se bornera à légaliser le pouvoir des groupes armés qui en réalité n'ont pas disparu, ou alors cela produira un vrai choc démocratique, cela déclenchera quelque chose de nouveau dans la société du Kosovo.

Q - Sans porter de jugement critique sur la Conférence, pourriez-vous nous dire si cela était une bonne idée d'inclure un certain nombre de pays, par exemple avec des partis uniques ?

R - Honnêtement, je n'ai pas d'avis sur l'organisation ni sur la composition de la Conférence. M. Geremek m'a invité personnellement, j'étais content de venir alors qu'il était encore ministre, c'était un signal amical. J'ai trouvé que le sujet était intéressant et stimulant.

Q - Etes-vous d'accord avec M. Geremek quand il dit qu'il n'y qu'une seule conception de la démocratie mais avec des parfums différents ?

R - Il y a un concept global, c'est clair. Il y a autant de façons de le mettre en oeuvre qu'il y a d'Etats. C'est évident entre les Etats-Unis et l'Europe. Et même entre les pays de l'Union européenne, on peut progresser vers une plus grande harmonisation par exemple sur les questions de justice et de police.

D'autre part, il y a ce que j'ai dit sur l'importance du processus lui-même. Nous avons mis plusieurs siècles pour arriver au stade où nous en sommes. Tout l'enjeu est de faire en sorte qu'il faille moins de temps pour les autres !

(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 30 juin 2000)


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