Déclaration de M. Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement, des transports et du logement, sur le développement du réseau francilien de transports en commun en collaboration avec la SNCF et la RATP et sur le prolongement de la ligne C du RER, Pontoise le 28 août 2000.. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement, des transports et du logement, sur le développement du réseau francilien de transports en commun en collaboration avec la SNCF et la RATP et sur le prolongement de la ligne C du RER, Pontoise le 28 août 2000..

Personnalité, fonction : GAYSSOT Jean-claude.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports et du logement

Circonstances : Inauguration du prolongement de la ligne C du RER à Pontoise, le 28 août 2000

ti : Mesdames, Messieurs,

Je voudrais en préambule à ces quelques mots saluer la mémoire d'un grand commis de l'État, Paul DELOUVRIER, qui a été l'instigateur de la création des villes nouvelles en Île-de-France. Grâce à lui, la région capitale n'est plus monocéphale mais bien polycentrique. La ligne que nous inaugurons aujourd'hui en est le témoignage, puisqu'il s'agit de compléter les dessertes RER jusqu'à Pontoise et donc de conforter l'un des objectifs du schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme d'Île-de-France : améliorer et étendre les dessertes RER jusqu'à l'ensemble des Pôles régionaux.

A cet effet, la ligne C a été prolongée sur environ 9 km, le terminus actuel de Montigny-Beauchamp étant reporté jusqu'à Pontoise, ce qui permet de desservir les gares de Pierrelaye, Saint-Ouen l'Aumône et Pontoise.

En terme de maillage, la ligne C du RER ainsi prolongée aura des points de correspondance avec la future tangentielle nord à Epinay-sur-seine, ainsi qu'avec la liaison Ermont/Saint-Lazare prévue au XIIeme contrat de plan État-Région Île-de-France. En outre, les installations nouvelles, et notamment le nouveau pont sur l'Oise comportant 6 voies, rendront possible ultérieurement la réalisation de la branche nord de la tangentielle nord, Pontoise-le Bourget, puis Roissy, sans toucher aux dessertes existantes.

Pour accueillir la ligne C du RER, toutes les gares concernées par le prolongement ont été rénovées et réaménagées.

Le coût de cette opération est de 482 MF, l'État y ayant consacré pour sa part plus de 144 MF. De leur coté la Région et les collectivités locales se sont fortement impliquées dans ce projet, notamment pour le traitement architectural du pont sur l'Oise.

On le voit ce prolongement permet d'améliorer la desserte d'une Ville Nouvelle, mais il s'intégrera à terme dans un dispositif de liaison entre banlieues. Or tout le monde en convient, l'offre en transports collectifs est très insuffisante, et c'est bien la question à laquelle il faut s'attaquer.
Pour les déplacements contraints et répétitifs que doivent effectuer les habitants des villes de votre département, l'existence d'un service public de qualité confortable, régulier, à des prix abordables est plus que jamais décisif.

Cela dit, on sait aussi qu'à l'horizon 2015, la croissance des déplacements, notamment de banlieues à banlieues va encore croître de 50 % et que, jusqu'ici la réponse automobile, souvent la seule possible, absorbe 80 % des parts des déplacements. D'où l'importance de la réorientation que nous mettons en ¿uvre. Que cela me permette de vous dire que je n'oublie pas qu'en attendant nombre d'automobilistes ont rendez-vous régulièrement avec la pompe à essence ou à gas-oil et que je partage leur préoccupation lorsque cela constitue une amputation réelle de leur pouvoir d'achat et je comprends également les professionnels qui constatent le coût supplémentaire pour leurs activités.

Je tiens à dire que je suis favorable à ce que des mesures soient prises pour que le pouvoir d'achat des usagers de l'automobile et que les coûts pour les professionnels ne soient pas davantage sanctionnés par les hausses des produits pétroliers.

Je reviens au contrat de plan État-Région Île-de-France pour la période 2000-2006, récemment signé. Il réoriente les investissements en direction de la banlieue. Il permettra le renouveau du tramway en Île-de-France notamment avec la réalisation d'une rocade de tramway en proche couronne, qui offrira de nombreuses correspondances avec le métro et le RER. C'est le projet "Grand Tram".

Des tangentielles ferroviaires à grand gabarit relieront les principaux pôles de la grande couronne, de Sartrouville à Noisy-le-Sec et de Versailles à Corbeil pour commencer. En complément, le contrat de plan comporte pour la première fois, un volet " qualité de service ". Ainsi, un réseau principal d'autobus sera mis en place : des aménagements de voirie sont prévus pour augmenter la vitesse et la régularité de ces lignes sur lesquelles la fréquence, l'accessibilité et l'information seront renforcées.

Voici, brossé à grands traits, un panorama du réseau francilien de demain, auquel il convient d'ajouter des prolongements de lignes de métro.

Avec un total de crédits, tous financements confondus, de 23,5 milliards de francs pour le XIIème plan, la progression est de 50% comparée au plan précédent. Vous le voyez, il y a une véritable volonté politique partagée par l'État et la Région, de changer la donne en Île-de-France.

La priorité donnée aux transports collectifs n'a pas signifié la diminution des investissements routiers en Val d'Oise, département de Grande Couronne. Ceux-ci augmentent sensiblement avec en particulier à proximité de la ville nouvelle, le bouclage de l'A115 et la refonte de l'échangeur entre l'A15 et la RN184.

Cette enveloppe en forte augmentation ne permettait cependant pas de réaliser tous les projets souhaités par l'ensemble des partenaire. Mais, comme j'attache un caractère prioritaire à la sécurité routière dans les missions de mon ministère, j'ai décidé la mise en sécurité de la RN14 entre Cergy-Pontoise et Magny-en-Vexin, à 2x2 voies, hors Contrat de Plan, avec la participation très importante du Conseil Régional d'Île-de-France et du Conseil Général du Val d'Oise, dont je tiens à saluer ici l'état d'esprit de partenariat sur cette opération, comme sur l'ensemble des projets d'infrastructures.

Ainsi la ville nouvelle de Cergy-Pontoise sera aussi tournée vers le Vexin et la Normandie par une liaison routière sûre.

Pour en revenir aux transports collectifs,...

Je sais qu'avec son programme Transilien, la SNCF a déjà engagé un véritable renouveau de ses services en Île-de-France. Plus qu'un programme, TRANSILIEN est plutôt un service de qualité accordé aux gares et aux trains où le voyageur peut constater un progrès visible : une ambiance sympathique, lumineuse et moderne dans les gares et les trains, un personnel proche des voyageurs et attentif à leurs demandes, notamment en matière d'information. Le Président Gallois s'est engagé sur un programme portant sur 250 gares en 3 ans (sur un total de 380 sur toute l'Île-de-France).

Actuellement, comme vient de nous le rappeler Louis GALLOIS, près de 100 gares ont été baptisées "Transilien", dont 15 gares situées dans le Val-d'Oise.

On ne peut que se féliciter de tous ces efforts, mais il est un point qui laisse encore à désirer, c'est le confort climatique à l'intérieur des trains de banlieue, mais aussi, le RER, le métro et les bus.

Il est indispensable d'offrir aux usagers des transports en commun un confort comparable à celui des véhicules individuels.

Je sais que la SNCF et la RATP ont déjà retenu des initiatives et expérimentations sur cette question. Je leur ai demandé sous l'égide du Syndicat des Transports Parisiens de s'impliquer sur un programme ambitieux de climatisation reposant sur un système de ventilation réfrigérée et de vitrage athermique. Ce programme, dont le contenu et le calendrier seront examinés à l'automne prochain, portera sur tous les types de matériel, y compris ceux déjà en service.

A l'avenir, les voyageurs des trains de banlieue, RER, métro, tramway et bus pourront grâce à ce nouveau confort climatique, se déplacer dans de bien meilleures conditions, à l'instar de ce qui existe déjà sur les lignes TGV et de nombreux réseaux étrangers.

Mais pour développer l'usage des transports collectifs, il convient de promouvoir une politique tarifaire attractive.

C'est ce que le gouvernement a décidé depuis 1997 avec plusieurs innovations tarifaires : l'introduction de chèques mobilités pour les chômeurs, la carte Imagine R pour les jeunes, le billet unique pour les utilisateurs des bus, la suppression de la première classe et des variations de tarifs proche de l'inflation explique, avec la reprise économique, l'augmentation sensible des trafics sur la dernière période. Elle a été supérieur à 3% en 1999 et les 6 premiers mois de l'année 2000 confirme cette tendance Nous avons bien l'intention de poursuivre dans cette voie.

Enfin, je voudrai rappeler les évolutions institutionnelles qui sont programmées et qui ont été préparées en concertation étroite, avec mon ami Jean-Paul HUCHON. Avec l'adoption de la loi Solidarité et Renouvellement Urbains avant la fin de l'année, une nouvelle étape sera franchie avec la réforme du Syndicat des Transports Parisiens, qui désormais s'appellera Syndicat des Transports d'Île-de-France. Cette réforme attendue depuis plus de 20 ans, permettra à la Région d'entrer au Conseil d'Administration du nouveau STIF.

De plus, il a été décidé de contractualiser les relations entre l'autorité organisatrice d'une part et la SNCF et la RATP, d'autre part. Les contrats en découlant viennent d'ailleurs d'être signés, précisant les niveaux de services offerts, de qualité de service et de financement public. C'est là l'occasion de mieux impliquer le secteur public dans une démarche d'efficacité économique et sociale, tout en respectant l'autonomie et la responsabilité des entreprises.

Cette avancée, évidemment indispensable, s'accompagnera de la création d'un comité des partenaires du transport public, qui permettra de recueillir l'avis des usagers, des organisations syndicales et patronales et des collectivités locales, sur les principaux choix de développement.

Vous le voyez, tous les engagements que j'avais pris au nom du Gouvernement, lors des 40 ans du STP en février 1999, seront tenus.

Le réseau SNCF d'Île-de-France est, à l'image de son environnement, confronté depuis plusieurs années au développement des incivilités et des agressions envers les voyageurs ou les agents de l'entreprise qui exercent une mission de service public.

Je voudrais souligner ici l'action du Gouvernement en ce domaine, qui a rendu possible une augmentation des emplois en contact avec le public de plus de 4 500 en trois ans sur l'ensemble des réseaux de transport de l'Île-de-France.

A la SNCF, ces renforts permettront d'assurer la présence d'agents jusqu'au dernier train dans les gares de l'agglomération centrale et bientôt, au-delà de la zone 5, celle de personnel d'accueil dans tous les trains à partir de 21h.

Le programme de sécurisation engagé va bien au-delà de la réhumanisation des gares, stations et trains. Il concerne notamment les équipements de sécurité (radiocommunication, vidéo surveillance) et à l'ouverture de postes de police dans les gares.

Je rappelle également, tout le travail mené en partenariat avec les contrats locaux de sécurité. Aujourd'hui, en Île-de-France, 93 contrats de sécurité ont été signés et 67 sont en cours.

Dans le Val d'Oise, 10 sont signés, 11 en cours. Parmi les contrats signés, je cite Cergy-Pontoise, Saint-Ouen l'Aumône et d'autres communes, Garges-les-Gonesses, Ermont-Eaubonne, Villiers le Bel ; parmi ceux en cours, Montigny-les- Cormeilles, Argenteuil, Sarcelles, Enghien-les-Bains et Persan.

L'action que nous menons commence à se traduire par de premiers résultats. C'est ainsi, que sur les six premiers mois de l'année les atteintes physiques contre les agents de la SNCF - en Île-de-France - ont diminué de près de 23%. Bien sûr, il convient d'être prudent, car toutes améliorations dans ce domaine reste fragile. Mais cette amélioration mérite d'être soulignée.

Voilà beaucoup de raisons d'être optimiste. Pour ma part, je suis sûr qu'avec une nouvelle desserte RER, le Val d'Oise peut entrer dans un nouveau siècle avec sérénité, et peut aborder avec confiance un monde qui sera de plus en plus fait d'échanges, et de mobilité. Je vous remercie de votre attention.

(Source http://www.equipement.gouv.fr, le 29 août 2000).

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