Conférence de presse de M. Laurent Fabius, ministre de l'économie des finances et de l'industrie, sur la faiblesse de l'euro par rapport au dollar malgré les bonnes performances économiques de la zone euro et sur les conséquences de l'augmentation du prix du pétrole, Versailles, le 8 septembre 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de M. Laurent Fabius, ministre de l'économie des finances et de l'industrie, sur la faiblesse de l'euro par rapport au dollar malgré les bonnes performances économiques de la zone euro et sur les conséquences de l'augmentation du prix du pétrole, Versailles, le 8 septembre 2000.

Personnalité, fonction : FABIUS Laurent.

FRANCE. Ministre de l'économie, des finances et de l'industrie

ti : M. FABIUS.- Mesdames et Messieurs, merci d'être là ; veuillez m'excuser de cette heure relativement tardive, mais nous venons de sortir de réunion. Bienvenue à Versailles et pour ceux d'entre vous qui viennent de très loin, bienvenue en France.

Je vais tenir cette réunion avec M. Pedro SOLBES qui est le Commissaire compétent dans ces problèmes et M. NOYER qui est Vice-président de la B.C.E. ; nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions.

Auparavant, un mot de présentation de ma part puisque nous avons décidé il y a de cela déjà quelques temps, que lorsqu'il y avait une réunion de l'Eurogroupe et que cela apparaissait utile, le Président en exercice de l'Eurogroupe s'adresserait à vous ; ce que je fais volontiers ce soir.

Nous avons abordé avec mes collègues un certain nombre de sujets et nous continuerons demain dans le cadre de l'ECOFIN Informel.

Nous avons commencé notre discussion par une analyse de la situation économique en général et de la performance économique de la zone euro, qui est saluée par tous les organismes internationaux et un certain nombre de collègues sont intervenus sur ce point pour donner leur analyse de la situation globale et de ce qui se passait dans chacun de nos pays.

Ensuite -j'y reviendrai- nous avons étudié avec attention les questions pétrolières et je m'exprimerai là-dessus plus longuement demain parce qu'il est tout a fait normal d'attendre nos collègues de l'ECOFIN Informel, l'Europe des 15, pour que nous ayons une discussion plus approfondie, élargie. J'aurai aussi l'occasion de revenir sur ce point lors de la réunion de presse qui aura lieu demain.

Nous avons évidemment parlé des réformes structurelles qui sont en cours dans nos pays, pas seulement sur le plan fiscal, mais sur beaucoup d'autres plans et nous avons constaté avec satisfaction que même s'il y avait des spécificités dues à chaque pays, il y avait une convergence forte qui va dans le sens de ce que nous avons souhaité au cours des années précédentes.

Et puis, nous avons eu l'occasion, bien sûr, d'aborder la question de l'euro et, à ce sujet, nous avons en commun défini une approche et une position que je peux vous résumer en français.

Les Ministres de la zone euro, le Commissaire et le Président de la B.C.E., ont discuté des perspectives économiques de la zone euro à la lumière de la hausse des prix du pétrole et des évolutions récentes des marchés financiers.

Ils estiment que la croissance est très robuste dans la zone euro. La consolidation budgétaire et l'effort de réforme, en particulier dans le domaine fiscal, sont bien avancés.

Les ministres soulignent leur détermination à accélérer ce processus et à promouvoir les nécessaires réformes structurelles afin d'accroître le potentiel de croissance de la zone euro. La Banque Centrale européenne est déterminée à assurer que la croissance actuelle reste non inflationniste.

L'Eurogroupe et la Banque Centrale européenne réaffirment leurs préoccupations communes sur le niveau de l'euro qui ne reflète pas la solidité des fondamentaux de la zone euro. Ils sont convenus de suivre étroitement la situation. Un euro fort est dans l'intérêt de la zone euro.

Peut-être, puisque beaucoup d'entre vous sont de langue anglaise, puis-je redire la même chose dans cette langue.

(Intervention de M. FABIUS en anglais)

Nous avons, comme je vous l'indiquais, eu une discussion également assez longue sur les questions liées au niveau des prix du pétrole ; je pourrais vous en dire quelques mots mais seulement quelques mots tout à l'heure. S'il y a des questions, nous reviendrons - après la réunion avec nos collègues de l'ECOFIN Informel - sur cette question demain. Nous l'examinerons donc demain et nous publierons cela demain.

Pedro ou Christian, voulez-vous dire quelques mots à ce stade ?

Non, alors peut-être va-t-on répondre aux questions¿

Un Intervenant.- Monsieur le Ministre, selon vous, qu'est-ce que cette déclaration va changer sur les marchés à partir de lundi ?

Quand vous dites que vous êtes déterminé à accélérer le processus de consolidation budgétaire, y a-t-il un compromis des pays de la zone euro à atteindre l'équilibre budgétaire en 2000 et même un surplus en 2001, comme l'ont proposé certains ministres de la zone euro à l'entrée de cette réunion ? Merci.

M. FABIUS.- Sur la question des marchés, cette déclaration se suffit à elle-même et nous sommes convenus avec mes collègues que lorsque nous aurons à répondre à vos questions, nous nous réfèrerions à ces éléments de langage.

S'agissant des marchés, je crois que, même s'il est toujours difficile de prévoir ce qui s'y passe, vous le savez bien, nous devons réaffirmer les choses telles que nous les constatons, c'est-à-dire la robustesse de notre croissance, le fait que l'épargne est bonne et même excellente, que les déficits budgétaires diminuent, que comme vous le savez, nous avons décidé que les recettes exceptionnelles liées à l'UMTS seraient affectées à la réduction de l'endettement sous une forme ou sous une autre.

Nous avons donc tout lieu de considérer, avec d'autres facteurs, que les éléments fondamentaux sont bons et mêmes souvent très bons.

S'agissant de cette déclaration, nous réaffirmons évidemment unanimement notre appréciation qu'un euro fort est dans l'intérêt de la zone euro ; nous disons que les évolutions vont être suivies attentivement, ce qui a, en général, une certaine signification.

Le climat que nous avons eu autour de la table est un climat de confiance dans notre économie.

S'agissant de votre deuxième question, pour l'année 2001, déjà, dans ce que nous appelons les grands objectifs de politique économique, nous avons fixé un certain nombre de directions, de chiffres et, quelle que soit la situation (les éléments du prix du pétrole, etc.), nous allons dans cette direction-là, sans aucun relâchement.

Un Intervenant.- Vous avez qualifié le communiqué que vous avez lu à l'instant "d'éléments de langage". Ce sont des éléments de langage ou un communiqué en bonne et due forme, cosigné par la Banque Centrale européenne ?

M. FABIUS.- C'est une déclaration que je fais en tant que Président de l'Eurogroupe, au nom de tous ceux qui participent à cet eurogroupe.

L'Intervenant.- Deuxième question, avez-vous discuté de possibles interventions sur le marché des changes ?

M. FABIUS.- La réponse est très claire, là aussi ; les interventions sont un élément disponible à tout moment. Pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté¿ (Réponse en anglais.)

Un Intervenant.- Vous avez dit qu'un euro fort est dans l'intérêt de la zone euro, comment cela s'accorde-t-il avec certaines choses qui ont été dites, par exemple par le Chancelier Schroeder qui parlait de l'effet bénéfique du bateau des changes de l'Euro ?

M. FABIUS.- Je ne vais pas commenter les commentaires, sinon on ne s'en sortirait pas. Ce que je peux vous dire, c'est que les ministres des finances, la Commission, la Banque Centrale se retrouvent intégralement, unanimement dans cette déclaration.

Un Intervenant.- Je voudrais une réponse en anglais, s'il vous plaît. Vos collègues ont posé la question : " Qu'allez-vous faire, en France, pour garantir la circulation des marchandises et des personnes ?

M. FABIUS.- C'est un autre problème qui n'a pas été discuté cet après-midi ; nous avons en revanche commencé à discuter -nous allons continuer demain- des conséquences liées à l'augmentation des prix du pétrole. Il est certain qu'il y a chez nous tous, un souci réel sur le niveau des prix du pétrole.

Déjà, dans les premières interventions qui ont eu lieu, il y a l'idée qu'une démarche politique, par rapport à l'OPEP, est certainement utile.

D'autre part, plusieurs d'entre nous, même tous, ont insisté, en liaison avec le rapport que nous a fait le Commissaire Pedro Solbes, sur la nécessité de développer la concurrence ; c'est un souci que nous avons depuis longtemps mais qui apparaît encore plus important aujourd'hui.

Un autre point qui nous a réunis, c'est la nécessité d'amplifier l'effort à long terme sur les économies d'énergie. Nous irons certainement plus dans les détails demain.

Quant à la liberté de la circulation, du travail, elle doit être assurée partout en europe ; cela vaut aussi pour la France.

Une Intervenante.- Vous avez dit que sur la politique énergétique, sur la position sur les prix du pétrole, vous reviendrez demain. Mais, vu les répercussions que la question a sur les perspectives économiques et inflationnistes de la zone euro, pourriez-vous anticiper un peu l'orientation, vu la proposition de la Commission européenne, par exemple, de faire des pressions sur l'OPEP pour qu'elle augmente la production ? L'orientation serait-elle favorable à ce propos ou non, je veux dire dans la zone euro ?

M. FABIUS.- Je préfère que l'on revienne globalement sur ces questions demain, mais les collègues qui sont intervenus sont intervenus aussi sur le plan politique, comme vous le dites, et donc, évidemment, ont souligné que la décision prise, notamment par les pays de l'OPEP, posait un problème politique économique et qu'il fallait donc aussi avoir une réponse du même type. Je pense qu'on pourra y revenir demain. Pedro, peut-être veux-tu commenter ?

M. SOLBES.- Non, demain.

M. FABIUS.- On le fera demain, globalement ; sinon, on prendra les choses une par une et ce seront des redites.

Un Intervenant.- Monsieur le Ministre, pourquoi craignez-vous, vous et l'Eurogroupe, que le marché n'ait pas assez confiance dans la possibilité de l'Euro et les possibilités de l'économie européenne ? Pourquoi l'Euro tombe-t-il assez vite, comme ces derniers jours ?

M. FABIUS.- Les causes sont multiples, les analyses ont été faites par les uns et les autres dans vos journaux. Nous-mêmes, nous ne nous sommes pas appesantis très longuement sur les causes que l'on connaît. En revanche, ce qui est certain, c'est que pour ce qui dépend de nous, il est très important, à la fois d'avoir une analyse précise de la situation de l'Europe, et de vers où nous voulons aller. A partir de quoi, évidemment, le marché prend ses déterminations. Mais déjà, pour ce qui dépend de nous, continuer et même amplifier les réformes de structure, mettre en avant la robustesse de nos résultats, réaffirmer que nous souhaitons un euro fort, dire que le niveau actuel n'est pas ce qu'il devrait être, compte tenu de la comparaison des économies, c'est déjà, pour éviter peut-être toute une série d'ambiguïtés qui ont pu exister, quelque chose d'important. C'est ce que nous faisons cet après-midi.

Un intervenant.- Votre déclaration sur les interventions est ambiguë ; délibérément, vous dites que les interventions sont un instrument disponible à tout moment ?

M. FABIUS.- J'ai dit ce que je pensais. Il n'y a pas du tout d'ambiguïté dans cette phrase. Je crois que tout le monde comprend mes propos.

L'Intervenant.- Moi, non.

M. FABIUS.- Je suis désolé, tout le monde comprend, sauf vous.

Un intervenant.- Sur la question des interventions, vous dites que l'outil est toujours disponible ; cela signifie-t-il que les ministres ont renoncé à dire leur mot sur le moment de l'intervention et laissent totalement la responsabilité à la Banque Centrale ?

M. FABIUS.- Cela ne signifie pas du tout cela, vous savez les règles qui nous régissent, que M. Noyer connaît aussi bien que moi : il y a une responsabilité qui est celle des ministres, une responsabilité qui est celle de la Banque Centrale. Nous n'avons aucune ambiguïté sur ce point ni sur les autres. Il faut s'en tenir à ce que j'ai résumé dans cette phrase, qui à mon sens n'a pas d'ambiguïté. M. Noyer souhaite peut-être dire un mot à ce sujet ?

M. NOYER.- Merci Monsieur le Ministre, très volontiers. Le point de vue de la Banque Centrale européenne est très simple. Les interventions sont un instrument disponible à tout moment. Je ne ferai pas d'autres commentaires. Dois-je le répéter en anglais, je peux le faire... (Répétition en anglais.)

M. FABIUS.- De grâce, si nous sommes parfaitement d'accord entre nous, ce qui est le cas, n'en tirez pas d'autres commentaires que le fait que nous soyons parfaitement d'accord entre nous !

Un Intervenant. - J'ai deux questions pour vous. D'abord, quelles ont été les erreurs que les gouvernements de l'Eurogroupe, la Commission européennes et la Banque centrale ont pu commettre car, depuis presque deux ans, l'euro est en train de baisser.

Ensuite, à quel niveau convenable estimez -vous l'euro ?

M. FABIUS. - Je crois qu'il est très difficile de fixer un chiffre exact, ce n'est pas l'habitude de le faire mais le point sur lequel nous sommes unanimement d'accord, c'est que l'euro est trop bas. Il faut que cela remonte. Bien évidemment, pour ce qui nous concerne, compte tenu de ce qui a été dit, nous devons préciser nos réformes de structure, préciser la situation où nous sommes et notre volonté.

Sur l'autre point, il y a une diversité de causes, j'y faisais allusion. Je ne crois pas qu'il faille raisonner en termes d'erreur de celui-ci ou de celui-là. Vous savez comment se fixent les taux de change sur les marchés. Evidemment, c'est un phénomène d'une grande complexité où la rationalité n'est pas toujours au rendez-vous. Il se peut qu'il y ait eu, ici ou là, telle amélioration qui aurait pu intervenir. Tirons-en les leçons mais je ne pense pas que ce soit exactement en ces termes qu'il faille poser la question. En tout cas, nous nous tournons vers le futur, nous pensons que notre situation objective est forte et qu'il faut essayer de faire partager ce sentiment et donner un peu de rationalité à ce qui souvent ne l'est pas.

Un intervenant. - Quand vous parlez d'accélérer les réformes structurelles, pensez-vous à des réformes particulières ?

M. FABIUS. - Nous avons cité dans notre discussion ce qui concerne les aspects financiers, ce qui concerne les aspects du travail, ce qui concerne la concurrence c'est-à-dire ce que, d'une façon générale, on qualifie de réformes structurelles.

Une intervenante. - Monsieur le Ministre, vous avez dit au sujet de l'intervention qu'il y avait des responsabilités des ministres et des responsabilités de la Banque centrale. Pouvez-vous avoir la gentillesse de m'expliquer le mécanisme de l'intervention, comment cela marche ? Car je ne comprends pas très bien.

M. FABIUS. - A voir votre sourire, je ne suis pas sûr que vous ne compreniez pas bien ! (Rires). Il n'y a pas de mystère, des échanges ont lieu, des points de vue sont émis au niveau des ministres, en liaison avec la Banque centrale, il y a une appréciation de la situation mais le déclenchement d'opérations, si des opérations devaient avoir lieu, relève de la responsabilité de la Banque centrale. Il y a un mouvement de liaisons mais en même temps, il y a tout une opérabilité qui relève de la Banque centrale. Il n'y a pas de discussion du tout entre nous sur la façon dont cela fonctionne, les choses ont été mises au point " à froid " -si je puis dire- il y a déjà longtemps.

L'intervenante. - C'est à la demande des ministres que ce processus sera déclenché ou cela le sera-t-il indépendamment ?

M. FABIUS. - Il y a des liaisons, une analyse est faite par les ministres comme c'est normal mais l'opérabilité de cela, le déroulement proprement dit, est du ressort de la Banque centrale.

M. NOYER. - Les choses sont claires.

Un intervenant. - Vous-mêmes et beaucoup d'autres ont parlé de la dimension politique de l'Eurogroupe qui serait absente. Vous démarrez au sein de l'Eurogroupe qui s'appelait avant Conseil de l'euro, euro 11 etc. Avez-vous le sentiment aujourd'hui que c'est quelque chose de nouveau ou simplement une déclaration générale sur les réformes structurelles, comme il y en a souvent et depuis longtemps ?

M. FABIUS. - Je pense que l'Eurogroupe est une réunion très utile et je crois que tout le monde le ressent car, par rapport à des dispositions qui doivent être prises à un environnement économique, à tel ou tel problème qui surgit, il est bon que les pays qui ont fait le choix de l'euro à travers leurs ministres des finances puissent se rencontrer et se réunir. Evidemment, il n'y a pas d'enceinte par définition, les quinze sont donc très attentifs à ce que beaucoup de choses que nous faisons, surtout quand il s'agit de décisions, soient prises au niveau où elles doivent l'être. C'est très souvent l'Ecofin mais cette instance est très utile et je pense qu'une fois encore, cet après-midi, les collègues étaient heureux de se rencontrer car par rapport à des problèmes qui nous sont communs - j'ai parlé de la question de l'euro, des réformes structurelles, de la réformes fiscale, des questions pétrolières - il est très important que, très souvent, sur la base d'un rapport de la Commission, après un échange de vues avec la Banque centrale européenne, les ministres des finances puissent se concerter et se déterminer.

Il s'est passé cet après-midi ce qui se passe à chaque fois que nous nous réunissons dans cette enceinte, c'est-à-dire que c'est utile pour avoir une meilleure coordination de nos politiques économiques. Je pense que c'est ainsi que, peu à peu, l'Europe va devenir une force croissante.

Un Intervenant.- Question non traduite¿

M. FABIUS.- Non, je ne dirai pas cela. On constate que les pays qui ont fait le choix de l'euro sont globalement dans une situation de croissance positive, que leur chômage a baissé, que grâce à l'existence de l'euro, ils ont résisté à des crises de change que l'on a connues ailleurs. L'un dans l'autre, quand on regarde sur la moyenne période, les taux d'intérêt ont été plus bas que dans la période où l'euro n'existait pas et que notre bilan est positif.

La capacité de l'attraction est forte. Il peut y avoir bien sûr, selon les moments et à travers les années - on l'a connu avec d'autres monnaies - des hauts, des bas, des périodes différentes, mais le projet économique et le projet politique qui sont derrière l'euro gardent toute leur force attractive.

Un Intervenant.- Monsieur le Ministre, vous nous avez dit et répété que l'intervention est un élément disponible à tout moment. Si je me souviens bien, vous aviez dit la même chose au Portugal lors de la première réunion informelle à laquelle vous assistiez. Apparemment, cela n'a pas provoqué les effets que vous souhaitiez. Quel est le message nouveau aujourd'hui ?

M. FABIUS.- Je ne dis pas cela pour provoquer tel ou tel effet, mais pour constater une réalité qui existe, qui doit être également perçue par les marchés, les interventions sont un outil disponible. C'était vrai hier. C'est vrai aujourd'hui et il faut en tenir compte.

Un Intervenant.- J'ai deux questions. La première à M. NOYER. Sommes-nous dans une situation de mauvais alignement du taux de change au regard des conclusions du sommet de Luxembourg de décembre 1997 ?

Monsieur FABIUS, je ne sais pas si vous avez abordé cela dans vos remarques introductives, mais avec M. " Heischel ", il y a 8 semaines, vous avez parlé de partir en campagne pour vendre l'euro au reste du monde, je me demandais si c'était la consigne donnée ce soir et où vous iriez en premier et quand ?

M. FABIUS.- Sur votre question, l'idée de ces déplacements avec Hans " Heischel " n'était pas pour vendre l'euro à travers le monde. Je ne pense pas que cette phrase ait été utilisée. Mais en revanche l'idée d'aller avec Hans dans telle ou telle place financière pour expliquer la réalité de ce qui se fait en europe et dans nos pays est une idée excellente. Nous sommes à rechercher des dates, car lui comme moi nous avons des agendas pas faciles, mais nous allons le faire.

M. NOYER.- Sur votre première question, vous faites référence à des " termes " qui ont été ceux d'un autre groupe, je ne pense pas qu'il soit approprié d'y faire référence. Mais je vais répondre à votre question en disant simplement que nous pensons que le niveau de l'euro n'est pas conforme aux fondamentaux. Il suffit de comparer le niveau de l'euro avec la moyenne sur le long terme des monnaies le constituant et des principales monnaies. A ce sujet, il n'y a aucun doute comme l'a dit le ministre, c'est un point de vue partagé par les ministres, la Banque centrale européenne et le commissaire, que l'euro n'est pas en ligne par rapport aux fondamentaux pour les raisons que le ministre a expliquées et que je ne vais pas reprendre.

M. FABIUS.- Je pense que cela suffit pour aujourd'hui.

Merci beaucoup.


(source http://www.finances.gouv.fr, le 15 septembre 2000)

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