Déclaration de M. François Huwart, secrétaire d'Etat au commerce extérieur, sur la politique gouvernementale en matière de commerce extérieur, les aides aux PME-PMI, notamment grâce aux programmes d'actions régionales pour le développement international, Orléans, le 29 septembre 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Huwart, secrétaire d'Etat au commerce extérieur, sur la politique gouvernementale en matière de commerce extérieur, les aides aux PME-PMI, notamment grâce aux programmes d'actions régionales pour le développement international, Orléans, le 29 septembre 2000.

Personnalité, fonction : HUWART François.

FRANCE. SE au commerce extérieur

Circonstances : Signature des Programmes d'Actions Régionales pour le Développement International (PARDI) de la région Centre à Orléans le 29 septembre 2000

ti : Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Vous devinez certainement le plaisir et la satisfaction qui sont les miens aujourd'hui.

Plaisir pour ainsi dire hebdomadaire d'une visite à Orléans, " dans le recourbement de notre blonde Loire ".

Satisfaction de me trouver ici, avec vous, pour participer à la signature des premiers Programmes d'Actions Régionales pour le Développement International. Je suis bien sûr très sensible au fait que cette politique régionale du commerce extérieur, que j'avais lancée au début de l'année dernière avec Michel Sapin notamment, trouve son premier point d'application dans la région Centre.

Je remercie tout d'abord Jean-Pierre Sueur, le maire d'Orléans qui nous accueille aujourd'hui. Je veux remercier chaleureusement tous nos partenaires de la région Centre: François Huvelin, président de la Chambre de commerce et d'industrie du Loiret et Henri Dransard, président de la CRCI qui nous reçoivent ici chez eux. Enfin, Alain Rafesthain, président du conseil régional, sans lequel rien n'aurait été possible. Ce projet a en effet réuni de nombreux partenaires qui tous ont joué un rôle actif. Parmi ceux que je n'ai pas encore cités, la Chambre des métiers, les organisations professionnelles et patronales, ainsi, bien sûr, que les entreprises elles-mêmes. Ces partenaires ont été fédérés par les représentants de l'Etat en région, Patrice Magnier, le préfet de région, la Direction des Relations Economiques Extérieures, représentée aujourd'hui par Jean-François Stoll, son directeur. Je souligne au passage l'appui précieux qu'ils ont reçu des organismes du commerce extérieur, le Centre Français du Commerce Extérieur et le CFME-ACTIM. J'ajoute la contribution déterminante de la Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement, en particulier dans la dimension sectorielle de cette politique.

Ces Pardi qui nous réunissent aujourd'hui sont les premiers résultats concrets d'une politique du commerce extérieur à destination des PME-PMI dans les régions.

La déclinaison régionale de la politique du commerce extérieur s'inscrit dans les priorités données par le gouvernement à la croissance et à l'emploi et fondées sur des moyens accrus et une plus grande efficacité. Pour les moyens, le volet commerce extérieur des nouveaux contrats de plan (2000-2006), parts Etat et région confondues, prévoit une enveloppe de plus d'un milliard de francs. Cela correspond à un doublement de la part de l'Etat. Efficacité renforcée par une plus grande coordination de l'ensemble des acteurs publics et privés et une meilleure articulation des dispositifs au service du commerce extérieur de la France.

Politique ambitieuse et sérieuse, mais qui ne se veut pas pour autant révolutionnaire. Certes, la conviction qu'il fallait aider, conseiller, accompagner nos PME-PMI dans leur volonté de trouver hors de nos frontières de nouveaux clients et de nouveaux marchés ne date pas d'hier. Depuis longtemps, vous êtes nombreux ici à travailler en ce sens avec l'appui compétent des personnels de la DREE, aujourd'hui sous l'impulsion de votre nouveau directeur régional, Philippe Lagier. Mais je sais aussi la qualité des équipes de la Chambre Régionale d'Agriculture et de la Chambre de Commerce et d'Industrie, du Conseil Régional et de sa nouvelle structure Centrexport, et des organisations professionnelles et patronales. Les compétences et les énergies ne manquaient pas. Elles avaient déjà été unies au sein de la Charte de l'exportation. Il était simplement utile de les cristalliser autour d'un projet commun, d'une politique opérationnelle commune, fondée sur le dialogue et la concertation. C'est pourquoi, au printemps dernier, nous avons lancé les Ateliers techniques régionaux.

Les programmes mis en place par ces ateliers sont désormais un aspect important de notre politique en faveur des PME-PMI. Ils résultent d'un processus de plusieurs mois, peut-être un peu fastidieux mais néanmoins indispensable. Dans chaque région, il a d'abord fallu définir les secteurs d'activité autour desquels devaient se concentrer les efforts de tous les partenaires, c'est à dire identifier les secteurs-clés, propres à chacune de nos régions : les secteurs les plus propices à l'exportation, tels, en région Centre, la filière automobile ; les secteurs à la recherche d'un nouvel élan à l'international : n'est ce pas le cas du textile ? Un criblage des entreprises a suivi.

Cette consultation trouve aujourd'hui son sens dans la signature de ces deux premiers Pardi qui ne seront pas les derniers pour notre Région. En effet, plusieurs secteurs d'activité ont émergé, qui tous témoignent de la richesse et de la vitalité économique de la région Centre. Quelques chiffres donnent d'ailleurs une idée précise de notre dynamisme à l'international. Avec plus de 80 milliards de francs, le Centre s'est placé au 9ème rang des régions exportatrices, tout près désormais des régions PACA et Pays de Loire. Il a contribué à l'excédent de notre balance commerciale pour 4 milliards de francs. Je serais pourtant tenté de dire que nous pouvons, nous devons faire mieux encore. C'est pourquoi cinq secteurs d'activité ont été sélectionnés : les fameuses TIC, Technologies de l'information et de la Communication et par extension l'imprimerie, les très nombreuses spécialités de la filière agroalimentaire, l'instrumentation médicale ou bio-médicale. Enfin deux secteurs plus aboutis : la filière automobile et le secteur textile-habillement-cuir.

La filière automobile tout d'abord: équipementiers, entreprises sous-traitantes, fabricants de machines spéciales. La Fédération des Industries mécaniques en est le chef de file et je tiens à remercier son président, Alain Courtois, pour son soutien. S'agissant de la méthode, deux zones géographiques ont été définies. D'un côté, l'Union européenne et l'Europe de l'élargissement, de l'autre les marchés plus lointains. D'un point de vue opérationnel, des rencontres avec des acheteurs, équipementiers italiens et allemands, sont déjà prévues pour 2001, ainsi qu'une participation au salon AUTOMECH de Sao Paulo. Les entreprises de la région y seront regroupées au sein du pavillon français organisé par le CFME-ACTIM. Le CFCE et le PEE de Sao Paulo leur fourniront une étude sur le marché automobile brésilien et chaque entreprise recevra une liste de contacts personnalisée.

Deuxième secteur de l'économie régionale à l'honneur aujourd'hui : celui du textile, de l'habillement et du cuir. La filière regroupe près de 475 entreprises dans la région, c'est assez dire son importance. Je sais aussi combien les PME de ce secteur affrontent une concurrence intense. Pour y faire face, une cellule d'animation et de promotion, baptisée PROFFIL, a été mise en place par la DRIRE et le Conseil régional en étroite concertation avec les entreprises du secteur. Cette cellule pilote le Pardi. Son but : vous permettre d'affronter la concurrence en cherchant des marchés à l'export, valoriser vos avantages comparatifs : votre savoir-faire, la qualité de vos produits, votre capacité d'innovation. Sur ce sujet crucial, nous avons d'ailleurs, avec Christian Pierret, engagé une collaboration avec notre homologue italien. En présence des fédérations textiles de nos pays respectifs, nous avons signé un protocole veillant à promouvoir vos capacités d'innovation et à les protéger de la contrefaçon.

Aujourd'hui dans la région Centre, demain en Poitou-Charentes, dans le Limousin, en Midi-Pyrénées et en Alsace, ces Pardi ont une finalité : aider les PME-PMI à exporter, à conquérir de nouveaux marchés, les aider à participer à une compétition internationale chaque jour plus disputée. En un mot, aider nos régions à se placer d'emblée au c¿ur de la mondialisation.

Permettez-moi maintenant de replacer notre réunion dans un cadre plus large. Le scepticisme de nos concitoyens à l'égard du phénomène de la mondialisation reste perceptible. Les Français doutent parfois des bienfaits de l'internationalisation de nos économies. La conviction du gouvernement et de la majorité parlementaire qui le soutient est pourtant que la France, les entreprises françaises en particulier, ont beaucoup à gagner à l'ouverture au monde. A condition toutefois que cette ouverture soit progressive et qu'elle ne soit pas dénuée de règles.

Dernier exemple d'actualité qui illustre ce besoin de régulation : le prix du pétrole. Un baril à 35 $ pénalise lourdement les entrepreneurs et se révèle rapidement nocif pour la croissance. Un constat inacceptable pour le gouvernement qui a réagi sans attendre. D'abord en répondant à la demande de certaines professions et des ménages, ensuite sur le plan diplomatique, par un dialogue actif avec les pays producteurs. En témoigne l'intervention du G7 le week-end dernier qui allait clairement dans le sens d'un retour à une fourchette de prix plus rationnelle. Enfin, sur un plan financier, le gouvernement a encouragé l'intervention des Banques Centrales pour ramener l'euro plus près du taux de change correspondant aux perspectives de l'économie européenne. Il s'agit là d'un succès pour la présidence française ainsi que pour Laurent Fabius et l'Ecofin. On voit clairement, dans cette passe difficile, que les Etats et les institutions, s'ils ne sont pas omnipotents, ne sont pas non plus sans ressources.

J'en tire la conclusion que la mondialisation, soigneusement régulée, n'est pas un phénomène néfaste. Paradoxalement, les nouveaux réseaux redonnent tout leur sens aux échelons locaux ou régionaux. Par leur fluidité, par les interconnexions qu'ils autorisent, ces réseaux tendent à abolir les hiérarchies et les intermédiaires. On négocie directement de région à région, de ville à ville, d'entreprise à entreprise : from Business to Business, B to B comme disent les Américains. La généralisation d'Internet dans l'industrie française est donc un enjeu fondamental. Fin 1999, 69 % des entreprises industrielles étaient connectées à Internet, contre 28 % en 1997. Le nombre de petites entreprises -20 à 49 employés- connectées à Internet a ainsi triplé en trois ans. Ces progrès sont encourageants mais restent insuffisants. Seulement 3,5 % des entreprises sont équipées pour le paiement sécurisé. Ce n'est pas assez quand on sait le potentiel du commerce en ligne! C'est pourquoi je serai très attentif à la concrétisation du Pardi consacré aux TIC, actuellement en cours d'élaboration dans notre région.

En effet, à l'orée du 21ème siècle, les économies régionales sont une réalité géopolitique incontournable. La mondialisation renforce l'autonomie des régions et accélère la décentralisation. A Berlin la semaine dernière, j'ai rencontré un certain nombre d'élus locaux allemands. Les Länder disposent d'une très large autonomie de gestion et d'un gouvernement local qui fixe lui-même les objectifs et les moyens de sa politique. Il s'agit là d'un modèle de décentralisation aboutie qui doit nous servir d'exemple. Donner aux collectivités territoriales les moyens de gérer elles-mêmes leur destin économique est aujourd'hui une nécessité. Le rythme soutenu de l'innovation, comme l'accélération des échanges imposent d'agir vite. Le temps de réaction des acteurs économiques doit être raccourci. La proximité avec les acteurs économiques, avec les chefs d'entreprise est plus que jamais gage d'efficacité. Notre action régionale doit donc permettre d'accentuer la présence de nos PME sur les marché extérieurs !

Or, la conjoncture internationale peut nous y aider, et les prévisions des grandes institutions financières nous y encouragent. Celles-ci annoncent une progression du volume des échanges de 10 à 11 % rien que pour cette année. Les perspectives de la croissance mondiale sont les meilleures de la décennie, à près de 4,75 % pour l'année 2000. Pour l'Europe, qui concentre les deux tiers des exportations françaises, les experts du FMI sont optimistes, qui annoncent dans leur dernier rapport une croissance de 3,5 % cette année et de 3,4 % pour 2001, et cela en dépit de la hausse des prix pétroliers que j'évoquais tout à l'heure.

Nos PME ne doivent en aucun cas être prises de vitesse par cette accélération des échanges. Je suis au contraire déterminé à ce qu'elles en profitent pleinement. Je pense en particulier aux entreprises primo-exportatrices pour lesquelles ces marchés de proximité sont les plus adaptés: l'Europe à 15, ou demain à 27 ou 28, ainsi que le bassin méditerranéen. Mais visons plus loin encore. L'Asie du Sud Est a rebondi, la Chine s'apprête à entrer à l'OMC. Voilà des pays où nos Entreprises Régionales d'Envergure Mondiale (EREM) doivent mieux se faire connaître et apprécier. De même, l'Amérique du Nord reste encore une destination trop modeste dans nos échanges. Nos ventes au Japon sont égales à celles réalisées en Irlande. L'Afrique hors-Maghreb est pratiquement absente des relations commerciales de la région ! Dans chacun de ces pays, les réseaux du commerce extérieur feront tout pour vous aider.

Vous en êtes comme moi convaincus, la mondialisation est un phénomène inexorable. Il n'est plus temps de s'en lamenter ou de l'accuser de tous les maux. Chaque jour, son influence sur nos modes de vie au quotidien, sur notre façon de travailler, de communiquer, se fait sentir. Surtout, ne l'oublions pas, le retour à la croissance durable et au plein emploi résulteront de notre capacité à internationaliser notre économie.

Les PME-PMI doivent absolument bénéficier de cette formidable accélération des échanges. L'Etat entend les y aider : par la baisse de la pression fiscale sur les ménages, pour soutenir la consommation et la croissance ; par la baisse de la pression fiscale sur les entreprises pour améliorer leur compétitivité. Le projet de loi de finances pour 2001 dévoilé par Laurent Fabius et Florence Parly va dans ce sens.

Aujourd'hui, l'Etat, la région et tous nos partenaires garantissent à nos PME les moyens, non seulement d'affronter ce nouvel environnement, mais aussi d'en tirer parti. Nous avons, je crois, mis au point des instruments efficaces. Nous allons signer dans un instant ces deux programmes d'actions régionales pour le développement international. Il nous appartient maintenant de vous passer le témoin. A vous, chefs d'entreprises, de vous en saisir


(source http://www.commerce-exterieur.gouv.fr, le 4 décembre 2000)

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