Conférence de presse de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur les principales dispositions du plan pour l'éducation artistique et culturelle à l'école notamment, le renforcement des enseignements artistiques et la mise en place de nouveaux dispositifs pédagogiques, la formation des enseignants, la collaboration avec le ministère de la Culture et les collectivités locales, Paris, le 14 décembre 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur les principales dispositions du plan pour l'éducation artistique et culturelle à l'école notamment, le renforcement des enseignements artistiques et la mise en place de nouveaux dispositifs pédagogiques, la formation des enseignants, la collaboration avec le ministère de la Culture et les collectivités locales, Paris, le 14 décembre 2000.

Personnalité, fonction : LANG Jack.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale

Circonstances : Conférence de presse sur les orientations pour une politique des arts et de la culture à l'école à Paris le 14 décembre 2000

ti : Catherine Tasca vient de montrer combien le ministère de la Culture et de la Communication est notre premier partenaire pour une politique en faveur des arts et de la culture à l'Ecole. Les choses ont bien changé depuis l'époque où, rue de Valois, en 1983, je parvenais à faire adopter la première convention avec le ministère de l'Education nationale.


L'entrée des arts et de la culture à l'école est le fruit d'une longue marche


Longtemps en effet notre système éducatif est resté rétif, prisonnier d'une conception trop abstraite et trop historique de la culture. Je l'ai ressenti moi-même, comme étudiant ou jeune universitaire : l'Education nationale était alors indifférente à la création artistique. L'art et la culture n'appartenaient pas aux domaines nobles, dignes de la construction d'un savoir comme les mathématiques ou le français. Certes, dès avant 1980, certaines poussées se firent jour ici ou là, notamment grâce aux efforts conduits par la mission d'action culturelle dirigée par Jean-Claude Luc. Mais, dans son ensemble, le ministère de l'Education nationale restait sur la réserve au regard des initiatives prises alors par le ministère de la Culture et de la Communication, considérées comme des futilités ou je ne sais quels dévergondages.

Changement de style et de comportement en 1983. Alain Savary accepte d'entrouvrir les portes. J'ai eu l'honneur de signer avec lui la première convention entre les deux ministères. Furent alors créées les premières classes culturelles : classes patrimoine, classes arc-en-ciel, classes musique. Des artistes entrèrent dans les écoles : c'était une " première ", à l'instigation de la jeune délégation aux arts plastiques qu'animait alors Claude Mollard.

Une nouvelle étape fut franchie en 1988, lorsque Lionel Jospin devint ministre de l'Education nationale. Les enseignements optionnels artistiques des lycées, que j'avais introduits en 1983 à titre expérimental, trouvèrent alors un régime de croisière. Les classes culturelles se multiplièrent ainsi que les ateliers de pratiques artistiques, le tout avec le concours actif du ministère de la rue de Valois.


Puis de nouveaux reculs, ou des stabilisations. Puis de nouvelles avancées.


Le Plan de cinq ans qui est présenté aujourd'hui, premier de ce type en France, a été élaboré conjointement. Il réaffirme les ambitions d'une politique des arts et de la culture à l'Ecole. Il dégage pour cinq ans des moyens budgétaires et humains importants et fixe les grandes orientations de l'éducation artistique et culturelle en milieu scolaire qui seront mises en ¿uvre par chacun des deux ministères de façon concertée, dans le respect de leurs compétences propres.


Il est la charte d'un nouveau partenariat entre le ministère de la Culture et de la Communication et le ministère de l'Education nationale.


On ne part pas de rien ! Beaucoup a été réalisé, mais beaucoup reste à faire.


Ma philosophie est simple et s'articule sur quelques convictions


- Elle se fonde d'abord sur une volonté de rupture : ne plus considérer l'art comme le supplément d'âme du système éducatif, la matière à pratiquer après toutes les autres, la matière sacrifiée, comme c'est trop souvent le cas, aux savoirs plus " fondamentaux ". Cette opposition, cette hiérarchisation doivent cesser. De nombreux professeurs le savent déjà : dans les classes de musique, de dessin, mais aussi de mathématiques, de français et d'histoire, le talent et la volonté ne manquent pas, pas plus que les projets pionniers, visant à rapprocher l'art et les savoirs académiques.

- Elle se fonde par ailleurs sur une volonté de généraliser les pratiques artistiques, d'étendre l'accès à la culture. Ce plan pour l'éducation artistique trouve sa force et son énergie dans un remarquable ensemble de réalisations, d'enseignements et de talents qui lui préexistent. C'est sur ces fondements que nous devons nous appuyer pour réussir. S'il est aujourd'hui question de changer de logique, de franchir un palier, il ne saurait être question de méconnaître notre dette envers ce qui existe déjà. Jusqu'à présent et trop souvent, ce qui s'est accompli le fût à travers des gestes de militantisme artistique et culturel. Je veux rendre hommage à ces professeurs qui sont des précurseurs, qui consacrent leur temps et leur énergie à inventer des croisements, des rencontres entre tous les champs de la culture et à faire découvrir l'art à leurs élèves. La tâche n'est facile: lourdeur des procédures, manque de moyens et d'outils pédagogiques adaptés, l'impression, aussi, de lutter seul. Beaucoup a été fait, grâce à eux. Beaucoup reste à faire maintenant.

- Je voudrais en même temps dire qu'il n'y a pas d'autre lieu que l'École pour organiser la rencontre de tous avec l'art. Il n'y a pas d'autre lieu que l'École pour instaurer de manière précoce le contact avec les ¿uvres. Il n'y a pas, enfin, d'autre lieu que l'École pour réduire les inégalités d'accès à l'art et à la culture. C'est une évidence : si l'École n'assure pas un accès démocratique à l'art, ce sont les logiques sociales qui prévaudront, dans le sens des inégalités, évidemment. Et les élèves ayant, grâce à leurs familles ou leur milieu, la possibilité d'entretenir un rapport précoce aux livres, aux musées, aux théâtres, aux ¿uvres auront seuls la chance de vivre dans une part fondamentale de la culture à laquelle d'autres n'auront que difficilement accès.

- L'intelligence sensible est inséparable de l'intelligence rationnelle. Comme je l'ai dit lors de ma conférence de presse sur l'école en juin 2000, l'enfant ne peut connaître un épanouissement harmonieux et équilibré que si son intelligence rationnelle et son intelligence sensible sont développées en harmonie et en complémentarité.

Il faut que l'enseignement prenne en compte la totalité de l'être humain. C'est un objectif qu'on retrouve tout au long de l'histoire de l'humanité, que ce soit dans l'Antiquité, au Moyen-Age avec les arts libéraux, à la Renaissance avec l'Humanisme, à la la Révolution avec l'abbé Grégoire et même sous la IIIe République avec Jules Ferry. Il faut curieusement attendre notre XXe siècle pour cet objectif disparaisse : une rationalité excessive semble avoir eu pour effet de fractionner les savoirs, de les techniciser, et de cantonner l'éducation artistique dans la marge du système.

Or, l'éveil de la sensibilité est un merveilleux sésame pour les autres formes d'intelligence.: la musique introduit au calcul, le théâtre à la lecture, et les arts plastiques ne sont pas sans lien avec la géométrie et la perspective. A travers l'art et la culture, les autres disciplines, l'écriture, la géographie, l'histoire, les mathématiques deviennent vivantes, plus riches, plus denses. La pratique artistique développe une pensée mobile et souple qui permet de faire face de manière inventive à des situations inhabituelles. L'art est une méthode d'appropriation des savoirs, faisant appel à l'affectif, à l'intelligence sensible, à l'émotion : il modifie l'écoute, le regard, le rapport à soi et le rapport aux autres, et donne confiance en soi. La pratique d'un art est un puissant antidote à l'absence de motivation, à l'ennui, à la vacuité de l'esprit.

Enfin, les pratiques culturelles sont aussi un sésame pour apprendre à vivre en communauté. Elles sont souvent collectives. Par le chant choral, le jeu théâtral, la danse, l'enfant cerne son identité, affirme sa personnalité, rencontre les autres sur des bases créatives, constructives et, en définitive, apaisées. L'apprentissage du groupe s'y fait selon des règles de plaisir, de partage qui diffèrent de celles du seul pouvoir ou du seul profit.


Notre grand projet d'éducation artistique et culturelle est une réponse aux menaces d'uniformisation culturelle


L'éducation artistique et culturelle apporte aux enfants une grammaire de la sensibilité capable de structurer leurs corps, d'élever leurs esprits et d'aiguiser leur sens de la responsabilité. Elle est porteuse de contrepoids intellectuels face à la consommation passive des images déversées par " l'empire du profit ". Elle les met en mesure de résister aux menaces de nivellement issues de la mondialisation économique et culturelle.

Si nous voulons que la France demeure créative et rayonnante, nous devons former de jeunes cinéphiles, de jeunes mélomanes, de jeunes amateurs de théâtre, de danse, de tous les arts qui font la richesse de notre culture. Nous devons défendre en commun " l'exception éducative " comme " l'exception culturelle " menacées toutes deux par l'extension d'une mondialisation sauvage.

Je crois pouvoir être optimiste lorsque j'observe, à l'occasion de mes multiples visites sur le terrain, le foisonnement d'initiatives, de projets et de réalisations remarquables. J'en suis sans cesse émerveillé. Aucune statistique ne peut rendre compte de cette richesse et de cette abondance. L'école a du talent : il existe partout, je le rencontre sans cesse.

A travers le plan de cinq ans pour le développement des arts et de la culture à l'école, nous décidons donc de nous engager conjointement, Catherine Tasca et moi, sur des actes et des moyens, et d'harmoniser nos interventions sur la durée.

Nous comptons sur le concours des enseignants, des artistes, des ressources humaines et artistiques des établissements culturels. Nous appelons à participer à ce Plan les partenaires essentiels que représentent les collectivités locales, avec les responsabilités qui sont les leurs, ainsi que les grandes associations éducatives et culturelles, qui se mobilisent depuis longtemps aux côtés de l'école.

Je voudrais saluer l'effort considérable qui est accompli par le ministère de la Culture et de la Communication à travers ses nombreux établissements culturels, avec le concours des collectivités locales et d'enseignants du ministère de l'Education nationale. Les services éducatifs des établissements culturels forment désormais une véritable " deuxième école ", avec son corps d'instruments et son lot infini d'initiatives, depuis les animations les plus modestes jusqu'aux manifestations les plus ambitieuses.

Je vous ai dit mes convictions, je veux maintenant vous faire part de mon ambition. La politique que nous entendons mettre en ¿uvre a pour objectif de ne surtout pas compter sur le hasard pour que les élèves rencontrent, un jour, dans le cadre d'un rapport personnel, l'art et la culture. Et cette tâche doit commencer dès l'école primaire. Je crois aux vertus de l'acclimatation précoce avec les ¿uvres, aux stimulations multiples que l'École peut susciter : faire dessiner, faire jouer des pièces ou des scènes de théâtre, faire danser, faire chanter, faire écrire. Pour pouvoir le faire, peut-être, toute sa vie.

Je me bornerai aujourd'hui à présenter le premier volet du Plan de 5 ans, qui va de l'école maternelle à la terminale du lycée. Il a été élaboré par Claude Mollard, qui s'est illustré comme bâtisseur d'institutions culturelles, depuis le Centre Pompidou jusqu'aux FRAC et la nouvelle politique des arts plastiques lancée en 1982. Depuis lors, nombre de bibliothèques, de musées et autres équipements culturels, y compris la cathédrale d'Evry, ont été érigés grâce à lui. Il travaille avec le concours de la nouvelle équipe de la Mission de l'éducation artistique et de l'action culturelle, composée de personnalités reconnues et de professionnels de talent du monde des arts et de la culture.

Cette équipe va apporter le meilleur de la création aux élèves de l'Ecole, en liaison avec ceux qui, au sein de l'Education nationale, militent depuis longtemps en faveur de l'éducation artistique : l'inspection générale de l'Education nationale, et plus spécialement son groupe Arts, et les services de la Direction des enseignements scolaires, dirigée par Jean-Paul de Gaudemar. Ce Plan a fait et continuera à faire l'objet d'une concertation avec les services du ministère de la Culture. Le deuxième volet du Plan, sur l'éducation artistique et culturelle à l'université, sera présenté avant Pâques.


Les principales mesures que je vais vous présenter sont les suivantes :


Première partie : les arts à l'école primaire :


renforcement des enseignements artistiques obligatoires (formation des maîtres, moyens pédagogiques, horaires) ;
renforcement des activités artistiques et culturelles facultatives (classes culturelles transplantées et 1 000 ateliers artistiques) ;
généralisation progressive de l'intervention des artistes et professionnels de la culture dans les classes : 20 000 " projets artistiques de classe "
lancement de 1 000 chorales supplémentaires en 2001 ;
etc.


Deuxième partie : les arts au collège et au lycée, en mettant l'accent sur la continuité et la cohérence des dispositifs et des moyens :


amélioration des conditions des enseignements obligatoires au collège ;
harmonisation de la répartition des options artistiques du lycée sur le territoire ;
maintien et simplification des ateliers facultatifs (AEA et APA fusionnés) ;
création de 3 000 " projets artistiques de classe " en lycée professionnel ;
expérimentation des " projets artistiques de classe " au lycée général et technologique ;
etc.

La politique nationale prend appui sur les " plans académiques pour les arts et la culture ", qui seront établis par les recteurs en concertation avec leurs partenaires, et notamment avec les directeurs régionaux des affaires culturelles, et qui constituent le volet culturel des plans académiques.

Sur le terrain, les initiatives des enseignants prendront la forme de " projets artistiques et culturels de classe " qui constituent la trame générale d'application du plan. Ils concernent tous les élèves, et pas seulement quelques-uns : les élèves auront la chance, dans ce cadre nouveau, de rencontrer un artiste ou un professionnel de la culture.
Une priorité, l'école primaire : élémentaire et maternelle
A. Apprendre les arts de la représentation : la musique, les arts de la voix et du corps


L'oreille musicale et la pratique instrumentale

Les meilleurs spécialistes de la physiologie de l'enfant s'accordent à reconnaître que son acuité auditive est au zénith avant dix ans. Elle commence à décroître ensuite. Nous n'avons donc pas le droit de priver les tout petits d'exercice musical. Ni de prendre ainsi le risque de les amputer de dispositions dont ils sont alors si riches.

Seule une immersion musicale précoce permettra de développer une capacité auditive qui facilitera en même temps l'apprentissage des langues et une sensibilité accrue à toutes les esthétiques musicales historiques et avant-gardistes du monde.

Je souhaite assurer un renforcement de l'écoute musicale, de son approche culturelle, de la pratique instrumentale collective et donner une priorité au chant choral.

J'ai décidé à cette fin les mesures suivantes :

a. Développer les partenariats avec les structures de diffusion musicale pour accueillir les musiciens à l'école et les élèves dans les salles. Des actions remarquables ont été menées ces dernières années par les enseignants en relation avec des opéras, des orchestres, des ensembles de jazz, des scènes de musiques actuelles, des studios de création. Elles en montrent tout l'intérêt. Lorsque des enfants bien préparés rencontrent de façon directe, active et vivante des artistes de haut niveau, ils accèdent avec enthousiasme aux répertoires les plus divers. Il est temps de généraliser ces collaborations, de les faciliter et d'y préparer plus largement les enseignants.

b. Augmenter le nombre des Centres de formation des musiciens intervenants (CFMI). Nous allons, en liaison avec le ministère de la Culture et de la Communication, achever la couverture du territoire en augmentant le nombre et les moyens de ces institutions. Il conviendra aussi de revoir leur statut, les contenus des formations et les conditions d'intervention des diplômés, ainsi que la formation continue des intervenants musiciens non diplômés.


c. Organiser des manifestations de sensibilisation des élèves à la musique. Il est nécessaire de sensibiliser les partenaires du terrain aux pratiques musicales réalisées à l'école , en vue de les mobiliser, un certain nombre d'initiatives seront prises. Parmi celles-ci, un grand concert de ch¿urs et de "big-bands", venus de classes de la France entière, sera donné au Zénith pendant le salon Musicora.

D'autre part, la Fête de la musique sera le plus souvent possible préparée dans les classes, à l'Ecole, et placée sous le signe de la chanson, dans un esprit de convivialité entre les générations. A cet effet, un répertoire commun sera largement diffusé sous forme de CD d'apprentissage pour préparer cet événement.

Un accent particulier sera mis sur les " musiques du monde ", en liaison avec le développement de la recherche ethnomusicologique.


d. Diffuser des logiciels pédagogiques, à concevoir par le Centre national de documentation pédagogique (CNDP) à l'attention des écoles primaires, ce qui doit dans le même temps contribuer à développer la pratique de l'informatique.

e. Prévenir les risques auditifs dès le plus jeune âge. Les musiques dites amplifiées sont en effet de nature à provoquer des lésions graves. Des outils pédagogiques seront mis au point et une sensibilisation des enseignants sera conduite à cet effet.


Le chant dans chaque classe, une chorale dans chaque école

La pratique du chant choral à l'école est primordiale à mes yeux. Elle est évidente pour l'enfant, dont la voix constitue l'instrument personnel intériorisé. Elle est aussi ouverte au plus grand nombre, ce qui en fait une pratique accessible à tous sans discrimination.

Le chant, dans sa composante individuelle et collective, constitue la " colonne vertébrale " de l'apprentissage musical de l'enfant. Il est le plus ancien mode de production de la musique. C'est aussi le plus universel, car son immense répertoire appartient à toutes les cultures.

Le chant favorise d'emblée la pratique de groupe et comporte donc une dimension sociale essentielle au développement de l'enfant. Il offre un accès direct à la polyphonie. La richesse de son répertoire permet de proposer aux groupes d'enfants les meilleurs apprentissages.

Le travail exemplaire mené ces dernières années avec nombre d'ensembles choraux a permis d'élaborer des approches beaucoup plus scénographiques que jadis. Le chant choral d'aujourd'hui est en totale rupture avec les images d'Epinal de l'enfant figé, enfermé dans un répertoire étroit.

C'est pourquoi l'école doit accorder une place de choix à ce moyen d'expression et d'apprentissage de la langue.


a- Mon objectif est donc que tous les enfants aient la possibilité, dans le cadre de leur scolarité, de connaître le bonheur de chanter au sein d'une classe et de se réunir au sein d'une chorale dans chaque école.

b- Pour cela, des moyens importants seront dégagés au profit de la formation de chefs de ch¿ur d'excellence et des professeurs des écoles, afin que ces derniers élargissent leur répertoire et améliorent encore la qualité des chorales qu'ils dirigent et leur capacité de faire chanter leurs élèves au quotidien. Un plan de formation ambitieux et détaillé est décrit dans les annexes.

c. Le Plan de généralisation des chorales dans les écoles connaîtra une première phase en 2001, avec l'ouverture de 1000 chorales scolaires supplémentaires, grâce au concours de chefs de ch¿urs et pratiquants extérieurs qui seront invités à participer à ce vaste projet.

d. Ce Plan s'appuiera sur les chartes départementales de développement de la pratique chorale et vocale et concernera 20 départements par an pendant 5 ans.

Il nous faut avancer de façon pragmatique, un peu à la manière du sport scolaire : il y a 50 ans, personne n'aurait imaginé l'actuel développement du sport et l'intégration de la natation dans les programmes. Bref, faisons pour la culture ce que nous avons fait pour le sport !

e. L'intervention des musiciens et compositeurs dans les écoles devra s'accompagner de commandes de pièces de musique contemporaine qui puissent s'exprimer dans toutes les formes, des plus classiques aux plus actuelles.

La conception et la réalisation du volet musical du Plan de 5 ans sera assurée par Marc Olivier Dupin, ancien directeur du Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il travaille en étroite liaison avec Vincent Maestracci, inspecteur général de l'Education nationale en charge de la musique. Je vous renvoie à la fiche relative au chant choral à l'école du dossier de presse, dans laquelle vous trouverez le développement du plan de formation.


La danse, langage du corps

Je souhaite prendre des initiatives pour l'éducation à la danse et à l'art chorégraphique qui développent et renforcent de manière significative l'action entreprise depuis une quinzaine d'années. Jean Guizerix, maître de ballet à l'Opéra de Paris, a rejoint l'équipe de la Mission et il a conçu ce plan en liaison avec Marcelle Bonjour, présidente de l'association " Danse au C¿ur " dont on connaît l'action au plan national dans le cadre de l'opération " Danse à l'école ".


A la lumière de leur diagnostic, les mesures suivantes seront prises :


a. La dimension poétique du corps doit prendre place à part entière à l'école. Le Plan permettra de tripler le nombre des départements concernés par des " projets artistiques et culturels de classe " consacrés à la danse qui passera de 20 à 60. Les différentes formes de danse seront toutes pratiquées.


b. Des partenariats entre les écoles et les compagnies chorégraphiques seront multipliés. L'intervention régulière ou concentrée dans le temps, de danseurs et de chorégraphes impliqués dans une démarche de création, sera recherchée dans le cadre de projets culturels de classe.


c. Une université d'été sera mise en ¿uvre dès cette année sur un lieu de festival. Elle permettra de renforcer le réseau des experts en danse et de lancer le programme de formation de formateurs nécessaire aux opérations de généralisation prévues à la rentrée 2001. Elle visera aussi à définir des outils pédagogiques faisant appel aux nouvelles technologies.


d. Les rencontres nationales et européennes de danse à l'Ecole proposées en mai par " Danse en c¿ur ", seront un temps fort des manifestations destinées à rendre compte des actions engagées et réalisées.


La diction de la langue : littérature, théâtre, poésie


Que faut-il pour s'approprier la langue ? Sentir l'importance pour soi-même de la parler, savoir que grâce à sa maîtrise on a accès à des émotions nouvelles. C'est la poésie lue et entendue, le chant, le théâtre, qui les premiers vont permettre cette découverte. C'est à travers ces arts que l'enfant va découvrir la puissance du mot, son pouvoir invocateur, du mot qu'on lit, qu'on chante, qu'on entend, qui est en mouvement, en image, qu'on dit, qu'on crie, qu'on écrit.


Littérature et poésie


Pourquoi faire une place importante à la littérature et à la poésie ? Vous connaissez mon attachement à cette forme d'expression par l'initiative du " Printemps des Poètes " que j'ai prise voici deux ans en liaison avec Claude Allègre et Catherine Trautmann.

Comme le chant choral, la diction poétique met la pratique de la langue au c¿ur du projet artistique de l'école. Dire, écouter de la poésie est aussi une façon de partager la langue. Ces pratiques doivent permettre à l'élève de construire son intelligence sensible, d'exprimer, en dehors de la sollicitation purement scolaire, une " commande intérieure " et, enfin, d'apprendre à comprendre à travers la littérature, la diversité humaine en la frottant à la langue.

A cette fin, l'école doit permettre à l'élève de fréquenter les ¿uvres littéraires et poétiques les plus riches, les plus exigeantes, les plus diversifiées et de rencontrer des écrivains, poètes, comédiens et autres " passeurs " de littérature.

Comment procéder ? Quelles initiatives prendre ? Nous avons été conseillés en la matière par Henriette Zoughébi qui, après avoir créé et dirigé le Salon de littérature Jeunesse de Montreuil, a rejoint la Mission pour l'Education artistique.


a. J'ai décidé d'intensifier les " ateliers d'écriture " animés par des écrivains, des poètes, et les " ateliers de lecture ", avec le concours de comédiens. Ils font goûter aux enfants la saveur des mots, restituent à la langue sa fonction la plus noble qui est de libérer l'imaginaire et de lui donner forme.


b. Chaque élève sera invité à constituer une anthologie personnelle tout au long des 5 niveaux de l'école élémentaire. Ce " carnet de bord ", ou ce " coffret à trésors " qui l'accompagnera tout au long de sa formation lui servira de référence, d'outil pour constituer sa mémoire personnelle et de repère d'évolution.


c. L'enrichissement des bibliothèques des écoles. Déjà, grâce aux crédits du collectif budgétaire de juin 2000, près de 300 000 livres ont pu être acquis avec un budget de 20 MF de l'Etat. Cet effort sera poursuivi avec une priorité donnée à la poésie et aux fonds liés aux disciplines artistiques. Les bibliothèques centres documentaires (BCD) et les centres de documentation et d'information (CDI) seront dynamisés.


d. Beaucoup d'autres initiatives sont prévues : la formation initiale et continue des enseignants, l'ouverture d'un portail sur Internet (regroupant les différents sites d'associations travaillant pour la promotion de la lecture), l'inventaire des recherches sur les ateliers d'écriture et les ateliers de lecture, l'extension du Goncourt des lycéens à de nouvelles régions.


e. Des " événements nationaux " vont rythmer cette action en faveur du livre de jeunesse : " le Printemps des poètes ", sur le thème, en 2001, de la poésie chantée; les fêtes des écoles en fin d'année qui seront consacrées au livre ; l'opération " Livres en fête " qui sera renforcée.


Le théâtre : la maîtrise du geste et la poésie de la langue


Le rapport à la langue et à la poésie différencie l'art théâtral des autres domaines artistiques. Son apport peut être résumé en quatre phases qui définissent toute initiation aux arts et plus particulièrement au théâtre.

L'émancipation. Les apprentissages à la diction d'un texte avec un comédien sont autant de sources d'émancipation pour l'enfant : elles lui donnent des outils de conquête et de dépassement de sa pratique spontanée. Aussi faut-il éduquer le plus tôt possible l'évolution du corps dans l'espace, travailler la voix, la diction, la lecture expressive, la mise en scène de textes poétiques ou dramatiques.

La sensibilisation. Elle est assurée par toutes les actions qui conduisent les élèves à fréquenter les ¿uvres, les lieux de création, à rencontrer des artistes et les différents métiers des arts de la scène. Ce sont aussi les formes de réalisation liées à l'expression des élèves : des jeux d'improvisation et des jeux dramatiques, qui donnent une immédiate satisfaction mais ne constituent qu'un moment souvent éphémère de l'initiation.

Ainsi, le travail entrepris par les " brigades poétiques " ou les " brigades théâtrales " de la Comédie de Reims.

La réalisation. Une équipe artistique, en accord avec l'enseignant, propose de réaliser de courts moments de théâtre qui peuvent être montrés en public. Ces réalisations, toujours centrées sur le rapport à la langue et à la poésie d'une ¿uvre, offrent l'avantage de faire entrer les élèves dans un processus de production artistique exigeant.

Il en va ainsi des "petites formes théâtrales" que le Nouveau théâtre d'Angers a développées dans les projets de réalisation avec des classes ou des ateliers.

L'exégèse. La capacité d'exégèse devant les ¿uvres, c'est-à-dire la liberté de juger en connaisseur et de faire des choix autonomes, ne s'acquiert que très progressivement dans le parcours scolaire puisqu'elle vise à mettre à distance l'expérience de la scène, à comparer des esthétiques et des ¿uvres qui ont une pluralité de sens.

Une première série de mesures a été imaginée Christian Schiaretti, directeur du Centre dramatique national de Reims, notre conseiller théâtre :


développer dans les classes la présence de comédiens, auteurs, metteurs en scène, en nous fondant sur les nombreuses et riches expériences déjà conduites ;


créer, si le ministère de la Culture en est d'accord, des centres de formation inter-académiques, qui seront des lieux de ressources associant les personnes les plus compétentes et rassemblant la documentation sur les projets exemplaires ;


développer les liens entre les IUFM et les structures de création théâtrale dans le but de développer des modules de formation obligatoires portant sur la voix, la diction, la lecture expressive et la relation à la langue, au moyen notamment de résidences d'auteurs dans les IUFM ;


donner une nouvelle impulsion au " Printemps du théâtre ".


Sur tous ces points, et en particulier notre participation à l'année du cirque de 2001, je vous renvoie aux annexes.

Une priorité, l'école primaire : élémentaire et maternelle


B. Apprendre les arts visuels : arts du regard, de la main et du sens de l'espace


Les artistes ont montré comment le dessin, lorsqu'il se libère de l'imitation, devient l'outil merveilleux de la pensée. Il est le terrain fertile de l'imagination, le temps de la réflexion et de l'exploration, l'instrument de l'éducation du regard, et enfin l'espace du raisonnement et de la démonstration.

Je suis certain que l'activité graphique qui se déroule autour des différents langages des arts doit accompagner toute la scolarité d'un élève et constituer un véritable atout pour sa capacité à raisonner.


La transversalité des arts plastiques


Depuis bientôt vingt ans, nous expérimentons avec succès l'entrée de la création plastique contemporaine dans l'Education nationale. Ce mouvement, nous le devons pour l'essentiel aux enseignants eux-mêmes et aux institutions artistiques décentralisées que sont les Fonds régionaux d'art contemporain, les centres d'arts et les musées. Ces trésors d'¿uvres et de compétences sont présents un peu partout et ont su mobiliser enseignants, conseillers pédagogiques, inspecteurs et formateurs. Il faut soutenir ce réseau de savoir-faire et valoriser les actions exemplaires qu'il contribue à promouvoir. Ses partenaires ont ensemble construit des modalités d'action qui vont nous aider à généraliser les pratiques artistiques.

L'artiste doit s'exprimer au c¿ur de l'Ecole au cours de séances prévues sur des projets élaborés conjointement avec le professeur. Pour l'élève c'est l'arrivée dans la classe d'un autre regard sur les choses et les êtres.

En liaison avec Jean-Louis Langrognet, doyen du groupe arts de l'inspection générale, Pierre-Jean Galdin, qui a été conseiller pour les arts plastiques au ministère de la Culture et de la Communication avant de venir me conseiller dans la ville de Blois, nous apporte ses connaissances et sa compétence de terrain.


Les décisions que je prends sont marquées par ce souci d'être aussi proche du terrain que possible :


a. Nous engagerons des moyens nouveaux pour faciliter la présence des artistes et la préservation des ¿uvres d'art dans les écoles : Aménagement d'espaces appropriés, commande d'¿uvres. Cette volonté s'inscrit dans la dynamique engagée par les FRAC, les centres d'arts, les musées et les artothèques.


b. Des expositions itinérantes seront organisées dans des villes différentes. Elles seront réservées aux écoliers en semaine, gratuitement, tandis que les familles y auront accès le week-end.


c. Des rapprochements entre les IUFM et les écoles des beaux arts seront organisés afin de mettre en place dans les IUFM des " classes-ateliers " de référence.


d. L'entrée de l'histoire des arts à l'école doit donner lieu à des parcours thématiques associant plusieurs formes artistiques à l'enseignement de l'histoire générale. Ce projet pédagogique s'inscrira dans le cadre général des projets culturels de classe dont je parlerai plus loin.


Là aussi, je vous renvoie aux annexes.


Le rayonnement du cinéma et de l'audiovisuel


Le cinéma est placé au carrefour de tous les autres arts (théâtre, musique, danse, peinture, etc.) mais il est aussi vecteur de savoirs dans la plupart des domaines enseignés à l'école. Documentaire ou fiction, le cinéma fait partie du capital culturel indispensable à une éducation ouverte sur le monde actuel. Par lui, l'enfant consolide sa propre langue et conquiert le langage des signes non-verbaux, décisif pour développer son imaginaire et son esprit critique face aux images contemporaines. L'opération concernera d'abord les élèves de CM1 - CM2 et devra être organisée pour se prolonger en 6eme et au collège chaque fois que cela sera possible.

D'abord nous avons décidé de poursuivre les dispositifs existants, notamment " école et cinéma " qui se déroule dans 60 départements sous l'égide du Centre national de la Cinématographie. Il faut amplifier cette action en couvrant tous les départements.

Par ailleurs, assistés d'Alain Bergala, maître de conférence à l'Université Paris III et ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma et en étroite liaison avec Christine Juppé-Leblond, inspectrice générale de l'Education nationale en charge du cinéma, nous avons décidé de retenir trois objectifs :


a. Réintroduire une culture du cinéma là où elle a disparu du territoire national, là où les enfants n'ont plus aucune chance de voir un film qui ne soit pas de pure consommation.


b. Fournir dès la rentrée prochaine aux enseignants des DVD : un capital de séquences et de films comme matière première de cette activité artistique, et de bons outils visant à une pédagogie active, légère en didactisme. Ces DVD permettront aux élèves, guidés par l'enseignant, de découvrir eux-mêmes, par la mise en rapport de séquences de films, les éléments d'un savoir vivant sur le cinéma.


c. Mettre en place une pédagogie de la création, où chaque élève sera amené à faire une expérience intime, concrète et pratique de l'acte de création au cinéma.


La logique pédagogique de ce projet passe par un équipement général en nouvelles technologies comprenant :


d. Un projecteur d'images numériques.

Très vite, au-delà du seul cinéma, l'écran numérique deviendra le " deuxième tableau " de l'école, ouvert sur le monde, via les images des banques de données présentes sur Internet, et utiles à toutes les autres disciplines, au service d'une pédagogie innovante qui restaure le sens collectif des apprentissages, en particulier pour la recherche documentaire.


e. Un lecteur de DVD s'il y a lieu.


f. Une mini-caméra DV et un logiciel simple de montage pour permettre aux enfants de comprendre l'image animée en la manipulant de façon concrète.


L'Etat n'a pas l'intention de procéder à l'équipement de toutes les écoles de France et de Navarre. Mais il se doit de prendre l'initiative, de montrer la voie, les collectivités locales seront les partenaires précieux et indispensables pour ce programme.

Ce dispositif est indissociable d'une négociation d'ensemble sur les droits concernant l'utilisation pédagogique des films et des documents audiovisuels : nous avons décidé, avec Catherine Tasca, de créer un groupe de travail dans ce domaine. Ses conclusions doivent être remises avant le printemps 2001.

Il suppose un effort de formation des intervenants dans les écoles : critiques d'art, historiens, professionnels des métiers du cinéma. Il est indispensable que soit créé un catalogue des ressources et des lieux établi région par région.

Ce projet ne peut enfin se concevoir sans partenariat étroit avec des gens de métiers et artistes du cinéma qui seront amenés à intervenir très largement dans les classes. Le cahier des charges de l'opération devra inclure obligatoirement une ou plusieurs projections en salle, qui reste le lieu naturel de la culture cinématographique. Notre ambition est de permettre à des générations de jeunes cinéphiles de devenir les nombreux et exigeants usagers des salles de demain.


L'universalité de la photographie


La photographie accompagne l'enfant dès son plus jeune âge. Elle n'en est pas moins un art visuel à part entière avec ses codes et son langage propre. Proposer à l'école des projets d'ateliers de lecture et de production d'images photographiques facilitera l'initiation de tous à la démarche créatrice : cadrer c'est déjà choisir son point de vue sur le monde, photographier, c'est, au sens propre, réécrire celui-ci avec la lumière.


Robert Delpire, éditeur bien connu, qui a dirigé de longues années le Centre national de la photographie, travaillera avec nous comme commissaire général d'un certain nombre de manifestations de sensibilisation et d'éducation.


J'ai retenu avec lui trois mesures :


a. Une exposition photographique monumentale, sur le modèle de celle d'Arthus-Bertrand " la Terre vue du ciel " présentée à Paris sur les grilles du jardin du Luxembourg, sera consacrée à 200 chefs d'¿uvre de l'histoire de la photographie. Dupliquée en plusieurs exemplaires, avec l'aide de collectivités locales intéressées, elle sera présentée dans les villes et en plus petit format dans les écoles.


b. Cette exposition sera accompagnée des outils pédagogiques correspondants à réaliser par le CNDP.


c. L'organisation de classes photo se fera avec la mise à disposition des élèves d'appareils de photo qui leurs seront remis gratuitement par des professionnels. L'usage créatif de la photographie sera ainsi développé avec l'aide de jeunes artistes photographes. 2000 projets culturels de classes photo " devront être ainsi créés avec le concours de la Ligue de l'enseignement.


La permanence du patrimoine : architecture, musées, histoire des arts, culture scientifique et technique

Sous ce chapitre entrent les formations qui concernent l'intégration de l'enfant dans son cadre de vie : l'initiation aux formes urbaines, à l'architecture, au patrimoine historique local, aux collections muséographiques, à l'histoire des arts.

L'enfant a besoin de comprendre le territoire sur lequel il vit, l'histoire de ce territoire intégré à une histoire et une culture universelles, l'organisation urbaine, l'architecture qui l'environne. Cela suppose une connaissance du patrimoine local et monumental, de l'histoire des arts, des formes architecturales et urbaines. L'enfant doit apprendre à marcher dans la ville en levant la tête vers ses toits et en comparant l'ordonnancement de ses façades.


a. Des partenariats devront être développés avec les musées, les monuments, les archives, les lieux de mémoire, et le patrimoine historique local. Yannick Lintz, conservatrice du musée d'Agen, rejoindra le 1er janvier 2001 la Mission de l'éducation artistique et de l'action culturelle où elle sera chargée des domaines patrimoine, musées, archives. En effet, elle a su développer considérablement le nombre et la qualité des visites scolaires dans l'établissement qu'elle quitte.


b. J'ai décidé en particulier que des " parrainages " seraient opérés entre les écoles et des monuments, pour favoriser une connivence de proximité et confier aux élèves à l'occasion des " journées portes ouvertes dans les monuments historiques " l'occasion de devenir les guides d'un jour de ces lieux apprivoisés par eux.

Je pense que le patrimoine de proximité doit être favorisé, car il est le plus accessible et il peut donner lieu au développement de relations de familiarité qui sont le meilleur creuset d'une pédagogie. Celle-ci devra favoriser la découverte des liens fragiles, ténus et pourtant puissants qui relient les valeurs locales et les valeurs universelles.


c. L'histoire des arts doit non seulement être apprises dans les manuels scolaires mais aussi, voire surtout, dans les musées, et au contact du patrimoine de proximité que l'enfant peut ainsi s'approprier pour mieux le connaître et, pour l'avenir peut-être, le sauvegarder.

L'élève devra acquérir une connaissance des contextes historiques et du vocabulaire des formes artistiques liées aux grandes périodes de la civilisation européenne qu'il étudie en histoire.


d. Des partenariats seront développés pour l'initiation à l'architecture et à la ville (formation des formateurs, outils pédagogiques, projets culturels de classe) avec les Conseils de l'architecture, de l'urbanisme et de l'environnement (CAUE), les écoles d'architecture, l'Institut français d'architecture et des associations comme " Arc en rêve ". Pierre Bernard, urbaniste de l'Etat, est chargé de ce domaine. Nous voulons éduquer le regard des enfants sur l'espace construit et développer chez eux la volonté d'agir sur le cadre de vie.


e. La culture scientifique et technique. Les musées de l'Education nationale, les Centres de culture scientifique et technique, offrent un cadre de compétence pour accueillir les élèves. Des projets culturels de classe seront consacrés à ce champ culturel particulier. Des propositions devront être réunies afin de développer l'information dans ce domaine, notamment par le canal du réseau CNDP, mais aussi en liaison avec les médias. Il faut en effet absolument résorber le déficit de communication dans le domaine des sciences. Jean-François Cervel, inspecteur général de l'administration de l'Education nationale, nous apportera son concours dans ces domaines, à compter du 1er janvier 2001.


Arts du quotidien : arts du goût, design

L'école est un lieu privilégié pour ouvrir l'enfant à des techniques et des formes d'expression qui touchent à sa sensibilité dans la vie quotidienne.


a. Le développement des " classes de goût ". Notre ambition est simple : doter chaque élève d'une véritable culture générale alimentaire, qui lui sera utile tout au long de sa vie, sollicitant la gourmandise que Rousseau appelle " la passion de l'enfance ".


Le goût s'articule aux savoirs enseignés à l'école, à l'histoire, à la géographie, à l'expression orale et écrite qui permettent de dépasser le " j'aime / j'aime pas " et d'argumenter sur ses préférences alimentaires.

Développer une éducation du goût suppose de susciter la création, autour des écoles, de pôles de ressources capables de mobiliser des compétences et des personnes au profit de cette forme d'éducation.

Nicolas Demorand, professeur agrégé et critique gastronomique, est en train de mettre en place un projet cohérent dans ce domaine dont nous aurons l'occasion de reparler.


b. Les arts du quotidien et du design. Dès le plus jeune âge, l'enfant est soumis, jusqu'au sein même de l'école, au bombardement des images télévisées et des messages publicitaires, à la pression du marché et des produits de consommation. L'Ecole doit lui permettre de disposer d'une véritable liberté de choix afin de pouvoir résister à l'imposition mondiale de quelques modèles. Les élèves ont besoin d'être armés pour comprendre à critiquer slogans et clichés. Mais cela ne doit pas détourner pour autant de la culture de l'image et de l'esthétique industrielle. L'Ecole doit apprendre à l'élève à discriminer le beau et l'utile dans les arts du quotidien à travers une véritable culture du design. Anne Meyer, inspectrice générale de l'Education nationale est chargée de ce domaine.


Sur toutes ces questions je serai amené à prendre un certain nombre d'initiatives en février 2001.

Pour atteindre notre objectif à l'école primaire, il convient d'assurer la première année du avec les enseignants qui seront candidats. Les années suivantes, nous pourrons compter sur les enseignants qui auront suivi les actions de formation continue engagées dès 2001.

Ces objectifs seront traduits dans la vie scolaire de chaque élève au cours des huit années de sa scolarité, de la maternelle au CM2. Non seulement les enseignements obligatoires seront renforcés, comme je l'ai dit plus haut, mais en outre, pendant cette période, chaque élève pourra participer à deux " projets artistiques et culturels de classe " d'une durée chacun d'un an.


Pour cela :


a) Je dois souligner ici le rôle capital des inspecteurs chargés des circonscriptions primaires. La clef de la réussite, au niveau de l'école, est entre leurs mains, car ils doivent impliquer les maîtres et les directeurs d'école, susciter de leur part la remontée de projets, les organiser, sur le plan pédagogique et les simplifier sur le plan administratif, réunir les partenariats nécessaires. Je compte sur leur mobilisation pour y parvenir.

b) J'ai demandé que les conseillers pédagogiques en arts plastiques et éducation musicale soient réunis : cela n'était pas arrivé depuis plusieurs années ! Je souhaite que soient étudiées les évolutions concernant leur rôle dans le nouveau dispositif et la formation continue dont ils auront besoin. Au nombre de 500 sur la France entière, ils seront les premiers mobilisés au service de la mise en place des projets artistiques et culturels de classe.

c) Les " classes culturelles " transplantées et les " ateliers artistiques " seront non seulement maintenus mais aussi développés. En la matière les idées ne manquent pas, mais je souhaite mettre l'accent sur la relance de la pratique déjà ancienne des " classes culturelles ", comportant un voyage et un séjour . Elles sont indispensables, notamment dans le cas de certaines écoles très isolées.
Une urgence: La continuité et la cohérence de la formation artistique et culturelle de la maternelle à la terminale

A. Au collège et au lycée:

renforcer et simplifier ce qui existe et expérimenter

¤ Une priorité : l'enseignement professionnel. C'est sans doute au sein de l'enseignement professionnel que l'éducation artistique doit être la plus présente, car les besoins d'intégration sociale et culturelle, d'ouverture à des connaissances plus larges que les seules techniques enseignées par ailleurs y sont plus vifs. Plus qu'ailleurs, l'enjeu y est de favoriser l'exercice véritable du droit de chacun à la culture dans l'Ecole.

Pour aller de l'avant en 2001, la priorité des crédits sera donnée au lycée professionnel. Les dotations budgétaires que j'ai arrêtées permettront de créer à la rentrée 2001 3 000 projets artistiques et culturels de classe.

Le dispositif s'appliquera pleinement aux élèves des classes technologiques des LP comme aux élèves inscrits dans les différentes formations qualifiantes du second cycle professionnel.

Les projets artistiques et culturels de classe concerneront aussi les Centres de formation d'apprentis gérés par les lycées professionnels.

¤ Dans le reste de l'enseignement secondaire, je souhaite expérimenter la formule des "projets artistiques et culturels" de classe avant d'engager leur généralisation. En effet, le dispositif des programmes est différent et, de surcroît, la rénovation du collège qui sera annoncée avant mars 2001 permettra de dessiner clairement les divers parcours pédagogiques. Néanmoins je peux d'ores et déjà annoncer un certain nombre de décisions.

Sur le plan des domaines prioritaires, l'accent sera mis sur :
- les chorales des collèges qui doivent prolonger celles des écoles ;
- les musiques actuelles qui font l'objet d'un plan particulier présenté en annexe ;
- l'environnement architectural ;
- l'éducation au cinéma.

sur le plan des dispositifs pédagogiques, le développement des activités artistiques et culturelles dans l'enseignement secondaire pourra s'appuyer non seulement sur les enseignements obligatoires et sur les activités facultatives (ateliers), mais aussi sur les dispositifs tels que les " parcours diversifiés ", " les travaux croisés " et les " travaux personnels encadrés " (TPE) au lycée.

Pour éviter d'ajouter un dispositif supplémentaire, je souhaite que l'année 2001 ne prévoie l'introduction des " projets artistiques et culturels de classe " qu'à titre expérimental.

Les chefs d'établissement, principaux des collèges et proviseurs des lycées, doivent jouer un rôle capital dans la mise en ¿uvre du Plan. Avec les inspecteurs pédagogiques régionaux (IPR) en charge des différentes disciplines, il leur appartient d'accompagner les initiatives des enseignants, de mettre en place les modalités d'organisation adéquates, d'utiliser au mieux les dotations horaires affectées.

Au collège

a. Le rôle privilégié des professeurs d'arts plastiques et de musique dans l'enseignement obligatoire

Chaque semaine une heure d'arts plastiques et une heure de musique sont données aux collégiens.

Cet enseignement est fondé sur l'intervention d'environ 14 000 professeurs d'arts plastiques et de musique qui enseignent pour certains d'entre eux au collège et pour partie au lycée.

La réflexion sur cet enseignement me conduit :

à décider une augmentation sensible du nombre d'inspecteurs chargés de l'encadrement de ces deux disciplines, sur les moyens ordinaires du ministère.

à engager la réduction du temps de service, qui est, pour les deux disciplines, fixé à 20 heures hebdomadaires pour les capésiens et 17 heures pour les agrégés, contre 18 et 15 pour leurs collègues des autres matières.

Comme je l'avais annoncé en 1993, je souhaite mettre fin à cette situation ancienne qui caractérise les enseignements artistiques. Les discussions seront ouvertes dès le début de 2001 afin d'étudier les conditions de mise en oeuvre de ce projet. Elles s'accompagneront d'un débat sur les modalités d'organisation du travail artistique au collège. Nous aurons l'occasion d'en reparler, notamment dans le cadre de la réflexion engagée sur le collège en général.

b. Les activités volontaires

Les chorales

La progression des pratiques chorales au collège devra s'inscrire dans le cadre des dotations horaires globales. Ainsi, tous les élèves qui le souhaitent pourront suivre cette activité complémentaire.

Les ateliers

Les ateliers de pratiques artistiques (APA), actuellement au nombre de 2 000 environ, sont ouverts dans les douze domaines reconnus : l'architecture, les arts appliqués, les arts plastiques, le cinéma et l'audiovisuel, le cirque, la danse, l'écriture, la musique, le patrimoine, le paysage, la photographie, le théâtre.

Je salue les efforts des professeurs de lettres, d'histoire, de langues et d'autres disciplines encore, dont bien sûr ceux d'arts plastiques et l'éducation musicale, qui s'impliquent dans ces ateliers.

J'ai décidé d'assouplir leur fonctionnement, en accord avec le ministère de la Culture et de la Communication qui participe à leur financement :

D'abord le titre même d'APA est un peu elliptique : parlons plutôt et très simplement des " ateliers artistiques des collèges et des lycées ".
Ensuite, il est souhaitable que ces ateliers soient plus largement pluridisciplinaires.
Une attention particulière sera apportée aux élèves des sections d'enseignements général professionnel adapté (SEGPA) qui doivent également bénéficier de cette mesure.

c. Le rôle de référence culturelle du collège en milieu rural

Il est souhaitable d'équiper ce type de collège et d'en faire un lieu de convergence des classes des écoles du voisinage, et de le concevoir comme un véritable centre culturel ouvert aux autres publics et disposant de ressources en personnes, en équipements multimédia, en particulier dans le domaine des salles d'expositions, de spectacle, de conférences, des locaux de répétition, comme cela existe dans le département des Côtes d'Armor.

d. L'évaluation des activités artistiques au collège

Je rappelle que les enseignements obligatoires sont évalués en contrôle continu pour l'obtention du brevet.
Je souhaiterais que les activités des élèves dans les ateliers soient évaluées selon des modalités qui seront arrêtées sur la base des propositions du recteur Joutard.

Au lycée

a. Les lycées professionnels

Enseignements obligatoires.
Tous les établissements bénéficient déjà d'une heure obligatoire d'enseignement artistique. Je souhaite en redéfinir les programmes, comme le suggère Pierre Baqué, président du groupe d'experts chargé de la réflexion sur les programmes. Ces enseignements donneront lieu à une évaluation adaptée en fonction des diplômes professionnels préparés.
Les filières spécialisées en arts appliqués et métiers d'art doivent être renouvelées et développées. Elles ont souvent été négligées. Or elles concernent parfois des métiers de prestige, elles sont garantes de la restauration du patrimoine et, de surcroît, certaines d'entre elles sont menacées de disparaître faute d'un dessein d'ensemble.
En conséquence je propose un réexamen des CAP, BMA (brevet des métiers d'art) et des baccalauréats professionnels des métiers d'art en vue de mieux respecter la transmission des savoirs et de prendre en compte la création contemporaine et les technologies numériques

Le plan de 3 000 " projets artistiques de classe "

Ce plan est doté d'environ 10MF.

b. Les enseignements optionnels pour les lycées d'enseignement général et technologique

Ces enseignements que j'ai créés à la fin des années 1980 proposent aux lycéens six options : musique, arts plastiques, histoire des arts, théâtre, cinéma, et tout récemment la danse.
Il est nécessaire d'opérer une refonte de ces options afin d'accroître le nombre d'établissements proposant des options légères : elles ouvrent sur des pratiques culturelles multiples et sont conçues pour être suivies par les élèves de toutes les sections des lycées d'enseignement général et technologique.
Les enseignements artistiques des lycées continueront à bénéficier de la rénovation des programmes à laquelle travaille le groupe d'experts présidé par Pierre Baqué.

c. Le renforcement des ateliers artistiques (anciens AEA)

Les 1 500 ateliers d'expression artistique, dénomination actuelle des ateliers au lycée, seront comme je l'ai déjà dit, unifiés avec ceux du collège, pour aller dans le sens d'une plus grande souplesse. Le programme prévu dès le départ avec le ministère de la Culture et de la communication qui consiste à doter chaque lycée d'un atelier sera maintenu.

d. L'évaluation des enseignements et des activités artistiques et culturelles au lycée

Les élèves qui ont choisi les enseignements artistiques au lycée sont déjà évalués au baccalauréat.

Les élèves qui peuvent faire état d'une compétence artistique acquise, soit dans un AEA, soit dans un projet artistique de classe, soit par eux-mêmes, devraient pouvoir être évalués à partir d'une épreuve sur dossier Ce dossier sera comme le reflet de l'itinéraire personnel de l'élève à travers les différents domaines de l'art et de la culture.

e. Les initiatives culturelles des lycéens

Je souhaite soutenir les projets artistiques des lycéens dans le cadre du FIL (Fonds d'Initiative Lycéen). Mais aussi en partenariat avec les collectivités locales, à l'instar de la région Centre qui a lancé la manifestation " Aux arts lycéens ".
L'ensemble des initiatives existantes ou initiées par les projets des élèves et de leurs professeurs, notamment dans le cadre du Plan pour les lycées, devrait trouver une belle occasion de mise en valeur lors du Printemps des lycéens que je souhaite le plus riche possible dans tous les domaines et particulièrement celui des arts et de la culture.

f. Assurer l'insertion des écoles professionnelles dans les enseignements supérieurs

J'ai l'intention d'ouvrir quatre chantiers sur lesquels j'interviendrai plus tard, mais qui se situent à la frontière de l'enseignement secondaire et de l'enseignement supérieur

Le " plan design "

La notion " d'arts appliqués " est sans doute aujourd'hui désuète : j'ai décidé de lui substituer le concept actuel de " design " qui recouvre aussi bien le design de l'objet, que celui de l'espace, de la mode ou de la communication. Le développement des formations au design comprenant des diplômes à Bac+3 et Bac+5 est en cours d'examen.

Cette réforme est liée au projet de pôle universitaire de Fontenay aux Roses.

Les classes de mise à niveau, ouvertes à tous les bacheliers généraux et technologiques n'ayant pas passé un Bac Arts appliqués, seront officialisées dans des conditions permettant de favoriser aussi l'accès des bacheliers professionnels aux BTS et à la filière design actuellement à l'étude. Des classes de mise à niveau du même ordre seront ouvertes dans le domaine du cinéma et de l'audiovisuel. Elles permettront aux élèves ayant suivi l'enseignement de cinéma et audiovisuel de la série L d'intégrer les classes préparant au BTS audiovisuel à cinq options.

Les très rares classes préparant dans certains lycées publics directement aux difficiles concours des grandes écoles ( ENSBA, ENSAD, etc.) seront officialisées. Pour permettre aux étudiants qui le souhaitent d'accéder aux filières très sélectives des écoles d'arts, j'encouragerai la mise en place dans les universités ou en liaison avec elles, de cycles préparatoires conduits en étroite collaboration avec des établissements culturels. Il est en effet anormal que la préparation à ces concours ne soit assurée, dans les faits, que par le secteur privé hors contrat, dont les coûts sont très lourds à supporter par les familles.

Les classes préparatoires aux grandes écoles et les classes de BTS des lycées technologiques seront inscrites de plein droit dans le dispositif des " projets culturels de classe ".
Une urgence: La continuité et la cohérence de la formation artistique et culturelle de la maternelle à la terminale

B. Mobiliser et développer les compétences, de la maternelle au lycée

Les réformes engagées s'appuient donc sur l'école primaire et se développent jusqu'à la terminale du lycée. Tout au long de ce cursus scolaire, je souhaite mobiliser compétences, ressources et moyens et les développer.

Former les personnels, un changement de cap

Le Plan de 5 ans ne peut entrer dans les faits que s'il est accompagné d'un grand effort de formation des formateurs. Le détail des mesures engagées est donné en annexe. Je me bornerai à vous apporter les informations suivantes.

Quelle que soit l'ampleur des apports d'artistes à l'école, la réforme engagée doit passer par les maîtres eux-mêmes. Une première décision a été prise : la " dominante " pour l'enseignement primaire. J'aurai l'occasion, avant Pâques, d'annoncer une réforme de la formation des maîtres et des changements profonds en ce qui concerne son organisation. Les arts et la culture doivent profondément pénétrer la vie des IUFM et faire partie de la formation de base des enseignants.

Le recrutement et la formation initiale

L'effort est nécessaire dès aujourd'hui. L'objectif est de disposer aussi vite que possible d'enseignants du premier et du second degré qui auront tous reçu une formation pour être porteurs d'une compétence dans le domaine artistique et culturel.
J'estime que plusieurs concours de recrutement (CAPE, CAPES externe de certains domaines non artistiques, certains CAPET) devront désormais comporter, sous une forme à déterminer, une évaluation artistique ou culturelle, qui viendra sanctionner par une note et par une mention particulière, les acquis de l'étudiant pendant le second cycle, l'université, et la première année de l'IUFM pour les élèves qui y sont admis.

En outre, la deuxième année dans les IUFM offrira des formations artistiques renforcées. Les épreuves professionnelles de certification comme enseignant comporteront la reconnaissance de la " dominante artistique " des candidats et seront, comme telles, sanctionnées.

Ceci devra se conjuguer avec la réflexion entreprise, à ma demande, par le Recteur Bornancin.

La formation continue dès 2001

a. J'ai décidé que soit consacrée, sur les crédits ordinaires du Ministère, la somme de 30 MF qui servira à démarrer les opérations. La formation continue dans ce domaine sera organisée par un " Plan national de formation ".
Cette somme sera engagée pour partie au niveau national et pour partie au niveau des académies.

b. Une quinzaine de stages nationaux de formation, sous la forme d'Universités d'été, seront lancés en 2001, dans les différents domaines concernés, afin de préciser les contenus artistiques et pédagogiques des formations de formateurs.

c. En conséquence, je demande aux recteurs de prendre les initiatives nécessaires pour engager les plans académiques de formation permettant la réalisation des objectifs suivants :

la formation du réseau des personnes chargées de conduire, au plan national et territorial. Cette politique doit être assurée au plus tôt : équipes rectorales, équipes départementales, cadres locaux de l'Education nationale, responsables du réseau CNDP, CRDP, CDDP, responsables des formations dans les IUFM, etc.

la formation continue des enseignants : un effort capital devra être engagé sur le terrain sous la responsabilité des recteurs.

Une impulsion nationale

a. La création de la " Mission de l'éducation artistique et de l'action culturelle "

La Mission de l'éducation artistique et de l'action culturelle a été créée par arrêté du 7 septembre 2000. Elle est rattachée à la fois à la DESCO et à la DES.
A l'intérieur, il s'agit d'une structure légère d'impulsion, qui a pour objectif de rassembler les énergies des personnes en charge de ce dossier mais affectées dans des services et des bureaux différents du ministère, de veiller à la permanence de l'action et des financements, d'anticiper les différentes mesures de mise en oeuvre des projets sur le terrain.

A l'extérieur, elle est l'interface offerte aux multiples formes de partenariat, elle est l'interlocuteur du ministère pour l'ensemble de ces actions.
Vous trouverez en annexe la liste complète des membres de la Mission.

b. Le renouvellement du Centre National de Documentation Pédagogique (CNDP) et le réseau des CRDP et des CDDP

Plutôt que de créer un nouvel établissement public adapté à cette mission, j'ai préféré mobiliser l'ensemble de ces établissements qui constituent, pour les enseignants, autant de centres de ressources de proximité.

J'assigne donc à Claude MOLLARD, qui sera prochainement nommé directeur général du CNDP , les objectifs suivants : mettre en oeuvre pour 2001 les actions prévues par l'équipe des conseillers artistiques de la Mission, sur le budget de 93MF affecté entièrement à l'éducation artistique et à l'action culturelle, notamment par des subventions. mobiliser les moyens des différents services des CRDP et CDDP sur cette nouvelle compétence, en harmonie avec leurs missions traditionnelles ; renforcer, sur le terrain, la coordination des services avec les réseaux d'action culturelle et les réseaux TICE afin d'obtenir une meilleure synergie et une productivité accrue ; me proposer rapidement un plan visant à faire évoluer ces établissements vers des objectifs renouvelés, en ce qui concerne les arts, la culture et les disciplines d'enseignement confrontées au bouleversement induit par le développement des technologies de l'information dans le domaine éducatif ; mettre en place une base de connaissances, pour faciliter l'accès des enseignants et des élèves à toutes les ressources d'Internet en ce qui concerne les arts et la culture. Elle sera construite autour des moyens les plus récents des technologies de l'information appliquées aux recherches documentaires. Cette base sera repérée sur le portail Internet de l'Education nationale.

Claude Mollard continuera à suivre auprès de moi, à mon cabinet, le pilotage de l'ensemble de la nouvelle politique. Il sera assisté, dans cette double tâche, par Jean-François Chaintreau, responsable de la Mission de l'éducation artistique et de l'action culturelle.

Le pilotage territorial

a. Tout projet académique doit intégrer un volet artistique et culturel.

Chaque projet académique doit comprendre un volet artistique et culturel clairement identifié et adapté chaque année en fonction des résultats obtenus et des éventuelles difficultés rencontrées. Une priorité sera donnée aux zones rurales et aux réseaux d'éducation prioritaire, à l'école primaire et aux lycées professionnels.

Les volets artistiques et culturels du projet académique seront établis en étroite concertation avec les partenaires locaux : la direction régionale des affaires culturelles (DRAC), la direction régionale de la Jeunesse et des Sports, les collectivités territoriales et l'ensemble des structures culturelles qui maillent le territoire. Ils impliqueront les grands mouvements éducatifs nationaux qui interviennent depuis longtemps aux côtés de l'Ecole, notamment la Ligue de l'enseignement et l'ensemble des associations d'éducation populaire, qui pourront être des opérateurs nationaux dans des domaines culturels qu'ils pratiquent déjà : cinéma, livre jeunesse, etc.

Chaque projet s'appuiera sur un partenariat privilégié entre l'Education nationale et la Culture.

Ces projets académiques doivent tout particulièrement présenter :

- le cadre général du partenariat entre l'Etat, les collectivités locales, les établissements culturels et les associations ;- la carte académique des enseignements artistiques et des activités artistiques et culturelles, les dispositifs existants, ainsi que les ressources artistiques et culturelles qui peuvent être mises au service des projets des enseignants ;

- les mesures particulières concernant la formation.

Le " volet artistique et culturel du projet académique" sera aussi le document qui fera la synthèse avec les actions menées, dans le cadre des contrats éducatifs locaux (CEL), avec les communes et nos partenaires ministériels. La circulaire lancée pour 2001 par les ministères concernés (ministères de l'Education nationale, de la Culture et de la Communication et de la Ville) sous l'égide du ministère de la Jeunesse et des Sports donne, pour ce faire, une nette priorité aux projets de caractère culturel.

b. Le projet académique pour les arts et le culture se décline en programmes annuels départementaux.

Les inspecteurs d'académie veilleront à être au plus près des initiatives de terrain et à les relayer pour qu'elles soient suivies, accompagnées, soutenues : les procédures administratives devront être à cet égard le plus possible allégées. Une circulaire précisera prochainement ces procédures nouvelles que je souhaite fonder sur le principe d'un cahier des charges.

Pour faciliter la mise en oeuvre des programmes départementaux, je demande aux inspecteurs d'académie de nommer, pour les écoles, un conseiller chargé auprès d'eux du suivi et de l'application de ce plan, car c'est, je le répète, la première fois qu'un effort de cette importance est consenti pour l'école primaire. Je sais que cela va conduire à adapter différentes procédures assez complexes. Il est donc nécessaire d'aider les responsables du premier degré dans cet effort.

c. L'articulation entre le volet artistique et culturel du projet académique pour les arts et la culture et les projets artistiques et culturels de classe

J'appelle donc les enseignants de l'école primaire (instituteurs et professeurs des écoles) et les professeurs des lycées professionnels à concevoir des " projets artistiques et culturels " dès le mois de janvier pour préparer la rentrée scolaire prochaine.
L'examen des demandes de moyens sera effectué par des groupes de travail spécifiques fonctionnant à divers niveaux, selon le schéma établi par le recteur pour la mise en ¿uvre des projets d'école et des projets d'établissement.

Sont pris en compte trois critères simples, qui cadrent l'action sans brider les initiatives des enseignants :

- le projet doit comporter une production artistique ou culturelle, donnant éventuellement lieu à présentation au public,- il doit établir des passerelles claires entre le thème artistique retenu et les autres domaines de connaissance,- il doit être fondé sur un partenariat avec un artiste ou un établissement culturel.

g. Le " projet artistique et culturel de classe ".

Je mettrai en place, au cours de l'années scolaire 2001-2002, environ :20 000 projets artistiques et culturels de classes à l'école primaire ; 3 000 projets artistiques et culturels de classes dans les lycées professionnels.

Un projet artistique et culturel de classe est une organisation pédagogique ouverte à un partenaire artistique ou culturel. Il constitue un prolongement des enseignements, s'appuie sur les programmes et s'inscrit dans les horaires habituels de la classe.

Tout projet artistique et culturel de classe est placé sous la responsabilité d'un enseignant volontaire (ou d'une équipe d'enseignants), qui le construit à partir de ses compétences propres, dans le prolongement des programmes, de façon privilégiée en partenariat avec un artiste ou un professionnel de la culture ou avec un établissement culturel de proximité (théâtre, musée, centre d'art, etc.).

Pour l'élève, c'est une obligation, ce qui veut dire que le projet artistique s'adresse à tous les élèves et non pas aux seuls élèves volontaires.

Pour l'élève comme pour les enseignants, c'est une démarche de projet, ancrée dans la réalité d'une création et d'une production, inscrite dans un délai, avec le temps de la conception, le temps de l'échange, celui de la réalisation, de la présentation au public et de l'évaluation.

Pour le partenaire, le " projet artistique et culturel de classe " se déroule, dans l'école ou dans l'établissement, avec des horaires d'intervention situés entre 8 et 15 heures par an.

La durée d'un projet artistique et culturel de classe est déterminée par la nature de l'action envisagée et par le type de partenariat. Un projet peut donner lieu à une création artistique collective, aussi bien qu'à un travail de découverte d'un monument. Il peut être bâti sur une période de l'histoire (la Renaissance, le siècle des Lumières, etc.), sur un mouvement artistique (l'Impressionnisme, le Surréalisme, etc.), sur une pièce de théâtre, un artiste, un poète ou un projet urbain. Il peut prendre la forme d'un parcours culturel. On le voit, ses points d'application sont multiples et concrets. Il donne âme et chair aux savoirs enseignés en classe.

Il existe déjà, à l'initiative de nombre de maîtres des " projets culturels de classe " qui ne disent pas leur nom. Il en existe par exemple 300 dans le département des Côtes d'Armor pour un total de 1800 classes. Je souhaite favoriser leur généralisation.

Le projet artistique et culturel de classe permet une forme de généralisation (tous les élèves de l'école primaire pourront être, d'ici 3 ans, concernés deux fois : une année à la maternelle et une année au cours de l'école élémentaire). Cette formule favorise les initiatives de terrain et fait de chaque enseignant l'auteur et le responsable de ce projet dans sa propre classe.

Il sera doté d'un budget propre de l'Education nationale pouvant être augmenté par le ministère de la Culture, les collectivités locales et tous nos autres partenaires.

Ce n'est pas un voeu pieux : cette mesure est déjà financée dans les mesures nouvelles du budget de 2001. Le ministère de l'Education nationale apportera une contribution moyenne de 4000 francs par classe pour une année pour un coût de revient moyen de l'ordre de 8000 F. Le montant de ces contributions pourra être modulé en fonction de priorités (ZEP, espaces ruraux, lycées professionnels, etc.). Les autres moyens de financement devront être trouvés dans le développement du partenariat local.

Une urgence: La continuité et la cohérence de la formation artistique et culturelle de la maternelle à la terminale

C. Une politique globale : agir avec des ressources nouvelles et des partenaires privilégiés

Des lieux et des locaux à adapter

L'adaptation des locaux scolaires est une condition nécessaire au développement des activités artistiques et culturelles : pas d'arts plastiques sans une salle avec plusieurs points d'eau et la possibilité de rangements ; pas de danse sans parquet ; pas de chant sans un confort acoustique minimum. De même qu'un gros effort a été accompli par les communes pour équiper les écoles en matière sportive, un nouvel effort doit être entrepris pour doter écoles, collèges, lycées d'une architecture et d'équipements propres aux activités artistiques et culturelles.

Les collectivités territoriales sont responsables de la maîtrise d'ouvrage des bâtiments scolaires, suivant leur niveau de compétence. Une concertation sera organisée avec le concours de la direction de la programmation et du développement et de la Mission de l'éducation artistique et de l'action culturelle.

Le ministère dégagera à cet effet un crédit d'études qui permettra aux recteurs et aux inspecteurs d'académie de contribuer aux innovations que les collectivités locales voudront engager. Seront lancés :

Pour la conception des espaces, à l'attention des maîtres d'ouvrages :

un mémento d'aide à la programmation comportant des spécifications techniques ;
un inventaire des opérations exemplaires, qui sera publié avec le concours du Moniteur.
Des concours d'idées auprès des écoles d'architecture, de design, d'architectes et de designers de manière à contribuer à la réflexion et à la sensibilisation dans ce domaine.
Seront associés à ces actions les services techniques des rectorats, les communes pour les écoles, les conseils généraux pour les collèges et les conseils régionaux pour les lycées.

Des outils pédagogiques : le réseau CNDP/CRDP et les technologies de l'information et de la communication

Des formations, des architectures : il nous faut aussi des outils pédagogiques. C'est l'une des raisons pour lesquelles je souhaite que le réseau du CNDP et des CRDP soit mobilisé dans cette perspective. Sans doute ne pourra-t-il pas à lui seul suffire à répondre à la demande. Le devoir d'éducation artistique peut être un moteur puissant pour nos industries de l'image, du multimédia et des nouvelles technologies, confrontées à une concurrence sauvage.

Je demande à Claude Mollard de me faire des propositions pour engager un effort important dans cette direction.

Des ressources

Comme on l'a vu, le développement de projets culturels d'école ou de classes suppose que les enseignants puissent, le plus souvent possible, prendre appui sur des centres de ressources de compétences et d'oeuvres d'art : médiathèques, musées, monuments historiques, écoles d'art, etc.

Ces centres de ressources relèvent largement de la compétence du ministère de la Culture et de la Communication et des collectivités locales. Les enseignants devront y accéder largement. A défaut, les recteurs avec les DRAC devront étudier la possibilité d'en favoriser la création, notamment dans les domaines culturels qui sont les moins développés : centres de culture scientifiques et techniques, arts du goût, architecture, danse, etc.

L'aménagement culturel du territoire est une grande idée que nous devons assurer en commun avec le ministère de la Culture. Il devra être accompagné d'une ouverture des accès à ces ressources par la voie des CRDP, CDDP et par celle du développement du réseau Internet.

De ce point de vue, la politique en faveur de l'éducation artistique entre totalement dans la logique de celle du développement de l'innovation que j'ai lancée à la faveur de la création du Conseil national de l'Innovation.

Des moyens nouveaux : le budget

Je vous renvoie à une annexe pour ce qui concerne le budget affecté au financement de ce Plan. Le chiffre de 263 MF a déjà été prononcé lors de la présentation du Budget du ministère pour 2001. Il est à la fois important et, en même temps, une fois qu'il aura été réparti sur le terrain, il ne sera qu'une première marche de l'escalier que nous devons bâtir.

Il faut savoir que ces mesures nouvelles seront fléchées de manière à être utilisées uniquement pour l'éducation artistique et pour toute l'éducation artistique. La majeure partie des crédits correspondants transitera par le réseau habituel des recteurs et des inspecteurs d'Académie qui auront la lourde charge de mettre en place les opérations prévues dans le cadre du Plan de 5 ans.

L'autre partie des crédits sera affectée au réseau du CNDP, des CRDP et des CDDP de manière à répondre à la demande prévisible de production de produits et services pédagogiques dans le domaine des arts et de la culture.

Dans tous les cas, je souhaite que la gestion de ces crédits fasse boule de neige : tel est le sens du partenariat de terrain que j'appelle de mes voeux. Car la grande ambition de l'éducation artistique et culturelle pour tous les enfants de France implique l'effort de tous. Faute de quoi elle risque de n'être qu'une belle idée sans lendemain. Mais j'ai confiance dans la volonté de tous et avec chacun nous réussirons. Nous en avons le devoir, Catherine TASCA et moi.

Des partenaires privilégiés

. les collectivités locales

L'un des fondements du développement que je souhaite apporter aux arts et à la culture dans l'école est de contribuer à donner aux élèves les moyens de se forger une forte identité. Cela implique en particulier un fort ancrage dans leur environnement local, ce que l'on appelle aussi leurs racines. Cela veut dire que ce projet d'envergure rencontre de toute évidence l'une des préoccupations et des responsabilités des collectivités locales.

D'ailleurs de nombreuses initiatives ont déjà été prises par elles, communes, départements ou régions : prises en charge de salaires d'intervenants artistiques, fonctionnement de services éducatifs d'établissements culturels, aide aux transports des classes culturelles, on pourrait multiplier les exemples.

Ce partenariat peut s'amplifier dès lors que l'Etat, l'Education nationale et aussi la Culture, s'adressent à elles avec la volonté de procéder à un véritable partage des ressources, des responsabilités et des projets.

Je proposerai à Catherine Tasca la mise en place de projets de partenariat qui puissent être assez exemplaires pour permettre ensuite des généralisations. Cette méthode empirique a déjà porté ses fruits dans le passé. Je suis sûr qu'elle peut encore le faire demain dès lors que l'Etat s'engage dans un véritable partenariat.

. le ministère de la Culture et de la Communication et le réseau des établissements culturels sur le territoire

Je commençais mon exposé en parlant du ministère de la Culture et de la Communication. Je termine par lui. Parce que vous l'avez compris, rien ne sera possible sans la collaboration étroite, à tous les niveaux, entre les deux ministères. Certes leurs cultures sont différentes, leurs objectifs et leurs moyens aussi. Mais chacun exerce sa propre responsabilité. Cette collaboration, je souhaite qu'elle se développe au niveau des services centraux, sous l'autorité du comité de pilotage interministériel qui devrait se réunir plusieurs fois chaque année. Nous nous sommes déjà vus deux fois avec Catherine Tasca en 3 mois. Enfin elle doit se prolonger, c'est très important, dans le cadre des " Groupes de pilotage régionaux " en place depuis 1988, au niveau des recteurs, des inspecteurs d'académie et des DRAC. C'est pourquoi nous prévoyons d'organiser une réunion prochaine des recteurs et des DRAC et de réunir aussi, en interrégional, la totalité des inspecteurs d'académie, directeurs des services de l'éducation nationale.

Les impulsions données sont nouvelles et fortes. Les moyens sont importants. Les volontés et les capacités des enseignants et des élèves sont grandes. Je souhaite que l'année 2001-2002 soit riche de milliers d'initiatives qui seront présentées au public à l'occasion de grands rassemblements des classes et des écoles de France qui seront organisés dans les académies. Ce sera " le Festival national des arts à l'école ". Le public pourra y découvrir des oeuvres individuelles ou collectives réalisées par des élèves avec le concours d'artistes, des réalisations pédagogiques exemplaires, des débats sur le sens et le rôle de la création artistique à l'école. Ce " Festival national des arts à l'école " permettra ainsi de mieux connaître les multiples talents des jeunes Français.

Conclusion

Notre responsabilité est de faire en sorte que le droit à l'art soit reconnu réellement pour chaque enfant de France. Chaque enfant a droit aux tableaux, au théâtre, au cinéma comme à l'alphabet. Jean Vilar ne disait-il pas que le théâtre est un service public comme l'eau et l'électricité ? Nous avons besoin d'un véritable service public de l'éducation artistique et culturelle.

Nous avons encore besoin de faire et de parfaire l'alphabétisation aux arts à la culture, aussi bien à l'école que dans les lieux de culture. Catherine Tasca et moi, nous le croyons fortement et ensemble nous nous donnons des objectifs et des moyens pour réussir. Ainsi, cessera cette opposition dépassée entre les conceptions abstraites des uns et concrètes des autres, entre le goût du contemporain et celui de l'histoire pour elle-même. La culture et les arts sont uns.

Comme le disait déjà Friedrich Nietzsche : " Plus abstraite est la vérité que tu veux enseigner, plus tu dois en sa faveur séduire les sens ". (Par-delà le bien et le mal. 1886).

(Source http://www.culture.gouv.fr, le 19 décembre 2000)

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