Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur le développement d'Internet et ses conséquences : dynamique de croissance et d'emploi, et sur les outils dont dispose la France et l'Europe dans la nouvelle économie de la connaissance, Paris le 7 novembre 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur le développement d'Internet et ses conséquences : dynamique de croissance et d'emploi, et sur les outils dont dispose la France et l'Europe dans la nouvelle économie de la connaissance, Paris le 7 novembre 2000.

Personnalité, fonction : PIERRET Christian.

FRANCE. SE à l'industrie

Circonstances : Inauguration du 8e salon Networld+Interop, à Paris le 7 novembre 2000

ti : Mesdames,
Messieurs,


Je suis très heureux d'inaugurer avec vous l'édition 2000 du salon Networld+Interop. Cette 8ème édition de Networld+Interop, j'en suis persuadé, confirmera et amplifiera le succès des années précédentes. Les innovations que je viens de découvrir, en ne parcourant que quelques-uns des 550 stands, sont la preuve du dynamisme d'Internet, des réseaux et du secteur des télécommunications. La révolution numérique est en marche. Et votre salon permet, tant aux spécialistes, qu'aux entreprises d'autres secteurs ou à de simples curieux, de connaître, de tester, de valider les dernières tendances d'un marché en perpétuelle évolution. Avec 60 000 visiteurs attendus cette année, Networld+Interop s'est affirmé comme le premier événement européen dans son secteur. Au moment où la France assure la Présidence de l'Union européenne, avec un calendrier ambitieux concernant l'évolution du secteur des télécommunications et l'initiative e-Europe, c'est un signe de la part prise par notre pays, et plus généralement par l'Europe, dans cette révolution. J'en félicite chaleureusement les organisateurs et les participants.

Je souhaiterais maintenant évoquer brièvement avec vous deux sujets: (1) la dynamique de croissance et d'emploi engendrée par la révolution numérique ; (2) les outils dont nous disposons pour affirmer encore plus la place de la France, et celle de l'Europe, dans cette nouvelle économie de la connaissance.


1) Nouvelles technologies, nouveaux capitaux, nouveaux entrepreneurs : le mot d'ordre lancé par Dominique Strauss-Kahn il y a 3 ans est devenu une réalité.

Jamais les entreprises françaises n'ont consacré autant de moyens à leur effort de recherche et développement, soutenues par le Gouvernement, que ce soit au travers du crédit d'impôt recherche ou encore des réseaux nationaux de recherche et d'innovation. Après des décisions importantes prises par le Gouvernement en 1998 en faveur du capital-risque, les financements pour les entreprises innovantes se sont développés dans le secteur public mais aussi dans le secteur privé de manière exponentielle. Enfin, les nouveaux entrepreneurs bénéficient d'un cadre juridique simplifié et avantageux pour créer de nouvelles activités.

Au moment où des interrogations, voire des inquiétudes s'expriment sur la pérennité de la " nouvelle croissance ", je veux dire avec force que le Gouvernement a mis toutes les chances du côté de la France, depuis 1997, pour qu'elle bénéficie, durablement, solidement, de l'impact de cette croissance technologique. En continuant avec Laurent FABIUS à miser sur les nouvelles technologies, nous continuerons à gagner le pari de la croissance. J'en suis convaincu.

Car, la nouvelle économie n'est pas limitée à ses secteurs de production immédiat, elle concerne en réalité l'ensemble de notre économie. Fin 1999, avec 9 entreprises industrielles sur 10 équipées en téléphones mobiles, les trois quarts équipées de lignes téléphoniques fixes numériques, près de 7 sur 10 connectées à Internet, et près de 4 sur 10 possédant leur propre site, la France s'est clairement placée dans le peloton de tête.

Ces nouvelles technologies ont un effet d'entraînement sur la croissance dans son ensemble : les chiffres établis à ma demande par le BIPE cet été montrent que les TIC tirent la croissance française à hauteur de 20%. Ces technologies dopent également l'emploi : il croît dans ces domaines 8 fois plus vite qu'en moyenne. Les simulations établies pour les trois prochaines années montrent que l'on peut attendre un surplus de croissance d'au moins un point par an, et au moins 100 000 créations nettes d'emplois par an. Mettant ainsi fin à un célèbre paradoxe selon lequel l'informatique n'aurait aucune traduction dans les statistiques, l'économie de la connaissance n'est donc pas virtuelle, mais tangible en termes de croissance et d'emplois. C'est ainsi un cercle vertueux de croissance technologique qui s'est mis en place.

L'économie de la connaissance a connu depuis 4 ans un développement remarquable : c'était l'un des objectifs forts du Gouvernement ; c'est également, je le sais, un objectif essentiel pour l'ensemble des entreprises représentées ici. Le secteur des TIC représente maintenant environ 7% de la production française, pourcentage comparable à celui des Etats-Unis. La France s'est ainsi placée au 3ème ou 4ème rang mondial pour la production de biens et de services de la société de l'information.


2) Dans les mois qui viennent, nous devons encore amplifier nos efforts. Nous disposons d'atouts pour ce faire. Le Gouvernement accompagnera avec volontarisme ces évolutions.
Exister dans un secteur de haute technologie, dans une compétition mondialisée, nécessite de consacrer des moyens importants aux projets de recherche et de développement et d'assurer un transfert rapide des résultats de la recherche vers l'activité industrielle.

La France est exemplaire dans l'innovation technologique en matière de télécommunications, de carte à puce, d'audiovisuel et de microélectronique. La forte pénétration en Europe et plus particulièrement en France de la téléphonie mobile, qui est en quelque sorte la nouvelle frontière d'Internet, nous offre une opportunité d'être au c¿ur de la nouvelle étape de la révolution numérique.

Ces évolutions, le Gouvernement les a anticipées et les soutient depuis plus de 3 ans. Je consacre moi-même dans mon budget 1,5 MdsF, chaque année, à soutenir les innovations dans le secteur de la société de l'information. Je voudrais à ce titre vous faire un certain nombre d'annonces sur une priorité pour l'année à venir : soutenir l'entrée de l'ensemble des PMI et PME dans l'ère numérique.

Le programme ATOUT soutient la diffusion des technologies nouvelles vers les PME. Il comprend un important volet sur les technologies de l'information. Il s'agit d'aider les PME à intégrer de nouveaux systèmes électroniques au sein de leurs produits et services. Il s'agit également de les aider à utiliser ces technologies en interne dans leurs systèmes d'information, ou en externe avec leurs clients et leurs partenaires. L'objectif est de favoriser le développement du commerce électronique, de l'entreprise étendue, des organisations virtuelles, des produits intelligents. Ce programme sera reconduit et renforcé.

J'ai mis en place en 1998 un appel à projet destiné à favoriser l'utilisation collective d'internet par les PME - UCIP. Je rends aujourd'hui public le résultat de l'édition 2000 lancée à l'occasion de la fête de l'internet en mars dernier : plus de 70 projets ont été retenus pour un montant d'environ 55 MF. Ils concernent des secteurs très divers et permettent ainsi de diffuser plus largement les technologies de l'information dans le monde des PME : il s'agit par exemple du secteur textile, de l'industrie du jouet, du tourisme, de l'agro-alimentaire ou encore du machinisme agricole.

Enfin, les PME pour se lancer dans des domaines qu'elles ne connaissent pas, ont besoin d'appuis, de conseil et d'expertises. C'est pourquoi nous mettons à disposition des entreprises des experts techniques, grâce au programme JESSICA, dédié à l'électronique embarquée et au logiciel. Grâce à JESSICA, toutes les PME peuvent avoir accès à un tuteur, qui mobilise au moment opportun les meilleurs pôles de compétences français pour aider l'entreprise à explorer diverses alternatives techniques, acquérir les compétences nécessaires et finaliser son projet. En touchant plus de 850 entreprises par an à travers la France, avec un taux de satisfaction de plus de 93%, JESSICA apporte un soutien incontesté aux PME.

Je vous annonce aujourd'hui que, dès 2001, le programme JESSICA sera amplifié, et le nombre d'experts auprès des PME augmenté pour couvrir au plus près l'ensemble des régions françaises. Mon objectif est de doubler les actions JESSICA auprès des PME traditionnelles tout en maintenant l'aide apportée aux entreprises de la microélectronique.
Un dernier mot concernant le secteur des télécommunications. Il est également un secteur d'innovation juridique. Suite aux attributions de licences de boucles locales radios et après l'appel à candidatures pour les systèmes mobiles de 3ème génération, le décret publié au Journal officiel de la République française le 12 septembre dernier, fixant les conditions du dégroupage au niveau national, devrait stimuler la fourniture d'offres à haut débit, afin d'offrir avant la fin de cette décennie la possibilité à tous les français d'accéder à une connexion de 2 mégabits par seconde.

Lors du Conseil télécommunications du 3 octobre, j'ai obtenu un accord politique des 15 Etats membres pour mettre en ¿uvre le dégroupage au niveau européen. L'accord du Parlement européen vient d'être obtenu. Ce ne sera pas le moindre des succès de la Présidence française de l'Union Européenne que d'adopter au cours du mois de décembre le règlement permettant de mettre ¿uvre le dégroupage, au 1er janvier 2001 au plus tard, dans l'ensemble des Etats membres.


Mesdames, Messieurs,

Vous me permettrez, pour conclure, une réflexion plus générale. Chacune des révolutions industrielles qu'ont connues les sociétés développées a été marquée par des innovations particulières, un mode d'organisation du capital, des rapports sociaux nouveaux, un point de vue sur la société. L'économie de la connaissance qui s'invente aujourd'hui bouleverse les schémas figés. Le savoir devient le véritable capital. Un capital modifiable, valorisable, transformable à l'infini - avec pour seules limites l'imagination des créateurs et la précision des ingénieurs. C'est une révolution parce que nous ne l'avions pas prévu, parce que sa dynamique nous emporte, parce que ses conséquences peuvent nous échapper. Face à cela, le but d'un gouvernement moderne et progressiste est simple ; c'est celui de Lionel JOSPIN : tirer rapidement le plus grand bénéfice de ce que cette révolution économique peut apporter à la croissance et à l'emploi, et inscrire ses effets positifs dans la durée au bénéfice de tous. Nous voici donc dans la situation, certes un peu inédite, d'un marathonien qui devrait courir à l'allure d'un sprinter. Ce nouveau défi, celui de l'économie de la connaissance, ensemble, nous allons le gagner !


(source http://www.industrie.gouv.fr, le 08/11/2000)


Rechercher