Message de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur le développement d'Internet et, à ce propos, les efforts nécessaires sur le plan de l'éducation, de l'innovation et du développement équilibré des territoires, le 17 mars 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

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Message de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur le développement d'Internet et, à ce propos, les efforts nécessaires sur le plan de l'éducation, de l'innovation et du développement équilibré des territoires, le 17 mars 2000.

Personnalité, fonction : CHIRAC Jacques.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Fête de l'Internet le 17 mars 2000

ti : Chers Internautes de France et de l'étranger,

L'année 1999 a vu en France le véritable décollage de l'utilisation de l'Internet. Aujourd'hui, plus de cinq millions de Français naviguent sur le réseau. Et je tenais à vous féliciter de ces évolutions si positives. C'est à votre curiosité, votre ouverture d'esprit, votre enthousiasme que nous les devons.

Je souhaite que l'usage de l'Internet dans la société française continue de s'étendre et de se démocratiser. Le dynamisme et la prospérité de notre pays dépendent pour une large mesure de cette faculté.

Les débats autour de l'Internet, cette année, se focalisent sur les transformations que son usage entraîne sur l'économie mondiale. Ce que l'on appelle "la nouvelle économie".

Nous vivons en effet une période de mutation de nos structures économiques, période qui va toucher progressivement tous les secteurs d'activités. C'est une période exaltante, riche de promesses, d'emplois nouveaux, de croissance retrouvée. Mais c'est aussi une période d'incertitude pour ceux qui redoutent de ne pas participer pleinement à ces progrès.

Si nous voulons que la nouvelle économie profite à chacun, nous devons conjuguer nos efforts dans trois directions : l'éducation, l'innovation, la recherche d'un développement équilibré du territoires

L'éducation d'abord. Dans une économie fondée sur la connaissance, le savoir, les enjeux de la formation des hommes sont, plus que jamais, cruciaux.

En confortant toujours davantage les enseignements fondamentaux que sont la lecture, l'écriture et le calcul, nous devons familiariser les enfants à l'ordinateur dès l'école primaire. Ouvrir aux jeunes de nouvelles filières scolaires et universitaires dans le domaine des nouvelles technologies à tous les niveaux de qualification, car, dans ces secteurs, nous connaîtrons une pénurie croissante de spécialistes, de travailleurs qualifiés. Offrir aux adultes un droit personnel à la formation tout au long de la vie, qui leur permettra de s'adapter au rythme accéléré du progrès.

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L'éducation, mais aussi l'innovation ensuite. Nous devons mener une politique volontariste de soutien à la recherche et de soutien aux entreprises innovantes, afin de construire une France et une Europe dynamiques, créatives, réactives, capables de faire la course en tête. Dans quelques jours, se tiendra à Lisbonne un Conseil européen consacré à la réforme économique, à l'emploi et à l'innovation. Je défendrai à cette occasion une stratégie européenne ambitieuse pour accompagner l'éclosion de la nouvelle économie.

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Enfin, la recherche d'un développement équilibré des territoires.

La superficie, la diversité de la France sont des atouts considérables. Mais elles peuvent devenir des handicaps lorsqu'il s'agit de desservir nos 36.000 communes par des infrastructures de communications performantes. Les technologies de l'information suscitent, dans les zones rurales, de formidables espoirs de désenclavement et de revitalisation. Sachons encourager les initiatives des collectivités locales. Que l'Etat soutienne et facilite leurs projets, afin de garantir l'égalité des chances de tous les Français dans la société de l'information.

Les disparités entre les territoires sont encore plus frappantes à l'échelle mondiale. Selon le dernier rapport de l'ONU, plus de 9 internautes sur 10 résident dans les pays de l'OCDE, qui pourtant regroupent moins du cinquième de la population mondiale, mais ce sont les pays riches.

Ce "fossé numérique", qui se creuse entre ceux qui ont accès aux nouvelles technologies et ceux qui ne l'ont pas, constitue une véritable menace, pour la cohésion sociale des Etats d'abord, mais aussi pour les grands équilibres mondiaux.

C'est pourquoi au sein des instances internationales, et particulièrement de l'ONU, la France continuera de faire entendre sa voix. Pour que l'essor de la nouvelle économie, respectant les principes de diversité et d'équité, puisse se faire au bénéfice de tous.

J'espère que cette année, comme les précédentes, la fête de l'Internet sera l'occasion pour les Français de venir se familiariser, toujours plus nombreux, avec le réseau des réseaux.

Et je vous souhaite une bonne fête de l'Internet.

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