Déclaration de M. Michel Sapin, ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat, sur la "net-administration" et la promotion des innovations en matière d'information et de services publics en ligne à l'usage des entreprises, Paris le 12 décembre 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Michel Sapin, ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat, sur la "net-administration" et la promotion des innovations en matière d'information et de services publics en ligne à l'usage des entreprises, Paris le 12 décembre 2000.

Personnalité, fonction : SAPIN Michel.

FRANCE. Ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat

Circonstances : Remise des prix Electrophées des administrations 2000 le 12 décembre 2000

ti : Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux de vous accueillir aujourd'hui au ministère de la fonction publique et de la réforme de l'Etat pour la remise des premiers Electrophées des Administrations.

Les Prix Electrophées Administrations 2000 récompensent les initiatives des administrations en ligne au service des entreprises. Ils font suite à la création, il y a deux ans, des Electrophées - tout court - organisés par le ministère de l'économie, des finances et de l'industrie, et qui distinguent les espoirs français de la Net-économie.

Cette cérémonie a pour moi un double objectif. En premier lieu, elle me donne l'occasion de remercier les nombreux acteurs de l'administration qui font preuve, chaque jour, d'efficacité et d'imagination. En second lieu, elle m'offre la possibilité de mieux faire connaître, et le cas échéant de défendre, les progrès et évolutions considérables dont l'Etat fait preuve pour se moderniser, en particulier dans le domaine très moteur de la Net-administration.

Car le propre de la réforme de l'Etat, - et cela n'est en rien nouveau -, c'est qu'on en parle beaucoup sans en voir forcément les résultats : chacun d'entre nous a d'ores et déjà entendu un grand nombre de discours, auquel il ne croit plus, en tout cas de moins en moins. Mais qui voit les applications concrètes ? Est-ce à dire que tous ces discours ne sont pas suivis d'effet ? Certainement pas. La réforme de l'Etat est bien une réalité concrète et palpable. Vous pourrez même dire, en quittant cette salle : elle existe, je l'ai rencontrée. C'est un fait : nombreux sont les services qui avancent et modernisent l'administration au jour le jour : ici ce sont des informations pratiques mises en ligne qui renseignent les usagers sur la délivrance d'un permis de construire, là ce sont des outils pratiques destinés aux entreprises pour leur permettre de mieux exporter, ce sont également les lois, les décrets, le journal officiel, les annonces de marchés publics qui deviennent accessible aux Internautes. Les usagers de ces services publics sont les premiers à le reconnaître et à l'apprécier.

Dans ce contexte, il m'a paru utile d'adopter, pour l'administration, une démarche similaire à celle des Electrophées pour le secteur privé, en récompensant les acteurs publics innovants en matière de services publics en ligne aux entreprises : les espoirs de la Net-administration, en quelque sorte !

De la même façon que nous avions récompensé, le 27 juin dernier, 10 sites publics exemplaires, nous récompensons donc aujourd'hui 5 services publics en ligne aux entreprises. Je tiens à cet égard à remercier les chevilles ouvrières de ces Electrophées de l'administration, à commencer par la mission interministérielle de soutien technique pour le développement des technologies de l'information et de la communication dans l'administration (MTIC) et son chef, Jean-Pierre DARDAYROL, qui ont lancé, avec l'aide des directions régionales de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE), le concours auquel vous avez répondu, dans quatre catégories : administrations centrales, services déconcentrés, collectivités territoriales et autres établissements publics.

Je tiens à remercier également les membres du jury, qui se sont réunis pour attribuer un prix dans chacune de ces catégories, tandis que les internautes étaient invités, sur la base de dossiers très complets mis en ligne et des sites eux-mêmes, à voter (en ligne) pour attribuer un prix des internautes, que j'aurai tout à l'heure le plaisir de remettre personnellement.

Ce jury regroupe des personnalités variées, représentant à la fois les usagers, les élus, les experts techniques et les administrations territoriales ou parisiennes les plus au fait des ces nouveaux outils. Présidé par le directeur régional Ile de France de l'industrie, de la recherche et de l'environnement, Luc ROUSSEAU, il comptait cette année :

· Patrick BLOCHE, Député de Paris,
· Patrick DELAGE, Préfet de la Creuse,
· Pierre DELLIS, Délégué général du Syntec-Informatique,
· Bernard LANG, Directeur de recherche à l'INRIA,
· Pierre-Yves Le BIHAN, Délégué général du club informatique des grandes entreprises françaises,
· Gilbert PAYET, secrétaire général à l'action régionale en Provence-Alpes-Côte d'Azur,
· Henri SERRES, Directeur de la sécurité systèmes d'information,
· Jean-Pierre DARDAYROL, Chef de la MTIC,
· et Carine BERNARD, de la MTIC, qui a assuré les fonctions de rapporteur,

Le travail du jury n'a pas été facile. Ont été valorisés le service rendu, la valeur ajoutée apportée, la qualité et l'efficacité de la démarche plus que la taille des projets.

On compte parmi les candidats, des dossiers variés, des acteurs de tailles très différentes, aux missions et aux moyens forcément hétérogènes. Parmi les nominés, on retrouve des mairies de petites villes mettant en place des solutions nouvelles pour venir en aide aux entreprises locales, aussi bien que la direction des journaux officiels - dont le site " bulletin officiel des marchés en ligne " correspond à la réalisation d'un engagement du Gouvernement rendu public lors du comité interministériel pour la société de l'information de janvier 1999.

Grâce au jury, ce soir, il y aura cinq gagnants. Je les félicite d'avance, mais je voudrais également associer à ces félicitations ceux qui ne gagneront pas - pas cette année du moins -, ainsi que tous les innovateurs qui n'ont pas eu l'occasion, cette année, de candidater, jugeant leur service encore imparfaitement structuré.

Le proverbe le dit bien, " l'important, c'est de participer ". Participer à la mise en place de l'administration électronique, participer à la croissance de notre économie grâce aux technologies de l'information et de la communication, participer à la réforme de l'Etat par ces nouveaux services en ligne.

Les 40 candidats, les 10 nominés, les 5 lauréats de ce soir, qui seront appelés dans un instant, ne sont nul autres que l'avant-garde des près de 3000 sites publics, les éclaireurs qui inventent aujourd'hui les services, les moyens, les méthodes et les outils que tous les services publics devront appliquer demain dans leurs relations avec les usagers, et notamment avec les entreprises.

Vous connaissez comme moi le discours de ceux qui voudraient réduire l'Etat à sa portion congrue. Ceux-là même voudraient profiter de l'essor de la société de l'information pour régler leurs comptes avec l'Etat et le " ringardiser " encore davantage.

Par votre modernité, par votre dynamisme et votre enthousiasme, par votre audace et sans doute par votre persévérance, vous démontrez que l'Etat, loin d'être caduque ou dépassé, est un Etat moderne, en mouvement. Or il y a place aujourd'hui pour cet Etat moderne et en mouvement : car est-il responsable de toujours demander moins d'Etat, alors que les nouvelles exigences des citoyens et des entreprises - pour des services publics plus réactifs, personnalisés, interactifs et plus accessibles - viennent s'ajouter aux anciennes, sans les remplacer pour autant : égalité dans le traitement, justice dans les décisions, précaution dans les choix ? Est-il légitime de supposer que le marché peut tout résoudre, alors que risque de se creuser un fossé numérique entre ceux qui ont accès à ces nouveaux outils et ceux qui, pour des raisons économiques ou par manque de formation, resteraient sur le bord du chemin ?

Par vos réalisations, que nous récompensons ensemble ce soir, vous démontrez avec force que les services publics, Etat et collectivités locales, ont un rôle majeur à jouer dans une société moderne.

C'est en rendant les services publics plus efficaces que nous ferons taire ceux qui nous reprochent lenteur, absence d'initiative, difficulté d'accès. C'est là la véritable attente de nos concitoyens, loin des fantasmes ultra-libéraux que l'on voudrait nous faire passer pour des revendications populaires. Pour le réaliser, nous devons tous mettre Internet au service des usagers et au service des agents au contact des usagers. C'est ce que vous avez contribué à faire, et je vous en remercie.

Défendre l'Etat, c'est, certes, prendre acte des mauvais points qui lui sont adressés. Mais c'est aussi, sans tomber dans l'auto-satisfaction, tourner nos regards vers ceux qui les méritent, vers les petites mains trop souvent anonymes de la modernisation de l'administration. C'est cette démarche que nous engageons ensemble aujourd'hui. Et c'est cette démarche que j'entends poursuivre tout au long de l'année 2001. Au-delà des discours, il y a des actes, du concret, du réel, des agents : c'est vers eux que je veux aujourd'hui me tourner, pour les remercier et les encourager


(source http://www.fonction-publique.gouv.fr, le 13 décembre 2000

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