Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur les enjeux, le fonctionnement et le financement du site internet "club.senat.fr" destiné à rapprocher sénateurs et acteurs de la nouvelle économie, Paris le 24 janvier 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur les enjeux, le fonctionnement et le financement du site internet "club.senat.fr" destiné à rapprocher sénateurs et acteurs de la nouvelle économie, Paris le 24 janvier 2001.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian.

FRANCE. Sénat, président;FRANCE. RPR

Circonstances : Dîner de lancement du "club.senat.fr" au Sénat, le 24 janvier 2001

ti : Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
chers amis,

Je vous remercie chaleureusement d'être venus si nombreux ce soir et à tous je vous adresse mes voeux de cordiale bienvenue au Club.(point)Sénat.(point)fr.

J'ajoute d'emblée à ces voeux mes excuses. Les impératifs de la vie publique et la légitime prééminence accordée au Chef de l'Etat m'ont empêché de vous recevoir comme j'envisageais de le faire, autour d'un dîner assis. Mais, rassurez vous, nos prochaines rencontres auront lieu dans une ambiance plus " club ".

Si j'ai souhaité vous réunir ce soir, de façon informelle, c'est d'abord pour faire connaissance les uns avec les autres, pour vous présenter les objectifs que j'entends assigner à ce club, évoquer le contexte dans lequel intervient cette création, mais aussi pour que nous nous entendions sur un certain nombre de points que je vais vous soumettre et en particulier notre méthode de travail.

L'objectif de ce club est double : d'une part, faire avancer la compréhension des ressorts de l'économie contemporaine ; d'autre part, permettre au législateur d'en tirer les conséquences en suivant au plus près les tendances d'aujourd'hui et, si possible, en anticipant les évolutions de demain. Qui dit en effet nouvelle économie, dit nouvelle législation. Il faut nous y préparer.

Dans ce but, j'ai choisi de faire se rencontrer des acteurs de la nouvelle économie, qu'ils soient entrepreneurs ou investisseurs, des penseurs - représentants des universités ou pas - et des régulateurs, membres du Parlement et des autorités de régulation. Bien sûr, ce club n'a pas vocation à réunir tous ceux qui vivent, tous ceux qui pensent et tous ceux qui réglementent la nouvelle économie. Mais tous sont représentés et tous peuvent prétendre en faire partie. Le Sénat est l'une des demeures de la République et le plus grand nombre doit y avoir accès.

Par ailleurs, j'ai souhaité, dans l'objectif de brasser les cultures, que de jeunes voire de très jeunes talents de la nouvelle économie puissent rencontrer des figures plus connues de la vie économique française. C'est ainsi qu'à côté de mes amis Michel Bon et Michel Prada, vous retrouverez de jeunes étoiles de l'internet, dont certaines sont inconnues du grand public. J'en profite pour vous dire que si ce soir je n'ai pas retiré ma cravate, c'est précisément parce que je considère que la richesse de l'écosystème que tous ensemble nous allons créer réside précisément dans notre diversité.

Mon but, celui des sénateurs et des régulateurs ici présents n'est pas de vous ressembler, et encore moins de vous mimer, mais bien de vous comprendre et si possible de vous aider.

S'agissant du contexte, la question se pose de savoir s'il faut encore croire dans la nouvelle économie. Croyez bien que je suis parfaitement informé des vents mauvais qui soufflent de l'autre côté de l'Atlantique et des difficultés que rencontrent bon nombre de start up.

Mais depuis plusieurs années que le Sénat s'intéresse à la nouvelle économie au travers d'opérations comme " Tremplin-entreprises " ou les " Rencontres sénatoriales de l'entreprise ", j'ai jugé le moment propice à cette action.

Car, pour moi, ce qu'il y a de radicalement nouveau dans la nouvelle économie, c'est le fait que des jeunes se sont remis à croire dans l'entreprise, ont pris leur courage à deux mains pour se battre et entreprendre. Tous ne réussiront pas. Tous n'arriverons pas au bout de leur projet. Mais tous ont à nouveau repris à espérer et l'ascenseur social s'est remis à fonctionner. C'est cet élan qu'il faut veiller à entretenir.

Ce sont ces entrepreneurs que j'entends symboliquement encourager au travers du lancement de ce club. Je ne suis pas un ami des beaux jours de la nouvelle économie.

Je vais maintenant entrer plus dans le détail de notre club. Je passe rapidement sur les statuts de l'association. Vous les avez tous à votre disposition. Ce sont les statuts classiques d'une association loi 1901. Sauf objection majeure de votre part, je vous propose donc de les adopter. Pas d'objection ? Ils sont adoptés.

Comme toute association, la nôtre sera dotée d'un Conseil d'administration.

Une liste de douze noms vous a été fournie pour la première année, dans laquelle vous trouverez des représentants des trois mondes que j'ai voulu associer. Pour m'assister dans ma tâche, j'ai choisi au poste de vice-président délégué un jeune entreprenaute plein de talent. A moins de trente ans, il a déjà été successivement au service de l'Etat à la Présidence de la République, puis capital-risqueur et désormais entrepreneur : j'ai nommé Xavier Schallebaum, bien connu des acteurs de la nouvelle économie. J'ai également choisi une jeune entrepreneuse, Corinne Ménégaux, dont la société K3Média nous assistera dans l'organisation de nos rencontres.

J'ai enfin demandé à mes collègues et amis Jean François-Poncet, président de la commission des affaires économiques du Sénat et Paul Loridant du groupe républicain, communiste et citoyen de faire partie de ce conseil. S'il n'y a pas d'objection de votre part, je considère que les membres du bureau sont élus. Pas d'objection ? Les membres sont élus.

J'en viens maintenant au financement du club. Comme vous le savez, il sera financé par les cotisations de ses membres, laquelle a été fixée à 500 F par an.

Néanmoins cela ne suffira pas à équilibrer nos comptes et respectueux comme toujours des deniers publics, j'ai décidé à l'instar des autres initiatives que j'ai prises de faire appel à la générosité de membres bienfaiteurs. Je remercie donc IBM et le cabinet Mazards et Guérard de leur aimable soutien. Je voudrais également remercier très chaleureusement nos partenaires media, LCI, BFM et La Tribune qui ont bien voulu nous accompagner dans cette belle aventure, pour relayer les travaux du Club auprès d'un large public.

Permettez moi ici de rendre hommage aux patrons de ces médias et aux grands journalistes qui ont bien voulu apporter leur concours : Jean-Claude Dassier, directeur général de LCI, Gilles Bridier, Directeur délégué à la rédaction de La Tribune et Yves Derai, Directeur de la rédaction de BFM. Merci également à Ruth Elkrieff et à Jean-Marc Sylvestre, dont les clubs qu'ils animent eux-mêmes pourront être de formidables relais à nos travaux.

Précisément, j'en viens à nos modalités de travail.

Ce club ne sera jamais ce que vous aurez décidé d'en faire. Il n'est pas l'affaire des sénateurs mais votre affaire à vous.

Le problème est que les attentes des uns et des autres sont parfois contradictoires. J'ai bien compris que les acteurs avaient, en général, un emploi du temps très chargé qui ne les autorise guère à s'investir dans des travaux de réflexion très poussés. En revanche, les penseurs sont surtout avides de matériaux intellectuels et désireux de dépasser le stade des mondanités. J'ai donc pensé que la meilleure façon d'organiser nos travaux serait de constituer, sur la base du volontariat, des groupes de travail.

Ces groupes privilégieront le travail en réseau et présenteront ensuite le fruit de leur réflexion à l'ensemble du club au cours de dîners-débats qui auront lieu trois à quatre fois par an. C'est une modalité qui je l'espère conviendra à tous, au moins pour la première année et puisqu'il s'agit de brasser les cultures et les horizons je vous propose de faire un pas en direction des sénateurs et de choisir, pendant le dîner-cocktail que je vais ouvrir dans un instant, un thème parmi les dix qui vous sont proposés.

Ce vote aura lieu dans les formes et selon les usages en vigueur au Sénat pour ce que l'on appelle le scrutin uninominal à la tribune, utilisé notamment lors de l'examen de la première partie de la loi de finances. Je vous demanderai donc de déposer, à l'appel de votre nom par les huissiers trois bulletins dans l'urne mise à votre disposition. Les trois thèmes qui arriveront en tête feront l'objet des trois premiers dîners-débats du club, dont le prochain a été fixé au 28 mars.

Je vous remercie de votre attention et vous donne rendez-vous pour notre prochain dîner-débat qui aura lieu le 28 mars prochain. Entre-temps je vous invite à venir nombreux au Sénat le 2 mars, pour célébrer la fête de l'internet.

Le vote est ouvert. Le buffet aussi.


(Source http://www.senat.fr, le 25 janvier 2001)

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