Entretien de M. Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, avec la revue "Midem-News" le 21 janvier 2001, sur l'implication du ministère des affaires étrangères au MIDEM et son action pour aider les professionnels français. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, avec la revue "Midem-News" le 21 janvier 2001, sur l'implication du ministère des affaires étrangères au MIDEM et son action pour aider les professionnels français.

Personnalité, fonction : , , VEDRINE Hubert.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

ti : Q - Pourquoi avez-vous tenu, cette année, à marquer l'implication du ministère des Affaires étrangères au MIDEM ?

R - Je veux souligner concrètement l'importance que j'attache au développement à l'étranger des industries musicales françaises. Elles jouent un rôle très positif dans le renouvellement de l'image de notre pays, notamment auprès des publics jeunes. La France bénéficie aujourd'hui d'une conjonction de facteurs favorables qui en font à nouveau un acteur de premier plan en matière de création et de rayonnement musicaux, avec plus de 12 millions de disques vendus dans le monde. La nouvelle génération des artistes français manifeste une vitalité, une diversité de styles, une curiosité, une envie de conquérir les publics étrangers, qui la distinguent particulièrement ; enfin, les entreprises du secteur, filiales de groupes multinationaux ou éditeurs indépendants, prennent de mieux en mieux en compte l'importance économique de l'exportation (1 milliard de francs de chiffre d'affaires annuel) et se sont organisées pour y réussir. Il est donc naturel que la puissance publique, et en particulier le ministre des Affaires étrangères, joigne ses efforts à ceux des professionnels, et participe activement à leurs côtés à la promotion des artistes et du disque français dans le monde.

J'ai donc décidé, il y a quelques mois, d'augmenter substantiellement notre soutien à l'exportation des industries musicales françaises. En 2000, le ministère des Affaires étrangères y aura consacré directement environ 7,5 MF. A cela s'ajoute l'appui à des diffuseurs comme RFI (dont nous assurons majoritairement le financement) ou MCM qui sont également des vecteurs puissants pour la promotion internationale de la création musicale française.

L'exportation de la production artistique et audiovisuelle française est aujourd'hui l'une de nos priorités, parce qu'elle contribue concrètement à la diversité culturelle à laquelle la France est profondément attachée. C'est donc avec la conviction que la culture sera de plus en plus un enjeu majeur des relations internationales des années à venir que mon ministère sera particulièrement présent cette année aux côtés des professionnels de la musique.

Q - Comment aidez-vous concrètement les professionnels français ?

R - Pour être efficace, l'aide des pouvoirs publics doit être mise en oeuvre en étroite concertation avec la profession. Le ministère des Affaires étrangères dispose d'une direction de l'audiovisuel et de la communication qui s'attache à définir et à mettre en oeuvre notre politique dans le domaine de l'industrie du disque. Elle s'appuie sur des opérateurs qui bénéficient de la confiance des professionnels, artistes et producteurs.

Je citerai tout d'abord l'Association française d'action artistique (AFAA), qui met en oeuvre la politique du ministère dans ce domaine, mais aussi le Bureau Export (et ses antennes à l'étranger) pour les actions concernant le disque, et Francophonie Diffusion, pour l'action en direction des radios étrangères. Nous avons récemment accru notre soutien à ces deux associations, notamment pour renforcer leurs sites Internet, qui sont des outils d'information et de promotion d'une grande efficacité. Enfin n'oublions pas que le ministère dispose d'un réseau mondial sans équivalent : chacune de nos ambassades, et en particulier son poste culturel, peut désormais, en fonction des besoins, constituer un relais pour l'action des professionnels français du disque, en termes de recueil ou de diffusion d'information comme d'appui logistique.

Q - Les artistes français et francophones appuient-ils votre démarche ?

R - J'en suis convaincu. De plus en plus d'artistes développent un volet international dans leur carrière, et je m'en réjouis. Julien Clerc, Paris Combo, ou encore Manu Chao et Rokia Traoré ont pu bénéficier des efforts conjugués de l'AFAA, de l'industrie du disque et du réseau culturel extérieur en Amérique du Nord et en Amérique latine. Ils y ont rencontré de véritables succès, avec des effets durables pour leur carrière dans ces pays. Et je constate avec satisfaction que les synergies entre les opérateurs français professionnels et publics, dont les intérêts convergent, se renforcent et se multiplient, comme le démontre précisément cette journée consacrée à l'exportation des musiques françaises et francophones au MIDEM 2001.

(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 24 janvier 2001)

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