Interview de M. Christian Poncelet, président du Sénat, dans "Le Figaro" du 7 février 2001, sur les stages d'immersion en entreprise, effectués par les sénateurs. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Christian Poncelet, président du Sénat, dans "Le Figaro" du 7 février 2001, sur les stages d'immersion en entreprise, effectués par les sénateurs.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian, MARTIN Jacques-olivier.

FRANCE. Sénat, président;FRANCE. RPR

ti : 1°) Depuis deux ans vous proposez aux sénateurs des stages d'immersion en entreprise. Pourquoi une telle initiative ?

Ce ne sont pas tant les lois qu'il faut changer mais les esprits de ceux qui les font. Il m'est donc apparu qu'il était important de rapprocher le législateur de l'entreprise pour qu'il mesure les espoirs, les soucis, les inquiétudes des entrepreneurs. Nous avons procédé en trois étapes. Ainsi 41 sénateurs sont allés en stage d'immersion de 2 à 3 jours dans des entreprises. En retour, les chefs d'entreprise ont passé une journée avec les sénateurs pour se rendre compte également de la complexité du travail législatif. Le 7 février, nous ferons le point sur cet échange.

2°) Vous avez insisté pour que certains se rendent dans des PME et pas seulement dans les grandes entreprises ?

Les PME représentent 60 % de la richesse nationale. Elles restent le principal vivier de la création d'emplois du pays. Les entrepreneurs sont des personnages clés de notre société et nous avons l'obligation de tout mettre en oeuvre pour les encourager et susciter si possible des vocations.

3°) Certes, mais que proposez-vous ?

Un exemple, face au problème de l'insuffisance des fonds propres des entreprises en création, je suis favorable à la mise en place d'incitations fiscales fortes qui encourageraient les particuliers à investir dans les entreprises.

4°) Quels sont les principaux sujets de préoccupation que vous ont rapportés les sénateurs ?

Les lourdeurs administratives pénalisent les jeunes entreprises. Les 35 heures sont un autre sujet particulièrement épineux pour les petites entreprises. Je ne suis du reste pas le seul à le constater. Des ministres du gouvernement Jospin et même Marc Blondel ont exprimé leurs inquiétudes en cas d'application rigoureuse des 35 heures dans les PME-PMI. Dans un contexte européen, un gouvernement a l'obligation de regarder ce qui se passe chez ses voisins.

5°) Le gouvernement actuel multiplie cependant les initiatives. Jean-Marie Bockel a remis un rapport en vue de simplifier la création d'entreprises...

Un de plus ! C'est le gouvernement des rapports. Sur le fonds, par ailleurs, je constate qu'il n'y a rien de très nouveau depuis les propositions des sénateurs Grignon et Raffarin. Ce gouvernement se limite trop à des effets d'annonce. J'aimerais qu'il parle moins et qu'il agisse plus.

(source http://www.senat.fr, le 12 février 2001)

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