Interview de M. Christian Poncelet, président du Sénat, dans "La République du Centre-Ouest" du 8 février 2001, sur la réforme du statut de l'élu local, la recomposition de la droite, les élections municipales et le cumul des mandats. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Christian Poncelet, président du Sénat, dans "La République du Centre-Ouest" du 8 février 2001, sur la réforme du statut de l'élu local, la recomposition de la droite, les élections municipales et le cumul des mandats.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian, BESSON Bruno.

FRANCE. Sénat, président;FRANCE. RPR

ti : 1) A propos du statut de l'élu, vos propositions et celles de Lionel Jospin sont-elles concurrentes ?

Il existe deux évidences : exercer un mandat local relève d'un véritable sacerdoce. Il est donc légitime d'indemniser dignement ces fonctions.

Autre évidence : les Français ne sont pas égaux en matière d'accès aux fonctions électives. La modernisation du statut de l'élu est devenue, depuis le texte embryonnaire de 1992, une véritable arlésienne : grandes déclarations, promesses... il était temps de passer à l'acte !

Revalorisation des indemnités, protection sociale accrue et organisation d'un retour à l'emploi pour les élus qui sont salariés du secteur privé : telles sont les priorités du nouveau statut voté par le Sénat le 18 janvier dernier.

En faisant à son tour des propositions dans ce domaine, le Premier ministre semble, enfin, s'intéresser à cette question. Nous ne pouvons cependant pas nous contenter d'une énième série de promesses.

Si le Gouvernement est sincère dans cette affaire, je ne doute pas qu'il favorisera le vote, à l'Assemblée nationale, par sa majorité, du texte émanant du Sénat.

2) Que pensez-vous d'un parti rassemblant une droite recomposée comme le suggère Juppé ?

La pluralité des sensibilités et des approches devrait être un atout considérable pour la droite. Or, elle apparaît, aujourd'hui, au contraire, comme son talon d'Achille. Préparer l'alternance en travaillant ensemble, telle est la philosophie des présidents des groupes parlementaires de l'opposition nationale au Parlement.

Ils ont mis en place les ateliers de l'alternance qui ont, d'ores et déjà, permis de faire des propositions communes et concrètes sur plusieurs grands sujets de préoccupation des Français : la justice, les retraites et la sécurité.

L'idée d'un parti rassemblant l'ensemble de la droite est séduisante car elle incarne le désir d'union de nos électeurs. Les initiatives d'Edouard Balladur, d'Alain Juppé et de Nicolas Sarkozy vont dans le bon sens.

Mais, la fusion des partis de droite me paraît cependant une hypothèse peu vraisemblable, dans l'immédiat. Il serait beaucoup plus opérationnel d'organiser une véritable confédération de l'ensemble de la droite parlementaire dans le respect des diversités.

3) On parle beaucoup du " malaise des maires " mais beaucoup d'entre eux semblent finalement prêts à repartir pour un nouveau mandat. Qu'en pensez-vous ?

Je serais particulièrement satisfait de voir que la véritable hémorragie des vocations, qui semblait menacer notre démocratie locale, il y a quelques mois, ne se vérifie pas. J'y verrais, pour ma part, le résultat de l'action du Sénat en direction des élus locaux, qu'il s'agisse de la réforme de la responsabilité pénale ou de sa volonté de promouvoir un véritable statut.

En tout état de cause, je me félicite de voir qu'un récent sondage indique que trois électeurs sur quatre se disent concernés par les élections municipales. C'est la confirmation de l'attachement croissant des Français pour la démocratie locale qui constitue l'avenir de la politique au sens noble du terme.

4) Quel est votre point de vue sur le cumul des mandats de maire et parlementaire, comme c'est, par exemple, votre cas ou encore celui de Serge Vinçon (maire, conseiller général et sénateur) qui devra choisir après les prochaines échéances ?

Le débat sur le cumul des mandats a été, disons-le, un véritable " bal des hypocrites " . Engagé dans un esprit idéologique et avec un incontestable zeste de démagogie, le projet du Gouvernement d'interdire tout cumul des mandats aurait été très mauvais pour notre démocratie. Interdire totalement le cumul aboutirait à couper complètement les parlementaires des réalités et des préoccupations quotidiennes des Français auxquelles expose l'exercice d'un mandat local.

C'est pour éviter la fabrication de " législateurs en chambre " que le Sénat, qui est favorable à une limitation équilibrée et raisonnable du cumul des mandats, a souhaité permettre à un parlementaire d'exercer une fonction exécutive locale et une seule !

A l'évidence, un très grand nombre de députés-maires ou de sénateurs-maires de gauche se sont félicités, en silence, du succès de cette position. J'attends d'ailleurs avec impatience de voir ce que feront tous les ministres du Gouvernement qui sont actuellement candidats aux élections municipales...

5) Quelle est la raison de votre visite dans le Cher : est-ce pour soutenir deux sénateurs RPR qui pourraient être en difficulté lors des élections municipales/cantonales ?

Comme vous le savez, je poursuis mon " tour de France des élus locaux " qui m'a d'ores et déjà conduit à me rendre devant les maires de près de soixante départements.

C'est donc une règle de courtoisie républicaine que de rendre visite au maire de la commune chef-lieu du département et de rencontrer les maires du Cher dans la commune du président de l'Association des maires.


(source http://www.senat.fr, le 12 février 2001)

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