Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur le réseau de télécommunications de boucle locale radio, le développement de la concurrence dans cette nouvelle technologie, la complémentarité avec d'autres technologies (ADSL, UMTS, câble ou satellite), sur le soutien gouvernemental à la fourniture de services à haut débit à l'ensemble des utilisateurs et sur l'ensemble du territoire, Paris, le 25 janvier 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur le réseau de télécommunications de boucle locale radio, le développement de la concurrence dans cette nouvelle technologie, la complémentarité avec d'autres technologies (ADSL, UMTS, câble ou satellite), sur le soutien gouvernemental à la fourniture de services à haut débit à l'ensemble des utilisateurs et sur l'ensemble du territoire, Paris, le 25 janvier 2001.

Personnalité, fonction : PIERRET Christian.

FRANCE. SE à l'industrie

Circonstances : Inauguration du réseau de boucle locale radio de Firsmark à Paris, le 25 janvier 2001

ti : Messieurs les Présidents (S. Tchuruk, F. Jaclot, M. Clément)
Monsieur le Député-Maire (JM Ayrault),
Monsieur le Président de l'ART,
Monsieur le Directeur Général de (Thierry Miléo)
Monsieur le Président de la CGPME,
Mesdames et Messieurs,


Je suis heureux d'être parmi vous aujourd'hui pour l'inauguration du réseau de télécommunications de Boucle Locale Radio de l'opérateur Firstmark. Je tiens à remercier Messieurs François Jaclot et Thierry Miléo de leur aimable invitation. Je tiens également à me féliciter d'une part du partenariat étroit entre Alcatel et Firstmark qui consacre l'alliance entre une entreprise française, leader dans les technologies d'accès haut-débit, et une entreprise franco-américaine qui possède la plus grande expérience dans la boucle locale radio, et d'autre part du partenariat de Firstmark avec le groupe franco-canadien Nortel.

Les intervenants précédents ont présenté mieux que je ne saurais le faire les possibilités techniques de la Boucle Locale Radio et les nouveaux services qu'elle permettra d'offrir aux entreprises comme aux particuliers. Aussi je me contenterais de développer deux points qui sont particulièrement important aux yeux du gouvernement et auquel cette nouvelle technologie contribue de façon majeure. Il s'agit du développement de la concurrence dans la boucle locale et la fourniture de services haut débit.

Le marché des télécommunications français est totalement ouvert à la concurrence depuis maintenant 3 ans. Les bienfaits économiques de cette libéralisation se sont déjà largement fait sentir aussi bien chez les particuliers que chez les entreprises, tant sur l'aspect tarifaire que dans l'innovation en terme de services. Il faut néanmoins reconnaître qu'en ce qui concerne le boucle locale, ce fameux dernier kilomètre permettant d'atteindre l'abonné, la concurrence est restée principalement cantonné aux villes importantes et aux grandes entreprises. Cette situation ne pouvait pas durer sans restreindre indûment la compétitivité globale de notre économie.

J'ai donc observé avec attention l'arrivée à maturité des technologies radios haut-débit pour lancer en décembre 1999 les appels à candidatures Boucle Locale Radio sur proposition de l'Autorité de Régulation des Télécommunications. L'objectif de cet appel à candidatures était bien d'étendre le champ de la concurrence à la fois en terme de marché concerné (les PME-PMI, les professionnels, les particuliers et non plus seulement les grandes entreprises) mais aussi en terme de couverture géographique. Cet objectif a été, je crois, tout à fait intégré par Firstmark qui s'est engagée à couvrir, dans les 4 ans qui viennent, la quasi-totalité des villes de plus de 40 000 habitants (146 villes au total). L'apparition de la concurrence sera manifeste puisqu'en tout point du territoire, outre Firstmark, trois autres opérateurs de Boucle Locale Radio seront présents. Cette saine compétition devrait se traduire très concrètement par des baisses de prix : nous espérons 25% de baisse dès le déploiement de cette technologie et 10% par an dans les 5 prochaines années.
En tant que ministre chargé de l'industrie, je me satisfait que la BLR permettra d'offrir des services qui amélioreront la compétitivité des PME/PMI. Elles constituent en effet une large partie du tissu économique et industriel français et à ce titre, le plus grand potentiel de croissance et d'emploi, il était donc crucial qu'elles bénéficient à leur tour des gains de compétitivité que permet la libéralisation du secteur des télécommunications.

Enfin, j'ai toujours considéré que l'établissement d'une concurrence durable à moyen terme ne pouvait se faire sans investissement dans des réseaux alternatifs, c'est aujourd'hui chose faite dans les réseaux nationaux longue distance, ce le sera dès cette année dans les réseaux d'accès grâce à la boucle locale radio.

Le deuxième objectif du gouvernement lors de l'appel à candidatures Boucle Locale Radio était d'encourager le développement de la société de l'information grâce à un large déploiement d'infrastructures fournissant des services à très haut débit.

Plus que de " nouvelle économie " ou de " Net-économie ", je préfère parler de société de la connaissance et du savoir. Nous sommes au c¿ur de la troisième révolution industrielle qui transforme l'organisation du travail, bouleverse notre quotidien, et redistribue les cartes industrielles. Nous venons de voir une démonstration de visioconférence qui est un exemple des plus marquants des nouveaux services de la société de l'information. D'un point de vue économique, ces nouveaux services comme le commerce électronique, l'accès rapide à une source illimité d'information (texte, images, sons, vidéo) permettront d'améliorer la compétitivité des entreprises mais aussi des services publics. De ce fait, il est de la responsabilité du gouvernement de tout mettre en ¿uvre pour favoriser l'appropriation rapide de ces services par l'ensemble des acteurs économiques
.
Le Gouvernement croit fermement au développement des services à haut débit, et, dans un contexte moins exubérant et plus réaliste des marchés financiers sur le secteur des télécommunications, je voudrais en profiter pour rassurer les opérateurs qui investissent et les établissements qui les financent. Il y a aujourd'hui une vraie demande pour les services à haut débit en France. Cette demande provient des entreprises, petites et grandes, des particuliers mais également des administrations qui s'équipent et veulent des services à haut débit de qualité à des tarifs compétitifs. Les services de l'Etat sont en marche vers l'administration numérique.

Pour y parvenir, les opérateurs de télécommunications doivent déployer des réseaux qui vont jusqu'aux abonnés. Les opérateurs de Boucle Locale ont donc un rôle essentiel puisque c'est là aujourd'hui que se trouve le " maillon faible " en terme de débit disponible dans la chaîne d'acteurs de la société de l'information. La Boucle Locale Radio constitue une réponse à ce besoin de débit dans la boucle locale pour assurer de nouveaux services. Ce n'est bien entendu pas la seule et le gouvernement mise sur la complémentarité de nombreuses technologies (BLR, ADSL, UMTS, Câble ou Satellite) pour assurer la fourniture de haut-débit à l'ensemble des utilisateurs et sur l'ensemble du territoire.

J'en profite pour évoquer rapidement l'UMTS, projet pour lequel le Gouvernement est en phase avec l'ART dans la préparation de l'avènement de cette technologie. Sur ce dossier, les objectifs du Gouvernement ne changeront pas :

- mettre l'UMTS, c'est à dire l'internet mobile, à disposition du plus grand nombre, particuliers, entreprises, collectivités ; veiller à l'équilibre territorial de sa diffusion ;
- ne pas brader le patrimoine public que constitue le spectre hertzien et proposer un juste prix, équilibré, de l'utilisation de cette ressource rare ;
- favoriser le développement de l'industrie des télécommunications et des technologies de l'information présente en France.
Le groupe " Suez-Lyonnaise des Eaux " a annoncé hier qu'il renonçait à déposer un dossier de candidature avant la date du 31 janvier. Il n'y a rien de plus à dire à ce stade, sinon pour souligner les évolutions exubérantes dans les deux sens de ces derniers mois sur les marchés.

Comme je l'avais fait remarquer fin 99 au Sénat, l'emballement des marchés sur la valorisation de l'abonné mobile ne correspondait pas à une réalité économique. Aujourd'hui, le même abonné vaut le tiers de la valeur de l'époque. Par ailleurs, les équipementiers du secteur qui avaient demandé une décision européenne rapide sur l'UMTS en 1998, nous disent aujourd'hui que les terminaux UMTS ne seront disponibles qu'en 2003.

De même, selon une étude publiée récemment par FORRESTER, l'évaluation du coût de déploiement d'un réseau UMTS en France est passée de 5 à 8 milliards d'euros.

Enfin, chacun sait que l'environnement bancaire des opérateurs de télécommunications ne porte plus d'appréciation aussi favorable sur leurs perspectives que ce qu'elle était il y a encore six mois.
Dans ces conditions, et en fonction de la spécificité d'un groupe qui n'était pas présent dans les télécoms mobiles, le Président de Suez-Lyonnaise, M. Mestrallet, a pu affirmer : " je ne dis pas que ce marché n'est viable pour personne, je dis qu'il n'est pas viable pour nous à ces conditions ". Selon moi, la vraie philosophie de la question est qu'un opérateur entrant sans abonné a nécessairement plus de difficultés pour pénétrer ce secteur dont le potentiel de création de valeur n'est pas encore complètement cerné.

La prochaine étape est le 31 janvier avec la remise des candidatures à l'ART. Nous aviserons à cette date, en fonction des candidatures enregistrées, je dis bien des candidatures.

Rendre les nouveaux services à haut débit accessibles à tous, c'est le défi auquel nous devrons répondre tous ensemble dans les prochaines années. En effet, si aujourd'hui le secteur des technologies de l'information et de la communication contribue directement pour plus de 20% de la croissance de l'économie, c'est dans la diffusion de ces technologies dans le reste de l'économie que nous pourrons trouver les relais qui permettront d'assurer la poursuite de cette croissance économique.

Mesdames et Messieurs, la France est sans doute entrée dans sa meilleure séquence économique des trente dernières années. L'objectif du gouvernement est de mettre en place une stratégie de développement économique qui inscrive dans la durée ce cycle de croissance solide. Ce cycle devra être basé sur une concurrence saine et durable qui favorise simultanément l'innovation technologique et le développement d'offres de services innovants. Le réseau de télécommunications de Boucle Locale Radio de Firstmark est une réponse particulièrement bien adaptée aux défis qui nous attendent dans les prochaines années. La spirale de succès (1er opérateur à l'issue du processus de sélection mené par l'ART, 1er opérateur à ouvrir son réseau) qui anime votre entreprise et vos salariés me rend particulièrement confiant quant à l'avenir.

(Source http://www.industrie.gouv.fr, le 29 janvier 2001)


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