Déclaration de M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche, sur l'accord de coopération scientifique entre la France et l'Espagne, Madrid le 5 février 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche, sur l'accord de coopération scientifique entre la France et l'Espagne, Madrid le 5 février 2001.

Personnalité, fonction : SCHWARTZENBERG Roger-gerard.

FRANCE. Ministre de la recherche

Circonstances : Signature de la déclaration commune franco-espagnole concernant le domaine des très grands équipements scientifiques à Madrid le 5 février 2001

ti : C' est votre grand Miguel de Cervantes, je crois, qui disait : " Soyez brefs, car les discours qui n'en finissent pas, ne plaisent pas ".

Je le serais donc, mais, pour me réjouir d'être ici, à Madrid, à l'invitation de ma collègue et amie, Mme Anna Maria BIRULES, afin de signer notre déclaration commune concernant le domaine des très grands équipements scientifiques.

Je la crois importante et exemplaire pour plusieurs raisons :

Premièrement, elle répond à une conviction que la Présidence française de l'Union m'a permis d'exprimer à plusieurs reprises et, notamment, lors de la Conférence sur les grandes infrastructures de recherche européenne qui s'est tenue à Strasbourg, en septembre dernier.

Je crois, en effet, que les grandes infrastructures de recherche, comme les synchrotrons, ne peuvent être l'objet d'une approche purement et strictement nationale. Au moins pour deux raisons.

La première est l'opportunité qu'offrent ces installations de faire travailler, ensemble ou côte à côte, des chercheurs de nos deux pays.

Les grands instruments sont des lieux de convivialité scientifique où les chercheurs de différents pays, appartenant souvent à des disciplines diverses, prennent l'habitude de se côtoyer, de vivre ensemble, de chercher ensemble ; supports d'échanges intellectuels et de confrontation enrichissante des connaissances et des méthodes, ils périment heureusement l'adage pascalien " Vérite en-deçà des Pyrénées, erreur au-delà ".

La deuxième raison est la nécessité, souvent, de faire face au coût élevé de ces équipements, coût qui peut être plus facilement supporté par l'effort conjoint de plusieurs Etats agissant en partenariat comme nous l'envisageons aujourd'hui.

Notre accord est exemplaire de notre volonté partagée de bâtir un espace européen de la recherche qui soit solidaire - SOLEIL est ouvert à d'autres partenariats au sein de l'Europe de la recherche, et ouvert au reste du monde.

Notre accord est, enfin, exemplaire de notre souhait commun de renforcer la coopération scientifique et technologique entre nos deux pays.

Déjà, de très nombreux accords lient les universités et les organismes de recherche espagnols à leurs homologues français et la mobilité de nos chercheurs- qui est aussi l'une de nos priorités communes- va grandissante à travers les Pyrénées¿ ou au-dessus.

Mais je suis convaincu que cet accord qui s'inscrit dans la suite logique de la très active participation des équipes espagnoles aux succès du Lure, donnera un nouvel élan et une plus grande visibilité à ces échanges fructueux.

La " déclaration commune concernant la coopération franco-espagnole dans le domaine de très grands équipements scientifiques " que nous signons aujourd'hui repose sur " la volonté de consolider la position européenne au sein de la recherche mondiale " et sur " la coopération scientifique et technologique établie depuis de nombreuses années entre l'Espagne et la France pour l'exploitation de TGE scientifiques ".

La Ministre espagnole confirme l'initiative de son pays de " participer à la construction et à l'exploitation du synchrotron de 3ème génération qui sera prochainement réalisé en France. " " La France s'engage à transférer la ligne franco-espagnole de l'installation du LURE au nouveau synchrotron. "

Le ministre français exprime " l'intention de son pays de participer à la construction et à l'exploitation d'une grande installation scientifique promue par l'Espagne ".

" A cet effet, ils décident de mettre en place un groupe de contact scientifique dans le domaine des TGE, qui étudiera l'intérêt conjoint de l'Espagne et de la France à participer à une autre installation, notamment dans les domaines scientifiques suivants : océanographie ; astronomie, matière condensée, physique des particules, réseaux de calcul de grande vitesse, synchrotrons, biotechnologies. "

La recherche est la " nouvelle frontière " de l'Europe. Pour que la recherche européenne puisse pleinement s'épanouir, à parité de succès avec les autres pôles mondiaux de recherche, en particulier avec les Etats-Unis, il faut une forte dimension de coopération européenne.

C'est dans cette perspective de progresser et réussir ensemble, d'unir l'Europe en rassemblant ses chercheurs, que nous signons, ce matin, cette déclaration commune.


(Source http://www.recherche.gouv.fr, le 7 février 2001)

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