Tribune de M. Hervé de Charette, président délégué de l'UDF et ancien ministre des affaires étrangères, dans "Démocratie info" du 20 février 2001, sur l'élection d'Ariel Sharon comme Premier ministre d'Israël. | vie-publique.fr | Discours publics

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Tribune de M. Hervé de Charette, président délégué de l'UDF et ancien ministre des affaires étrangères, dans "Démocratie info" du 20 février 2001, sur l'élection d'Ariel Sharon comme Premier ministre d'Israël.

Personnalité, fonction : CHARETTE HERVE De.

FRANCE. PPDF, président;FRANCE. UDF, président délégué;FRANCE. Ancien ministre des affaires étrangères

ti : Son score est sans appel et pourtant le vainqueur inquiète. Surprenant paradoxe que le choix démocratique des Israéliens qui propulsent à la tête de l'Etat un homme d'un autre temps. Baroudeur revenu de loin, Ariel Sharon s'impose d'abord comme un personnage controversé en raison de ses faits d'armes, de ses prises de position radicales et de ses provocations. Alors qu'il avait été élu en 1999 sur l'envie de ses compatriotes de conclure une paix avec les Palestiniens à laquelle son prédéces-seur n'était pas parvenu, Ehud Barak a perdu aujourd'hui pour la même raison. Les Israéliens se sont sentis trahis. Pire, sa vision des relations israélo-arabes pour faire avancer les négociations et ses décisions contradictoires, faites de concessions inédites et d'entorses aux accords passés, ont fait germer l'inquiétude, la peur et le désarroi. Le processus de paix qui, depuis 1993, avançait toujours et n'aboutissait jamais, a vécu. Pour aborder la période nouvelle, il faudra savoir résoudre trois pro-blèmes qui demeurent.

Ces élections révèlent l'état de crise dans lequel se trouve une société israélienne, profondément divisée, en but au doute. L'éclatement des forces politiques au sein de la Knesset rend ce pays ingouvernable. De ce point de vue, le thème d'unité nationale repris par Ariel Sharon durant sa campagne doit être apprécié comme un élément déterminant de sa victoire. Le nouveau Premier ministre devra s'attacher à mettre en oeuvre ses promesses en trouvant les moyens de s'appuyer sur une majorité claire. La deuxième question concerne l'attitude des Palestiniens et leur capacité à accepter de grandes décisions qui engagent l'avenir sur une voie nouvelle. Enfin, les Etats-Unis ne peuvent plus demeurer le seul médiateur du conflit israélo-arabe. Si l'Europe continue à être absente de cette région du monde, on aboutira au même résultat.

Une nouvelle page de l'histoire tourmentée du Proche-Orient est désormais ouverte. Malgré le sentiment de perplexité qui domine à son sujet, il ne peut y avoir d'autre but pour Ariel Sharon que la recherche de la paix. Au regard de l'histoire, ce ne serait
pas la première fois que le résultat escompté viendrait de quelqu'un que l'on n'at-tendait pas.

Hervé de Charette
Ancien ministre des Affaires
étrangères, président délégué
de l'UDF

(Source http://www.udf.org, le 14 mars 2001).

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