Déclaration de M. Michel Duffour, secrétaire d'Etat au patrimoine et à la décentralisation culturelle, sur la bande dessinée, Angoulême le 25 janvier 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Michel Duffour, secrétaire d'Etat au patrimoine et à la décentralisation culturelle, sur la bande dessinée, Angoulême le 25 janvier 2001.

Personnalité, fonction : DUFFOUR Michel.

FRANCE. SE au patrimoine et à la décentralisation culturelle

Circonstances : 28ème Festival de la bande dessinée d'Angoulême du 25 au 28 janvier 2001

ti : Monsieur l'Ambassadeur,
Madame le Préfet,
Monsieur le Député,
Monsieur le Président du Conseil Général,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Directeur régional des Affaires culturelles,
Madame la Présidente du Festival,
Chère Florence Cestac,
Mesdames, Messieurs,

C'est évidemment un grand plaisir pour moi d'ouvrir, avec vous, cette 28e édition du Festival de la Bande Dessinée d'Angoulême. D'autant que si l'art de la BD est, par essence, celui de l'ellipse, tout orateur sensé doit s'interdire à Angoulême longueur, didactisme, linéarité.

Surtout, il est toujours agréable d'intervenir à l'occasion d'une manifestation qui rassemble professionnels et amateurs d'un domaine artistique en pleine expansion. Et c'est bien le cas en matière de Bande Dessinée ! Toutes les enquêtes nous l'indiquent : 28 millions d'albums vendus l'an dernier... Une augmentation de plus de 22% des nouveautés et nouvelles éditions publiées, alors que la moyenne de croissance pour l'ensemble de l'édition française ne dépasse pas 2%...

Tant sur la production que sur les ventes: le " 9e Art " affiche une excellente santé ... Une " insolente " santé, ai-je même lu dans la presse... Mais je ne crois pas que la croissance soit jamais insolente. Elle témoigne simplement d'un dynamisme qu'ici même, à Angoulême, je ne peux que constater.

Je pense au dynamisme de la création bien sûr, qui ne saurait s'exprimer sans une reconnaissance de la place des auteurs dans notre société, et sans accompagnement des jeunes talents au travers de cycles de formation adaptés.

Mais je pense également au dynamisme de la production et de l'édition, dans un monde où les supports de diffusion culturelle se développent à une vitesse incroyable, et où l'essor des nouvelles technologies permet d'accomplir des progrès inimaginables jusqu'alors, tout en soulevant de nombreuses questions pour que ces progrès soient réellement partagés.

Je pense encore au dynamisme des publics, fidèles à ce rendez-vous désormais incontournable d'Angoulême, et qui montrent, tout au long de l'année, un vif intérêt pour une discipline artistique qui, si elle est depuis longtemps reconnue, ne saurait passer pour un art du conformisme, de " l'établissement " et de la certitude.

C'est cette impertinence de l'interdisciplinarité, cet enthousiasme créatif, cette capacité de remise en question permanente, cette soif d'art et de culture qu'à travers mes activités, et notamment mes déplacements dans le pays, j'ai chaque jour l'occasion de constater, et que je retrouve, ici, avec un plaisir que je ne peux taire.

Ce Festival international est en effet un festival très chaleureux, un lieu de confrontation de la diversité de la création mondiale en matière de Bande Dessinée, mais également une véritable pépinière de talents dont le CNBDI et la Cité de l'Image donnent toute la mesure. Soyez-en tous félicités...

Et si vous me le permettez, c'est vers Florence Cestac que je voudrais maintenant me tourner pour vous dire, Madame la Présidente, toute l'admiration que votre travail force. Je ne décrirai pas ce que la rétrospective de votre ¿uvre expose de bien meilleure manière que je ne saurais le faire.

Mais je veux saluer l'artiste et, en lecteur, vous dire combien j'apprécie votre trait et votre chaleureux esprit.

Je ne doute pas que l'humour et l'énergie qui se dégage de vos albums, vous saurez les communiquer au jury des prix " Alph-Art " que vous avez souhaité essentiellement constituer de femmes, en établissant une disparité inversée qui a le mérite de rattraper le retard pris en terme de représentation des femmes dans un monde qui comporte pourtant autant de lectrices que d'héroïnes.

En cette première année d'un nouveau siècle et d'un nouveau millénaire, je tiens en effet particulièrement à saluer le fait que le président d'un de nos Festivals les plus renommé est une Présidente, et à vous remercier d'assumer cette fonction avec l'enthousiasme et le sérieux que chacun, ici, connaît.

Merci, enfin, pour cette généreuse initiative de dons d'albums aux enfants malades dont vous avez eu l'idée et qui permettra, dès ce soir, à des dizaines d'enfants hospitalisés à Angoulême, mais également en région parisienne, de s'évader de leurs grands lits, au travers de la lecture de ce qui constituent à mes yeux de véritables ouvrages d'art populaires.

(source http://www.culture.gouv.fr, le 26 janvier 2001)

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