Déclaration de M. Jean-Marie Le Pen, président du Front national, sur les rapports entre politique et médias et le danger que le pouvoir des médias fait courir à la démocratie, Paris, le 16 novembre 2000. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Jean-Marie Le Pen, président du Front national, sur les rapports entre politique et médias et le danger que le pouvoir des médias fait courir à la démocratie, Paris, le 16 novembre 2000.

Personnalité, fonction : LE PEN Jean-Marie.

FRANCE. Front national pour l'unité française, président

Circonstances : Conférence du Conseil scientifique du Front national sur le thème : médias et démocratie, à Paris, le 16 novembre 2000

ti : Mesdames et Messieurs,


Permettez-moi tout d'abord de féliciter les intervenants pour la qualité de leur travaux, qui témoignent de la vigueur doctrinale retrouvée du Front National.
Permettez-moi également de remercier Hugues Petit, Président du Conseil Scientifique, qui a pris l'initiative d'organiser cette manifestation.
Permettez-moi enfin de remercier l'auditoire pour sa participation à cette journée studieuse.

Traiter des relations de la démocratie et des média suppose tout d'abord de définir l'acception de ces deux termes.

En grec ancien, la démocratie désigne le pouvoir du peuple. C'est le régime politique qui en dernière instance, confère tout pouvoir de décision au peuple. Cette liberté de choix s'applique dans le vote des représentants, et aussi dans le suffrage direct sur les grandes questions de société. La démocratie désigne un donc régime de liberté collective.

Les média sont les outils par lesquels on informe la société. Le son est un média, par le biais de la parole et de l'émission d'émotions. L'écrit est un média, qui fait jouer l'intelligence et la réflexion, au travers des essais ou des romans. L'image est un média, qu'elle soit statique sur une photographie, ou animée à la télévision ou au cinéma.

Les techniques modernes de communication permettent souvent de faire jouer par un même canal, le son et l'image, ou l'écrit et l'image.

Le rapport entre la démocratie et les média est donc évident par lui même. L'information des citoyens conditionne leur choix.

Au plan historique, sociologique et politique, les média se sont affirmés d'abord comme un contre pouvoir. En devenant ensuite un véritable pouvoir, ils ont concurrencé les institutions établies et ont annexé une partie de la souveraineté populaire. C'était déjà dangereux ( I ). Mais en fusionnant avec la classe politique traditionnelle, les média ont participé à la création d'une oligarchie dominante qui met à mal le pluralisme de l'information ( II ).

I- L'existence d'un pouvoir médiatique affranchi de tout contrôle menace tout d'abord la souveraineté populaire

A) En théorie cependant, la liberté de communication des informations et des opinions est un principe essentiel de la démocratie

Les spécialistes de science politique considèrent que le pluralisme politique est la condition essentielle de la démocratie. Celui -ci se décline en pluralisme partisan et en pluralisme des opinions, lesquels supposent le pluralisme de l'information. En effet, le principe de libre choix des électeurs dans le vote n'a aucun sens s'ils ne sont pas correctement informés des enjeux du débat politique.

C'est d'ailleurs pour prohiber la censure - que Louis XVI avait déjà abolie - que l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen a été voté en 1789: "La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi."

Incontestablement, la liberté de communication des idées et des opinions est une condition sine qua non du jeu démocratique. En théorie en effet, elle permet à la fois le recul du mensonge d'Etat, la participation des citoyens à la vie publique, et l'émergence d'un contre-pouvoir utile.

1) Le recul du mensonge d'Etat

La circulation planétaire de l'information, et les comparaisons qu'elle permet, rend impossible, à terme, le maintien de systèmes de mensonge absolu, tels que le communisme soviétique. Même si un gouvernement trompeur tient en laisse les media nationaux, il ne peut empêcher que par mille autres canaux, les gens ne comparent leur situation à celle de leurs voisins. Et la circulation de l'information provoque alors le réveil brutal des peuples emprisonnés.

2) La libre communication des nouvelles et des opinions permet de donner non seulement au peuple la maîtrise de son destin, mais aussi le pouvoir ultime de décision

Augustin Cochin, l'historien qui a le mieux analysé l'action des sociétés de pensée dans la marche de la Révolution française, a bien montré que les bouleversements les plus violents ne résultaient pas de la volonté du peuple, mais, au contraire, survenaient en l'absence totale d'information de la population, qui, autrement, s'y serait opposée. Le roi a été condamné et exécuté sans que la France profonde ne s'en rende compte. La nouvelle n'a été connue au fond de la Vendée que quinze jours plus tard.

Or, dans une société moderne et médiatisée, de telles situations ne peuvent plus se produire, ou plus difficilement. Les nouvelles circulent plus vite, et les journaux, même s'ils sont socialistes, ne peuvent faire autrement que de parler d'un projet aussi important que, par exemple, la suppression de l'école libre. De ce fait, tout le monde est au courant, et chacun peut réagir selon ses convictions. L'arbitraire d'Etat ou le "coup de force légal" sont donc en principe beaucoup plus difficiles dans une société d'information moderne.

3) La liberté de diffusion de l'information devrait donc permettre l'établissement d'un contre-pouvoir utile

Dans un système politique véritablement démocratique, la presse favorise la bonne gestion de l'information par les citoyens. Chaque media, pris en particulier, peut être biaisé ou mal informé. Mais, du concert d'ensemble, il ressort une symphonie relativement équilibrée, où toutes les opinion, tous les points de vue ont leur place. L'équilibre du produit médiatique final n'existe donc pas dans un seul media, mais il résulte de leur conjugaison d'ensemble.

Un réel pluralisme de l'information est donc une condition et un support de la démocratie.

B) Pourtant, l'époque contemporaine est marquée par le dévoiement du contre-pouvoir médiatique

Au travers de son rôle théorique, la presse a tendance à s'imaginer qu'elle n'appartient pas à la réalité économique et sociale commune, mais qu'elle est une institution d'essence différente, obéissant à des lois supérieures. Elle pense représenter toute la démocratie, à elle seule, alors qu'elle n'en constitue qu'un des rouages.

Loin de se cantonner à leur rôle de garde fous, à leur mission de préservation du pluralisme, les différents média se sont dès lors érigés en véritable pouvoir. L'ensemble des acteurs du monde médiatique se sont en effet affirmés comme un groupe conscient de lui même et solidaire, lequel a auto-définit son propre rôle politique pour s'affirmer comme un pouvoir à part entière.

1) Tout d'abord, la constitution objective d'une classe médiatique est née de solidarités culturelles, d'une vision du monde homogène, et de la défense d'intérêts catégoriels identiques

Bien sûr, ce qui divise le monde médiatique pouvait l'emporter sur les éléments d'unité. Quoi de commun, en somme, entre un journaliste de la presse écrite et un chansonnier ?

Le premier point commun, ce sont les origines familiales des membres de la gens médiatique. Dans Splendeurs et misères des journalistes, Yves Roucaute étudie les parents des grands journalistes français, et les compare avec la population française de l'époque, c'est-à-dire des années cinquante. Dans les années cinquante, l'immense majorité des Français est attachée aux valeurs traditionnelles et se reconnaît comme catholique, pratiquant régulier ou non. Les familles dont est issue la haute classe médiatique se distingue tout à fait de cette tendance générale, dans la mesure où 50 % d'entre eux ont des origines religieuses et culturelles minoritaires, agnostiques, athées, israélites ou protestantes.
Et il y a là, sans doute, une première cause de décalage par rapport à l'ensemble de la population. Le paradoxe, c'est que ces hommes et ces femmes issus de positions structurellement minoritaires dans la société traditionnelle, vont se retrouver en position dominante après les années 60.

Le deuxième aspect à prendre en compte est celui des formations professionnelles. Le Centre de Formation des Journalistes et l'Ecole Supérieure de Journalisme fonde le sentiment d'appartenance à une même filière de formation. La conscience purement professionnelle d'appartenir en commun aux " métiers de la communication " avec le grand public contribue donc également à l'auto-identification de la classe médiatique.

En outre, les messages idéologiques principaux reçus par cette classe médiatique la prédispose à valoriser un certain modèle social. La fascination des journalistes pour le modèle médiatique américain n'est évidemment pas neutre. Pendant la guerre du Golfe, les médias français vivaient à l'heure de C.N.N. C'est dire l'influence des média américain sur les média français, et c'est aussi l'influence des valeurs d'une société multi - culturelle et multi - raciales.

Enfin, la solidarité médiatique est également négative: elle s'exerce essentiellement à l'encontre des autres activités et fonctions sociales, pour préserver des droits et des privilèges, comme lorsqu'il s'agit de faire front contre les tentatives de fixer de nouvelles règles de déontologie professionnelle ou de nouvelles dispositions fiscales.

A bien des égards, la "classe médiatique" obéit à un mode d'organisation typiquement féodal, fondé sur un entrelacs de réseaux et de clans qui se fédèrent pour résister à des menaces externes, émanant en particulier du corps social ou de la fonction souveraine.

2) Protégée par l'apparence de sa mission démocratique, consciente de son unité fondamentale, en relation permanente avec le grand public, la classe médiatique est dès lors devenue un groupe puissant, capable de contrôler et d'influer sur le débat politique

Les media ne constituent pas un pouvoir constitutionnel, mais un pouvoir de fait, qui s'est lové dans les libertés constitutionnelles.

D'un point de vue politique, ce "quatrième pouvoir", selon l'expression du grand philosophe anglais Edmund Burke, tient un poste-clé : celui de de gate - keeper, c'est à dire de "portier". En triant les informations, il commande l'entrée dans l'espace du débat public, donc de la conscience publique. Si l'homme politique n'a pas son "ticket d'entrée", il reste hors de cet espace et a d'avantage de mal à exister.
En clair, cela revient à dire que les media ont les moyens, par simple effet de triage, de mettre en valeur telle ou telle formule politique. Paul Noack, professeur à l'université de Munich, va jusqu'à dire que "ce sont aujourd'hui les media qui déterminent la politique convenant à telle ou telle catégorie d'hommes. Nous sommes tous les consommateurs d'une réalité de deuxième main, donc aussi d'une réalité politique dérivée."

C) C'est ainsi que s'opère progressivement la substitution du pouvoir médiatique à la souveraineté populaire

1) L'acquisition du pouvoir politique dépend en effet largement du système médiatique.

Cette dépendance est fonctionnelle, puisque le système politique est concentré autour de quelques grandes figures, généralement candidats aux élections présidentielles. La politique fonctionne un peu selon le principe du star system, un peu comme dans le cinéma, dans le sport ou dans un certain nombre d'activités à dimension spectaculaire. Pour devenir une star, il faut être invité par les media. Et pour cela, il faut évidemment accepter de jouer le jeu d'un certain conformisme médiatique, parce que, si vous commencez à dire des choses que les responsables de la télévision ne veulent pas entendre, vous serez peut-être invité une fois, mais pas une deuxième.

Donc, vous êtes tenu à un certain conformisme, ou alors vous pouvez prendre le risque de tenir des propos iconoclastes et, dans ce cas-là, vous prenez le risque d'être diabolisé, ce qui vous permet de devenir une star, mais avec un certain nombre d'inconvénients.

Pour être médiatisé, il faut donc rendre hommage à des hommes marqués au plan familial, intellectuel et professionnel par une idéologie tout à la fois multiculturelle et vaguement moralisante. C'est là l'exacte définition du néo-socialisme qui imprègne l'ensemble des classes dirigeantes.

2) La classe politique a accepté d'autant plus facilement le diktat médiatique que le peuple ne peut exercer aucun contrôle sur les choix idéologiques et politiques des média. Il est donc dépossédé d'une partie de son pouvoir souverain.

Le peuple est en effet exclu du fonctionnement médiatique. En fait, il n'y a guère comme sanction populaire que le nombre de lecteurs ou le nombre d'auditeurs. L'audimat peut jouer un certain rôle, mais il faut bien voir que la plupart des media traitent de toutes sortes de sujets qui ne se limitent pas à la politique.

A la télévision, par exemple, la politique ne représente qu'une faible partie des programmes et, même si telle émission politique risquait de perdre en auditeurs, il y a d'autres émissions qui n'ont rien à voir avec la politique qui peuvent permettre à la chaîne de se rattraper et, éventuellement, de décrocher des annonceurs publicitaires, si c'est une chaîne privée.

Donc, finalement, la sanction n'est pas très importante, d'autant qu'il y a un phénomène de relatif monopole qui fait que le client est un peu dans un marché captif. Certes, il a le choix entre quelques chaînes - je ne parle pas de ceux qui sont abonnés au câble -, mais en réalité le choix qu'il peut faire est un choix bien inférieur au choix qui est offert, par exemple, à l'amateur de livres qui, lui, effectivement a un choix extrêmement vaste.

Cette irresponsabilité est identique dans la presse écrite.

En 1989, l'hebdomadaire Politis a lancé une campagne extraordinaire sur les transformateurs électriques contenant du pyralène, qui risquaient de dégager de la dioxine. Le battage médiatique fut tel que le gouvernement a été obligé de changer cent mille transformateurs, pour un coût unitaire de 20.000,00 FF par transformateur. Lorsque l'Académie des sciences a produit un rapport mettant en évidence que la dioxine produite par le pyralène n'a pas de conséquences sur l'homme et n'est dangereuse que pour le rat, Politis n'a jamais repris l'information, et personne n'a jamais demandé au journal de prendre en charge le gaspillage ainsi occasionné.

En conséquence, et puisqu'ils ne font l'objet d'aucune sanction, on voit bien que les média sont très peu contrôlés par le peuple.

En toute impunité, ils peuvent donc le priver de l'exercice réel de son pouvoir de décider qui, par son audience électorale, est digne d'être un homme public.

Mais dans une démocratie, la seule représentation politique légitime est en effet celle qui provient du suffrage universel. La presse est une institution qui n'a que pour objectif de transmettre l'information la plus juste possible, afin de favoriser l'exercice de la démocratie. Comme l'écrit justement Dominique Wolton dans L'Information et la guerre, la presse a trop tendance à oublier "qu'elle n'est ni propriétaire ni dépositaire de l'information, dont le concept renvoie d'abord à une théorie de la démocratie et de la légitimité populaire. La presse n'est, dans ce schéma, que le moyen de trouver et de mettre en forme l'information dont le destinataire et, en dernier ressort, le facteur de légitimité, est le peuple."

C'est le sens du mot de Clemenceau : "La liberté de la presse, c'est d'abord la liberté de lire, plutôt que la liberté d'écrire".

Une certaine conception de la liberté d'expression consacre ainsi l'irresponsabilité des media et ne se soucie pas des conséquences de leurs actes. Ceux-ci crient d'ailleurs comme des putois lorsqu'on les appelle à respecter un minimum de responsabilité. On le voit partout dans le monde, aux Etats-Unis comme en France. On voit des media qui diffusent les secrets de la Défense nationale sous prétexte de liberté d'expression. Ils n'hésitent pas à violer le secret de l'instruction, à pénétrer dans l'intimité des particuliers. Trouvez-vous normal, par exemple, qu'une revue rapporte les propos tenus en privé, et les rapporte sans l'autorisation de son auteur, comme l'a fait Globe à propos de M. Claude Autant-Lara en septembre 1989 ?

Mais cela ne concerne que le Front National¿.

Car au delà du pouvoir faramineux des média, s'il n'y a pas eu de véritable conflit, ni de véritable compétition entre le monde médiatique et la classe politique traditionnelle, c'est simplement parce qu'une convergence politico-médiatique est apparue , autour d'intérêts communs et de solidarités culturelles, et finalement autour d'un partage du pouvoir.


II- Dès lors, l'équilibre des pouvoirs et la pérennité du pluralisme politique est mis en cause par la fusion oligarchique du pouvoir médiatique et du pouvoir politique

A) Tout d'abord, il faut noter que le système politico-médiatique que nous subissons est né de la multiplication des interactions entre les classes politiques et médiatiques .

1) En effet, alors même qu'en raison du pouvoir et de l'irresponsabilité politique des média, beaucoup d'hommes politiques acceptaient de passer sous leurs fourches caudines, la classe médiatique avaient intérêt à s'entendre avec tous les représentants du pouvoir politique.

Car les média sont eux mêmes dépendants des pouvoirs en place.

En tout premier lieu, il faut avoir conscience du poids de l'Etat dans le financement de la presse.

A la différence de nombreuses entreprises industrielles, la plupart des journaux français n'ont pas de fonds propres. Leurs propriétaires positionnent leur produit sur le marché de la presse sans n'avoir constitué aucune réserve.

Au regard des difficultés financières de la plupart des journaux français, il est bien évident qu'un groupe de presse, s'il veut continuer à fonctionner dans de bonnes conditions, a besoin qu'on lui accorde des facilités pour son endettement, la possibilité d'étaler dans le temps le paiement des agios et le paiement du principal et que, dans ces conditions, il y a une possibilité d'intervention du pouvoir politique : en France en effet, l'ensemble du système du crédit est nationalisé. En outre, les présidents des grandes banques sont généralement des hauts fonctionnaires nommés en Conseil des ministres.

Un membre du cabinet du président de la République peut donc téléphoner au président d'une grande banque en disant : "En ce qui concerne tel journal, faites-leur savoir que vous ne pourrez pas leur donner de facilités immédiatement et que, peut-être, ces facilités pourront leur être accordées d'ici trois quatre mois. Il faudrait que leur attitude à l'égard du pouvoir politique change légèrement, parce que les critiques sont excessives ".

C'est là une première espèce de mise en tutelle des media.

Il y a une autre dépendance du système médiatique à l'égard du pouvoir politique qui est la détermination du cadre juridique et administratif de l'activité médiatique : il y a des lois sur la presse, sur le fonctionnement des grands organismes de télévision, mais il y a aussi la nomination par les pouvoirs publics des chefs des grandes chaînes de télévision publique.

2) Outre la dépendance mutuelle, des solidarités spécifiques sont toutefois apparues entre l'univers médiatique et l'univers politique

Pour exercer son métier, le journaliste est amené à fréquenter les homme de pouvoir. Cette fréquentation, cette proximité accélérée, le met dans une situation de domesticité mondaine à l'égard de ces derniers qui lui apportent des éléments pour pouvoir faire son métier.

On se retrouve ainsi dans les salons ou dans les dîners en ville. On a réussi, chacun dans son domaine. On est heureux. Des relations de courtoisie, puis de confiance, et enfin de connivence, ne peuvent ainsi manquer de s'instaurer.

Cette connivence est d'autant plus forte que les hommes de média comme les hommes de la classe politique traditionnelle sont issus d'une génération profondément marquée les valeurs de mai 68, et par le passage dans les écoles trotskystes, dans lesquelles autant de journalistes (Edwy Plenel) que de diplômés de l'ENA (Gérôme Guedj, directeur du Groupe d'Etude sur les Discriminations) ont fait leurs premières armes.
C'est cette génération trotsko-soixantehuitarde qui constitue la structure de l'oligarchie qui dirige aujourd'hui notre pays.

Du gauchisme originel, il reste aujourd'hui un vague moralisme, qui est renforcé par les nécessités contemporaine d'une communication rapide.

En effet, le commentaire rapide de l'information est la condition d'existence des hommes politiques comme des hommes de média. Et lorsqu'il faut commenter sur l'instant une nouvelle dont on ignore presque tout, le plus simple est de minimiser les risques en se raccrochant à une idée communément admise. Pour cela, les idées morales sont très pratiques : elles sont si couramment partagées, elles paraissent si bien intentionnées que personne n'aurait le courage de les reprocher au journaliste ou à l'homme politique, même si elles n'ont rien à voir avec le sujet. En les utilisant, on masque le vide de sa pensée au moindre risque.

Il faut également tenir compte du rôle des lobbies, courroies de transmission des messages entre l'univers politique et l'univers médiatique.

Certaines minorités religieuses, certaines sociétés de pensées laïques et humanistes bénéficient secrètement de puissants relais dans l'appareil d'Etat aussi bien que dans le monde médiatique.

C'est là une partie souvent totalement immergée de l'iceberg oligarchique politico - médiatique, mais qui explique à la fois la sur-médiatisation de certains thèmes, et la sous-information touchant d'autres questions : ainsi, dans la plupart des journaux de la presse écrite, comme dans beaucoup d'émissions audiovisuelles, on répute systématiquement racistes les Français de souche, tandis que la violence ou la délinquance des immigrés est totalement ignorée, ou justifiée par leur situation de victime objective de la société

3) On voit bien dès lors comment l'idéologie du système politico - médiatique s'est peu à peu constituée

Ce système assure la production et la diffusion du conformisme idéologique dominant, néo-socialiste dans son essence, et appuyé sur quatre grands axes clairement identifiables.

a) L'anti-racisme : tant la classe politique que médiatique communie dans ce dogme qui conduit à instaurer en France une véritable préférence étrangère.

b) Le nouvel ordre mondial : fondé sur la reconnaissance de la toute puissance des Etats Unis et sur le maintien des frontières issues de Yalta et des traités de Versailles, Sèvres et Saint-Germain, il explique par exemple l'hostilité du système politico - médiatique vis à vis de l'Irak, comme le refus initial de reconnaître les déclarations d'indépendance des pays baltes, puis de la Slovénie et de la Croatie.

c) Le libre-échange mondial, conçu comme ouverture totale des frontières, à la fois à la circulation des hommes et des marchandises, la construction de l'Europe n'étant utilisée que comme une étape vers un gouvernement mondial.

d) L'établissement d'une société permissive, banalisant la petite délinquance, la multi - sexualité, la pornographie, l'avortement ou la consommation de drogue.


La reproduction et la diffusion de ce conformisme dominant est propre au fonctionnement du monde médiatique.

Ce monde est tout d'abord hiérarchisé. Il y a quelques journalistes vedettes, quelques leaders qui choisissent les centres d'intérêt, qui choisissent les invités et qui choisissent la façon de présenter les problèmes. Ils ne sont pas très nombreux : il y en a quatre ou cinq dans la société médiatique parisienne, qui, à eux seuls, déterminent la sélection et la diffusion de l'information ( Elkabbach, Saint Clair, PPDA¿).

Cette hiérarchie prend tout son sens au regard du grégarisme médiatique : si "le leader d'invitation" ne vous propose pas une émission, aucun autre journaliste ne le fera. Si le "leader d'opinion" dit du mal de vous, tout le monde fera de même. S'il décide qu'il faut soutenir telle cause ou telle idée, l'ensemble de la presse s'en fera l'écho.

Ce mécanisme est d'autant plus efficace que certains journalistes jouent le rôle de courroies trans - médiatiques : les émissions télévisées sont généralement animées par des professionnels de la presse écrite ( Serge July, Philippe Alexandre, Alain Duhamel, Franz Olivier Gisbert¿.).

On voit donc bien comment un petit nombre de personnes donne le ton, et donc comment le conformisme politique et idéologique peut être indéfiniment reproduit.


B) Mais bien évidemment, cette pratique politico-médiatique détruit les conditions de la démocratie

L'homogénéité idéologique des média porte gravement atteinte au pluralisme de l'information. La démocratie repose en effet sur la liberté de l'information, dont la liberté de la presse n'est qu'un sous ? ensemble. Les choix opérés par les citoyens dépend étroitement de l'étendue, de la pertinence et de la fiabilité des informations disponibles.

Si les personnalités atypiques ou désireuses de révéler certaines vérités au grand public sont exclues du débat politique par les média, on entre dans un système qui n'a que l'apparence de la démocratie et dont l'essence est totalitaire.

L'entente objective entre la classe politique et la classe médiatique porte en outre gravement atteinte à l'indépendance du monde médiatique lui même. Le principe démocratique de séparation des pouvoirs est en effet bafoué par la réalité de la fusion oligarchique des hommes de média et des hommes politiques classiques au sein de la classe dominante.


C) Dès lors, la marginalisation des troubles fêtes ne relèvent plus que de techniques évidentes.

Les hommes libres sont en effet impitoyablement éliminés de l'espace médiatique : c'est le cas de Le Pen, mais aussi d'intellectuels comme par exemple Michel Legris, qui avait eu la mauvaise idée d'écrire en 1976 un livre fort instructif dans lequel il dénonçait certaines falsifications opérées par le journal Le Monde. Jacques Fauvet, alors directeur de ce journal, en voulut beaucoup à M. Legris. Celui-ci fut détruit professionnellement et réduit à une longue période de chômage.

On pourrait multiplier les exemples, mais il est plus instructif d'examiner de plus près les techniques d'exclusion et de stigmatisation des " déviants ".

1) Tout d'abord, les techniques d'exclusion des troubles fêtes.

C'est en tout premier lieu la non-information, qui passe par la censure ou le silence.

- la censure, c'est l'impossibilité de rendre public des propos, des écrits ou des images. Au premier trimestre 2000, en temps cumulé des journaux télévisés des chaînes publiques (France 2 et France 3), la gauche, Gouvernement et majorité plurielle, a bénéficié au total de 9h02 minutes. La droite ( opposition parlementaire et Présidence de la République), 4h49 minutes. Le Front National, 4 millions d'électeurs en 1995, a eu droit à 2minutes, 16 secondes.
De même, sur 175 grandes émissions politiques hebdomadaires depuis le 1er janvier 2000, le FN n'a jamais été invité ( 73 invitation pour le PS et le Gouvernement, 52 émissions pour le RPR-UDF). La consigne de boycott médiatique est un assassinat politique.
o Le refus de recevoir la personnalité, ou le refus de diffuser l'émission sont des mécanismes de censure des propos.
o Le refus de lire le manuscrit, le refus d'éditer le livre, le refus de diffuser l'ouvrage sont autant de mécanisme de censure des livres.

- Corollaire de la censure, le silence : on ne parle jamais, ni en bien ni en mal, de la personne ou du groupe qui désire rendre public son activité.

2) Ensuite, on peut identifier des techniques de stigmatisation des troubles fêtes

C'est le montage, c'est-à-dire les façons construites et orientées de présenter les choses, dans le but d'opérer une manipulation des esprits. On trouve là des techniques classiques de sous-information et de désinformation.

(a) La sous - information : On ne passe que ce qui peut donner une image négative de la personne ou du mouvement.

(b) La désinformation : C'est l'information partisane qui consiste à mêler, constamment et indistinctement, à la télévision, à la radio ou dans les journaux, le commentaire abusif à l'information.
Quand on parcourt un journal comme Le Monde, on s'aperçoit que la plupart des articles sont émaillés d'appréciations partisanes, plus ou moins apparentes. En revanche, ouvrez le Wall Street Journal : les pages de nouvelles sont extrêmement factuelles. Et il existe une page séparée pour les commentaires, où figure toujours, entre autres, un article non signé, mais très engagé, présentant l'opinion de la rédaction sur un sujet important de l'actualité.

C'est par la désinformation qu'a été accomplie la diabolisation de Le Pen, au terme d'un amalgame entre lui et Hitler. Cette " réductio ad hitlerum ", particulièrement infamante, est un procès de la culpabilité par association de mots, d'images ou de caricatures.


On peut ainsi criminaliser une opinion, et même une personne. Les idées de Le Pen sont réputées tabou, et on exclut le diable du débat, c'est-à-dire qu'on lui soustrait même son droit à la défense : accepter l'expression politique du FN, c'est mal, et surtout, c'est se dénoncer comme son complice.


Conclusion

Le rétablissement de la démocratie implique de mettre à bas les méthodes totalitaires de l'oligarchie en place. Il faut donc promouvoir les réformes de structure et apporter des réponses immédiates à l'ostracisme dont nous sommes victimes.

1) Les réformes de structure ( recours à la démocratie directe et constitutionnalisation du pouvoir médiatique )

a) Le recours à la démocratie directe

Le sociologue allemand Gehlen expliquait que tout être humain a deux sources d'information essentielles : l'information médiatique, c'est-à-dire l'information qui vient de haut, l'information qui passe par un medium, et l'information expérimentale, c'est-à-dire celle que l'on a à travers la vie quotidienne. Cette dernière montre en permanence l'ampleur des mensonges médiatiques, sur l'immigration, sur l'insécurité, sur la réalité du chômage.

Seule une utilisation plus fréquente du référendum, et l'institution du référendum d'initiative populaire peuvent permettre de réintroduire le peuple dans la vie politique et de gripper l'impitoyable organisation du mensonge par le système politico - médiatique en place.

b) En outre, la constitutionnalisation du pouvoir médiatique permettra de le reconnaître pour ce qu'il est. L'introduction dans la Constitution permettra en outre de préserver l'indépendance de la presse, de garantir ses droits, mais aussi et surtout ses devoirs.


2) Ce sont là des moyens offerts à une formation déjà au pouvoir. Pour nous, il convient d'apporter des réponses immédiates à l'ostracisme dont nous sommes l'objet.

C'est bien sûr l'appui politique aux média libres (Français d'abord, NH¿.).

C'est enfin l'utilisation maximale des nouvelles technologies de communication ( Internet, mailing), qui permettent d'atteindre les citoyens dans l'intimité de leur foyer, c'est-à-dire là où il ne subissent pas le regard culpabilisant et totalitaire de la société vis de nos idées.


Je vous remercie


(source http://www.front-national.com, le 18 janvier 2001)

Rechercher