Déclaration de Mme Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière, sur les retraites, les faibles salaires, les suppressions d'emploi, les chômeurs, les sans-papiers, les affaires, la stratégie électorales de Lutte ouvrière, Reims le 4 février 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière, sur les retraites, les faibles salaires, les suppressions d'emploi, les chômeurs, les sans-papiers, les affaires, la stratégie électorales de Lutte ouvrière, Reims le 4 février 2001.

Personnalité, fonction : LAGUILLER Arlette.

FRANCE. Lutte ouvrière, porte parole

ti : Intervention d'Arlette LAGUILLER

au meeting du Dimanche 4 février 2001 à Reims

Travailleuses, travailleurs, camarades et amis.

Les travailleurs ont largement répondu présent aux appels des syndicats, d'abord le 25 janvier, secteur privé et secteur public unis contre la provocation du MEDEF sur les retraites puis le 30 janvier, ceux du service public pour réclamer une augmentation de salaires qui en soit une.

Il y avait de quoi soulever l'indignation de l'ensemble des travailleurs, secteur privé et secteur public réunis contre le projet patronal de liquider la retraite à 60 ans en tentant d'imposer 45 ans de cotisations pour avoir droit à une retraite complète.

Les patrons comme leurs porte-parole dans les médias ont le culot d'invoquer des arguments démographiques et répètent depuis plusieurs mois comme des arguments irréfutables des stupidités du genre : "il y a 40 ans, il y avait deux actifs pour un retraité, alors que, dans 10 ans, il n'y aura qu'un seul actif pour un retraité. Par conséquent, le système de retraite par répartition ne peut plus fonctionner". Mais ce qu'ils oublient d'ajouter, c'est que la productivité, c'est-à-dire la quantité de richesses et de biens produits par chaque travailleur, a été multipliée, voire décuplée, pendant le même laps de temps. Ce qui signifie qu'un même nombre d'actifs pourrait assurer leurs retraites à quatre ou six fois plus de retraités. Et leur assurer une retraite qui permette à tous ceux qui ont été usés au travail de vivre correctement, c'est-à-dire une retraite égale au salaire touché pendant les années de travail.

Si le patronat veut encore réduire le montant des retraites, ce n'est pas que la démographie l'y oblige. C'est que le patronat qui encaisse tout le surcroît des richesses qui résultent de l'augmentation de la productivité veut continuer à le faire.

Il est inacceptable qu'aujourd'hui déjà 800.000 vieux travailleurs en soient réduits à vivre avec les 3.654 francs du minimum vieillesse.

Alors, si les caisses de retraite ne suffisent pas à assurer pour tous les travailleurs une retraite correcte, c'est au patronat de payer la différence sur les bénéfices de leurs entreprises !

En fait le patronat ne tient même pas forcément à obliger tous les travailleurs à travailler plus longtemps. Il ne veut certainement pas remettre au travail les 700.000 préretraités qu'il y a dans ce pays. Au contraire, les patrons de l'automobile par exemple font pression sur le gouvernement pour que l'Etat prenne en charge d'autres plans de départ en préretraite. Ce que veut le MEDEF, c'est pouvoir agir à son gré. C'est pouvoir choisir de faire travailler ceux dont il a encore besoin ou décider de s'en débarrasser quand il estime qu'ils sont trop usés pour être aussi exploitables.

Les patrons, leurs cadres supérieurs, partiront eux à la retraite avec des revenus de plusieurs dizaines de milliers de francs par mois en plus de leur fortune. Et ils osent s'en prendre aux modestes retraites des salariés. Le patronat ne veut laisser aux travailleurs de choix qu'entre crever au travail ou crever de misère avec une retraite amputée. Il n'y a aucune raison de les laisser faire !

Mais le gouvernement témoigne du même mépris contre les travailleurs lorsqu'il propose 0,5% d'augmentation à ceux du service public. Pour justifier cette augmentation dérisoire, 35 francs par mois pour les bas salaires, il évoque les augmentations des années précédentes, comme si les travailleurs du service public étaient trop payés.

Trop payés, une infirmière, un agent hospitalier, un ouvrier du secteur public ? Trop payés les instituteurs, les professeurs, le personnel technique de l'Education nationale, les postiers ? Mais 10 % des employés du secteur public gagnent moins de 6.700 F net et près de la moitié des effectifs du secteur public gagne moins de 9.600 F net.

Quant aux commentaires venant des milieux patronaux sur le nombre trop élevé de "fonctionnaires" comme ils disent, c'est un mensonge cynique. Il y a peut-être trop de hauts fonctionnaires grassement payés mais il n'y a certainement pas trop de personnel soignant dans les hôpitaux et les maternités publics, certainement pas trop de postiers ou d'ouvriers de l'Equipement. Ces attaques des nantis contre les fonctionnaires expriment surtout leur volonté de faire toujours plus d'économies sur les services publics pour continuer à accroître la part qui, dans le budget, est directement empochée par le patronat.

Alors oui, les travailleurs du secteur public ont raison d'exiger une augmentation de salaire qui en soit une. Et cette revendication va bien au-delà du secteur public car l'insuffisance des salaires est un problème crucial pour l'ensemble des travailleurs de ce pays, du public comme du privé.

Et la question qui se pose aujourd'hui, c'est : que faire maintenant ?

Car il ne suffit pas d'une journée de manifestations, même réussie, pour faire reculer le patronat. Or, même au niveau des seuls services publics, il n'y a plus d'action d'ensemble proposée par les confédérations syndicales. Il y a eu la grève des transports publics parisiens, à laquelle les travailleurs concernés ont répondu présent. Il y a une journée d'action prévue pour la Santé le 6 février. Mais, pourquoi ces journées dispersées ? Pourquoi pas tous ensemble ? Et, quant au privé, aucune des directions confédérales n'a envisagé sérieusement la suite à donner à la journée du 25 janvier. Aucun des dirigeants confédéraux ne propose des perspectives aux travailleurs, en dehors de la seule reprise des négociations.

Mais, se contenter de cela, c'est déjà se préparer à faire des concessions au MEDEF. C'est admettre qu'il y a un problème des retraites qu'il faudrait résoudre, c'est déjà se placer sur le terrain du patronat ! Mais le seul problème, c'est l'avidité du patronat ! C'est lui qu'il faut empêcher, tout à la fois, de réduire les retraites par répartition et préparer le terrain pour la retraite par capitalisation.

Cela fait longtemps que les trusts de l'assurance et les banques louchent vers les milliards que représente le montant de l'ensemble des retraites. Ils voudraient bien faire du profit privé sur l'argent des retraités. Cela n'améliorerait en rien la situation des retraités car c'est de leur poche que sortiraient les profits encaissés par les banques et les assurances. Mais cela aggraverait l'inégalité entre ceux dont le salaire est suffisant pour cotiser à des fonds de pension privés et les autres qui seraient condamnés à une retraite de misère.

Eh bien, sur le terrain des retraites comme sur celui des salaires, seul compte le rapport des forces. Et ce rapport des forces, les travailleurs ne le modifieront que par une lutte d'ensemble de tous les travailleurs, toutes catégories confondues.

Nous savons bien qu'une telle lutte ne se déclenche pas en appuyant sur un bouton. Mais c'est dans cette perspective que devraient travailler tous ceux, syndicats ou partis politiques, qui affirment vouloir améliorer le sort des travailleurs.

Et puis, un changement du rapport des forces est indispensable encore dans un autre domaine : celui des licenciements.

Car, pendant que le gouvernement prétend qu'il y a une amélioration de la situation économique et un recul du chômage, nombre de grandes entreprises continuent à annoncer des plans de licenciements. D'Unilever à Bull, en passant par Michelin et Alstom, des plans de licenciements ont été annoncés et sont plus ou moins en route.

Danone vient de s'ajouter à la liste, avec son projet de supprimer 3.000 emplois, dont 1.700 en France. Voilà une grande entreprise dont la direction vient d'annoncer que ses bénéfices en 2000 sont en hausse importante par rapport à l'année précédente. Et, pourtant, elle compte liquider tout un secteur d'activité, celui de la biscuiterie, en fermant 10 usines, dont 7 en France, simplement parce que ce secteur ne rapport pas autant que les autres !

Et le bouquet, c'est que cette direction, qui prépare, depuis sept mois, des licenciements derrière le dos de ses propres travailleurs, a porté plainte contre X pour poursuivre ceux qui ont révélé, trop tôt à son gré, le plan de licenciements prévus !

Je ne sais pas si c'est au nom du secret des affaires que la plainte a été portée. Cela prouve, en tout cas, que ce secret est fait, entre autres, pour masquer la préparation des mauvais coups contre les travailleurs pour laisser au patron l'initiative de déclencher l'offensive au moment où il le veut.

Voilà une raison suffisante pour mettre en avant, lors des luttes d'ensemble de demain, la suppression du secret des affaires. Voilà une raison pour mettre en avant, surtout, l'interdiction de supprimer des emplois dans toute entreprise qui fait du profit sous peine qu'elle soit réquisitionnée !

Alors, devant la cynique assurance avec laquelle les grandes entreprises continuent à diminuer leurs effectifs, que valent les affirmations du gouvernement lorsqu'il affirme avoir commencé à vaincre le chômage ?

Il est bien difficile de dire dans quelle mesure les chiffres officiels sur le chômage sont exacts, tant ces statistiques ont donné lieu à de multiples manipulations au fil des années. Mais même si on accepte comme vrai la diminution du nombre de chômeurs dont se vante le gouvernement, qu'est-ce que cette société qui condamne plus de 2 millions de ses membres au chômage, alors qu'on prétend que l'économie va bien ?

Qu'est-ce que cette société qui oblige nombre de ceux qu'elle condamne au chômage à vivre avec les 4.500 F de l'allocation chômage minimum, allocation dégressive avec le temps. Des chômeurs qui, lorsqu'ils ont épuisé leurs droits, doivent vivre avec les 2.608 F du RMI ?

Et parmi les travailleurs qui ont gardé du travail ou qui en ont retrouvé, combien sont ceux qui ne voient toujours aucune amélioration de leur situation ?

Parce que, dans cette société, l'économie n'est pas au service des hommes, de ces hommes et ces femmes qui produisent tout, au service exclusif d'une petite minorité qui bâtit, elle, des fortunes colossales, avec un parfait mépris pour la vie de ceux sur le dos de qui elle s'enrichit.

Et puis, même pour ces 500.000 travailleurs qui, d'après les statistiques gouvernementales, ont retrouvé du travail au cours de l'année écoulée, il faut un sacré cynisme pour prétendre que leur situation s'est vraiment améliorée.

Ils ont retrouvé du travail peut-être, mais quel travail ! La plupart d'entre eux n'ont retrouvé qu'un travail précaire, en intérim, à temps partiel non choisi, en CDD, en CES, avec un salaire à peine plus élevé que l'allocation chômage ou le RMI.

Le nombre de ceux qu'on a rayés des statistiques du chômage mais qui continuent à alterner des périodes d'emplois précaires avec des périodes de chômage a doublé en quelques années. Si l'on ajoute ceux qui n'ont que des emplois à temps partiel, on arrive au fait qu'un salarié sur six, près de trois millions de personnes, gagne aujourd'hui moins de 4.900 F net et un salarié sur dix gagne même moins de 3.600 F. Ce qu'on appelle pompeusement la diminution du chômage est, en fait, la diminution du salaire de ceux qui retrouvent un emploi !

Le gouvernement ne ment cependant pas tout à fait lorsqu'il parle de l'amélioration de la situation économique. La situation s'est amélioré, oui. Tout d'abord pour les patrons, les propriétaires et les actionnaires des grandes entreprises. Et TotalFinaElf vient d'annoncer 50 milliards de profits, les plus élevés jamais réalisés par une entreprise en France. Mais la quasi-totalité des grandes entreprises battent des records de bénéfices. Cela signifie des revenus records pour leurs actionnaires.

Bien plus largement, la situation économique s'est améliorée aussi pour tous ces bourgeois moyens et petits qui constituent la clientèle des restaurants et des boutiques de luxe, qui ont une vie aisée, des voitures haut de gamme, des propriétés un peu partout. Quand la presse parle de l'accroissement de la consommation des Français, elle parle de ceux-là, de ces centaines de milliers, voire des millions de privilégiés, petits ou grands, de ces gens qui, au-delà de leur diversité, ont en général une chose en commun : ils tirent leurs revenus, directement ou indirectement, de l'exploitation des travailleurs.

Alors, en se réjouissant de l'amélioration de la situation économique de tous ces gens-là et en identifiant leur satisfaction à celle de l'ensemble du pays, le gouvernement montre qu'il est leur gouvernement, celui des bourgeois et des riches.

Les gouvernements de droite que nous avons connus dans le passé ne se donnaient même pas la peine de cacher leur haine et leur mépris des travailleurs. C'était dans l'ordre des choses. C'est du côté des bourgeois et des patrons, petits et grands, que les partis de droite glanent leurs voix. C'est à eux qu'ils cherchent à plaire.

Mais ce gouvernement dirigé par le Parti socialiste ne mène pas une politique différente quant au fond. Il le fait seulement plus hypocritement, en essayant de présenter chacun de ses mauvais coups comme un geste "social", parce que la seule différence qui sépare les partis de la gauche gouvernementale de la droite, c'est que leur électorat vient en grande partie du côté des travailleurs.

Regardons le bilan du gouvernement Jospin. Il continue, comme ses prédécesseurs, à combler le patronat de subventions, d'aides de toute sorte, quitte à économiser sur le reste, sur les services publics indispensables. Il continue à accorder des dégrèvements sur la part patronale des cotisations sociales, quitte à invoquer ensuite les difficultés financières de la Sécurité sociale pour limiter les dépenses de santé des classes populaires. Il continue à faire des cadeaux fiscaux aux plus riches, comme vient de le faire Fabius en réduisant la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu, quitte à maintenir à un niveau élevé les impôts indirects, la TVA et les taxes pétrolières, qui frappent avant tout, là encore, les classes populaires. C'est pour donner toujours plus au grand patronat qu'on freine les dépenses pour l'éducation, pour la santé, qu'on limite l'embauche d'enseignants, d'animateurs, d'infirmières, de personnel médical et qu'on ferme des hôpitaux.

Quant aux 35 heures, elles coûteront dans les années à venir des centaines de milliards au budget de l'Etat, des milliards qui iront aux patrons pour les dédommager d'une loi des 35 heures qui, pourtant, non seulement ne leur fait aucun mal, mais comble leurs voeux en leur permettant d'imposer l'annualisation du temps de travail et la flexibilité des horaires. La meilleure preuve que cela se fait contre les travailleurs, c'est que la plupart des grèves qui se déroulent depuis plusieurs mois sont des grèves contre les modalités d'application des 35 heures dans les entreprises.

Et lorsque le patronat a voulu imposer le PARE, cette modification des conditions d'attribution de l'allocation chômage, qui vise à faire accepter aux chômeurs n'importe quel travail à n'importe quelles conditions, le gouvernement n'a fait mine de résister quelques semaines que pour la forme. Mais il a fini par cautionner le projet patronal.

La Couverture Maladie Universelle a, certes, unifié les différents régimes d'assistance médicale gratuite et permet à un plus grand nombre de chômeurs ou de bas salaires de bénéficier d'un minimum de soins médicaux. Mais qu'est-ce que cette société où six millions de personnes ont besoin de cette Couverture Maladie Universelle pour pouvoir aller chez le médecin dans un pays qui est pourtant considéré comme un des plus riches du monde ?

Quant aux travailleurs immigrés, transformés en sans-papiers par les lois Pasqua-Debré, on sait ce qu'il est advenu de la régularisation promise par le Parti socialiste. Si certains d'entre eux ont été régularisés, il en reste au moins 60.000 dont la situation s'est aggravée. Ayant donné leur adresse, ils paient aujourd'hui d'avoir cru aux promesses d'un Parti socialiste qui s'est renié, sur cette question comme sur bien d'autres. Aussi, je tiens à manifester ma solidarité avec les luttes des sans papiers pour obtenir enfin des conditions d'existence convenables.

Et je tiens aussi à réaffirmer que tous ceux qui vivent et travaillent dans ce pays, quelles que soient leurs origines et leur nationalité, doivent avoir le droit de vote. Priver les travailleurs immigrés de ce droit élémentaire est une façon pour la bourgeoisie et ses hommes politiques de réduire l'influence électorale de la classe ouvrière. Alors, cette revendication doit être celle de tous les travailleurs !

Et puis, regardez comment dans la petite guerre qui vient de l'opposer au Conseil constitutionnel au sujet de la suppression de la CSG sur les bas salaires, Jospin a refusé d'augmenter le SMIC et a préféré inventer un crédit d'impôt, baptisé "prime à l'emploi". Pourtant, l'augmentation du SMIC dont il était question n'aurait été que de 180 F par mois ! Mais le gouvernement veut montrer au patronat qu'il reste ferme sur les salaires et qu'il veut empêcher tout risque de contagion à l'ensemble des salariés.

Devant l'accroissement de la délinquance, notamment celle des jeunes, le gouvernement vient d'annoncer le recrutement de policiers supplémentaires. Comme n'importe quel gouvernement de droite, la seule solution du gouvernement face à ce problème, c'est d'accroître le nombre de policiers.

Mais à qui faire croire que c'est seulement un problème de police, qu'un millier de policiers de plus à l'échelle du pays, même flanqués de 5.000 emplois jeunes en uniforme, suffirait pour répondre à la montée de la violence ou de la délinquance parmi les jeunes ?

Je sais bien que, dans bien des circonstances, la présence d'îlotiers, proches de la population, puisse décourager la petite délinquance et, en tout cas, rassurer celles et ceux qui en sont victimes. Mais encore faudrait-il que la présence même de ces îlotiers ne soit pas ressentie comme une provocation par l'ensemble des jeunes d'un quartier, car il suffit d'une poignée de policiers, racistes ou anti-jeunes pour que toute présence policière, même de proximité, aggrave la situation plutôt que de l'améliorer.

Et surtout, comment se fait-il que ce sont les petits caïds comme il en a toujours existé, des dealers, qui imposent leur loi, leurs moeurs, leurs violences dans bien des cités HLM ? Comment se fait-il qu'ils bénéficient de la sympathie, passive ou active, des autres jeunes ? Comment se fait-il que non seulement ils les entraînent dans leur mépris pour les autres, jusqu'à et y compris leurs propres parents, travailleurs ou chômeurs ? Pourquoi ne parvient-on pas à isoler de la majorité des jeunes, cette petite minorité qui préfère dealer, trafiquer c'est à dire vivre en petit parasite sur plus pauvres qu'eux, ?

Eh bien pour résoudre ces problèmes, faire donner la police ne suffit pas !

Avant tout, il faudrait que les jeunes aient d'autres perspectives que commencer leur vie d'adulte en chômeurs !

Et puis, il faudrait dans les quartiers populaires plus d'équipements collectifs, plus de locaux réservés aux jeunes, plus d'animateurs, plus d'éducateurs ! Il faudrait que les écoles des quartiers populaires ne soient pas laissées à l'abandon, qu'il y ait plus d'enseignants, qu'ils aient les moyens et la possibilité de faire autre chose que de la garderie !

Incapable d'assurer ces 90 %, ces 95 % de social qui seraient nécessaires pour que les jeunes ne soient pas entraînés par une poignée de caïds, on fait 90 % de répression policière. Et, comme les gouvernements n'ont en réalité que faire de ce qui se passe dans les quartiers populaires, même en matière policière, les autorités préfèrent faire donner, ponctuellement, les CRS qui se contentent de donner de la matraque, avant de quitter le quartier sensible en laissant derrière eux encore plus de haine et encore plus de violence !

Quand ils ne se contentent pas de faire de la surenchère pour réclamer plus de répression, les responsables politiques font de la morale aux jeunes, pérorent sur le civisme, la citoyenneté, le sens des responsabilités. Mais leurs leçons de morale puent l'hypocrisie. Car il n'y a pas de mois sans qu'éclate une nouvelle "affaire" mêlant milieu politique, milieu d'affaires, et milieu tout court ! Il y a eu l'affaire des marchés publics de la région parisienne, qui a révélé comment le RPR, l'UDF et le Parti socialiste attribuaient les travaux d'entretien et de rénovation des lycées aux grandes entreprises du bâtiment qui leur versaient en échange des dessous-de-table et comment, tout clivage politique oublié, ils s'entendaient pour se répartir l'argent de la corruption. Puis, arrive l'instruction de l'affaire du trafic d'armes en direction de l'Angola dont le fils Mitterrand tient la vedette. Et depuis quelques jours, c'est le procès Elf, relancé par le rocambolesque périple de Sirven de Manille à Francfort cet homme que l'on présente aujourd'hui comme le corrupteur doublé d'escroc qu'il est sans doute, mais qui a tout de même été pendant longtemps surtout un patron, le numéro deux d'une des plus grandes entreprises de ce pays. Il y a déjà un ancien ministre et ancien président du Conseil constitutionnel, Roland Dumas d'impliqué dans les affaires de corruption d'Elf. Et voilà que Sirven laisse entendre, au moment de son arrestation, qu'il pourrait donner une centaine de noms du beau monde, de quoi, dit-il, "faire sauter vingt fois la république" !

Quand je dis "beau monde", c'est évidemment une façon de parler ! Mais, au-delà de ces personnages peu reluisants les affaires laissent entrevoir les sommes qui sont empochées et gaspillées. 13 millions de commissions pour Jean-Christophe Mitterrand, pour avoir servi d'intermédiaire au trafiquant d'armes Pierre Falcone, dont on imagine les bénéfices ! 17 millions offerts à Christine Deviers-Joncour, destinés à l'achat d'un appartement, dont la superficie pourrait contenir une petite dizaine de F2 de HLM, simplement pour qu'elle veuille bien utiliser ses relations privées avec Roland Dumas, dans une sombre affaire de trafic d'armes avec Taïwan !

Ce n'est pas seulement la présomption de corruption des personnages qui frappe mais la facilité avec laquelle ils jonglent avec les millions. Et ce sont les mêmes qui, en tant que ministres ou chefs d'entreprise, prêchent l'austérité et les sacrifices à des familles qui doivent vivre avec 6.000 ou 7.000 F par mois.

Mais, ce qui est le plus révoltant dans le trafic d'armes avec l'Angola c'est, plus encore que les sommes prélevées, le fait que, pour pouvoir les extorquer, on maintient les habitants d'un des pays les plus pauvres de la planète dans la misère, dans la guerre.

Mais cette affaire lève aussi un tout petit coin du voile sur les relations entre l'impérialisme français et les pays pauvres de sa zone d'influence africaine. Derrière les mots anodins de "coopération française africaine", de "francophonie" ou encore "d'aide aux anciennes colonies de la France", se cachent une multitude de réseaux d'intérêts qui permettent à la bourgeoisie française, qui exploite les travailleurs de France, de continuer aussi à piller les pays pauvres d'Afrique. Réseaux qui profitent accessoirement aux hommes du pouvoir et à leurs partis, qu'ils soient de droite ou de gauche. Les réseaux du gaulliste Foccart ont joué dans le passé un rôle important dans le financement du RPR et de ses dérivés. Et l'implication de Pasqua dans les affaires de vente d'armes actuelles rappelle que cela continue.

Voilà ce que protège l'armée française déployée dans plusieurs pays d'Afrique. Et voilà aussi pourquoi, travailleurs français, travailleurs africains, ceux qui vivent et travaillent ici, en France, comme ceux qui tentent de survivre en Afrique, nos intérêts sont irrémédiablement liés.

Les affaires juridiques en cours mettent en vedette les corrompus mais rappellent aussi que, derrière eux, les principaux corrupteurs sont parmi les trusts les plus puissants de ce pays. Les TotalFinaElf, Dassault, ou Matra, mais aussi, Vivendi, ex-Générale des eaux, ou Suez-Lyonnaise des eaux, dont il faut rappeler le rôle corrupteur auprès des maires.

Ce sont en effet les municipalités qui ont fait la fortune des trusts spécialisés dans la gestion et la distribution de l'eau. C'est en volant les consommateurs sur cette denrée essentielle qu'est l'eau que la Générale des eaux est devenue tellement riche qu'elle a pu se diversifier dans les branches à la mode de l'informatique et du multimédia. Et Vivendi continue à tirer des profits élevés de secteurs comme la gestion de l'eau, le ramassage des ordures ou le transport public. Et j'en profite pour dire que des services aussi essentiels que les transports en commun, la gestion de l'eau ou l'hygiène publique devraient être des services publics et ne pas permettre à des actionnaires privés de s'enrichir.

Voilà leur monde, voilà comment cela fonctionne, à l'abri du secret d'Etat, du secret-défense, du secret industriel et bancaire. Tous ces secrets inventés par la bourgeoisie pour cacher aux classes populaires ses petites et grosses vilenies qui coûtent des millions à la collectivité et pour cacher le coût plus effarant encore, du gaspillage que cette économie basée sur la recherche du profit impose à la société.

Si l'on veut empêcher les groupes financiers et industriels d'utiliser les profits gigantesques qu'ils réalisent, à influencer la vie politique plus que les élections ne l'influencent, par la corruption et en achetant les hommes au pouvoir, il faut imposer le contrôle des travailleurs, le contrôle des usagers, le contrôle des consommateurs, sur entreprises et leur comptabilité !

(source http://www.lutte-ouvriere.org, le 8 février 2001)
Cette société est pourrie au dernier degré. Il est indispensable, pour l'avenir de l'humanité, de la changer de fond en comble par l'expropriation de la classe bourgeoise, par la suppression de la propriété privée des grands moyens de production, par la réorganisation de l'économie pour qu'elle ne fonctionne pas pour le profit de quelques-uns, mais pour satisfaire les besoins de la collectivité.

Nous, Lutte ouvrière, nous nous revendiquons du communisme, c'est-à-dire du courant qui milite pour ces transformations sociales radicales.

Malheureusement, le grand parti qui, dans ce pays, porte encore le nom de communiste s'est bien éloigné du communisme, et depuis très longtemps. Aujourd'hui, c'est un parti gouvernemental. Sa politique au gouvernement est celle du Parti socialiste.

Mais, si les chefs du Parti communiste sont identiques aux hommes politiques de la bourgeoisie, la différence, c'est que, même aujourd'hui et malgré des dizaines d'années de trahison des idées communistes de la part de leurs dirigeants, il y a encore des milliers, de femmes et d'hommes qui sont dans ce parti parce ce qu'ils aspirent à combattre la bourgeoisie et les riches, et pas à les servir comme le font leurs dirigeants.

Ces femmes et ces hommes, ces militants, nous les considérons comme nos frères de combat. Et c'est justement pour cela que nous critiquons leurs dirigeants qui mènent une politique nuisible aux travailleurs et à leurs intérêts. Cette politique d'alignement derrière le Parti socialiste et, au-delà, derrière les intérêts de la bourgeoisie ne date pas de Robert Hue, ni même de Georges Marchais, mais bien du temps de Thorez, du "produire d'abord, revendiquer ensuite" qui permit à la bourgeoisie française d'imposer de lourds sacrifices aux travailleurs au lendemain de la guerre.

La direction du Parti communiste invoque le réalisme et prétend oeuvrer, au sein du gouvernement, pour améliorer le sort des ouvriers. Mais les ministres communistes ne servent qu'à cautionner le gouvernement Jospin.

On ne peut pas tout à la fois servir la bourgeoisie au gouvernement et défendre les intérêts des travailleurs. Et, à pratiquer ce grand écart, le parti finit par écoeurer les travailleurs, à commencer par ses propres militants ouvriers. Or ces militants, malgré la politique de leur parti, continuaient à défendre des valeurs du mouvement ouvrier. Et ils sont malheureusement de moins en moins nombreux pour accomplir cette tâche.

Pourtant, la classe ouvrière a besoin de militants, a besoin d'organisations qui continuent à perpétuer le mouvement ouvrier organisé, dans les entreprises comme dans les quartiers populaires.

C'est ce que Lutte ouvrière essaie de faire, même avec bien moins de moyens que le Parti communiste.

C'est dans cette optique que Lutte ouvrière sera présente, partout où cela sera possible, aux prochaines élections municipales.

Nous ne nous présentons pas parce que nous aurions trouvé un moyen miraculeux pour mettre fin à la pauvreté et à l'exploitation dans le cadre d'une municipalité. Ce moyen n'existe pas. Les principaux problèmes des travailleurs, ici comme ailleurs, viennent du chômage, des bas salaires, de la morgue patronale. Et même pour ce qui est des problèmes qui sont du ressort de la municipalité, les possibilités du conseil municipal sont réduites.

Parmi toutes les institutions de cette société bourgeoise, les municipalités sont pourtant celles qui sont les plus proches de la population, les plus à même d'en connaître les problèmes quotidiens et, dans les petites villes en tout cas, les plus faciles à être soumises au contrôle de la population. C'est justement la raison qui fait que l'Etat a toujours cherché à rendre les municipalités les plus indépendantes possible de la population et dépendantes de l'Etat. Les lois sur les attributions des maires comme le mode de scrutin se conjuguent pour donner au maire un pouvoir quasi absolu par rapport à la population de sa commune et même par rapport aux conseillers municipaux, tout en le rendant responsable devant le préfet.

Les élections municipales défavorisent outrageusement les minorités en assurant une sur-représentation à la liste arrivée en tête. Une fois que le maire est élu par le conseil municipal, il a les mains libres, du moins envers la base. Il est significatif que le pouvoir central ait le droit de suspendre ou de révoquer un maire, voire même de dissoudre un conseil municipal, mais que la population, elle, n'ait aucun moyen de révoquer un maire pendant les six ans de sa mandature.

La tragi-comédie jouée à Paris par ces deux grands comiques de la droite que sont Séguin et Tibéri montre, accessoirement, que même la majorité municipale ne peut faire grand-chose contre le maire qu'elle a élu, jusqu'à la fin de sa mandature.

Travailleuses, travailleurs,

Il est important que le courant révolutionnaire soit présent dans ces élections, comme dans les autres, pour démontrer la permanence, et nous l'espérons la progression, de son audience.

Nous nous présentons, nous, pour dénoncer la situation qui est faite aux travailleurs et pour dénoncer les responsables de cette situation.

Nous nous présentons pour faire entendre les exigences du monde du travail, fermement, sans que cela puisse être récupéré ni par la droite, ni par la gauche gouvernementale, ni au premier, ni au deuxième tour.

Nous nous présentons pour que les électeurs aient un autre choix qu'entre la droite et une gauche plurielle qui sont toutes deux au service de la bourgeoisie.

Non seulement, nous ne participerons au premier tour à aucune coalition électorale mais, si nous sommes présents au deuxième tour, nous ne ferons alliance avec aucune des formations qui ont une responsabilité quelconque dans les gouvernements d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

Les travailleurs n'ont peut-être pas encore la force et la possibilité de mettre fin à leur esclavage mais ils peuvent refuser de baiser la main de ceux qui tiennent le fouet.

Alors, ce que nous vous demandons, c'est avant tout de faire un geste politique, en votant pour la liste Lutte ouvrière conduite par Thomas ROSE. Si nombreux sont les électeurs à faire ce geste, cela aurait une grande importance pour les combats à venir du monde du travail.

En élisent des candidats de la liste Lutte ouvrière, ils enverront au conseil municipal des élus dont ils pourront être sûrs qu'ils représenteront leurs intérêts. Car ceux qui sont sur nos listes ne poursuivent pas une carrière, ils ne sont liés à aucun grand parti gouvernemental, ils n'ont aucun fil à la patte, aucun allié à ménager et ils sont libres de dénoncer tout ce que leur municipalité fait de mal par rapport aux intérêts des travailleurs.

Même si la loi permet aux habitants d'une ville de participer aux réunions du conseil municipal, pas grand monde n'utilise ce droit, d'autant moins que personne ne les y encourage. Autant dire que ce n'est pas l'influence de la population qui prévaut mais celle du préfet et, plus encore, celle des notables de la ville, des riches ou encore de ces grandes sociétés du bâtiment, des travaux publics ou de la distribution de l'eau avec lesquelles le maire est en contact permanent.

Eh bien, si les élus Lutte ouvrière sont suffisamment nombreux, ce qui implique déjà une solidarité, un accord avec leurs idées d'une partie de l'électorat ; s'ils bénéficient du soutien d'une fraction importante de la population de la ville, ils tenteront d'intervenir pour renverser cet état de choses.

Ils chercheront systématiquement à faire appel à la population laborieuse pour qu'elle surveille la gestion de la municipalité et exerce la pression qu'il faut, par ses mobilisations, par des manifestations, pour que ses intérêts soient pris en compte. Ils chercheront à entraîner l'intervention directe de la population elle-même. Ils populariseront dans la population laborieuse l'idée qu'elle a les moyens de prendre des initiatives dans les affaires publiques qui les concerne. Dans tous les domaines où faire se peut, ils feront appel au bénévolat de tous, plutôt que de solliciter vainement l'Etat ou de faire appel à des entreprises privées en leur permettant de faire du profit sur le dos de la population.

Bien sûr qu'il existe déjà des associations qui font appel à la bonne volonté de la population, et c'est tant mieux ! Mais nous avons la conviction qu'il est possible de généraliser la participation de la population, y compris en dehors des domaines où sont cantonnées les associations.

Et je ne prendrai que deux exemples.

Tout le monde, ou plus exactement tous ceux qui connaissent les quartiers populaires, déplore qu'en raison des classes surchargées et de bien d'autres choses, les enfants de ces quartiers sortent souvent de l'école primaire sans avoir appris à lire, à écrire ou à s'exprimer correctement. Un grand nombre d'entre eux, quand ils ont appris quelque chose une année, se retrouvent en état de régression l'année suivante, quand ce n'est pas un retour à l'analphabétisme.

Eh bien oui, des conseillers municipaux même minoritaires, mais disposant d'un certain crédit et d'un soutien dans la population, pourraient faire en sorte que ceux qui ont un minimum de qualifications et du temps libre, retraités mais aussi, peut-être, étudiants, contribuent, hors des institutions officielles, à redonner le goût d'apprendre à ces enfants ou à ces adolescents. Ils peuvent se charger des cas difficiles, en les prenant par petits groupes ce que les écoles ne peuvent pas faire. Bien sûr, tout cela sur la base du bénévolat. Et, dans cette société où l'argent pourrit tout, le bénévolat est souvent le moyen d'attirer les compétences les plus motivées car les plus désintéressées.

Et, pour prendre ce deuxième exemple qu'est la violence ou la délinquance des jeunes, dont j'ai déjà parlé, on rend souvent responsables les parents de ne pas être à la hauteur de leurs responsabilités. Je passe sur le fait que, bien souvent, ceux qui sortent cet argument sont parmi les principaux responsables d'une situation qui pousse les parents vers un état de misère matérielle qui entraîne parfois la misère morale.

Mais pourquoi donc ce serait, dans un quartier populaire, aux seuls parents d'assumer la responsabilité de la formation de la conscience et de la morale de leurs enfants ? Pourquoi pas toute la collectivité ? Il ne s'agit pas de jouer les zorros les nuits dans les cages d'escalier ou dans les caves d'un immeuble HLM. Il s'agit d'amener le maximum d'adultes à intervenir auprès des jeunes, quand ils en ont la possibilité, d'user de leur autorité pour convaincre, pour éduquer gentiment, par des petits gestes quotidiens. Une seule observation venant d'un adulte pour demander à un groupe de jeunes de ne pas laisser traîner des canettes de bière ou des mégots de cigarette dans les parties collectives de l'immeuble entraîne bien souvent des réflexions désobligeantes voire des insultes. Mais si ce type d'intervention ne se limite pas à celle du gardien, si nombreux sont ceux qui ne restent pas passifs, il y aura sans doute, à la longue, moyen de changer bien des comportements.

Cette pression collective sera d'autant plus efficace si la population des quartiers pauvres surveille et contrôle en même temps les policiers, pour réagir contre ceux qui se permettent des réflexions et des comportements racistes car il suffit qu'une minorité de policiers agisse de cette façon, ne serait-ce qu'en contrôlant les identités au faciès, pour que tous les jeunes se sentent à juste titre agressés. Et sans doute, la seule pression morale de la collectivité ne sera pas suffisante pour convaincre les dealers et les caïds, d'autant plus accrochés à leur pouvoir sur une cité HLM ou sur un quartier populaire qu'ils en tirent de gros avantages matériels. Mais la seule voie pour les isoler et les marginaliser et pour contrecarrer leur influence, c'est d'opposer à leur pouvoir sur les jeunes, le pouvoir de la collectivité !

Au temps où le mouvement ouvrier était plus puissant qu'il ne l'est aujourd'hui, où le Parti socialiste était réellement socialiste, où le Parti communiste était vraiment communiste et où ils étaient présents dans les quartiers populaires, avec des militants, des sympathisants qui, par leur seule présence, par leur capacité d'entraînement, ils influençaient le climat et les comportements aussi bien sur le plan politique, la xénophobie, le racisme, que sur le plan des comportements sociaux, du vandalisme gratuit à l'alcoolisme. Et ils le faisaient, non pas en faisant appel aux autorités, mais en faisant appel à la conscience de classe, à la conscience collective, et à la participation des gens eux-mêmes à la solution de leurs propres problèmes

Mais, ce ne sont évidement pas ces élections qui changeront la situation générale de la classe ouvrière. Le véritable combat devra se dérouler ailleurs, avec les méthodes propres au mouvement ouvrier, les grèves, les manifestations. Pas seulement ici, bien sûr, mais à l'échelle de l'ensemble du pays. Cela arrivera, car c'est, peut-être, précisément le décalage, la contradiction flagrante entre les discours gouvernementaux et l'aggravation du sort des ouvriers qui poussera les exploités à la révolte.

Les élections elles-mêmes peuvent constituer un petit pas dans le sens de l'émergence dans ce pays d'un parti représentant les intérêts politiques des travailleurs. C'est indispensable pour l'avenir.

Car, même les mouvements de révolte les plus décidés, même les vagues de grèves les plus amples, peuvent être dévoyés sur des voies de garage. Pour que ce ne soit pas le cas, il faut une organisation, un parti qui unifie les luttes des travailleurs des différentes entreprises, des différentes régions du pays, autour d'une même politique, autour d'une politique qui vise à améliorer la position des travailleurs, et pas à assurer une carrière à quelques-uns.

Alors, je vous demande d'aider Lutte ouvrière à défendre la politique au nom de laquelle elle se présente auprès de tous les travailleurs de cette ville, auprès de toute la population. Je vous demande de convaincre vos proches, vos amis, vos camarades de travail, de voter et de faire voter pour la liste Lutte ouvrière, conduite par Thomas ROSE.

Et je vous demande, bien au-delà de ces élections municipales, de nous aider pour que se renforce un courant dont l'unique objectif est de défendre les intérêts politiques des travailleurs et des classes pauvres.

(source http://www.lutte-ouvriere.org, le 8 février 2001))

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