Interview de M. Georges Sarre, président délégué du Mouvement des citoyens, à RMC le 15 janvier 2001, sur la situation en matière de sécurité routière et sur les élections législatives parisiennes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Georges Sarre, président délégué du Mouvement des citoyens, à RMC le 15 janvier 2001, sur la situation en matière de sécurité routière et sur les élections législatives parisiennes.

Personnalité, fonction : SARRE Georges, LAPOUSTERLE Philippe.

FRANCE. Mouvement des citoyens, président délégué

ti : P. Lapousterle Personne n'a oublié que vous avez été un ministre actif de la sécurité routière. On se souvient des mesures énergiques que vous avez prises quand vous étiez en fonction.

- "Avec des résultats."

Ce n'est pas le cas maintenant ?

- "Quand j'ai été nommé en 1988, nous étions à plus de 10 000 morts. Et quand je suis parti, début 1993, on allait passer en-dessous de la barre des 8 000."

J.-C. Gayssot se félicite des chiffres de l'année 2000 : 7 600 morts sur les routes contre 8 000 en 1999. Est-ce à votre avis le maximum que l'on pouvait faire ? Des associations et d'autres responsables disent qu'on aurait pu et dû faire mieux.

- "C'est un mieux, mais il est parfaitement vrai que nous aurions "pu et dû faire mieux." Quelles sont les mesures que je préconise ? Trois. La première, c'est qu'il faut absolument une police et une gendarmerie de sécurité routière et de circulation."

Indépendantes du reste ?

- "Se consacrant exclusivement à cela, ayant des effectifs, des moyens et ne faisant que cela. C'est-à-dire une prévention bien faite. Et puis, bien entendu, des sanctions quand c'est nécessaire, qui tombent et de façon tout à fait simple et indiscutable. Il faut aussi qu'il y ait un limiteur de vitesse."

A la fabrication ?

- "Oui. Vous savez que par exemple Renault va sortir une Laguna avec l'option limiteur de vitesse. Si on généralise cela au niveau de la France et de l'Europe, je pense qu'on sauvera des dizaines et des dizaines de milliers de vies, sans parler - on ne le dit jamais - des handicapés, des gens qui sont accidentés et qui restent handicapés lourds à vie. C'est ce qu'il faut faire. Je pense que si tout cela ne suffisait pas, il faudrait aller non pas jusqu'au limiteur de vitesse mais jusqu'à la boîte noire."

Pourquoi toutes ces mesures ne sont-elles pas prises ?

- "Parce qu'elles ne sont pas faciles à prendre psychologiquement, techniquement. Vous voyez bien par exemple pour créer des unités spéciales, particulières, de gendarmes, de fonctionnaires de police, qui sont ..."

On ne les prend pas parce qu'on n'ose pas ou parce qu'elles sont impossibles à prendre ?

- "Elles sont parfaitement possibles à prendre. Cela existe dans certains pays, heureusement. En France par exemple et à Paris par exemple - la tradition veut que, quand on met un policier à la circulation, c'est plutôt pour l'encourager à faire mieux. Si on crée des unités, des compagnies, etc, de circulation et de sécurité routière, il faut expliquer à ces fonctionnaires et à ces militaires que ce serait quelque part une reconnaissance, une promotion, car je ne connais rien de plus digne pour un homme que de travailler pour sauver des vies."

Vous, par exemple, si vous étiez ministre aujourd'hui, vous auriez le sentiment que vous pourriez diminuer par deux, comme l'objectif a en a été annoncé, le nombre de morts sur les routes en France ?

- "En tout cas, avec un ministre qui se donne cette priorité et qui l'a dans la tête, et le Gouvernement avec lui, c'est un objectif qui est à portée de main, oui."

Vous êtes élu de Paris, la bataille politique devient de plus en plus rude à l'approche des élections. Monsieur Séguin vous a accusé hier soir, vous et les autres d'ailleurs, les élus de gauche à Paris, "d'être les gentils bénéficiaires du système parisien en place." Il a donné des chiffres : au Conseil de Paris, d'après lui, la loi accorderait au Mouvement des Citoyens le droit à deux collaborateurs, et vous en auriez dix-sept. Pour le Parti socialiste, la loi lui accorderait onze collaborateurs et il en aurait trente sept." Vrai ou faux ?

- "C'est vrai, c'est public, cela a été débattu au Conseil de Paris. Il s'agit d'emplois réels, c'est-à-dire de gens qui travaillent au service des Parisiens, soit dans les arrondissements, soit à l'Hôtel de ville. Ils font un travail tout à fait remarquable. Je rappelle que le budget de la ville de Paris est de plus de 32 milliards de francs. Il faut ajouter à cela naturellement, tout ce qui concerne la préfecture de police - cela n'est pas rien -, ou l'Assistance publique de Paris - autrement dit les hôpitaux. Si nous n'avons pas de collaborateurs, il est évident que nous ne pouvons pas remplir correctement notre mandat."

Pourquoi la loi ne vous accorde-t-elle pas le droit à ces collaborateurs alors ?

- "Franchement, je ne sais pas. Je pense que cela fait partie des lois générales, tout à fait bien. Et quand on est dans une ville comme Paris, avec autant de fonctionnaires, des dossiers d'urbanisme, de transport, culturels, je passe ..."

Donc, vous avez joui de facilités au-delà des lois ?

- "Non, pas du tout. Nous n'avons joui d'aucune facilité. On nous a donné, chichement d'abord, un peu plus sur le tard, des collaborateurs nous permettant d'étudier ensemble les dossiers. Car, comme vous le savez, beaucoup d'élus travaillent, et le mandat de conseiller de Paris est un mandat lourd. Ce mandat ne permet pas d'avoir un plein temps. Ce que je voudrais préciser, c'est que, quand monsieur Séguin fait cette petite action à la marge, cela montre qu'il est dans les cordes. En effet, depuis qu'il est candidat à Paris, tout le monde le voit, il n'y a aucune proposition originale ou nouvelle, venant du candidat de la droite orthodoxe. Il est dans les cordes et il n'arrive pas à décoller."

Qu'est-ce que vous avez pensé quand vous avez entendu cela ?

- "Franchement, je ne l'ai pas entendu, c'est vous qui me l'avez appris quand je suis arrivé et comme vous le constater, cela ne m'émeut pas parce que ce sont des petits procès d'intention qui révèlent une ignorance totale du travail qu'il y a faire à Paris. J'ai d'ailleurs noté dans certaines de ses propositions fantaisistes que M. Séguin est loin de connaître les réalités parisiennes. Deuxièmement, c'est un bon signe, parce que quand on en arrive là, quand on tombe à ce degré de polémique, c'est véritablement qu'on n'a rien à dire."

Il a aussi dit qu'une de vos têtes de liste, le maire sortant du 3ème arrondissement, M. Aidenbaum, - il n'a pas dit son nom -, était mis en examen. Est-ce que ce n'est n'est pas un problème pour vous d'avoir une tête de liste mise en examen ?

- "M. Aidenbaum est maire du 3ème arrondissement, membre du PS. Le PS a invité ceux qui étaient mis en examen à ne pas se représenter. C'est ce qui a été le cas pour plusieurs d'entre eux. Mais dans le cas particulier, je crois savoir qu'il s'agit d'un dossier concernant la Licra dont il était président. C'est un dossier que je ne connais pas. C'est à M. Aidenbaum ou au PS de décider. Encore une fois, je connais bien M. Toubon, il est maire du 13ème arrondissement, et l'autoriser à être deuxième de liste et le récuser pour être chef de liste, il a quelque chose qui ne tourne pas rond ! Ou bien il est présentable ou bien il ne l'est pas. Les grosses astuces de M. Séguin sont indignes d'un débat politique pour la capitale. Il dit que la campagne ne démarre pas, mais qu'attend-il ?"

Est-ce qu'il faut libérer M. Papon, comme le demande M. Badinter ?

- "Non. Je considère que ce qu'on lui reproche, ce pour quoi il a été condamné, justifie parfaitement, malgré son âge, qu'il reste en prison. Il aurait fallu libérer le maréchal Pétain ? Il y a tout un tas de choses dans la vie sur lesquelles, au nom des droits de l'homme, on ne peut passer."

Pour finir, vous souhaitez que J.-P. Chevènement, président de votre mouvement, soit candidat à la présidentielle ?

- "L'heure n'est pas venue d'aborder ces questions. Nous sommes entrés dans la période des municipales..."

Cela se prépare à l'avance...

- "Evidemment. Si les circonstances le permettent, il est souhaitable et nécessaire, pour la France et pour la République, que J.-P. Chevènement soit candidat."

(Source http://sig.premier-ministre.gouv.fr, le 16 janvier 2001)

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