Entretiens et conférence de presse de M. Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, avec le "Club de la presse francophone", "Radio Zet" et "TVP2", sur les négociations en vue de l'adhésion de la Pologne à l'UE, Varsovie, le 16 mars 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretiens et conférence de presse de M. Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, avec le "Club de la presse francophone", "Radio Zet" et "TVP2", sur les négociations en vue de l'adhésion de la Pologne à l'UE, Varsovie, le 16 mars 2001.

Personnalité, fonction : , , VEDRINE Hubert.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

Circonstances : Déplacement de M. Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, en Pologne, le 16 mars 2001

ti : Entretien avec le "Club de la presse francophone"


J'ai été très pris lors de la Présidence française et même avant. Donc à la fin de cette présidence qui était lourde et difficile, surtout à cause de la CIG, j'ai souhaité reprendre un contact plus direct avec un certain nombre de pays candidats en commençant par la Pologne. Après Nice, la grande affaire maintenant c'est de réussir l'élargissement, et c'est pour cela que je suis venu d'abord à Varsovie. Voilà, c'est tout ce que je voulais dire pour expliquer le contexte de cette visite.

Q - Quelle est la position de la France vis-à-vis des travailleurs polonais ?

R - Je pense qu'a priori il n'y a pas de grand problème. Mais si l'Allemagne a de gros problèmes, et ce qui semble être le cas, il faut qu'on puisse en discuter. Pour nous ce n'est pas un problème prioritaire, mais il faut l'analyser. Les négociations d'élargissement doivent permettre de tout traiter. La pire des choses en matière de négociation d'adhésion, c'est si on ne parle pas des problèmes. C'est comme cela qu'on perd du temps. Si on veut avancer vite, pour l'adhésion de la Pologne, il faut que les problèmes soient traités. Et donc mettre les des difficultés sur la table. On sait que l'Allemagne et l'Autriche ont de grosses préoccupations sur la libre circulation ; l'Espagne la Grèce, l'Italie, ont peut-être des problèmes avec les fonds structurels, car il ne voudrait pas que leur part soit diminuée.

La France peut avoir des problèmes, mais je n'en sais rien encore, puisque la négociation n'a pas eu lieu. Elle pourrait avoir des problèmes avec les subventions agricoles si l'adhésion de nouveaux pays changeait complètement la répartition des subventions à l'intérieur de la PAC. De son côté la Pologne a un certain nombre de problèmes : le problème de l'achat des terres où la Pologne souhaite que cela ne soit pas possible tout de suite, avant une longue période de transition.

En raison du respect des règles du marché unique, la Pologne a fait un certain nombre de demandes de dérogations, et même chose pour la PAC. Donc je ne peux pas vous répondre sur un petit morceau du problème. Ce n'est pas une question qui peut se résoudre entre Français et Polonais, il s'agit d'une négociation à quinze, donc il faut clarifier le problème et traiter des différents sujets, et puis on verra.

Q - Mais demandez-vous une période transitoire avant la libre-circulation de ces gens ?

R - Nous n'avons rien demandé, mais si dans la négociation la Pologne nous dit "c'est tout à fait vital pour nous d'avoir une période de transition", peut-être pas très longue, parce que la négociation fera peut être évoluer les choses, on verra à quinze si on se met d'accord pour soutenir une demande allemande. Une négociation c'est quelque chose de vivant, sur certains points où c'est la Pologne qui a fait des demandes, elle va évoluer dans la négociation. Peut-être qu'à la fin la Pologne ne demandera pas les mêmes dérogations. La négociation c'est une dynamique, et à un moment donné il faut faire des arbitrages, mais on n'en est pas là.

Q - Vous avez décidé la suppression des visas pour les étudiants ?

R - J'ai voulu faire un geste en raison de la qualité des relations bilatérales franco-polonaises, et sans attendre la fin de la négociation à quinze sur la libre circulation, c'est un problème parmi d'autres. Je ne pense pas que les Allemands et les Autrichiens se préoccupent en priorité des étudiants. Il faut que vous le perceviez comme un vrai geste de la France par rapport à la Pologne, je ne crois pas que cela gêne les autres. On est libre de prendre des décisions à titre national. Je ne peux pas m'engager à la place des autres. Pour les étudiants ce serait certainement très bien. Mais cela ne rend pas inutile la négociation d'ensemble.

Q - Les relations franco-polonaises, c'est le désamour ? Il y a eu des problèmes à propos de Nice et de l'Iraq ?

R - Cela fait deux incidents qui n'en sont pas. C'est vrai que j'ai vu des commentaires de ce type mais je trouve cela tout à fait étonnant, car quand on voit les relations entre la France et la Pologne, je ne comprends pas comment on peut partir de deux problèmes qui n'en sont pas (je vais vous dire pourquoi) pour bâtir une espèce de roman comme quoi cela change les relations franco polonaises. Il y a une disproportion incroyable entre ces deux petites choses et les commentaires qui sont faits.

Dans les relations entre des pays amis, très proches, il y a toujours des sujets sur lesquels on est d'accord, des sujets sur lesquels on n'est pas d'accord, et des sujets entre les deux sur lesquels on travaille pour rapprocher les positions. Cela est la situation normale des relations bilatérales dans le monde et de la diplomatie.

Même entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, on peut imaginer qu'ils sont d'accord tout le temps, mais ce n'est pas vrai. Il y a toujours cinq ou six sujets sur lesquels les Américains et les Britanniques ne sont pas d'accord. Même au sein du Benelux c'est comme cela : ils ne sont pas d'accord sur tout tout le temps, donc la première chose c'est d'être cool, et quand il y a des points de divergence, cela fait partie de la vie internationale.

Entre la France et la Pologne, il y a eu deux faux incidents. A Nice, où les négociations ont duré des heures et des heures, avec un nombre considérable de calculs qui ont été faits, la France en tant que présidente, écoutait les demandes des uns et des autres, et on retravaillait sans arrêt. Je peux vous dire qu'il y avait des changements énormes d'une grille à l'autre, sur beaucoup de sujets. Et la seule grille qui compte, c'est celle de la fin, sur laquelle tout le monde s'est mis d'accord. Et il y a plusieurs pays qui, selon les grilles, n'avaient pas le même nombre de voix, de parlementaires européens, y compris la France d'ailleurs.

Il y a eu des dizaines de calculs qui ont été faits comme cela. Il y a eu des effets mécaniques avec par exemple ce qui a été donné à l'Espagne, parce que cela en donnait moins aux autres. Et cela a tenu quelques minutes. Puis c'était modifié à nouveau pour tenir compte d'autres critères. Je ne sais absolument pas pourquoi cette grille d'étape est sortie, ni pourquoi cela a été présenté comme étant une sorte d'accord avec un nombre de voix insuffisants pour la Pologne, et comme si cela était un scandale monumental, alors que ce n'était rien du tout, que ce n'était qu'un moment de quelques minutes. Tout le monde savait très bien que cela ne pouvait pas être la grille finale.

Les gens qui savent ce qu'est un Conseil Européen, un sommet dans lequel on négocie trois nuits de suite peuvent très bien comprendre qu'entre trois heures du matin et trois heures cinq une grille qui est remplacée par une autre puis par une autre, ... est un problème qui n'existe pas. La seule chose intéressante est ce sur quoi les Quinze se sont mis d'accord à la fin. Tant qu'il n'y a pas d'accord, il n'y a pas d'accord. Donc pour moi, c'est un faux problème.

Il y a un autre épisode, c'est l'histoire de l'Iraq. Les bras m'en tombent, je dis cela pour ceux qui parlent bien le français. Quand il y a eu les bombardements anglo-américains sur l'Iraq, nous les avons désapprouvés, comme on l'avait fait d'ailleurs sous Clinton, car ils n'avaient pas de rapport avec la mission initiale. Je me suis retrouvé dans une émission de télévision, et on me demande quelle était ma réaction dans le monde. Juste avant, on me donne une dépêche, qui faisait la liste des réactions, et les deux seuls pays qui étaient mentionnés dans cette dépêche que je n'ai pas inventée, moi, ceux qui approuvaient la mission étaient le Canada et la Pologne.

Et sans aucune malice ni méchanceté, sans aucun désir d'ingérence, j'ai simplement dit "eh bien pour le moment il y a deux pays qui ont approuvé". Et c'est tout. On a appris après qu'en Pologne la personne qui s'était exprimée n'avait pas qualité pour parler au nom du gouvernement, que ce n'était pas tout à fait le point de vue polonais, je n'y peux rien : c'était un problème polono-polonais, pas franco-polonais.

Alors peut-être que la dépêche était imprudente, que ce n'était pas marqué sur la dépêche "Monsieur le Ministre, entre parenthèses qui n'a pas le droit de parler au nom du gouvernement polonais", a fait la déclaration suivante... Moi je suis d'une bonne foi totale. La seule réaction qui retient l'affaire à Varsovie, c'est de dire que le ministre français a été trompé par une dépêche qui ne contenait pas des informations exactes. C'est tout.

Alors prendre ce genre d'événement médiatique comme étant la preuve qu'il y a quelque chose de changé dans les relations franco-polonaises, cela prouverait bien qu'il n'y a aucun problème, car s'il faut aller chercher quelque chose comme cela, c'est à dire un problème créé de façon tout à fait artificielle, c'est que les choses sont bonnes.

Il y a deux sujets plus sérieux qui méritent des explications et des dialogues comme j'en ai eu beaucoup aujourd'hui, c'est la question de l'élargissement, et de la défense européenne.

Sur la défense européenne, c'est vrai qu'en France un certain nombre de gens pensent que la Pologne a une conception à l'ancienne sur ce sujet, et que d'autre part en Pologne les gens pensent que la France voudrait obliger la Pologne à choisir. Ce qui est épouvantable du point de vue polonais, c'est de choisir entre les Etats Unis et l'Europe. Ceux qui pensent cela en Pologne ou en France se trompent, puisque le problème ne se présente plus comme cela, depuis que la France et la Grande-Bretagne se sont rapprochés à Saint-Malo. Depuis que nous avons bâti un projet de défense européenne, qui renforce l'Alliance atlantique et son dynamisme, et qui en même temps a créé des mécanismes permettant à l'UE d'exercer une capacité de défense avec une certaine autonomie, nous avons surmonté la contradiction.

Donc je le répète, grâce au rapprochement franco-britannique, on est dans un système où les Britanniques sont à l'aise, donc j'imagine que les Polonais doivent être à l'aise aussi. Je vois parfois dans certains commentaires ou certains articles que l'on me traduit que cette crainte existe encore ; je crois que c'est un faux problème, ou qui est dépassé. Nous espérons bien que la Pologne jouera un rôle important dans la défense européenne, à l'avenir, y compris dans ces décisions en matière d'industrie d'armement. C'est important, il y a une cohérence.

Après il reste la question de l'élargissement, c'est une question sérieuse qui revient tout le temps. La France est un peu victime de son honnêteté là-dessus. Cela fait des années qu'on en parle, je dis les choses comme je le pense, certains pays en Europe n'hésitent pas à faire un peu de démagogie, alors que la France a toujours dit la même chose. Nous sommes honnêtes, francs, fiables. Aujourd'hui, un certain nombre de pays qui disaient que l'élargissement était une priorité absolue commencent à dire "attention, on a un problème". Nous, nous avons toujours dit qu'il y aurait des problèmes, avec franchise, comme dans une relation d'amitié. On a toujours souhaité que les problèmes soient mis sur la table, identifiés, traités, surmontés.

Ainsi, faire une réforme des Quinze avant l'élargissement ; c'est à cause de la France qu'il y a eu une CIG, on a respecté notre engagement. Ce n'est pas facile car le pays qui préside la CIG se fait disputer par tout le monde car la tension est grande : répartition du pouvoir, nombre de voix, nombre de sièges...

On a réussi à faire la réforme de l'UE en temps utiles. Et les ratifications auront lieu dans les temps prévus, je pense. Donc l'UE sera effectivement prête fin 2002, ou janvier 2003 à accueillir les pays qui seront en mesure d'entrer.

Ce qui est regrettable, c'est que pendant des années, des pays soient venus dire en Pologne, à Budapest, à Prague, "nous sommes pour, alors que la France est contre". La France n'a jamais été contre, sinon il n'y aurait jamais eu d'ouverture de négociations. Il faut garder cela à l'esprit. D'autant que nous avons toujours dit qu'adhérer à l'UE n'était pas chose facile, que ce n'était pas comme s'inscrire à l' "Association des amis de la démocratie" : le marché unique, les politiques communautaires sont très exigeantes, les acquis communautaires sont de plus en plus considérables, on demande aux pays comme la Pologne des réformes énormes.

La seule façon de progresser c'est de négocier et de résoudre les problèmes : libre circulation, achat des terres, etc. Il ne faut pas dire tous les matins "nous sommes pour l'élargissement", il faut être constructif et résoudre les problèmes. Nous sommes favorables à ce que la présidence suédoise accélère le rythme, à ce que la Commission accélère le rythme : je dis cela si elle en est capable, car elle a plusieurs négociations à mener en même temps. M. Verheugen est très bien, mais il y a un problème de charge de travail. Il reste les traces d'une propagande anti-française, il faut dire les choses comme elles sont. Et cela a duré plusieurs années alors qu'il me semble que notre approche est celle qui permet d'atteindre l'objectif.

Q - Quand le Premier ministre fera-t-il une déclaration sur l'avenir de l'Europe, et est-ce que cela facilitera vos relations avec votre collègue allemand.

R - Je n'ai aucun problème de relations avec mon collègue allemand, à aucun point de vue. Pas de problème de relations diplomatiques ni intellectuelles, nous sommes devenus amis avec le temps. M. Fischer a fait un discours très intéressant, mais à cette époque la France était sur le point de prendre la présidence. Un pays qui prend la présidence ne peut pas s'engager trop nettement dans un camp contre un autre. Il doit essayer de faire se rapprocher les positions des uns et des autres.

Les problèmes dont Joschka Fischer a parlé, qui sont des idées sur l'Europe à long terme, ne sont pas à l'ordre du jour de la CIG. Pendant la CIG le délégation allemande a défendu ses thèses et ses revendications, qui n'avaient pas de rapports étroits avec le discours de M. Fischer. Je crois qu'il n'y a pas eu de contradictions par rapport à cela. Joschka Fischer a fait une réflexion à la fois comme homme politique et comme intellectuel sur l'Europe à long terme. Maintenant la question se pose de savoir quelle est la position des uns et des autres.

De très nombreux discours ont été réalisés, dont celui par exemple de Tony Blair, d'ailleurs, à Varsovie. A Nice, à quinze, nous avons décidé d'organiser le débat sur l'avenir de l'Europe. Comme il y a des élections importantes dans les grands pays d'Europe en 2001, 2002 et 2003, et comme nous voulons qu'il y ait un vrai débat démocratique, qui ne soit pas confisqué par des spécialistes du discours sur l'Europe, et comme nous voulons que les candidats puissent y participer, il fallait fixer l'échéance en 2004, avec des étapes. Cette année, c'est plutôt le débat démocratique. En 2002 ou 2003, il y aura vraisemblablement une convention, sur le modèle de ce qui a été utilisé pour rédiger la charte. Après il y aura une nouvelle CIG, puis un nouveau Conseil européen. L'ordre du jour est très ambitieux, c'est essayer de trouver la meilleure répartition du pouvoir possible, entre le niveau européen l'Etat-nation et les régions.

Certains disent qu'il faut faire une Constitution pour l'Europe, mais cela ne règle pas le problème, tout dépend de ce qu'on met dedans : on peut faire une Constitution qui donne tous les pouvoirs à l'Europe, ou faire une Constitution qui redonne tous les pouvoirs aux Etats-nations. Donc "Constitution" cela veut rien dire ; "fédération" cela veut rien dire : même chose, au sein d'une fédération on peut tout à fait faire varier le niveau des pouvoirs.

Donc le débat - et la Pologne devra s'engager dans le débat - va être : quel sera être le niveau de pouvoir européen, et qui exerce le pouvoir au niveau européen. Cela peut être les gouvernements tous ensemble, cela peut être la Commission sous sa forme actuelle, ou renforcée sous la forme d'un gouvernement européen, et quel pouvoir donne-t-on ou redonne-t-on aux Etats-nations, et quels pouvoirs on conserve, idem pour les régions. Par exemple, on sait que ce débat sur l'avenir de l'Europe a été demandé par GerhardSchroeder, sous la pression des länders, qui ont menacé de ne pas ratifier Nice, s'il n'y avait pas ce processus. Mais ils ne font pas cela pour faire une Europe fédérale "à la Fischer". C'est exactement le contraire en fait. Les länders ont demandé cela pour reprendre des pouvoirs qui sont au niveau européen, et les remettre au niveau des länders.

Donc, il faut s'attendre à un débat pendant trois ou quatre ans, qui va être très intéressant ; cette fois ci je le crois vraiment démocratique et très complet, mais qui dans un premier temps va être d'une extraordinaire confusion parce que les mêmes mots veulent dire tout et le contraire : Constitution, fédération, intégration, et puis cela va se décanter vers la fin, avec une autre question assez importante qui sera à trancher : est ce que les nouvelles dispositions sur l'organisation de l'Europe à long terme concernent toute l'Europe, ou est-ce que cela concerne un noyau ? Un noyau dur, ou une fédération d'Etats-nations comme avait dit Jacques Delors, un centre de gravité comme avait dit Joschka Fischer, ...

Est-ce que c'est un noyau ou c'est tout le contraire ? et si c'est un noyau, comment ceux qui n'y sont pas peuvent accepter la création du noyau ? Et puis comment cela marche entre les deux ? Est-ce qu'il y a des institutions pour le noyau dur, et d'autres institutions pour toute l'Europe, ou est ce que ce sont les mêmes ? Vous voyez que ce sont des questions extraordinairement compliquées, qu'il était prématuré de poser juste avant la présidence française, qui devait régler les problèmes qui n'avaient pas été réglés à Amsterdam, et qu'il est logique de poser maintenant, mais quand on voit la liste qu'on vient de faire et quand on voit la complexité, on voit qu'on aura pas trop de trois ou quatre ans pour maîtriser tout cela. Je sais bien qu'en Pologne - et je le comprends - la priorité c'est l'adhésion, mais la Pologne ne pourra pas attendre l'adhésion pour développer sa propre analyse, et ses propres suggestions sur l'avenir de l'Europe.

Q - Est ce que M. Jospin va s'exprimer à ce sujet ?

R - Oui, bien sûr. Mais c'est un débat sur trois ou quatre ans. Il parlera vraisemblablement au printemps, mais il ne parlera pas pour répondre à quelqu'un. Il parlera car c'est un sujet d'avenir important, et qu'il voudra se situer par rapport à cela. En n'étant ni utopiste ni immobiliste, en définissant une ligne qui pourrait être celle de l'ambition réaliste, entre les deux.

Q - Quel est l'avenir des relations culturelles franco-polonaises ?

R - Il faut toujours essayer de faire plus. La présence industrielle et les investissements sont considérables, ce n'est pas le gouvernement qui décide cela, ce sont les industriels et les investisseurs français. Le chiffre très élevé montre une très grande confiance des grandes entreprises françaises et des investisseurs français, en ce qui concerne l'avenir de l'économie polonaise. Donc cela c'est un très bon signe.

Pour le reste, il faudrait développer les autres volets, notamment la culture, et c'est pour cela que j'ai annoncé ce matin ce que nous avons décidé pour les étudiants : nous avons pris la décision de principe de supprimer le visa pour les étudiants polonais qui voudront venir en France à partir du mois de septembre, et pour les stagiaires qui iront dans des entreprises françaises, en tout cas quand ce sont des entreprises françaises qui sont représentées ici. Cette mesure est assez intéressante et vise à redonner un coup de fouet aux relations culturelles.

Q - Est-ce que ce sera réservé surtout aux étudiants qui font partie d'écoles supérieures franco-polonaises ?

R - Je n'ai pas dit surtout, j'ai dit d'abord. En fait en raison de certaines modalités pratiques. Et nous sommes au mois de mars, il faut nous laisser le temps de nous organiser. C'est une décision large./.


(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 mars 2001)
Entretien avec la radio polonaise "Radio Zet"


Q - Est-ce que la France a une attitude amicale vis-à-vis de la Pologne ?

R - Et dans l'autre sens ?

Q - Oui, la Pologne a une attitude tout à fait chaleureuse vis à vis de la France et ne comprend pas pourquoi la France nous traite d'une façon si tiède, ne souhaite pas notamment fixer une date pour notre adhésion à l'UE...

R - Il n'y a pas de tiédeur du côté de la France, il n'y a que de l'amitié.

La Pologne n'a pas besoin de la négociation pour être reconnue comme un grand pays d'Europe. Mais pour rentrer dans l'Union européenne proprement dit, pour mettre en oeuvre les traités, il y a en cours une négociation.

La Pologne négocie avec la Commission sur la base de positions établies à quinze, et la France ne souhaite qu'une chose, c'est que la négociation avance le plus vite possible. Cela veut dire que nous devons résoudre tous les problèmes le plus vite possible.

Q - Le plus vite possible, certes... mais nous souhaiterions entendre le plus tôt possible la date de notre entrée. Or la France ne veut pas fixer cette date...

R - Pourquoi dites-vous la France quand il s'agit en fait de la position des Quinze ? Les Quinze font remarquer que cela ne s'est jamais passé comme cela par le passé. Nous n'avions pas fixé de date a priori pour l'Espagne ni pour le Portugal.

Q - Mais il y en avait une pour la Grèce...

R - Non, il y a eu un objectif qui a été fixé quand la négociation arrivait pratiquement à sa fin. C'est typique du faux problème qui détourne l'attention des vrais problèmes qu'il nous faut traiter, si nous voulons avancer. Or, si nous voulons atteindre notre objectif le plus rapidement, il ne faut pas adopter une approche sentimentale ou chercher à résoudre d'abord le problème de la date. Il faut prendre les problèmes les uns après les autres, les plus difficiles, et y apporter des solutions.

Les Allemands disent qu'ils ont un problème sur la libre circulation, l'Espagne aura peut-être un problème avec les fonds structurels, la France aura peut-être un problème avec la PAC, dans un premier temps. A l'avenir, la Pologne et la France auront nécessairement des positions très proches sur les questions de la PAC.

De son côté, la Pologne a un certain nombre de problèmes et demande un certain nombre de dérogations et de périodes de transition. Ce qui nous rapprochera de l'adhésion, c'est la résolution de ces questions.

Et quand la présidence suédoise dit qu'elle veut faire de l'élargissement sa priorité, nous la soutenons à fond.

Q - Est-ce que vous comprenez le problème polonais quand la Pologne demande une période de 15 ans avant que les étrangers puissent acheter de la terre en Pologne ?

R - Oui, je comprends très bien qu'il y a là un problème, les responsables polonais me l'ont expliqué. La négociation sert justement à cela. C'est pour cela que l'on ne peut ni l'accélérer, ni la retarder artificiellement. Il faut résoudre les problèmes sérieusement. Pour qu'il n'y en ait plus quand la Pologne sera entrée. C'est d'ailleurs à la Commission d'intensifier son rythme.

Ce n'est pas la France qui va l'en empêcher, je peux vous l'assurer.

Q - Je comprends bien, mais est-ce que vous pouvez comprendre une période de 15 ans, est-ce que la France peut le comprendre ?

R - Je ne peux pas me prononcer sur le plan technique. Peut-être que dans la négociation qui va avoir lieu, vous allez vous apercevoir que vous n'avez pas besoin de 15 ans, que cela va marcher avec moins. Mais si la Pologne a fait état d'un problème sur ce point, il doit être examiné.

Il y a toutes sortes d'autres points où la Pologne demande des transitions, des dérogations qui vont être également examinés, sans a priori.

Q - Qu'est-ce que la Pologne va apporter à l'UE ?

R - On peut répondre d'une façon historique à cette question : on peut parler de l'apport remarquable de la Pologne à l'histoire de l'Europe, c'est vrai sur le plan culturel, on peut dire aussi que la Pologne apportera une vision irremplaçable des problèmes de cette partie de l'Europe. On le voit à propos de l'Ukraine. Je suis sûr que la Pologne est le pays d'Europe le mieux placé pour faire quelque chose d'utile pour l'Ukraine. En termes économiques, la Pologne va apporter un grand nombre de consommateurs pour le marché unique.

En tout cas, on ne peut parler d'une Union européenne élargie sans la Pologne, cela est inconcevable. La place de la Pologne dans l'Europe de demain est une évidence.

Q - Comment considérez-vous le président ukrainien Leonid Koutchma ? Est-ce selon vous un démocrate ?

R - Il a été élu d'une façon démocratique. La question n'est pas tellement de classifier mais de savoir ce que l'on peut faire d'utile par rapport à la situation en Ukraine. Et là, je le répète, la Pologne par sa situation géographique, par son voisinage, par sa connaissance du sujet, est sans doute mieux placée que tout autre pays.

Q - La situation est telle qu'aujourd'hui un certain nombre d'Ukrainiens ne veulent plus du président Koutchma. Il y a des manifestations qui sont réprimées par la force...

R - C'est pour ça que différentes tentatives ont lieu. Il y a quelques jours avec le président polonais, le président Chirac et le chancelier Schroeder ont estimé très utile que le président polonais essaie d'améliorer les choses.

Q - Monsieur le Ministre, dites-nous pourquoi vous avez tenté de vous immiscer dans les affaires intérieures polonaises...

R - Je ne vois pas à quoi vous faites allusion.

Q - Je veux parler de l'Iraq. Vous avez dit que la Pologne soutenait les bombardements américano-britanniques en Iraq...

R - J'ai lu une dépêche d'agence. Ce n'est pas une ingérence, je suis même stupéfié que l'on puisse présenter cette affaire comme cela...

J'ai participé à une émission comme celle-ci et les journalistes m'interrogeaient sur les réactions des différents pays. On m'a remis une dépêche d'agence qui récapitulait les réactions faites depuis deux jours. Parmi ces déclarations se trouvait une déclaration polonaise que j'ai citée comme aurait pu le faire n'importe quel lecteur.

Q - Mais ce n'était pas une déclaration du gouvernement polonais...

R - Mais personne ne le savait ! La dépêche d'agence la présentait comme cela. Cela a peut-être été un problème polono-polonais, mais il ne faudrait pas en exagérer l'importance. Peut-être la dépêche était mal présentée, mais encore une fois, je suis un lecteur innocent, c'est tout, ceci est un non-problème. J'ai d'ailleurs été ahuri de voir l'importance que cette affaire a prise.

Q - La Pologne a été, à son tour, très surprise que la France se prononce ainsi. Je ne sais pas si vous le savez mais l'Iraq a même menacé la Pologne de sanctions. Vos déclarations sont donc également citées par d'autres agences...

R - Je n'y puis rien. Je me suis borné à lire une dépêche qui citait une réaction polonaise, que je n'ai d'ailleurs pas inventée.

Q - Mais, encore une fois, ce n'était pas une déclaration polonaise, c'était la déclaration d'un des conseillers du Premier ministre...

R - La dépêche reprenait les réactions dans le monde sur l'Iraq. Il y avait marqué : Pologne, déclaration d'un conseiller du Premier ministre. Ce n'est pas la réaction de la Chine ou du Brésil. Encore une fois, je considère donc que ce problème ne me concerne pas sauf si vous voulez recréer un incident d'une manière tout à fait artificielle. Il n'y a jamais eu pour moi d'incident, il n'y a jamais eu de problème franco-polonais, et dès que les responsables polonais ont vu comment cela s'était passé techniquement, ils ont abandonné l'idée que cela aurait pu être un incident franco-polonais. Cela n'a occupé aucune place dans nos conversations.

Q - En tout cas, le ministre qui a prononcé ces déclarations a dû démissionner...

Q - Est-ce que le fait que les Etats-Unis, qui sont membres de l'Otan, attaquent l'Iraq sans consulter les autres membres de l'Alliance atlantique constitue un problème pour la France ?

R - Non, ce sont des problèmes tout à fait différents. Ce n'est pas en tant que membres de l'Otan qu'ils ont mené cette action. D'ailleurs, l'Otan n'a aucune compétence en Iraq. L'Otan, c'est l'Organisation du traité de l'Atlantique nord. C'est une organisation qui a une compétence géographique précise. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne n'invoquent jamais l'Otan lors de ces actions en Iraq. Ils n'ont aucune raison de demander quoique ce soit aux autres membres de l'Otan.

Après la guerre du Koweït, la France a fait partie quelque temps d'un système de surveillance aérienne du nord et du sud de l'Iraq pour empêcher que Saddam Hussein réprime les Kurdes et les Chiites. Au début, nous y avons participé en tant qu'observateurs.

Il y a deux ou trois ans, nous avons estimé que ces missions débordaient de leur but initial. Nous l'avons dit aux Américains et aux Britanniques, ils ont poursuivi cette politique, et donc nous, Français, nous avons cessé d'y participer. Et nous avons toujours critiqué ces opérations quand elles sortaient des zones de protection. C'est ce que nous avons fait il y a quelques semaines. J'observe d'ailleurs que la nouvelle administration américaine dit elle-même que la politique de sanctions à l'égard de l'Iraq ne marche pas. Ils sont en train de réfléchir à une politique de sanctions dites plus intelligentes. Et nous en parlons avec eux.

Q - Comment considérez-vous la Pologne ? Estimez vous qu'elle est trop pro-américaine ?

R - Non, je pense que c'est un pays qui est aussi attaché aux Etats-Unis et à l'Alliance atlantique qu'à l'Europe, pour toutes sortes de raisons historiques évidentes.

Il y a quelques années, la Pologne aurait pu craindre d'avoir à choisir entre son attachement à l'Alliance atlantique et son attachement à l'Europe. Mais je voudrais rassurer les Polonais qui pensent encore comme cela : depuis trois ans, la Grande-Bretagne et la France ont rapproché leur position, et nous avons proposé aux autres Européens, qui en ont été d'accord, une approche vers la défense européenne. Ce système que nous avons bâti concilie l'Alliance atlantique, qui fonctionne bien, et une nouvelle capacité européenne avec une autonomie de décision sur la défense.

Etant donné que ceci est une synthèse des conceptions françaises et britanniques, les Polonais devraient s'y sentir à l'aise. Nous souhaitons d'ailleurs que la Pologne joue un grand rôle dans la défense européenne de demain, y compris en matière d'industrie de l'armement.

Q - Merci beaucoup Monsieur le Ministre, je voudrais vous demander quelques mots pour les auditeurs de Radio Zet...

R - D'abord, je suis sûr que c'est agréable pour eux d'entendre des émissions que vous animez. Je voudrais leur dire que les Français seront très heureux quand la Pologne sera complètement dans l'Union. Pour nous, elle y est déjà un peu. J'ai insisté ce matin auprès de mes interlocuteurs sur l'intérêt que nous attachons aux idées de la Pologne sur l'avenir de l'Europe à long terme. Il vous reste à terminer rapidement la négociation d'adhésion. Tout le monde veut vraiment régler les problèmes qui restent ! ./.


(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 mars 2001)
Entretien avec la chaîne de télévision polonaise "TVP2"


Q - (Sur la défense européenne)

R - Je pense qu'en Europe un certain nombre de gens pensent que, au début, c'est à dire quand la Pologne a retrouvé un régime démocratique, la priorité de la Pologne, compte tenu de ce qui s'était passé avant, notamment par rapport à l'Union soviétique, a été d'assurer sa sécurité, et donc d'avoir une priorité dirigée vers l'OTAN. Et cette démarche peut se comprendre.

Mais il me semble qu'après la Pologne a découvert l'Union européenne, avec simplement la crainte qu'on lui demande de choisir entre les Etats-Unis et l'Europe, notamment en matière de défense. Ce problème aurait pu se présenter ainsi il y a quelques années, et ce ne serait plus le cas aujourd'hui, puisque depuis le rapprochement de l'alliance de la Grande-Bretagne et la France au sommet de Saint Malo, les deux pays ont défini un projet de défense européenne, qui respecte tout à fait l'Alliance atlantique, qui renforce même cette Alliance atlantique, mais qui permet à l'UE d'exercer des capacités en matière de défense, d'acquérir une autonomie de décision.

Nous avons surmonté cette contradiction apparente et aujourd'hui nous sommes dans un système où les Français sont à l'aise et les Britanniques aussi. Alors je suppose que les Polonais seront particulièrement à l'aise par rapport à cela. Je crois qu'il faut remettre dans leur contexte historique un certain nombre d'attitudes, il y a des interrogations d'autres Européens sur la Pologne, et considérer que nous sommes aujourd'hui, en 2001, dans une situation tout à fait nouvelle.

Tout ce que j'ai à souhaiter à ce sujet, c'est que la Pologne participe pleinement, demain, dès qu'elle sera dans l'Union. Avec la Pologne qui est un partenaire important de l'Union élargie en matière géopolitique, nous avons déjà un dialogue, nous souhaitons que la Pologne joue un rôle très important en matière de défense européenne, par ses engagements, par ses décisions en matière d'industrie d'armement, et sur tous les plans.

Q - Sur la politique polonaise trop pro-américaine et les obstacles aux négociations ?

R - Je n'ai pas dit ça, je n'ai formulé aucune appréciation de la part de la France sur la Pologne, et je ne vois pas pourquoi je le ferai. Et cela ne fait pas partie des sujets qui font partie de l'acquis communautaire. Chacun entre dans l'Union européenne avec sa propre personnalité, sa propre identité, son histoire, sa vision de l'avenir, et tout cela est respecté par l'Union européenne. Et puis les membres de l'Union européenne peuvent très bien travailler pour harmoniser leur politique étrangère. Cela n'est pas un sujet des négociations d'adhésion, et de toute façon le problème ne se pose pas.

Q - (Sur l'Iraq)

R - En quelques mots c'est une position française, puisque ce n'est pas un sujet sur lequel les Quinze ont une position tout à fait harmonisée. La position française, c'est qu'à propos de l'Iraq, il faut réussir à assurer la sécurité régionale, en fait la sécurité des voisins de l'Iraq.

Nous sommes depuis quelques années de plus en plus défavorables au système actuel d'embargo. Il pénalise la population et pas du tout les dirigeants. La population est également pénalisée par le régime, naturellement. Et tout ça s'ajoute, l'embargo provoque des trafics qui enrichissent le régime, et cette situation ne permet même pas d'exercer un contrôle.

Sur tous les plans la politique actuelle de sanction ne marche plus. Nous avons fait des propositions pour arriver à une meilleure concentration sur les contrôles. Je crois que la communauté internationale n'a plus besoin aujourd'hui d'une politique de sanction. Le terme n'est pas exact, il s'agit d'une véritable politique de contrôle et de vigilance, pour éviter que ce régime ne redevienne dangereux. C'est la position française depuis quelques années, et c'est pour cela que nous nous sommes réjouis de voir la nouvelle administration américaine annoncer qu'il fallait réfléchir à une politique de sanction plus intelligente. Il nous parait interessant que certains pensent que cette politique de sanction actuelle ne marche pas, qu'ils réfléchissent, et qu'ils échangent avec moi, mais aussi avec la Syrie, l'Arabie Saoudite, et je crois que cette réflexion américaine est intéressante pour la suite./.

Conférence de presse du 16 mars 2001


Après la présidence française qui était extrêmement prenante et qui s'est terminée par l'accord de Nice ouvrant la voie à l'élargissement, j'ai voulu reprendre un contact plus direct avec un certain nombre de pays candidats en commençant par la Pologne. Nous avons naturellement beaucoup parlé des questions européennes, de l'état des négociations d'élargissement. La France souhaite que ces négociations avancent le plus vite possible, c'est-à-dire que les problèmes soient réglés le plus vite possible. Nous encourageons la présidence suédoise dans ce sens. Nous avons également parlé du débat qui se développera sur l'avenir de l'Europe qui va se conclure en 2004 par une nouvelle CIG. A Nice, la France comme l'Allemagne a souhaité que les pays candidats soient associés à ce débat sur l'avenir de l'Europe. La France et la Pologne développent leurs réflexions sur ce débat démocratique et ses étapes. Nous avons parlé d'un grand nombre de questions de politique internationale : l'Ukraine, la Russie, les USA. Nous approfondirons nos échanges au cours du déjeuner.

Sur le plan bilatéral, nos relations sont globalement très bonnes. On peut toujours améliorer les choses. A titre d'exemple, j'ai indiqué à mon homologue polonais que sans attendre l'issue des négociations, nous avions déjà pris des décisions : à partir de septembre prochain, les étudiants polonais qui voudront venir en France pourront venir sans visa. Cela ne concerne pas seulement des boursiers, bien entendu. Mais les étudiants en général. D'abord ceux qui travaillent dans le cadre des filières universitaires franco-polonaises et ce sera étendu aux autres après. Nous appliquerons la même mesure aux Polonais qui viendront en stage dans les entreprises françaises à partir du moment où ce sont des entreprises qui font partie de la Chambre de Commerce franco-polonaise.

Q - Dans quel sens se développe la discussion par rapport à l'Ukraine ?

R - J'ai fait remarquer que la Pologne me paraissait bien placée pour faire oeuvre utile pour aborder le problème ukrainien

Q - Est-ce que les étudiants auront les mêmes droits que les autres étudiants : droit de travailler par exemple ou droit à une carte de séjour ?

R - La réponse est oui. Mais ce que je vous ai annoncé là, c'est une décision de principe que nous allons mettre au point dans les détails. c'est pour cela que j'ai annoncé l'échéance de septembre.

Q - Qu'en est-il de la reconnaissance de diplômes français en Pologne ?

R - Je crois que cela peut être fait par des décisions entre universités. Ce n'est pas nous qui pouvons le faire, pas directement en tout cas. C'est un très bon objectif.

Q - Avez-vous parlé des malentendus entre la France et la Pologne ?

R - Le mot malentendu est important. Au sens propre du terme - malentendu -, on n'était pas en désaccord. On croyait être en désaccord. Plus on se parle, moins il y a de risques de malentendu.

Q - Avez-vous discuté de la situation économique et des relations économiques bilatérales ?

On n'en a pas parlé. On a pu consater que la situation était bonne pour l'instant. Il y a un grand dynamisme dans la relation franco-polonaise sur le plan économique./.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 mars 2001)


(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 mars 2001)

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