Interview de M. Christian Poncelet, président du Sénat, dans "La Dépêche du Midi" du 29 avril 2001, sur les annonces de licenciements et de plan sociaux. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Christian Poncelet, président du Sénat, dans "La Dépêche du Midi" du 29 avril 2001, sur les annonces de licenciements et de plan sociaux.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian, CARIES Françoise.

FRANCE. Sénat, président;FRANCE. RPR

ti : Propos recueillis par Mme Françoise CARIÈS

" Licenciements en avalanche : on n'obtient pas de miracle avec un droit coercitif "

"Le chômage a beau diminuer dans les statistiques, les annonces de plans sociaux sont tombées cette semaine en avalanche. Quand on fait la somme des gens touchés cela fait 20 à 30.000 personnes. Mercredi, à Alençon où je me suis rendu, j'ai mesuré la grande détresse de ces salariés peu qualifiés. Ces licenciements renvoient les entreprises et les hommes politiques à leurs responsabilités sociales.

Certaines entreprises qui avaient prévu des restructurations les ont différées jusqu'après les élections municipales parce que Wilvorde leur a appris que les turbulences sont plus fortes en période électorale. Il est évident aussi que certains responsables d'entreprise anticipent le risque. Le ralentissement de la croissance qui est déjà une réalité les y a poussé. Alors que le gouvernement a bâti son budget sur une croissance de 3,2 en 2001, elle serait au mieux de 2,7. Cette perspective a des conséquences sur leurs choix économiques. Les chefs d'entreprises craignent les prélèvements. Ils demandent des allégements de charges.

Dans une économie mondialisée, les remèdes à long terme ne peuvent être administrés dans l'urgence. On n'obtient pas de miracle avec un droit coercitif.

Ce n'est pas le rôle de l'Etat d'intervenir, mais il doit veiller à ce que les lois sociales soient appliquées et encourager les accords de branche. Un habit taillé pour tous ne convient pas à tout le monde. Il est évident que les aides publiques doivent être harmonisées au niveau européen, comme la fiscalité des sociétés. Il ne faut pas oublier que certaines délocalisations se produisent à ce niveau là. Sur le terrain, les mutations quelles qu'elles soient doivent s'accomplir en étroite collaboration avec les élus locaux. Le maire doit être un gestionnaire de proximité. Il faut s'assurer aussi de l'usage qui est fait des aides publiques.

(Source http://www.senat.fr, le 1er juin 2001)

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