Interview de M. Charles Pasqua, président du RPF et président du groupe Union pour l'Europe des nations au Parlement européen, à La Chaîne info, le 15 mai 2001, sur le financement du RPF, sa candidature à l'élection présidentielle, le débat sur la Corse, l'arrivée de Silvio Berlusconi au pouvoir en Italie et sur le fédéralisme proposé par l'Allemagne pour l'Union européenne. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Charles Pasqua, président du RPF et président du groupe Union pour l'Europe des nations au Parlement européen, à La Chaîne info, le 15 mai 2001, sur le financement du RPF, sa candidature à l'élection présidentielle, le débat sur la Corse, l'arrivée de Silvio Berlusconi au pouvoir en Italie et sur le fédéralisme proposé par l'Allemagne pour l'Union européenne.

Personnalité, fonction : PASQUA Charles, SEGUILLON PIERRE Luc.

FRANCE. RPF, président;UNION EUROPEENNE. Parlement européen, député

ti : Charles Pasqua, bonsoir.

Bonsoir.

Je suis ravi de vous retrouver à Strasbourg, au Parlement européen. Je rappelle que vous êtes le Président du Rassemblement Pour la France.

A Strasbourg, je suis Président du groupe Union pour l'Europe des Nations.

Voilà, à Strasbourg. Mais alors, je suis un peu étonné de vous retrouver à Strasbourg?

Pourquoi?

Il y a deux raisons pour cela. La première, c'est que je croyais que vous n'étiez plus député européen pour des raisons de cumul avec la présidence du Conseil Général des Hauts de Seine.

Mais le cumul ne joue pas pour l'instant dans la mesure où il y a eu un recours contre les élections du Conseil Général et contre moi même. Mais tant que ces recours ne sont pas purgés, je suis toujours parlementaire européen.

Donc, cela veut dire que vous allez rester parlementaire? Parce que les questions judiciaires sont très longues, ce genre de recours peut durer jusqu'aux présidentielles?

Non. Certainement pas, non. Je pense que c'est une affaire de quelques semaines, peut être deux ou trois mois, mais guère plus. Peut être quatre mois, soyons bon prince.

Vous même, vous êtes plutôt hostile à cette contrainte qui fait que vous ne pouvez pas cumuler et la présidence du Conseil Général et votre mandat de député européen?

Je trouve que les arguments qui ont été avancés pour justifier ce non cumul sont risibles. Parce que l'on considère qu'effectivement un exécutif n'est pas cumulable avec une fonction de parlementaire et dans ce cas, il faut que cela touche tous les parlementaires, européens ou nationaux. Pourquoi a t on fait cela? Tout simplement parce que Jospin voulait démontrer que sa volonté d'imposer le non cumul était totale. Et comme il ne pouvait pas le faire pour les parlementaires nationaux parce que le Sénat aurait bloqué les choses, il l'a fait uniquement pour les parlementaires européens.

Il y a une deuxième raison pour laquelle j'étais un peu étonné de vous retrouver à Strasbourg, c'est qu'en réalité on vous attendait aujourd'hui chez le juge Courroye à Paris, qui vous a convoqué comme témoin assisté.

Oui, enfin on verra cela la semaine prochaine.

C'est la semaine prochaine que vous allez le voir?

Oui, probablement. Je lui ai fait savoir hier, mais il le savait déjà, que le Parlement européen est en session et par conséquent, "l'entretien" est reporté.

Donc, vous avez rendez vous avec lui la semaine prochaine?

Oui, j'attend la fixation d'une date.

Vous y allez en toute sérénité?

J'y vais en toute sérénité et avec¿

Où vous êtes agacé? Il faut rappeler pourquoi vous y allez. Il vous convoque pour le financement illégal du RPF.

Pour le moment, moi je ne savais pas tout cela jusqu'à une date récente, jusqu'à une huitaine de jours, je ne le savais que par l'intermédiaire de la presse parce qu'on ne m'a jamais fait connaître les raisons pour lesquelles j'étais dans le collimateur des juges.

Pour le reste, vous avez bien été informé sur les tenants et les aboutissants.

Je ne sais pas si cela correspond bien à la réalité ou pas. Donc, dans une certaine mesure, je suis satisfait de rencontrer les juges parce que ce sera l'occasion de confronter leurs idées préconçues avec la réalité des faits. On verra bien ce qui en sortira.

Attendez, la réalité des faits : quand Jean Charles Marchiani, qui a beaucoup travaillé avec vous, qui est député européen également dit sur l'honneur que le RPF a été financé en respectant scrupuleusement la loi, vous êtes d'accord?

Evidemment.

Les comptes de campagne sont corrects, ils ont été vérifiés par la Commission Nationale ?

C'est la vérité, il n'y a pas de problème.

Jamais il n'y a eu d'accord avec les Angolais pour financer le RPF ?

Non, bien sûr que non. Laissons les juges faire leur office et les avocats le leur.

Attendez, comment expliquez vous que progressivement les juges¿

Je n'irai pas plus loin. Nous sommes dans un pays où malheureusement le droit n'est pas appliqué d'une manière correcte. Le devoir des juges, c'est d'instruire à charge et à décharge. Ce n'est pas d'avoir une idée préconçue sur quelque chose et ensuite d'essayer de trouver ce qui justifie leur analyse. Voilà, je n'en dirai pas plus.

Vous avez l'impression qu'ils fonctionnent comme cela, aujourd'hui?

Ce n'est pas une impression, c'est une certitude.

Cela veut dire que l'atmosphère autour de Charles Pasqua est un peu sulfureuse. On va essayer de trouver quelque chose?

Il n'y a pas d'atmosphère sulfureuse. Je voudrais bien savoir d'ailleurs ce que cela veut dire. La réalité est d'une autre nature, je pense qu'il y a eu un climat qui a été créé notamment par de Villiers - il faut bien dire les choses comme elles sont - et que là dessus, les juges ont imaginé un certain nombre de choses. La semaine prochaine, nous parlerons de tout cela.

Simplement, encore une chose. Je veux dire, quand un certain nombre de vos proches, comme Bernard Guillet qui est votre conseiller diplomatique ou d'autres, sont poursuivis par la justice, vous avez le sentiment d'un étau qui se resserre?

Je ne suis pas venu pour parler de cela. Je vous ai répondu parce que j'ai de l'estime pour vous¿

Ce sont des questions que l'on se pose, en dehors de l'estime pour moi.

Oui, d'accord. Mais si cela doit continuer comme cela, je ne vois pas l'utilité que je continue à rester ici.

Mais rester avec moi, restez avec moi.

Bien!

Dernière question : vous dites que vous ne comprenez pas très bien la manière dont fonctionnent les juges : franchement, est ce que vous avez le sentiment que certains cherchent à compromettre vos chances de vous présenter à la présidentielle. Est ce que quelquefois, vous soupçonnez l'Elysée de mauvais tours à votre encontre?

Non, je ne soupçonne pas du tout l'Elysée. D'ailleurs, je ne vois pas comment l'Elysée pourrait intervenir sur le juge, il ne peut pas le faire pour lui même. Alors, par conséquent, les choses sont claires.

Même si vous étiez mis en examen, vous continuez à vous présenter aux élections présidentielles?

Bien sûr, personne ne m'en empêchera, sauf Dieu.

Rien ne vous arrêtera?

Rien ne m'arrêtera.

Un certain nombre de vos amis, au Parlement européen¿

Monsieur Séguillon, je vais m'en aller.

Ce n'est pas une question de justice : pourquoi un certain nombre de députés vous ont quitté?

Demandez leur. Ils ont manqué à la loyauté et aux engagements au moins moraux qu'ils avaient pris. C'est leur problème, ce n'est pas le mien. Je le regrette, bien entendu, mais j'en prends acte. Nous vivons dans un monde qui est ainsi fait, où les gens ont de plus en plus tendance à ne pas tenir leurs engagements, c'est leur problème.

Alors, vous vous tiendrez votre engagement. Vous dites : quoi qu'il arrive, vous vous présenterez aux élections présidentielles. Quand vous regardez les sondages, le CSA l'autre jour vous donnait 3%, cela ne vous dissuade pas?

Je m'en fous complètement. Qu'est ce que cela veut dire, tout cela? Nous verrons bien trois mois avant les élections où chacun en sera.

Une élection présidentielle, une candidature, plus exactement une campagne, cela coûte cher. Vous allez arriver à trouver l'argent?

Je l'espère.

C'est lourd ?

Il est certain que tout ce qui a été fait depuis des semaines ne favorise pas les choses, mais je ne m'arrêterai pas et je pense que je trouverai les moyens nécessaires. Mais tout dépend de la campagne que l'on va faire. Je n'entends pas du tout rivaliser avec Jospin et Chirac. Je ne vais pas aller dépenser des dizaines de millions, d'abord parce que je ne les ai pas, et ensuite parce que je considère dans une certaine mesure que c'est se moquer des électeurs. Ou bien on a un message à délivrer et dans ce cas, les électeurs sont réceptifs, ou bien on fait seulement du "window dressing" comme vous diriez, c'est à dire on fait seulement de l'occupation médiatique, ou bien alors, on veut en organisant de grands shows, essayer de séduire les gens. Ce n'est pas du tout ma démarche.

Alors, parlons un instant de la Corse. Aujourd'hui à l'Assemblée Nationale va s'ouvrir le débat sur le projet de loi portant un troisième statut de la Corse, un problème que vous connaissez bien à la fois parce que vous êtes Corse et puis parce que vous avez été ministre de l'Intérieur. D'abord, est ce que vous avez le sentiment, objectivement, quand vous considérez les choses, que depuis que cette affaire a été lancée, la violence a diminué en Corse?

Non, je ne crois pas. Je crois que cela n'a rien à voir. Je crois qu'il y a une violence à l'état latent. On parle des attentats, c'est une chose mais on parle moins des assassinats, des hold-up, etc¿ Or la situation de la criminalité en Corse, le nombre des affaires non élucidées, est considérable. Mais pour revenir sur cette affaire, on parle des accords de Matignon : il n'y a pas eu d'accords à Matignon, il y a eu abdication de Lionel Jospin devant les revendications permanentes des nationalistes et il y a eu trahison d'un certain nombre d'élus Corses qui avaient été élus sur des idées inverses, à savoir l'affirmation du maintien de la Corse dans l'unité nationale et qui, pour des raisons d'opportunité ou je ne sais lesquelles, se sont engagés dans cette affaire. Le gouvernement pense ainsi régler le problème et mettre un terme à la violence et d'autre part il est persuadé que les nationalistes Corses, les indépendantistes peut on dire maintenant, ne veulent pas l'indépendance. Le signal que vient d'envoyer au gouvernement les principaux mouvements séparatistes en s'unissant dans un parti indépendantiste, est clair. D'ailleurs, Talamoni ne s'était jamais gêné de dire que leur objectif était l'indépendance. Donc, le gouvernement pense qu'ils n'iront pas vers l'indépendance et qu'il aura résolu le problème de la violence. Moi, je pense qu'il a choisi la voie de l'abdication et du déshonneur et je pense qu'il aura à la fois un chantage permanent de la part des nationalistes et avec à la clé un certain déshonneur pour son attitude qui est indigne.

A supposer que le texte qui va être voté passe par les fourches caudines du Conseil Constitutionnel, vous pensez que dès que cela va être adopté, une surenchère va recommencer de la part des nationalistes?

C'est évident.

Quand, par exemple, Alain Madelin dit que ce projet va couper l'herbe sous le pied des indépendantistes.

Madelin est naïf, ce qui a son âge est bien, c'est rafraîchissant.

C'est pardonnable.

C'est rafraîchissant. Mais pour un homme politique et quelqu'un qui veut occuper des hautes fonctions, la naïveté est un handicap.

Cà, c'est une gentillesse pour le candidat aux présidentielles.

Cela correspond à ce que je pense. Cela n'enlève rien à la sympathie que je peux avoir pour les uns et pour les autres.

Pour rester sur le problème Corse, vous dites que cette assemblée corse ne va pas représenter les Corses : il aurait fallu les consulter?

Non, premièrement Jospin n'était pas qualifié pour engager cette affaire sans être nommé devant le Parlement et avoir expliqué quelles étaient ses intentions. Tout cela s'est fait, contrairement à ce qu'il raconte, avec certains éléments de Matignon et les nationalistes. José Rossi a parrainé tout cela parce qu'il n'a qu'une ambition, c'est d'être le premier en Corse. Alors il pense qu'ainsi il va y arriver. Mais en réalité, le gouvernement a abdiqué purement et simplement devant les revendications permanentes des nationalistes. Quelles sont elles? Suppression des deux départements, une assemblée unique élue à la proportionnelle, enseignement obligatoire du corse et adaptation des lois de la République. Sur ces deux points, c'est inacceptable. C'est l'intégrité nationale qui est en péril et c'est l'unité nationale. Donc c'est une autre vision des choses: si cette affaire va jusqu'à son terme et cela interpelle aussi le président de la République, c'est une autre organisation de la France qui se mettra en marche. On aura donc une France beaucoup plus fédéraliste, une France fédérale dans laquelle on donnera le pouvoir dans telle ou telle région. Ceci est inacceptable.

Vous disiez, cela interpelle le président de la République. Vous voudriez qu'il se manifeste plus clairement?

Cela interpelle le président de la République parce que jusqu'à présent, il ne s'est pas tellement manifesté sauf cependant à dire le jour où il est intervenu à la télévision que si cette démarche allait jusqu'au bout, il faudrait consulter les Français par la voie du référendum parce qu'on déboucherait sur une autre organisation de la France.

Cà, vous le souhaiteriez?

Avant qu'on en arrive là, il y aura bien d'autres étapes. Pour le moment, on est en train d'imposer à la majorité des Corses un système dont ils ne veulent pas. Et on s'est bien gardé de leur demander leur avis. On a des gens qui sont fidèles à leurs engagements et qui sont sur le plan moral et idéologique honnêtes : ce sont les indépendantistes. Quand ils ont été élus à l'assemblée de Corse, ils ont été élus sur un programme disant nous revendiquons l'indépendance. Tous les autres, tous ceux qui depuis se sont ralliés à cette mascarade, ont trahi, parce qu'ils avaient été élus exactement sur les idées inverses. S'ils avaient eu les uns et les autres la moindre dignité, ils auraient démissionné et ils seraient revenus devant les Corses avec un choix clair, à ce moment là on aurait vu ce qu'il se passait.

Je change de sujet : l'arrivée de Silvio Berlusconi au pouvoir en Italie. Il va devenir président du Conseil, c'est quelque chose que vous trouvez plutôt bien ou au contraire qui vous inquiète?

C'est quelque chose que je trouve très bien. Je connais bien Berlusconi.

Les risques de confusion entre ses affaires personnelles, la gestion de l'Etat, le fait qu'il¿

Je crois qu'il se dégagera d'une partie de ses affaires, çà c'est souhaitable. Je crois que les partis de gauche ont utilisé d'une manière massive la télévision publique à leur profit - nous sommes assez malvenus pour donner des leçons à qui que ce soit - j'ai été comme tout le monde, comme une grande majorité des gens en tous les cas, comme la majorité des Italiens, j'ai été choqué par les pressions extérieures, par la campagne organisée par les journaux économistes britanniques¿

The Economist, par exemple.

Dont on sait que la préoccupation principale habituelle n'est pas la défense de la morale, mais l'intérêt financier. Je trouve cela assez scandaleux.

L'appel à la vigilance lancé par Hubert Védrine hier, le ministre des Affaires étrangères¿

Balayons devant notre porte! Nous ne sommes pas très bien placés pour donner des leçons à qui que ce soit. Qu'est ce que cela veut dire ? Et les Belges qui disent qu'il va falloir surveiller. Ils viennent de s'apercevoir qu'ils ont des partis pro nazis en pleine expansion dans leur pays. Qu'ils s'occupent d'abord de chez eux et qu'ils fichent la paix aux Italiens! Je me réjouis de voir les Italiens réagir comme cela. Les Italiens ont un certain sens de la dignité et de l'honneur et ils ont bien fait.

Puisque nous parlons de l'Europe, Gerhard Schröder en a proposé une configuration pour l'avenir très fédéraliste. Certains regrettent que les autorités françaises, notamment le Premier ministre, ne répondent pas plus rapidement. Qu'est ce que vous souhaiteriez qu'ils répondent?

Ce que je souhaiterais moi qu'ils répondent? Mais moi, je n'attends rien d'eux ! Je n'attends rien ni de Jospin, ni du président de la République, parce qu'ils ont grosso modo, eux aussi, une image fédérale de l'Europe.

Il propose une fédération d'Etats nations.

Vous pourriez m'expliquer ce que cela veut dire? Si c'est une fédération d'Etats nations, ce n'est plus une fédération.

C'est une expression contradictoire, selon vous?

Oui, c'est une confédération. Si les Etats nations subsistent, c'est une confédération. Dans le cas contraire, les Etats nations sont voués à la disparition. Or, je pense qu'avec des nuances et je pense que Messieurs Jospin et Chirac ont la bonne démarche, par conséquent je n'attends rien d'eux. Au moins, dans la presse française, commence t on à pouvoir lire des analyses qui dénoncent la duplicité de Monsieur Schröder, parce qu'il se déclare pro européen et pro fédéraliste¿

Pour les institutions mais pas pour les aides, pas pour la solidarité.

Mais en réalité ce qu'il propose, c'est un système qui défende très étroitement les intérêts de l'Allemagne. Voilà, c'est ce qu'il veut.

Cela veut dire que vous avez le sentiment qu'il y a une espèce de résurgence de la volonté de puissance allemande?

C'est évident. Mais il n'y a pas de quoi être choqué, c'est normal. L'Allemagne qui est une puissance économique, même si aujourd'hui elle a quelques difficultés, a retrouvé son unité. 80 millions d'habitants, elle aspire à redevenir une puissance politique. Mais en réalité, cela va plus loin. Je pense que c'est le choix entre deux conceptions, non seulement de l'Europe mais de la civilisation. Je pense qu'il y a d'une part avec la France et les pays du Sud une certaine défense de la romanité, et de l'autre côté c'est une vision germanique. Ce n'est pas nouveau.

C'est sur des thèmes européens à votre avis que va se jouer l'essentiel de la campagne présidentielle?

Je ne sais pas, non je ne crois pas. Je crois que cela se jouera d'abord sur la capacité des candidats à présenter aux Français une image claire de l'avenir tel qu'ils l'imaginent, pas pour eux, on sait très bien qu'ils espèrent être élus président, mais de l'avenir pour les Français et pour la France.

Dites moi, vous connaissez bien Jacques Chirac. Vous avez le sentiment qu'il a retrouvé une espèce de dynamisme, on le voit repartir en campagne?

Oui, je le crois. C'est un excellent animal de campagne, il n'y a pas de problème. Il n'est jamais aussi bon que lorsqu'il est dans une campagne électorale.

Si vous deviez miser aujourd'hui?

Je ne miserai sur personne, parce que je pense que les jeux ne sont pas faits, que tout reste ouvert et qu'au fur et à mesure que nous nous approcherons des élections présidentielles, la prime donnée au sortant, Monsieur Chirac, ou à celui qui a dirigé le gouvernement et qui comptait sur son bilan, tout cela sera en grande partie effacé et il faudra mettre sur la table non pas ce qu'on a fait comme Monsieur Jospin, ou ce qu'on a voulu faire comme Monsieur Chirac, mais la vision du monde et de la France et de l'Europe.

En tous cas, Jacques Chirac peut compter sur vous au deuxième tour?

Nous ne sommes pas au deuxième tour.

Je vous posais cette question, puisque vous êtes resté avec moi jusqu'au bout.

Nous ne sommes pas au deuxième tour, nous verrons bien.

Merci d'être resté jusqu'à la fin de l'émission.

Merci à vous.


(Source http://www.rpfie.org, le 22 mai 2001)

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