Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur le réseau national de recherche et d'innovation en technologies logicielles (RNTL), instrument de la politique de recherche et développement de l'industrie du logiciel en France, Paris, le 26 avril 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur le réseau national de recherche et d'innovation en technologies logicielles (RNTL), instrument de la politique de recherche et développement de l'industrie du logiciel en France, Paris, le 26 avril 2001.

Personnalité, fonction : PIERRET Christian.

FRANCE. SE à l'industrie

Circonstances : Colloque du RNTL à la cité des sciences et de l'industrie Paris-La Villette, le 26 avril 2001

ti : Monsieur le Président du RNTL (G. ROUCAIROL)
Mesdames, Messieurs,


Je voudrais tout d'abord saisir l'occasion de ce premier colloque du Réseau National de Recherche et d'Innovation en Technologies Logicielles pour mettre brièvement en perspective l'action de ce réseau. A ce titre, je rappellerai que le soutien apporté au RNTL par le Ministère chargé de l'Industrie doit être resitué dans une politique d'ensemble.

En premier lieu, le lancement du RNTL, auquel mon collègue en charge de la Recherche et moi-même avons procédé le 14 janvier 2000, est une initiative qui s'inscrit dans la politique de création de réseaux de recherche et d'innovation technologiques, lancée par le Premier ministre lors des Assises de l'Innovation de mai 1998.

En ce qui concerne les technologies de l'information et de la communication, qui sont un axe prioritaire de la politique du Gouvernement, je citerai, à côté du RNTL :
- le RNRT, créé en 1998, pour les Télécommunications,
- le RMNT, créé en 1999, pour les Micro et nanotechnologies,
- le RIAM, créé en 2001, pour l'Audiovisuel et le multimédia.

En second lieu, le RNTL s'inscrit dans la politique spécifique que le ministère développe depuis un peu plus de deux ans pour le soutien à la recherche et à l'innovation dans le secteur du logiciel. Cette politique repose sur deux composantes :
- l'une à vocation européenne : le programme Eurêka ITEA, ciblé sur le " middleware " et sur les systèmes à fort contenu logiciel, qui a été lancé en 1999, largement sous l'impulsion de la France,
- l'autre à vocation nationale : c'est le RNTL.


Je voudrais souligner que, si cette politique spécifique au logiciel a été mise en ¿uvre, c'est sur la base d'une analyse précise qui conduit à identifier l'industrie du logiciel comme un axe stratégique. Je vois toute une série de raisons à cela :
- le logiciel est le plus dynamique des marchés de l'informatique,
- le poids relatif de l'industrie du logiciel dans l'économie ne cesse d'augmenter,
- le logiciel est une composante essentielle d'évolutions majeures, telles que le développement de l'Internet et des services associés ou que la convergence entre les télécommunications, l'électronique grand public et l'informatique,
- de plus en plus de fonctions, jusqu'ici traitées par le matériel, sont progressivement transférées au niveau du logiciel,
- c'est ainsi que le logiciel représente une part prédominante de la valeur ajoutée intégrée dans un nombre sans cesse accru de produits et systèmes, allant des téléphones portables à l'automobile,
- des logiciels très complexes sont au c¿ur de systèmes critiques, dans des domaines tels que la finance, les transports, la défense ou les télécommunications,
- le développement du logiciel contribue fortement à la compétitivité des entreprises des autres secteurs, non seulement parce qu'il permet des gains de productivité, mais aussi parce qu'il se traduit par d'importants avantages concurrentiels en termes de nouvelles applications et de nouveaux services.

Voilà donc ce que je voulais dire à propos de la mise en perspective de l'action du RNTL.

Mais ce colloque doit également être l'occasion d'un point d'étape de cette action. A ce propos, je me référerai, pour ma part, aux deux objectifs principaux qui ont présidé à la création du RNTL.

Le premier objectif assigné au RNTL consiste à contribuer à l'animation de la communauté française du logiciel et à identifier les thèmes prioritaires pour la recherche et l'innovation. Je voudrais aujourd'hui saluer le travail qui a été fait dans ce domaine sous l'égide de son Président, et en particulier la très vaste mobilisation d'experts auquel il a donné lieu. Le succès de votre premier colloque, déjà manifeste quand je vois cette salle, en est une nouvelle illustration.

Dans le travail très riche qui a conduit à l'élaboration de la thématique du réseau, je me bornerai à relever trois idées qui ont particulièrement retenu mon attention :
- première idée : la place donnée au processus de production de logiciel ; je pense notamment aux outils et méthodes permettant à l'industrie du logiciel d'accroître sa productivité et de progresser en termes de fiabilité, de qualité, de sécurité, de protection, de portabilité ou encore de facilité de maintenance et d'évolution ; je suis en effet persuadé qu'il y a un gisement d'innovation d'une importance économique cruciale ;
- deuxième idée : le caractère générique des outils logiciels ; à cet égard, je voudrais faire référence à l'étude " Technologies clés 2005 ", publiée il y a quelques mois par la Direction Générale de l'Industrie ; j'ai été frappé de constater que, sur 118 technologies clés recensées au total, il n'y en a pas moins de 8 qui relèvent à proprement parler du logiciel et de 40 pour lesquelles le rôle du logiciel est identifié comme fondamental ;
- troisième idée : l'accent mis sur le logiciel libre ; je voudrais rappeler brièvement l'action menée par le Secrétariat d'Etat à l'Industrie, notamment dans le contexte de la réflexion communautaire sur la brevetabilité du logiciel ; j'ai déjà eu l'occasion d'attirer l'attention sur l'importance des enjeux industriels de cette question et sur sa complexité ; c'est donc largement à l'initiative de la France que la Commission Européenne a décidé de ne pas précipiter les évolutions, mais bien plutôt de prendre le temps de la réflexion approfondie que mérite ce sujet ; du côté français, un groupe de travail interministériel, piloté par mon département ministériel, est chargé, depuis quelques semaines, de mener cette réflexion ; il le fait dans un esprit très proche de celui qui inspire l'action du RNTL, c'est-à-dire en donnant, dans le cadre d'une vaste consultation, la parole à l'ensemble des acteurs.

Le second objectif assigné au RNTL consiste à renforcer la valorisation de la recherche à partir des points forts actuels des industriels et des laboratoires publics et, pour cela, à sélectionner des projets coopératifs particulièrement innovants.

Cette action du réseau est relayée par la politique menée par les pouvoirs publics en matière de soutien à la recherche et à l'innovation. Les ministères de la recherche et le l'industrie participent en effet au financement des projets retenus par le réseau, et d'une enveloppe budgétaire spécifique. Le ministère chargé de l'industrie réserve son soutien à des projets qui présentent un caractère pré-compétitif, c'est-à-dire qui, par-delà l'existence d'un transfert de technologie à partir de la recherche publique, offrent des perspectives industrielles significatives.

Si le RNTL a été lancé il y a un peu plus d'un an, il est déjà possible de faire un premier point d'étape de sa contribution aux politiques publiques de soutien à l'innovation. En effet, il a déjà mené à bien deux appels à propositions. Le président du Comité d'Orientation vient d'ailleurs de nous faire part des résultats du second de ces appels. Pour ma part, je caractériserais le bilan de ces deux appels par deux observations :
- d'une part, le succès du réseau a été immédiat, comme en témoignent non seulement le nombre des projets soumis dès le 1er appel, mais aussi la qualité de ces projets et leur grande variété ;
- d'autre part, le second appel fait apparaître, des projets plus ambitieux, qu'il s'agisse de l'ampleur du partenariat, du montant des efforts de R D prévus ou du poids relatif des projets de type " plate-forme " ; le ministère chargé de l'industrie accompagne cette montée en régime, puisque le budget prévu sur ses crédits pour le second appel s'élève à 150 MF, contre 100 MF pour le premier.

Je voudrais, pour conclure, renouveler mes félicitations pour le travail accompli par le réseau. Ces félicitations, auxquelles je joins mes remerciements, vont à l'ensemble des acteurs qui contribuent à la réussite du RNTL : les équipes de la recherche industrielle et publique qui ont répondu massivement aux appels à propositions, les experts qui se sont mobilisés pour l'élaboration de la thématique ou l'évaluation des projets et, bien entendu, les membres des différentes instances du RNTL, qui, sous la direction de Gérard Roucairol, se sont investis sans compter dans cette mission essentielle.

Je souhaite plein succès à votre colloque. Je ne doute d'ailleurs pas de ce succès, tant les bases en sont solides, qu'il s'agisse de la mobilisation des acteurs, de la richesse du programme ou de l'ampleur de la réflexion menée jusqu'à présent.


(source http://www.industrie.gouv.fr, le 27 avril 2001)

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