Déclaration de M. Georges Sarre, président délégué du Mouvement des citoyens, sur son opposition au projet de loi de statut particulier de la Corse et à la menace qu'il fait peser sur l'unité de la république, à l'Assemblée nationale, le 15 et le 16 mai 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Georges Sarre, président délégué du Mouvement des citoyens, sur son opposition au projet de loi de statut particulier de la Corse et à la menace qu'il fait peser sur l'unité de la république, à l'Assemblée nationale, le 15 et le 16 mai 2001.

Personnalité, fonction : SARRE Georges.

FRANCE. Mouvement des citoyens, président délégué

ti : Monsieur le Ministre,


Vous nous présentez le énième projet de statut particulier pour la Corse. A vous entendre, il devrait amener la paix. Il serait préférable de dire qu'il pourrait permettre un " lâche soulagement ". Et, en plus, vous obtiendrez le déshonneur. Il y a dix ans votre prédécesseur, accompagné du même José Rossi, nous tenait le même discours. Les violences se sont poursuivies. Et même depuis l'accord dit de Matignon, elles augmentent. Aujourd'hui, les attentats sont encore plus nombreux dans l'île que l'année dernière. Enfin, Maître Talamoni continue à proférer ses menaces en toute quiétude et en toute impunité.

Vous ne nous proposez pas un statut. Vous nous proposez un engrenage, dont le carburant sera le chantage. Au bout, il précipitera l'île dans l'aventure de l'indépendance, alors que l'immense majorité des corses n'en veulent pas.
Vous évoquez souvent les spécificités corses. Il en est une politique, sur laquelle vous devriez réfléchir.

L'extrême droite de Jean-Marie Le Pen rencontre dans l'île une faible audience. Les démocrates et les républicains devraient donc s'en réjouir : malheureusement, ils ne le peuvent. Car, à y regarder de plus près, on s'aperçoit vite qu'un semblable discours d'exclusion est tenu par d'autres. Ce terrain malsain est déjà occupé par ceux qui sont, abusivement, qualifiés de " nationalistes ", comme s'il existait une nation corse.

Mais, précisément, c'est cette absence de réalité nationale, qui permet à ces pseudo " nationalistes " de rencontrer un écho si favorable dans les milieux mondialisés de l'ultra-libéralisme et de la gauche caviar. Or, au nom de l'anti-racisme, ces mêmes milieux sont toujours prompts à dénoncer la nation, y compris la nation républicaine. Leur silence, voire leur consentement, devant les thèses de ceux qui sont devenus les interlocuteurs privilégiés du gouvernement laisse perplexe.

Ce nationalisme impossible est en réalité un ethnicisme, première étape vers un racisme dévastateur. L'obligation masquée d'apprendre le Corse en est un indice sérieux. L'incroyable revendication de " corsisation " des emplois en est la preuve irréfutable. Aussi, s'il n'existait pas une volonté partagée de briser la France, il serait paradoxal de voir Messieurs Romano Prodi, Michel Barnier et Jean-Guy Talamoni travailler de concert dans le même sens, alors que la commission de Bruxelles exige l'ouverture des emplois publics à tous les ressortissants communautaires.

Comme toujours, derrière des rodomontades sécuritaires et moralistes, l'extrême droite fait le lit de la corruption, de la délinquance et du crime. Déjà à Sartène, le Maire sortant a été éliminé par une étrange coalition. L'enjeu était moins les opinions républicaines de Dominique Bucchini que le contrôle d'une trentaine de kilomètres de rivages méditerranéens. A ce propos, rien n'est plus affligeant que la confusion des écologistes. Ils souhaitent pour la Corse la plus large autonomie ; mais, ils se méfient tellement des conséquences de leur propre position qu'ils veulent que la loi sur le littoral échappe à cette autonomie.

Si, depuis deux siècles, la France, la République a eu un tort vis-à-vis de la Corse et des Corses, c'est de ne pas avoir suffisamment veillé à étendre sans faiblesse le règne protecteur de la loi. Une seule spécificité corse mérite un traitement particulier par la loi républicaine : l'insularité. Le principe de la continuité territoriale, assumée par le service public, permet de compenser ce handicap. Encore faudrait-il que le triumvirat déjà cité ne s'emploie pas à détruire ce dispositif efficace.

Mais, voilà, la décomposition de la France et l'Europe des régions ont pour objectif ultime de laisser les mains libres au marché global et mondial. Pour le reste, d'un côté, une juxtaposition de micro régions pour donner aux individus l'impression d'une démocratie dite de proximité, chargée d'atténuer les effets négatifs les plus criants. De l'autre, un " machin " fédéral substitut ingouvernable de l'Etat protecteur, limité à une vague régulation des antagonismes les plus voyants. Et partout, bien sûr, un gouvernement des juges disant le droit plus qu'appliquant la loi au nom d'une morale qui ignore le principe de laïcité.

En l'absence du règne de la loi, se sont développés en Corse le clientélisme et ses compléments naturels : la violence endémique et les activités douteuses. Les statuts successifs n'ont fait qu'encourager cette dérive. Le vôtre va dans le même sens. Il se présente en plus comme étant d'abord une prime accordée à la violence. Au lieu de poursuivre avec obstination dans une voie qui, au moins depuis vingt ans, s'avère désastreuse, il vaudrait mieux, Monsieur le Ministre, instaurer en Corse la République dans sa plénitude.

(Source http://www.mdc-France.org, le 21 mai 2001)

Cet article blesse la République, parce qu'il rompt l'égalité des citoyens devant la loi. Il crée des lois particulières, votées par un cénacle particulier, applicable sur territoire particulier. Entre le citoyen et la République, il dresse une médiation qui n'est qu'un écran. Cet article va à l'encontre de toute la tradition juridique française.

Cet article amorce un mouvement qui pourrait faire tourner à l'envers l'histoire de notre patrie commune : la France. Il est un premier pas vers la rupture avec l'île, vers l'indépendance de la Corse.

Il n'a échappé à personne que les interlocuteurs privilégiés du gouvernement, ceux qui précisément ont dicté la formulation de cet article, viennent de se réunir dans un mouvement qui demande sans équivoque l'indépendance, la totale séparation avec la France. En découpant le pouvoir législatif pour satisfaire les ethnicistes, la représentation nationale s'abaisserait en se conformant à leur stratégie.

Au-delà, elle engagerait un processus qui pourrait conduire à la déconstruction de la France.

Le pouvoir législatif est par excellence l'un des principaux attributs de la souveraineté nationale, qui ne se partage pas comme le stipule l'article 3 de notre constitution, aucune section du peuple ne peut s'en attribuer l'exercice. Quelles que soient les formulations confuses et compliquées, finalement retenues pour essayer de marquer la réalité et pour tenter d'abuser le Conseil Constitutionnel, cet article conduit à un transfert partiel de la souveraineté nationale à une instance locale. Il préfigure la décomposition et la dislocation de la France, récemment proposées par Monsieur Méhaignerie.

Aussi, pour préserver la République, pour défendre l'égalité des citoyens devant la loi, pour écarter les menaces sur les libertés individuelles, je vous demande de rejeter cet article premier.

(Source http://www.mdc-France.org, le 21 mai 2001)
Cet article blesse la République, parce qu'il rompt l'égalité des citoyens devant la loi. Il crée des lois particulières, votées par un cénacle particulier, applicable sur territoire particulier. Entre le citoyen et la République, il dresse une médiation qui n'est qu'un écran. Cet article va à l'encontre de toute la tradition juridique française.

Cet article amorce un mouvement qui pourrait faire tourner à l'envers l'histoire de notre patrie commune : la France. Il est un premier pas vers la rupture avec l'île, vers l'indépendance de la Corse.

Il n'a échappé à personne que les interlocuteurs privilégiés du gouvernement, ceux qui précisément ont dicté la formulation de cet article, viennent de se réunir dans un mouvement qui demande sans équivoque l'indépendance, la totale séparation avec la France. En découpant le pouvoir législatif pour satisfaire les ethnicistes, la représentation nationale s'abaisserait en se conformant à leur stratégie.

Au-delà, elle engagerait un processus qui pourrait conduire à la déconstruction de la France.

Le pouvoir législatif est par excellence l'un des principaux attributs de la souveraineté nationale, qui ne se partage pas comme le stipule l'article 3 de notre constitution, aucune section du peuple ne peut s'en attribuer l'exercice. Quelles que soient les formulations confuses et compliquées, finalement retenues pour essayer de marquer la réalité et pour tenter d'abuser le Conseil Constitutionnel, cet article conduit à un transfert partiel de la souveraineté nationale à une instance locale. Il préfigure la décomposition et la dislocation de la France, récemment proposées par Monsieur Méhaignerie.

Aussi, pour préserver la République, pour défendre l'égalité des citoyens devant la loi, pour écarter les menaces sur les libertés individuelles, je vous demande de rejeter cet article premier.

(Source http://www.mdc-France.org, le 21 mai 2001)


Cet article blesse la République, parce qu'il rompt l'égalité des citoyens devant la loi. Il crée des lois particulières, votées par un cénacle particulier, applicable sur territoire particulier. Entre le citoyen et la République, il dresse une médiation qui n'est qu'un écran. Cet article va à l'encontre de toute la tradition juridique française.

Cet article amorce un mouvement qui pourrait faire tourner à l'envers l'histoire de notre patrie commune : la France. Il est un premier pas vers la rupture avec l'île, vers l'indépendance de la Corse.

Il n'a échappé à personne que les interlocuteurs privilégiés du gouvernement, ceux qui précisément ont dicté la formulation de cet article, viennent de se réunir dans un mouvement qui demande sans équivoque l'indépendance, la totale séparation avec la France. En découpant le pouvoir législatif pour satisfaire les ethnicistes, la représentation nationale s'abaisserait en se conformant à leur stratégie.

Au-delà, elle engagerait un processus qui pourrait conduire à la déconstruction de la France.

Le pouvoir législatif est par excellence l'un des principaux attributs de la souveraineté nationale, qui ne se partage pas comme le stipule l'article 3 de notre constitution, aucune section du peuple ne peut s'en attribuer l'exercice. Quelles que soient les formulations confuses et compliquées, finalement retenues pour essayer de marquer la réalité et pour tenter d'abuser le Conseil Constitutionnel, cet article conduit à un transfert partiel de la souveraineté nationale à une instance locale. Il préfigure la décomposition et la dislocation de la France, récemment proposées par Monsieur Méhaignerie.

Aussi, pour préserver la République, pour défendre l'égalité des citoyens devant la loi, pour écarter les menaces sur les libertés individuelles, je vous demande de rejeter cet article premier.

(Source http://www.mdc-France.org, le 21 mai 2001)

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