Interview de M. François Huwart, secrétaire d'Etat au commerce extérieur, dans "Les Echos" le 30 mai 2001, sur le rôle des services d'expansion économique à l'étranger et leur évolution. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. François Huwart, secrétaire d'Etat au commerce extérieur, dans "Les Echos" le 30 mai 2001, sur le rôle des services d'expansion économique à l'étranger et leur évolution.

Personnalité, fonction : HUWART François.

FRANCE. SE au commerce extérieur

ti : Q - Comment définiriez-vous, aujourd'hui, le rôle des services d'expansion économique ?

R - Quand je suis arrivé, dans cette maison, j'ai eu le sentiment que la DREE, la Direction des relations économiques extérieures, et son réseau s'étaient engagés sur la voie de la modernisation d'une manière assez exemplaire, avec ce que l'esprit même de réseau implique de souplesse et de décloisonnement. Son rôle est avant tout un rôle de service public, mais habité par un esprit d'innovation puisque les postes ont une mission de veille stratégique, d'information économique et qu'ils sont au contact permanent des entreprises et du monde économique. Aujourd'hui, il faut aller plus loin que la problématique classique de l'exportation, à savoir "trouver des clients pour un produit", et répondre à de questions plus larges, telles que l'investissement, les problèmes de fiscalité ou d'environnement juridique¿

Les PEE doivent être polyvalents. Il est nécessaire notamment qu'ils disposent d'une vision plus prospective des réformes qui seront mises en ¿uvre à moyen terme par les pays avec lesquels nous échangeons. Cela ne vaut pas seulement pour les questions de barrières douanières, mais aussi pour la propriété intellectuelle, l' environnement, la réglementation dans la banque, l'assurance ou l'audiovisuel¿

Q - Quelles sont vos priorités stratégiques ?

R - D'abord, la capacité de mutualiser l'information. Il ne s'agit pas seulement pour un poste d'être bien informé sur un marché local mais aussi de réaliser des analyses sectorielles et géographiques qui couvrent plusieurs pays. Car les entreprises ne font pas aujourd'hui des choix isolés. C'est pour cela que nous avons créé récemment un site Internet, commun à tous les pays, consacré au thème de l'élargissement de l'Union européenne.

La réactivité, également, est essentielle. Dans le contexte des crises sanitaires, l'information circule très vite et nous devons réagir en temps réel pour enrayer les risques de "surréactions en chaîne". Un exemple: en pleine crise de fièvre aphteuse, le Portugal a tenté d'appliquer à nos produits des dispositions qui allaient bien au-delà des recommandations et des normes communautaires et internationales. C'est l'efficacité de la démarche des PEE qui a permis de convaincre les autorités de réduire le champ de leurs mesures. Cela suppose bien sûr de moderniser la circulation de l'information. Mais la réactivité marche dans les deux sens. Si une information intéressante est recueillie à Singapour, elle doit pouvoir être transmise à une entreprise en Bretagne, par exemple, en moins de vingt-quatre heures.

Q - La carte du réseau à l'étranger continuera-t-elle d'évoluer ?

R - Oui, bien sûr. Nous allons augmenter le nombre de nos experts dans les pays émergents, où le poste a un rôle décisif sur des marchés en pleine croissance, ainsi que les équipes qui traitent des questions d'élargissement de l'UE. Pour les négociations de l'OMC, 15 correspondants multilatéraux sont déjà chargés de jouer un rôle actif de recueil d'informations, puis de conviction, auprès de nos partenaires. Je souhaite aussi donner une impulsion à la modernisation de notre travail en Afrique, en grande difficulté, mais qui dispose de potentialités et que l'on ne doit pas délaisser car la France y a une responsabilité particulière.

Q - Que faire pour aider les entreprises à s'y retrouver parmi la pléthore d'acteurs engagés dans le soutien à l'international ?

R - Il faut avoir une vision d'ensemble de la chaîne¿ car une PME-PMI dans une région sera d'autant plus à même de s'engager dans un processus d'exportation ou d'investissement que l'accès sera lisible et simple. D'où la mise en place dans les régions de "l'interlocuteur économique unique". Le deuxième maillon passe par une politique régionale de commerce extérieur qui tente de fédérer, à travers une démarche à la fois d'expertise et de mise en commun des moyens, un certain nombre d'acteurs comme l'Etat, les collectivités territoriales, les chambres de commerce. C'est la mission des Pardi (programmes d'actions régionales pour le développement à l'international) qui visent à définir dans chaque région, des secteurs potentiellement porteurs..

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 30 mai 2001)


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