Déclaration de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur les mesures en faveur de l'éducation physique et sportive à l'école, Paris le 7 juin 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur les mesures en faveur de l'éducation physique et sportive à l'école, Paris le 7 juin 2001.

Personnalité, fonction : LANG Jack.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale

Circonstances : Conférence de presse sur l'éducation physique et sportive à Paris le 7 juin 2001

ti : Je suis heureux de vous recevoir aujourd'hui en présence de Marie-George BUFFET pour vous annoncer les mesures que le Ministère de l'Education nationale a élaborées et qui seront mises en ¿uvre dès la rentrée prochaine.

Ces mesures marquent une étape importante dans l'évolution du statut et des pratiques du sport dans le système éducatif. C'était une exigence pour les professeurs, dont le métier a évolué. C'était une exigence aussi parce que nous avons la volonté de tout faire pour garantir aux élèves, aux jeunes une éducation complète et exigeante. Elle ne saurait l'être si le sport n'y avait toute sa place.

Nous nous inscrivons dans une logique de rupture : ne plus considérer le sport comme le supplément d'âme du système éducatif, la matière négligée, à pratiquer après toutes les autres. Depuis son rattachement à l'Education nationale il y a maintenant 20 ans, l'éducation physique et sportive est une discipline à part entière. Cette intégration s'est faite progressivement, non sans mal, et il a fallu toute l'énergie, l'opiniâtreté de ceux qui l'enseignent, pour que les mentalités évoluent.

Peu de disciplines peuvent se vanter d'une telle capacité de remise en question et de changement.

L'éducation physique et sportive atteint aujourd'hui sa majorité. Il était temps de faire en sorte qu'elle soit prise en compte à tous les niveaux, par tous les responsables du système éducatif. Quoi de plus normal ? Il suffit de voir la place grandissante de ses enseignants dans la vie des établissements. Ils occupent souvent le rôle de professeur principal, et nous devons nous en féliciter. Ils ont un accès privilégié aux élèves et voient leurs comportements de façon différente et originale.

Les disciplines sportives interviennent efficacement dans la lutte contre l'échec scolaire, elle peuvent aider à l'insertion sociale et professionnelle des jeunes, elles contribuent de façon déterminante à leur épanouissement.

L'école, aujourd'hui, veut vivre en symbiose avec toutes les pratiques culturelles, et le sport en fait partie.

Il ne s'agit pas d'autre chose que de faire vivre aux élèves les pratiques sportives. Encourager le désir de sport, l'envie, faire que le temps de la scolarité devienne celui d'une pratique sportive multiforme, variée, diversifiée. Je remercie à ce propos les présidents de fédérations et les disciplines qu'ils représentent et dont ils ont la charge. Nous avons pour objectif de multiplier les passerelles avec le sport tel qu'il existe hors des établissements. D'organiser, de favoriser la pratique de l'EPS tant à l'intérieur de l'école comme discipline d'enseignement, qu'à l'extérieur de l'école dans le cadre des associations.

L'éducation physique et sportive, en particulier depuis son rattachement à l'Education nationale en 1981, est une discipline à part entière qui est traitée dans la scolarité des jeunes à égalité de droits et de devoirs avec les autres disciplines. Elle intervient dans la lutte contre l'échec scolaire et elle peut aider à une meilleure insertion sociale et professionnelle des jeunes.

Le sport a une valeur éducative parce qu'il constitue un champ dans lequel les jeunes peuvent s'exprimer physiquement, moralement et socialement.

Les activités sportives présentent à mes yeux une importance considérable. Le sport est devenu dans tous les pays un phénomène social de première grandeur.

L'éducation nationale organise la pratique de l'EPS tant à l'intérieur de l'école comme discipline d'enseignement, que par l'école dans ses prolongements péri-scolaires notamment.


L'EPS à l'intérieur des établissements scolaires et universitaires

Discipline à part entière, l'EPS intervient à tous les niveaux d'enseignement, et elle conduit, comme toutes les disciplines à des formations universitaires.
J'ai donc été amené à arrêter des décisions au fur et à mesure des réformes que j'ai engagées et que je vais compléter aujourd'hui.

A l'école primaire

L'EPS à l'école primaire est très importante pour le jeune enfant. C'est entre six à douze ans que l'enfant doit faire des acquisitions motrices fondamentales.
Tout doit être fait pour lui procurer un bon départ en donnant des instructions claires aux maîtres et en les formant bien.

Je vais très prochainement arrêter de nouveaux programmes pour le cycle III, ils constituent un guide pour les enseignants qui leur apportera aide et soutien pour leur pratique quotidienne.

Tout en conservant le principe de l'unicité du maître, je souhaite pouvoir faire bénéficier les élèves de l'intérêt très vif que possèdent certains professeurs des écoles pour le sport. J'ai donc décidé de permettre aux étudiants des IUFM, volontaires, de recevoir, lors de leur formation initiale, une formation dominante en EPS. Ils pourront, par échange de service avec leurs collègues, effectuer la moitié de leur service en EPS.

Cette mesure est susceptible d'intéresser les étudiants en STAPS et les candidats au professorat des écoles qui ont un vécu sportif avéré. Elle devrait créer, je l'espère, un nouveau dynamisme dans les écoles pour cette discipline qui rencontre déjà massivement l'adhésion des enfants.

Mieux connaître la réalité des pratiques de l'EPS à l'école

Certaines écoles bénéficient de la participation d'intervenants extérieurs et d'autres pas.
Je ne me considère pas aujourd'hui suffisamment informé sur les conditions dont est assuré l'enseignement de l'EPS à l'école primaire.
J'ai donc demandé à MM CYTERMANN et GAUDEMAR de concevoir une enquête approfondie afin que je puisse savoir avec précision la réalité de la manière dont est assuré l'enseignement de l'EPS à l'école.

Engager des écoles dans la promotion des valeurs de l'olympisme

Mme Viviane READING, commissaire européen pour l'Education et M. SAMARANCH, président du Comité international olympique, ont souhaité, à l'approche des jeux olympiques d'Athènes de 2004, que soit mise en place dans trois pays européen (Italie, Pays bas, France) une action de promotion des valeurs olympiques. Après avoir testé la validité et la reproductibilité des actions qui seront menées dans ces trois premiers pays au titre d'une expérience pilote, une extension aux autres pays européens sera engagée. Elle concernera des élèves de 10 à 12 ans, qui devront présenter un travail au niveau de chaque département où l'accent sera mis sur les comportements porteurs de valeurs, au moyen d'affiches ou de posters faisant l'objet de présentations commentées.

Les principales valeurs développées dans le sport et l'olympisme telles que le respect de l'autre et le respect des autres, le respect de soi, l'entraide et la solidarité, l'autonomie, la loyauté, le courage, l'effort, la rigueur et la persévérance doivent être valorisées dans l'Education nationale.

C'est donc avec enthousiasme que j'ai accueilli cette demande et décidé qu'en juin 2002, cette manifestation sera organisée autour des inspecteurs d'académie et des recteurs à raison de cinq classes par département.

Notre pays doit saisir toutes les manifestations qui procurent aux élèves l'occasion de s'interroger et de réfléchir aux valeurs qui fondent notre société.

Au collège

J'ai engagé une réforme importante des enseignements en collège qui doit concilier l'unité des exigences et la pluralité des parcours.

Je tiens tout d'abord à affirmer que l'horaire hebdomadaire d'EPS pour tous collégiens de trois heures en 5e, 4e et 3e, et de quatre heures en 6e, restera à ce niveau. Des craintes se sont exprimées auprès de moi en ce qui concerne le maintien de la quatrième heure de sixième. J'affirme qu'elle sera bien maintenue. Il est important que dès le collège, tous les enseignements qui permettent de rappeler aux élèves le respect des valeurs morales et sociales, et en particulier le rapport au respect de la règle soient développés.

Un enseignement d'EPS de qualité doit permettre de contribuer à la réussite scolaire.

La qualité de l'enseignement est pour une préoccupation constante de mon action à la tête de l'Education nationale. J'ai pris à cet effet, deux décisions au niveau du collège : l'une pour évaluer les élèves et l'autre pour la discipline elle-même.

Le " cahier des exigences " particulières élaboré par le conseil national des programmes fixera l'idéal éducatif du collégien et garantira le niveau et la cohérence des compétences et des savoirs en EPS que doivent maîtriser les élèves. Le brevet d'études fondamentales permettra également de vérifier si l'élève possède ces compétences et connaissances en EPS.

Par ailleurs, en classe de 3e, sera effectuée une évaluation de la discipline EPS. Intervenant vers l'âge de 16 ans, c'est à dire à la fin de la scolarité obligatoire, elle fournira aux élèves et à leurs parents une connaissance de leurs compétences motrices. L'inspection générale prépare actuellement les outils pour le recueil de ces données afin que ceci soit opérationnel dans l'année 2002. Ainsi, je pourrai vous dire, par exemple, combien d'élèves de troisième savent nager. J'espère que ce pourcentage sera proche des 100 %.

Les itinéraires de découverte en classe de 5e et 4e vont permettre des liaisons enrichissantes entre l'EPS et d'autres disciplines. Quatre domaines interdisciplinaires sont prévus, celui de la nature et du corps humain est celui qui intéresse le plus l'EPS.

Au lycée

L'officialisation de l'enseignement complémentaire d'EPS dans toutes les séries ES, L, S, SMS, STL, STI, STT.

C'est une mesure très attendue par les jeunes qui souhaitent valoriser dans leur cursus des compétences de haut niveau dans le domaine des activités physiques et sportives. Ce cursus existait depuis trois ans sous la forme d'une seconde de détermination, prolongée en première en 2000 et en terminale en 2001.

Il s'agit d'un enseignement complémentaire de 4 heures dont une heure dédoublée qui s'ajoute à l'enseignement obligatoire de deux heures en classe de première et de terminale.

Cet enseignement sera évalué au baccalauréat dès la session 2002 et affecté d'un coefficient 2 qui s'ajoutera au coefficient 2 prévu pour l'enseignement obligatoire.

Ouvert actuellement dans 54 établissements, ce contingent sera porté à 200 lycées sur toute la France en 3 ans.

L'évaluation de l'EPS au bac sera désormais réalisée a partir d'un référentiel national

Cette discipline a depuis de nombreuses années recours au contrôle en cours de formation. C'est une modalité adaptée à cet enseignement mais si l'on veut une évaluation équitable, il est nécessaire d'utiliser un cadre national. Or, actuellement, on connaît une pratique trop hétérogène, chaque établissement fixant ses propres situations d'évaluation.

Pour renforcer le caractère national de l'évaluation de l'EPS au baccalauréat, j'ai donc décidé de proposer aux élèves de choisir deux épreuves parmi une vingtaine d'activités physiques ou sportives pour lesquelles la nature des épreuves et les exigences de notation seront définies avec précision. Toutefois, pour satisfaire aux spécificités géographiques ou régionales, les académies pourront ajouter quelques disciplines sportives par exemple, le ski dans les Alpes et la pelote basque dans les Pyrénées Atlantiques.

Au lycée professionnel

Dans le cadre de la réforme en cours de l'enseignement professionnel, Jean Luc MELENCHON a engagé cette année plusieurs chantiers importants concernant le développement de l'éducation physique et sportive (EPS) et du sport scolaire.

Ainsi, il a saisi le Conseil National des Programmes et la direction de l'enseignement scolaire afin d'adapter aux spécificités des lycées professionnels les orientations générales de l'enseignement de l'EPS définies dans le BO du 31 août 2000.

Au niveau de l'organisation de la rentrée 2001, la circulaire de rentrée dans les Lycées Professionnels
invite les établissements à encourager le développement, au titre des activités facultatives, des ateliers d'éducation physique et sportive. Les ateliers mis en place en 2000-2001 seront reconduits sans exclure une modification de l'activité proposée actuellement. Une attention particulière sera également apportée au maintien des horaires de plein air dans le cadre d'un projet pédagogique effectif.

La nomination d'un consultant spécialiste d'EPS auprès du conseil national des programmes

Les programmes permettent le pilotage d'une discipline, ils constituent une référence pour les enseignants et un objectif pour les élèves.
Le conseil national des programmes est soucieux de la spécificité de l'EPS, en témoigne la qualité des nouveaux programmes de seconde applicables à la rentrée 2000, ceux de première en septembre 2001 ainsi que ceux de terminale.
Malgré cet excellent travail, LUC FERRY et moi-même avons souhaité qu'un spécialiste de haut niveau, M. Marc DURANT, professeur des universités à l'IUFM de MONTPELLIER, soit nommé consultant auprès du conseil national de programmes pour l'EPS.

Il apportera au conseil national des programmes pour l'examen des questions relatives à l'EPS, l'éclairage d'un spécialiste praticien.

Une politique plus volontariste d'intégration des élèves handicapés

L'intégration des élèves handicapés est un devoir national qui préoccupent de nombreux membres du Gouvernement, Marie-George BUFFET et moi-même, mais également les ministres des Transports et du Tourisme se sont mobilisés sur cette question. Les fédérations nationales spécialisées dans le sport adapté, ainsi que les grandes associations du handicap se sont déclarées intéressées par la réflexion engagée dans sept académies et portant sur les pratiques d'enseignement en direction des élèves handicapés des écoles, collèges et lycées et tous les établissements spécialisés.

Nous avons fixé trois axes de travail dont nous attendons dans les prochains mois les résultats. Ils visent à donner :

- une formation à tous les enseignants d'EPS et aux intervenants extérieurs pour la prise en charge du handicap.
- une information aux acteurs au moyen d'un site internet afin de porter à leurs connaissances, une documentation sur les pratiques adoptées.
- un encadrement à ces activités en approfondissant la réglementation des pratiques, des sorties et des transferts.

Comme je vous l'indiquais au début de mon intervention, l'EPS concerne tous les ordres d'enseignement de l'école à l'université.
Les études universitaires en STAPS et la professionnalisation des formations de l'enseignement supérieur relatives à ce domaine constituent pour moi des sujets de préoccupations.

A l'Université

Une réflexion sur les contenus des enseignements en STAPS, et en particulier en DEUG

Comme vous le savez, la filière des STAPS (sciences et techniques des activités physique et sportives) a pris un essor considérable. Environ 50 000 étudiants sont, aujourd'hui, inscrits dans cette filière. Il faut considérer cet engouement comme une chance pour notre pays et pour le sport français.

C'est la preuve que les activités physiques et sportives sont maintenant parfaitement intégrées dans notre société. C'est aussi la preuve du dynamisme de ces jeunes qui souhaitent faire carrière dans ce secteur.

Pour nous, cela réclame exigence et responsabilité.

Nous avons réussi à stabiliser les flux vers cette filière. L'information du public et des parents commence à mieux passer; il faut redire que ces études sont maintenant difficiles et que seuls les bons élèves parviendront à réussir.

Les études en STAPS doivent être de qualité. Le nombre ne doit pas affecter la qualité. C'est dans cet esprit que j'ai demandé à la Direction de l'Enseignement Supérieur de me proposer une rénovation du DEUG. Le taux d'échec n'est pas admissible (plus de 50 % dans certaines UFR) traduit une difficulté. Afin que le premier cycle en STAPS continue d'être le lieu d'acquisition des savoir-faire techniques des différents sports et celui de l'acquisition des connaissances théoriques d'appui, l'équilibre entre les deux, qui a eu tendance à se défaire au profit des secondes, doit être rétabli.

La professionnalisation des études supérieures relatives à l'Education physique et au sport

Mais nous devons faire un effort important de professionnalisation de nos filières, en liaison avec la branche professionnelle concernée.

Pour nous y aider j'ai décidé de confier au Professeur Jean Camy, professeur en STAPS à l'université de Lyon II, une mission sur la professionnalisation des études STAPS en direction des métiers du sport. Il prendra les contacts utiles notamment avec le ministère de la jeunesse et des sports pour que nos deux systèmes de formation se nourrissent mutuellement de leurs spécificités par des collaborations renforcées. Le Ministère de la Jeunesse et des Sports a créé une commission professionnelle consultative qui examine les diplômes relevant de sa compétence. Notre département ministériel pour sa part, possède de nombreuses instances qui examinent respectivement les DEUTS, les IUP, les licences professionnelles, les DESS.

Dans le but de favoriser la professionnalisation des études supérieures dans le domaine du sport, il m'apparaît indispensable qu'une instance commune associant la branche professionnelle, les représentants des ministères de l'Education nationale et de la Jeunesse et des sports, soit créée.

Elle examine au regard des besoins du marché ces projets avant qu'ils ne soient expertisés au plan scientifique par les structures propres à chaque ministère.

Je sais Madame BUFFET particulièrement attentive sur ce sujet. Sa présence à mes côtes montre la volonté commune des deux ministres de progresser dans cette direction.

Je fais confiance à M. CAMY qui a déjà beaucoup réfléchi sur cette question pour nous proposer cette nouvelle organisation dont j'attends beaucoup.

Un effort dans ce sens a déjà été accompli: environ 3 000 étudiants en STAPS sont inscrits dans des formations à des diplômes professionnels (DEUST, IUP, licence professionnelle, DESS). Ce nombre doit encore progresser.

Tous ces efforts pour la qualité de l'enseignement de la discipline de l'EPS seraient vains si nous ne nous préoccupions pas de la formation des maîtres, les risques du métier d'enseignant d'EPS et des équipements sportifs qui conditionnent la pratique.

La formation des enseignants

Une mesure symbolique : la création d'une section d'éducation physique et sportive dans une école normale supérieure.

Après 20 ans de rattachement à l'Education Nationale, nous constatons que l'intégration de l'EPS dans le système éducatif est presque terminée.

Il reste encore un maillon important à mettre en place afin que la discipline atteigne ses objectifs et renoue le fil interrompu de son histoire. Ce chaînon manquant est la création d'une section d'école normale supérieure en EPS.

Cette section doit répondre à une triple mission :

- la formation initiale
- la formation continue
- la recherche

Ces missions doivent être essentiellement centrées sur l'enseignement de l'EPS dans toutes ses composantes.

Cette section doit permettre à la France de retrouver le rayonnement international qui était le sien au début du siècle dernier et qui faisait de la méthode française la référence européenne en matière d'enseignement de l'éducation physique.

Cette section peut devenir le grand centre européen en EPS qui fait actuellement défaut.

Née officiellement en 1933, en difficulté dès 1970, disparue en 1975, cette section doit renaître et s'inscrire dans le réseau de coopérations actives des écoles normales supérieures existantes.

L'excellence et l'approfondissement de l'enseignement et de la recherche, la large ouverture intellectuelle et culturelle, l'indispensable dimension internationale suppose que cette école forme des enseignants hautement qualifiés, des universitaires, et accueille des chercheurs français et étrangers sur les thèmes de l'enseignement de l'EPS.

Formés par la recherche, les élèves recrutés à l'Ecole Normale Supérieure doivent produire à leur tour, des connaissances en tant que chercheur, les transmettre en tant que professeur et les utiliser de manière innovante.

La décision de créer une section dans une école existante est arrêtée. Les objectifs et le cap sont fixés. Je charge Philippe GRAILLOT, Inspecteur Général de l'Education Nationale, d'une mission d'étude sur les modalités de création et je lui demande de me remettre son rapport dans des délais permettant aux premiers étudiants d'être accueillis à la rentrée universitaire de 2002.

Le métier d'enseignant d'EPS comporte des risques particuliers

Je sais que l'exercice du métier d'enseignant d'éducation physique et sportive, à tous les niveaux de la scolarité, comporte des risques spécifiques. Ces risques sont liés à la nature et aux conditions de mise en ¿uvre des activités pratiquées comme à celles des objectifs assignés à cette discipline. Le mouvement est l'essence même de la vie et le risque accompagne le mouvement. Ainsi, une des missions de l'éducation physique et sportive est bien d'armer les élèves face aux risques de la vie. Les chocs peuvent conduire à des accidents, les contacts corporels d'aide et de parade peuvent donner lieu à des interprétations, toutes situations auxquelles les enseignants chargés de l'éducation physique sont, par leur fonction, particulièrement confrontés.

Je souhaite qu'en ce domaine, les questions parfois très délicates soient réglées avec sérénité et calme.

C'est dans cet esprit que j'ai confié à un groupe de travail, associant des représentants des personnels et des experts de mon ministère, le souci d'élaborer un guide pratique destiné aux chefs d'établissement et aux autorités académiques, afin de les aider au traitement de ces situations.

Les équipements sportifs : la nomination d'un parlementaire en mission

La question des équipements sportifs nécessaires à l'enseignement de l'EPS est un problème très important pour l'enseignement de l'EPS. Les gymnases, les stades, les piscines sont un peu les salles de cours des enseignants d'EPS.

Depuis les lois de décentralisation la situation a évolué; parfois très favorablement dans un certain nombre de régions ou de départements qui ont conçu une politique cohérente d'équipements sportifs accompagnant les lycées ou les collèges. Ailleurs ces politiques tardent à s'installer, créant ainsi une disparité entre les élèves de différentes régions.

La loi du 6 juillet 200 a fait évoluer la législation dans un sens qui devrait favoriser le règlement des situations encore trop défavorables en matière d'équipements. En rendant la contractualisation obligatoire entre la collectivité propriétaire d'un équipement sportif (par exemple une commune), la collectivité de rattachement de l'établissement (par exemple un département) et l'établissement lui-même, afin de permettre d'arrêter les conditions de mise à disposition de l'équipement, le législateur a posé comme principe l'obligation de résultats.

Il est toutefois nécessaire de prévoir les conditions de l'application de la loi. Parce que cette question est difficile, qu'elle réclame des concertations entre collectivités de niveaux différents, j'ai obtenu du Premier ministre la nomination d'un parlementaire en mission à mes côtés. J'ai souhaité que ce parlementaire soit aussi maire pour bénéficier de son expérience de terrain en la matière. Ses propositions qui seront, j'en suis sûr, de nature à résoudre ces problèmes et permettre ainsi à l'enseignement de l'EPS de se dérouler dans des conditions matérielles favorables.

A côté de la pratique du sport à l'école, ce qui caractérise l'EPS, comme la musique et les arts en général, c'est le prolongement de sa pratique en dehors des horaires scolaires. Qu'il s'agisse de classes spécialisées comme les sections sportives ou les pôles espoirs qui offrent des conditions spécifiques d'enseignement pour les jeunes qui possèdent déjà un haut niveau. Qu'il s'agisse des activités sportives pratiquées dans le cadre des associations sportives (l'USEP, l'UNSS et la FNSU).
Le sport par l'école : c'est le prolongement de l'EPS obligatoire.


Les sections sportives : Il faut préparer une charte définissant les conditions d'ouverture

Depuis 1996, les anciennes sections sport études ont fait place à des sections sportives. On compte aujourd'hui environ 1600 sections sportives en lycées et collèges qui accueillent environ 40 000 élèves dans 50 disciplines sportives. Ces structures constituent l'antichambre de la préparation au sport de haut niveau. Ce dispositif est très performant et il permet de concilier études et pratiques sportives renforcées. De nombreux champions sont passés par ces classes sportives que nous envient bons nombres de pays. L'éducation nationale passe trop souvent pour négliger le sport, la réussite des sections sportives montre que cette réputation peu flatteuse n'est pas méritée.

En amont de ces sections se sont ouvertes des classes sportives à horaires aménagés. Ces structures légères sont mises en place à l'initiative des chefs d'établissement, sur les moyens de la dotation horaire globale. Elles permettent dès la sixième, de regrouper des élèves motivés pour des entraînements sportifs complémentaires qui vont de deux à quatre heures semaines. Devant le succès de ces initiatives, j'ai décidé de les conforter et de leur donner une existence institutionnelle plus forte. Les ouvertures de sections sportives ne sont pas suffisamment coordonnées. Cela peut se faire contre l'intérêt des élèves. Je veux donc qu'une charte des sections sportives soit élaborée sous l'égide de la direction des enseignements scolaires, par une commission comprenant avec les fédérations sportives concernées, le ministère de la jeunesse et des sports et les personnes compétentes de mon ministère. Pourrait être examinée l'opportunité de "repêcher" un élève en grande difficulté et qui décroche de ses études. Un engagement pourrait être passé avec lui pour lui permettre d'intégrer ces structures sous réserve qu'il reprenne son travail scolaire avec sérieux. J'ai eu l'occasion de constater de telles réussites qui constituent un remarquable effort d'insertion sociale.

Les pôles espoirs

Il s'agit là de structures qui relèvent entièrement du Ministère de la Jeunesse et des Sports. Mais il me plaît de souligner ici en présence de Marie-George BUFFET que quelques fédérations sportives ont choisi les lycées pour développer leur politique de préparation au sport de haut niveau. Les pôles espoirs sont organisés avec le ministère de la jeunesse et des sports qui fournit l'encadrement, le ministère de l'éducation nationale adaptant ses horaires et les cours de soutien dispensés aux sportifs absents pour leurs stages ou compétitions. Là encore les résultats sont exemplaires et je voudrais remercier tous les cadres qui contribuent ainsi, discrètement mais efficacement à la réussite du sport français. L'éducation nationale emploie d'ailleurs 90 sportifs de haut niveau. 11 d'entre eux sont détachés à l'UNSS. Parmi ceux-ci, Brigitte Guibal est revenue des JO de Sydney avec une médaille d'argent et Sandrine Mariot a mené l'équipe de France de hand ball dont elle est capitaine, sur la seconde marche du podium des championnats du Monde. Toutes les deux sont présentes parmi nous aujourd'hui et je tiens à les féliciter chaleureusement.

Le sport scolaire

La pratique du sport scolaire dans le premier de second degrés est mal connue. Je ne pouvais me satisfaire de cette situation. J'ai donc lancé une consultation nationale dont j'ai confié le pilotage à l'Inspecteur Général Michel LEBLANC en lui demandant de me présenter des propositions permettant d'accroître la pratique du sport scolaire.

la consultation nationale

Entre le 5 mars et le 25 mars derniers, une vaste consultation sur le sport scolaire a été lancée dans toutes les circonscriptions et tous les établissements publics de France. La participation à cette consultation a été remarquable. 5901 questionnaires ont été retournés depuis les établissements (soit 76 %) et 1154 depuis les circonscriptions du premier degré, soit 86 %. Le fait que pour la première fois une enquête d'une telle ampleur se soit réalisée par le biais d'Internet, montre bien que cet outil est maintenant parfaitement maîtrisé à tous les niveaux d'organisation du ministère. Je m'en félicite et souhaite que les procédures d'enquêtes de notre ministère tiennent compte de cette réussite.

Je voudrais tout d'abord remercier toutes celles et tous ceux qui ont contribué à cette mobilisation : enseignants, chefs d'établissement, inspecteurs de l'éducation nationale, élèves, corps d'inspection, cadres détachés au sport scolaire, cadre de l'administration centrale, bref, toute la communauté éducative qui s'est sentie concernée.

Le taux de participation à la consultation montre l'attachement que les acteurs du sport scolaire portent à son maintien et à son développement. Qu'ils soient assurés que mon intention est bien de les aider à poursuivre leur tâche et de donner un nouvel élan au sport scolaire.

Répartis en une cinquantaine de disciplines différentes, 1 million 700 000 élèves participent aux activités de l'USEP ou de l'UNSS ; 30 000 d'entre eux ont acquis une certification d'arbitre ou de juge. Ils exercent ces fonctions officielles y compris lors des phases finales des championnats de France UNSS. Le sport scolaire ne suscite pas de violence, preuve que les élèves savent respecter leurs pairs. Ce formidable travail doit être poursuivi.

les résultats

Les premiers résultats sont maintenant connus. Vous en trouverez l'essentiel dans le dossier de presse, sous forme de tableaux correspondant aux réponses apportées aux questionnaires du premier et du second degré. Je vous invite à lire avec attention les réponses des élèves. Elles constituent la preuve qu'ils sont prêts à être davantage associés à l'animation des associations sportives scolaires et que des responsabilités peuvent leur être confiées. Les associations sportives scolaires peuvent d'ailleurs être des foyers formidables pour l'apprentissage de la vie associative.

les préconisations

L'ensemble de ces données constitue une masse de renseignements fort utiles pour aider à la décision. L'Inspecteur Général Michel Leblanc que j'avais chargé d'organiser cette consultation m'a remis son rapport. Il formule un certain nombre de préconisations qui ont, dans l'ensemble, mon accord. Ainsi une clarification des structures du sport scolaire me paraît en effet souhaitable. Aux côtés du service public d'éducation, qui doit à tous les niveaux assurer ses responsabilités en la matière, l'USEP et l'UNSS doivent clairement être chargées d'une mission de service public pour organiser et promouvoir le sport scolaire. Cette réforme réclamera la modification des décrets statutaires.

De même, tirant les leçons de la consultation, nous devons mieux associer les élèves au choix des activités sportives qu'on leur propose afin de faire des élèves les acteurs de leurs pratiques sportives.

La question de l'apprentissage de la vie associative est abordée par le rapporteur de manière concrète. Je propose que soient créées, pour les élèves, des " associations juniors " leur permettant de prendre des initiatives, de conduire des projets et de faire ainsi leurs premières expériences associatives. Les associations sportives scolaires joueraient, à leurs côtés, le rôle de tutrices et de soutien.

La question de la formation des enseignants au sport scolaire fait également l'objet d'une série de propositions, tout comme l'évaluation du dispositif qui pourrait prendre la forme d'un audit des corps territoriaux d'inspection intéressant chaque année un département dans chaque académie. Il répondra, si vous le souhaitez, à l'issue de cette conférence de presse aux questions plus techniques qui intéressent certains d'entre vous. Il convient maintenant de les mettre en ¿uvre. J'ai demandé à Monsieur Leblanc de soumettre ses propositions au groupe de pilotage de la consultation que je souhaite voir transformé en groupe de suivi. Il convient en effet d'associer les acteurs du sport scolaire à l'évolution de ses structures et à la meilleure adéquation de ses missions. Cette évolution devrait permettre au plus grand nombre d'élèves de pratiquer le sport dans un cadre éducatif et qu'ils deviennent acteurs responsables et lucides de cette pratique qui les accompagnera ensuite toute leur vie.

Le sport universitaire

Le conseil national du sport universitaire (CNSU) qui avait été créé en 1991 par Lionel Jospin quand il était ministre de l'éducation nationale a été réactivé. Il travaille sur quatre sujets : les relations entre les différents partenaires du sport universitaire, l'analyse de la pratique du sport par les étudiants, les équipements sportifs, les activités physiques et sportives des étudiants handicapés.

La question des équipements sportifs universitaires me tient particulièrement à c¿ur. La DPD va lancer une enquête lourde pour connaître avec exactitude l'état du patrimoine en équipements sportifs, qu'ils soient propriété de l'université ou mis à disposition par les collectivités locales. Cet état des lieux nous aidera à arrêter des priorités dans l'important effort de construction et de rénovation que nous avons décidé d'entreprendre.

Pour la première fois, le contrat de plan Etat région qui s'étend de 2000 à 2006, comprend un ambitieux programme en faveur des équipements sportifs universitaires. Il s'élève à 1 milliard 457 millions de francs.

Je sais par ailleurs les efforts accomplis par la Fédération Française du Sport Universitaire pour organiser les compétitions des étudiants. Elle peut compter sur mon soutien. D'ailleurs parmi les préconisations de Monsieur Leblanc sur le sport scolaire, certaines auront des effets induits importants sur la vie sportive des étudiants, notamment de la communauté STAPS. qui doit s'investir pleinement dans la vie du sport universitaire. Il propose de valoriser, dans les études universitaires, l'investissement associatif au sein des associations sportives universitaires ; j'y suis très favorable. C'est en effet à l'université que se forment les futurs cadres de la nation : cadres de l'entreprise, cadres de la fonction publique, mais aussi futurs dirigeants d'associations.


Conclusion

Je conclurai cette conférence de presse sur l'Education Physique et du Sport, qui a été un peu longue, mais le sujet est d'importance, en vous indiquant que les mesures que nous venons de prendre aujourd'hui, vont changer le cours des choses. Elles concernent les enfants, les adolescents, leurs familles, les maîtres et les élus.

- La place de la discipline est redéfinie à tous les niveaux : école, collège, lycée.
- La seconde de détermination en EPS est définitivement décidée.
- Le contenu des DEUG de STAPS vont être rénovés et les formations professionnalisées.
- La discipline EPS, comme toutes les autres disciplines, aura désormais une section dans une école normale supérieure, c'est la consécration de son intégration complète à l'Education nationale.
- La pratique du sport scolaire va évoluer. J'y veillerai personnellement, c'est pourquoi j'ai demandé à Michel LEBLANC d'assurer l'animation d'un suivi de la mise en ¿uvre des décisions que j'ai arrêtées.

Comme vous pouvez le constater, je tiens à ce que l'EPS et le Sport occupent une place privilégiée dans le système éducatif. Je me suis exprimé qu'un an après ma nomination à la tête de ce département ministériel, car je voulais conduire au préalable toutes les réflexions indispensables à la prise de décisions importantes.

Il aurait été dommage de ne pas conclure cette conférence de presse et la consultation sur le sport scolaire par une fête. C'est la raison pour laquelle je me réjouis que la Fédération Française de Rugby et sa Ligue Nationale aient accepté d'inviter 1200 jeunes sportifs scolaires à la finale du championnat de France de rugby le 9 juin prochain au stade de France. Ces 1200 élèves ont été choisis pour la part active qu'ils ont pris dans leurs associations respectives. Chaque académie enverra donc au Stade de France des équipes motivées et impliquées dans le sport scolaire. Ces équipes vous présenteront sur le stade annexe du stade de France, aimablement mis à notre disposition par la ville de Saint Denis que je souhaite remercier ici, une série de démonstrations, d'expositions et de films. Vous verrez, à partir de 14 heures les différentes facettes du sport scolaire sous un jour que vous ne connaissez sans doute pas mais qui montre toute sa richesse et tout le savoir-faire des jeunes et de leurs enseignants. Enfin le lever de rideau de la finale mettra aux prises deux équipes des pôles espoirs sélectionnés parmi les huit lycées où ceux-ci sont implantés. Ce lever de rideau (à 20 H 00) sera arbitré par des jeunes arbitres de l'UNSS.


(Source http://www.education.gouv.fr, le 11 juin 2001)

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