Déclaration de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur la lutte contre la violence à l'école, Paris le 20 juin 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, sur la lutte contre la violence à l'école, Paris le 20 juin 2001.

Personnalité, fonction : LANG Jack.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale

Circonstances : Journée de travail du Comité national de lutte contre la violence à l'école au Collège de France le 20 juin 2001

ti : Si nous venons aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon en fin d'après-midi et moi-même en cette fin de matinée, participer à un moment de la journée organisée par le Comité national de lutte contre la violence à l'école, c'est que nous voulons affirmer, à nouveau et avec une très grande force, notre engagement à agir, aux côtés de tous les personnels, des élèves, des parents et des partenaires, pour prévenir et combattre la violence à l'école.

Un axe fort de la politique ministérielle

J'ai clairement indiqué, dès ma prise de fonction, que je ferai de la lutte contre la violence à l'école un axe fort de ma politique.

Depuis lors, j'ai pris une série de mesures, dont la création du Comité national de lutte contre la violence à l'école, présidée par Sonia Henrich, Inspectrice générale de l'éducation nationale.

Le 5 mars dernier, grâce à l'Observatoire européen de la violence à l'école et à l'équipe d'Eric Debarbieux et Catherine Blaya, ont été réunis à l'UNESCO des chercheurs du monde entier, tous spécialistes de la violence à l'école. Cette conférence a permis de faire apparaître une convergence d'analyse aussi bien sur le diagnostic que sur les propositions.

Par ailleurs, plusieurs personnalités ont été chargées de nous aider dans notre réflexion sur des sujets importants ( P.Truche sur les repères en matière de droits et devoirs ; M.Choquet sur l'enfance et l'adolescence ; J.Hébrard sur la carte scolaire ; N.Belloubet-Frier sur les relations filles-garçons ; D.Pointereau sur les relations école-familles).

Dans les académies, sous l'impulsion des recteurs qui sont mobilisés avec leurs équipes, une action collective d'envergure est menée.

Ces initiatives ont permis des avancées nouvelles, dans la continuité de la politique menée depuis 1997. En vérité, il s'agit d'un effort permanent de toute l'éducation nationale, effort qui s'appuie sur des observations, des échanges, des expérimentations. Je ne viens donc pas aujourd'hui présenter un nouveau plan de lutte contre la violence, ni tenir un discours exhaustif sur ce sujet, mais attester la continuité d'une politique qui se déploie progressivement, collectivement, et de façon cohérente.

La mobilisation de tous

La lutte contre la violence nécessite de la volonté et de la constance dans l'action.

La lutte contre la violence, et plus généralement l'action contre les comportements agressifs, échappe aux " recettes miracles ", ceux qui agissent tous les jours sur le terrain le savent. Elle se construit, à partir d'une volonté politique, grâce à un ensemble de dispositifs parfois peu spectaculaires mais toujours efficaces dès lors qu'ils rencontrent l'adhésion et la mobilisation de tous, adultes et élèves.

C'est bien une mobilisation qu'il s'agit d'organiser si nous voulons en finir avec ces incivilités et, parfois, ces agressions insupportables qui empêchent les enseignants de faire leur travail sereinement et les élèves d'apprendre et de se former.
Est-il besoin de le dire, prévenir la violence à l'école, c'est-à-dire mettre en sécurité les personnes et les biens, est une condition indispensable pour pouvoir enseigner et apprendre.

Faire confiance aux élèves

Mais en même temps, la sécurité ne peut constituer à elle seule une finalité pour l'école. L'école n'a pas pour but sa propre pacification. L'objectif de l'école est la transmission à la jeunesse de valeurs, de connaissances, de savoir faire qui fondent le pacte républicain et qui, par là même, permettent de combattre une violence dont on sait qu'elle se manifeste dans bien d'autres lieux que l'école.

Je suis persuadé que nous pourrons faire reculer ce fléau si nous savons redonner confiance aux jeunes, confiance en eux-mêmes, confiance dans leurs formidables potentialités, et si nous savons mieux faire confiance aux jeunes en leur laissant prendre des initiatives, j'y reviendrai.

La violence de certains jeunes peut aussi être la conséquence de la difficulté des adultes à transmettre des valeurs. Je me demande si ce n'est pas cela, d'abord, qui nous inquiète aujourd'hui. N'accablons pas les jeunes, mais regardons-nous, nous les adultes. N'avons-nous pas à nous interroger sur les repères que la société des adultes transmet aujourd'hui aux jeunes ?

Comment, par exemple, faire admettre à des jeunes qu'il faut briser la loi du silence pour combattre la violence, et ainsi se comporter en citoyen, quand on constate avec effarement que des adultes peuvent assister, sans intervenir, au viol d'une jeune fille dans un train ?

Faire confiance à l'école et à ses professionnels

Mais aussi, comment pouvoir espérer faire respecter les règlements intérieurs de nos établissements, qui sont votés je le rappelle par les conseils d'administration et qui doivent être conformes aux principes généraux du droit, si on cloue au pilori médiatique un chef d'établissement, comme s'il était agresseur d'un élève qu'il vient de sanctionner ? Mesure-t-on suffisamment l'effet désastreux de ce comportement qui consiste, ni plus ni moins, à transformer un élève qui enfreint le règlement intérieur en victime d'une violence de la part de l'école ? Je ne veux évidemment pas dire que les règles sont intangibles et que les responsables n'ont pas une marge d'appréciation dans leur application. Par ailleurs, les lois et les règlements peuvent évoluer, c'est le fonctionnement normal des démocraties. Mais quand ils sont en vigueur, ils s'imposent à tous. Nous ne rendons pas service aux jeunes en leur laissant l'illusion de croire que la loi républicaine et le règlement intérieur de leur établissement sont, en quelque sorte, en option. Je rappelle à cette occasion que avons adressé récemment à tous les établissements scolaires un ensemble de fiches réalisées par la Direction de l'enseignement scolaire sur " l'organisation des procédures disciplinaires ". Ces fiches sont très largement demandées et utilisées par les équipes, à un point tel que nous procédons actuellement à un nouveau tirage qui sera diffusé à la prochaine rentrée.

Je le dis avec force, et à travers vous aujourd'hui, à tous les personnels de l'éducation nationale qui ont mon total soutien, ils le savent : violence et autorité ne sauraient être confondues. Tout fonctionnement institutionnel contient une part de contrainte qui, pour autant, ne peut être assimilée à une violence. On ne peut demander à l'école d'éduquer et de combattre la violence si l'on met sur le même plan, comme on le fait dans certains discours à la mode, la violence de certains élèves et la prétendue " violence " exercée au travers des obligations scolaires que sont la ponctualité, la réalisation du travail demandé ou le contrôle des connaissances. Une remarque à un élève sur son langage ou sa tenue vestimentaire, un jugement sur son comportement, une évaluation de son travail, s'ils sont énoncés dans le respect de sa personne, ne sont évidemment pas assimilables à des " violences ".
Pour les adultes, l'autorité vis-à-vis des jeunes est la forme que prend la responsabilité.

Il me semble essentiel de souligner qu'il ne peut y avoir de mobilisation des établissements scolaires contre la violence sans cette recherche d'équilibre entre, d'une part, la confiance dans la jeunesse et dans ses initiatives et, d'autre part, la reconnaissance collective de l'autorité des adultes, et en premier lieu sans reconnaissance et acceptation de l'autorité des enseignants. Une autorité qui, en retour, a ses exigences car la relation pédagogique et éducative ne peut être uniquement fondée sur l'autorité. Elle s'appuie aussi sur le respect de la personne de l'élève. Tous les élèves doivent être respectés, tous les élèves peuvent réussir ou, du moins, être placés en situation de réussite par leurs enseignants. Cela implique qu'on ne renonce pas devant une difficulté et que l'on mette en place des dispositifs d'aide et de conseils aux élèves. A titre d'exemple, nous allons, dès la rentrée prochaine, créer dans les collèges où cela se justifie une équipe rassemblant des compétences diversifiées (enseignants et conseillers principaux d'éducation, mais également selon les cas, conseillers d'orientation-psychologues, assistants de service social, infirmiers et médecins) qui sera chargée du suivi d'un petit groupe d'élèves en difficultés scolaires et comportementales graves.

La violence n'est pas une fatalité

Les services du ministère et les groupes de travail réunis par le Comité de lutte contre la violence à l'école, ont travaillé depuis des mois pour formuler des propositions le plus souvent issues de l'observation d'académies, de départements, d'écoles ou d'établissements qui se mobilisent avec succès.
Les très nombreuses fiches, décrivant des actions de prévention, qui ont été rédigées à l'occasion de ces visites, ou qui ont été adressées spontanément au Comité national, seront mises à la disposition de tous sur le site WEB du ministère et largement diffusées sous la forme de fascicules.
J'ai, de mon côté, visité de nombreux établissements, rencontré des équipes qui relèvent le défi et réussissent, dans des contextes souvent divers.
Certes, dans ce domaine comme dans bien d'autres, l'école ne peut pas tout, ni toute seule. Mais elle peut beaucoup.
Grâce aux efforts de tous, la violence recule dans beaucoup d'endroits, y compris les plus difficiles. Il n'y a donc aucune fatalité dans ce domaine. C'est pourquoi je souhaite généraliser les idées qui ont fait leurs preuves, en y consacrant les moyens nécessaires.

L'importance des moyens engagés

Je rappelle que, depuis 1998, les écoles et les établissements des 10 académies concernées par le plan de prévention et de lutte contre la violence ont bénéficié de moyens supplémentaires très importants.

C'est ainsi que les établissements situés en zone violence, et qui sont généralement des établissements de zone d'éducation prioritaire, bénéficient d'une dotation en moyens d'enseignement augmentée de 15% par rapport aux moyens des autre établissements.
S'agissant des autres catégories de personnels, ce sont près de 14000 emplois supplémentaires qui ont été implantés en trois années dans les zones difficiles : 9728 aides éducateurs, 2000 emplois jeunes ouvriers, 400 surveillants, 150 CPE, 400 personnels ouvriers et de secrétariat, 142 médecins, 566 infirmières, 503 assistants de service social.

Grâce au plan pluriannuel de créations d'emplois qui a été décidé par le gouvernement en faveur de l'éducation nationale, l'effort sera poursuivi dans le cadre du budget 2002. Je prévois notamment un effort significatif pour les postes de surveillants, de CPE, de personnels de santé et de service social.
Mais, au-delà des moyens qui sont bien entendu absolument nécessaires, chacun sait que l'efficacité des actions dépend aussi, et j'ai tendance à penser surtout, de la cohérence des projets et de la cohésion de tous les éducateurs, ainsi que j'ai pu le constater avec beaucoup de satisfaction, il y a quelques jours, dans un collège de la région parisienne.

Mon propos d'aujourd'hui consiste à vous dire que nous pouvons progresser dans notre action collective dans cinq directions :

- mieux connaître les manifestations de la violence à l'école et leur évolution
- mieux réagir quand survient un incident
- mieux prévenir la violence
- mieux impliquer les élèves et les parents
- renforcer le travail engagé avec nos partenaires


Mieux connaître les manifestations de la violence à l'école et leur évolution

Pour mieux connaître les manifestations de la violence à l'école, j'ai décidé d'améliorer les procédures de signalement des incidents en demandant la mise au point d'un nouveau logiciel de recensement des faits de violence. Ce nouvel outil, qui a nécessité un travail important du Comité national, de la Direction de l'administration, et de la Direction de la programmation et du développement, est prêt. Elaboré selon les principes édictés par la CNIL, il a d'ores et déjà été présenté dans les académies. Depuis plusieurs semaines, le Comité national de lutte contre la violence à l'école et les directions du ministère organisent des formations pour permettre aux établissements du second degré et aux circonscriptions du premier degré d'utiliser ce logiciel dès la rentrée de septembre 2001. Pour la première fois, les incidents qui se produisent dans les écoles seront également recensés systématiquement grâce à cet outil. La France sera le premier pays au monde à disposer d'un tel outil statistique. Cela représente un progrès considérable.

Il faut, dans le même temps, se donner les moyens d'analyser les informations ainsi obtenues, dont les premières pourront être traitées en novembre 2001.

Je demande donc la mise en place, à la prochaine rentrée, dans les académies et les départements les plus concernés, d'observatoires locaux des phénomènes de violence. Il s'agit de mieux comprendre les faits, de mieux les analyser et, chaque fois que possible, de rassembler des indices prédictifs. Il existe déjà quelques observatoires de ce type, je veux donc en augmenter le nombre. Je veux aider les académies à les mettre en place, ou à en améliorer le fonctionnement quand ils existent, en organisant des formations permettant à ces observatoires de mieux utiliser les résultats de la recherche. C'est pourquoi, j'ai demandé à l'Observatoire européen de la violence scolaire de l'université de Bordeaux 2 de participer, en liaison avec les directions du ministère, à l'organisation de ces formations.
Enfin, j'ai décidé de maintenir une évaluation scientifique des effets des mesures que nous prenons pour lutter contre la violence à l'école.


Mieux réagir quand survient un incident

Un incident survient rarement de façon complètement inattendue. C'est pourquoi il convient d'être particulièrement attentif aux signes annonciateurs, aux premières manifestations d'incivilités ou de violences, qu'il faut savoir prendre en compte pour éviter des situations plus difficiles. Quand, malheureusement, un incident plus grave survient, je constate qu'on ne réagit pas encore partout avec un maximum d'efficacité. On peut le comprendre car ce sont toujours des moments extrêmement délicats à gérer.

Afin de venir en aide aux personnels et aux équipes de direction, j'ai demandé à plusieurs Directions du ministère (Direction de l'enseignement scolaire, Direction des personnels administratifs, techniques et d'encadrement, et Direction des affaires juridiques), au Comité national et à l'Inspection générale (groupe établissements et vie scolaire) de réaliser très rapidement un vade-mecum à l'usage des chefs d'établissement et de leurs équipes pour les aider dans le traitement local des situations de crise (suites à donner, aides aux victimes, communication, etc.)

Pour rendre plus efficace encore la réaction des services académiques quand il se produit un incident grave dans un établissement, j'ai décidé de renforcer les effectifs des cellules " vie scolaire " des académies, en commençant immédiatement par les académies d'Ile-de-France. Aujourd'hui, il n'existe qu'un poste de proviseur vie scolaire par académie. Dés la rentrée prochaine, il y aura un poste de proviseur vie scolaire dans chacun des départements de la Région. A compter de la rentrée 2002, ces créations d'emplois seront étendues progressivement à l'ensemble des départements du plan de lutte contre la violence.

De façon générale, se pose la question de la capacité d'intervention et du niveau de formation des personnels à qui les recteurs et les inspecteurs d'académie confient une mission d'aide aux établissements en situation de crise. Des dispositifs de formation ont déjà été mis en place par les recteurs. Pour appuyer et compléter ces efforts, j'ai décidé de proposer aux académies une formation de ces personnels qui permettra de développer leurs capacités d'analyse de données, d'assistance directe auprès des établissements et d'intervention en formation au bénéfice d'autres formateurs et des équipes d'établissements.


Mieux prévenir la violence

Dans le premier degré

Les informations dont nous disposons montrent que les incidents concernent des enfants de plus en plus jeunes. C'est dire que nous devons aujourd'hui redoubler d'efforts pour la prévention la plus précoce possible. Rappelons tout d'abord une évidence : un élève qui réussit dans la construction de ses apprentissages est un élève qui a peu de risques de devenir violent. Le premier respect que l'on doit à l'enfant, c'est de le mettre, le plus tôt possible, en situation de réussir. C'est pourquoi, dès ma prise de fonction, j'ai mis autant l'accent sur la nécessité de progresser encore, pour tous les enfants, dans la maîtrise des apprentissages fondamentaux (et tout particulièrement la maîtrise du langage), dans le développement de tous les talents et de toutes les formes d'intelligence.

Si les violences à proprement parler sont plutôt, et heureusement, rares à l'école primaire, on peut par contre parler, pour ce niveau d'enseignement, d'actes d'indiscipline, de petits désordres. Nous devons aider les enseignants du premier degré à résoudre ces difficultés car elles peuvent conduire à la détérioration du climat scolaire et à l'installation d'incidents plus graves.
Il nous faut, le plus tôt possible et donc dès l'école primaire, construire une véritable prévention en travaillant sur les comportements et sur la loi. En liaison avec Pierre Truche, le Comité national de lutte contre la violence à l'école prépare un texte de référence qui permettra de donner à chaque jeune et à chaque membre de la communauté éducative des repères en matière de droits et de devoirs. La portée de ce texte dépassera bien entendu le premier degré et concernera l'ensemble de la scolarité. Il sera prêt dans quelques mois et sera présenté à l'occasion de rencontres nationales de la prévention que le Comité national organisera en novembre 2001.

Il nous faut aussi, par souci de cohérence et pour pouvoir construire une politique de prévention sur la durée de la scolarité obligatoire, généraliser les comités d'éducation à la santé et à la citoyenneté qui rassemblent, autour du collège, toutes les écoles du secteur. Les incidents les plus graves que l'on a à déplorer dans le premier degré sont souvent le fait d'enfants en situation sociale très difficile, psychologiquement très fragiles, voire maltraités eux-mêmes. Ce constat nécessite donc une détection la plus précoce possible des difficultés sociales que peuvent rencontrer certains enfants et leurs familles. Déjà, la mise en place de postes d'infirmières qui travaillent à la fois dans un collège et dans les écoles de secteur permet un meilleur suivi des élèves. Pour accroître encore notre efficacité, j'ai décidé d'expérimenter la mise en place de quelques postes d'assistants de service social de l'éducation nationale auprès des inspecteurs de l'éducation nationale chargés de circonscription primaire. Nous allons prendre appui sur un premier essai effectué dans trois circonscriptions de Seine-Saint-Denis et qui a donné des résultats encourageants. Par cette expérimentation, qui est une première dans notre système éducatif, je veux voir comment les assistants sociaux peuvent aider à mieux repérer les difficultés des enfants, à nouer ou à renouer des liens entre l'école et les familles, et tout particulièrement les familles les plus en difficulté, et faciliter la prise en charge des familles par les services de l'aide sociale à l'enfance des départements. A partir de la rentrée 2002, nous mènerons cette expérimentation en commençant par des circonscriptions situées dans les zones concernées par le plan violence.

Dans le second degré

Le groupe de travail " enseignement et vie scolaire " du Comité national de lutte contre la violence à l'école, animé par l'Inspecteur Général Obin, m'a livré le résultat de sa réflexion, rassemblée dans un texte intitulé " Recommandations pour un établissement scolaire mobilisé contre la violence ".
Ce document montre, avec beaucoup de clarté, comment il est possible de mobiliser les établissements pour organiser la prévention, en travaillant dans trois directions:

- l'enseignement et la pédagogie : je veux redire avec force ici l'importance déterminante du projet d'établissement comme levier permettant de développer une politique pédagogique qui s'attache à la réussite des élèves, qui prévoit des dispositifs d'individualisation ou de différenciation, qui met en place des aides au travail personnel, qui prépare aux choix d'orientation. J'ai personnellement visité de nombreux établissements qui ont mis en place des dispositifs qui visent à aider de manière particulière les élèves en risque de rupture scolaire, tout en les maintenant dans l'établissement. Des équipes réussissent, je peux en témoigner, à faire reprendre de l'assurance à leurs élèves et à modifier ainsi leurs comportements scolaires et sociaux.

- la vie scolaire : ce qu'on appelle " vie scolaire " est, en fait, l'organisation du temps, de l'espace, et des relations entre les groupes et les individus, spécifique aux établissements scolaires. Au moment où se profile la prochaine rentrée scolaire, je souhaite seulement insister sur un aspect de la " vie scolaire " que j'estime fondamental pour établir un bon climat dans un établissement : l'accueil des élèves. C'est pourquoi, j'ai demandé que dans tous les collèges on consacre tout le temps nécessaire au moment de la rentrée à accueillir les nouveaux venus et leurs familles. Peu de violence, en effet, dans les établissements qui savent organiser cet accueil des nouveaux, dans les établissements où l'on a appris à se présenter, à se saluer, où l'on prend le temps d'expliquer le règlement intérieur et de clarifier, auprès des jeunes comme auprès des adultes, le rapport à la règle.

- l'organisation et le pilotage de l'établissement : beaucoup de solutions aux problèmes posés par la société à l'école, comme le développement de la violence des jeunes, peuvent être recherchées au niveau local dans le cadre d'orientations générales définies aux plans national et académique. Certains établissements scolaires résistent mieux aux phénomènes de violence que d'autres pourtant placés dans des contextes semblables. On observe aussi que les réussites ne sont jamais définitivement acquises et que les situations peuvent changer très vite. Je tiens à souligner le rôle éminent, en fait déterminant, des chefs d'établissement et l'importance du pilotage des établissements dans toutes ses dimensions : cohérence de l'action éducative, communication interne et externe, accompagnement et formation des personnels.

Ces " recommandations " sont donc, sur tous ces aspects, un ensemble de réflexions et de propositions extrêmement riche que j'ai décidé d'adresser à tous les établissements scolaires afin d'être mis à la disposition des équipes pédagogiques, à partir de la rentrée prochaine.

Encore faut-il que les équipes soient suffisamment stables pour pouvoir construire, dans la durée, une politique éducative incluant un projet de prévention de la violence. Dans le cadre de sa mission, le Comité national de lutte contre la violence à l'école s'est rendu dans les dix académies concernées par le plan de lutte contre la violence : partout, le constat a été fait d'une amélioration de la situation, sauf en Ile-de-France, malgré les créations d'emplois et un engagement qui n'est pas moindre dans cette région qu'ailleurs. Ce qui différencie principalement l'Ile-de-France, c'est la difficulté d'y fixer les personnels dans un grand nombre d'établissements. C'est la raison pour laquelle j'ai mis en place, avec l'aide de la DPE, de la DPATE et des recteurs un dispositif de stabilisation des équipes de direction et des équipes éducatives dans une centaine de collèges des trois académies concernées. Grâce aux mesures de valorisation de carrière et d'accompagnement dans la fonction que comporte ce dispositif, nous avons d'ores et déjà un nombre très important de candidatures d'enseignants pour venir travailler dans des établissements habituellement très peu demandés. Nous sommes donc sur la bonne voie.

Au-delà de cette mesure spécifique, c'est un effort important pour améliorer la formation initiale et continue des personnels qui permettra d'induire chez les futurs enseignants comme chez leurs collègues plus confirmés, la construction de pratiques à même de prévenir et de faire face aux situations d'agressivité qu'ils rencontrent dans leur vie professionnelle. C'est pourquoi j'ai annoncé il y a peu des mesures qui permettront aux IUFM de mieux prendre en compte cet impératif dans les formations organisées.

J'encourage et je veux généraliser les initiatives des recteurs qui ont conçu des modalités d'accueil et d'accompagnement des nouveaux personnels. De même, sur un sujet comme la prévention de la violence, sont les bienvenues les formations communes qui permettent aux personnels de l'éducation nationale de rencontrer les partenaires de l'école et ainsi de mieux penser les complémentarités nécessaires.


Mieux impliquer les élèves et les parents

Les actions de prévention de la violence à l'école qui doivent être mises en ¿uvre sont d'autant plus efficaces qu'elles sont comprises, partagées et relayées par les parents. De la même façon, nous devons nous mobiliser pour trouver les moyens de mieux associer les élèves, qui sont les premières victimes de la violence, aux actions de prévention. Les élèves, notamment les lycéens, y sont prêts, je le sais. J'y reviendrai dans un instant.
Fort justement, le Comité a organisé aujourd'hui sa première journée nationale de réflexion sur ces deux sujets. Je serai très attentif aux conclusions que vous tirerez de vos échanges et à l'exploitation qui en sera faite dans les académies.
Il me semble que l'on peut dire que la recherche de cohésion éducative avec les parents, dans l'école et hors de l'école, doit nous inciter à travailler dans au moins trois directions :

- l'école doit construire ou reconstruire en direction des parents un discours sur les valeurs qui fondent l'action éducative respective des enseignants et des parents. Ce qu'il est convenu d'appeler l'éducation à la citoyenneté doit être partagé pour éviter trop d'incohérence dans la vie de l'enfant ou de l'adolescent. Nous disposons d'outils pour énoncer ces valeurs communes et ces règles comportementales de base : les contrats éducatifs locaux notamment, mais aussi les contrats de ville ou les contrats de réussite dans les ZEP. Sachons mieux les utiliser ;

- l'école doit être plus accessible aux parents d'élèves, et tout particulièrement aux parents qui rencontrent de grandes difficultés. Il faut que les programmes, les méthodes pédagogiques, l'organisation et le fonctionnement des écoles et des établissements soient mieux compris et que les malentendus soient ainsi réduits. Le cahier des exigences qui va être mis en place, dans le cadre des mesures que j'ai décidées pour le collège, est la manifestation concrète de ce que nous pouvons et devons faire dans ce domaine ;

- l'école doit, enfin, donner aux parents la place qui leur revient dans le fonctionnement des établissements. Cela passe par une meilleure information de tous les parents, par exemple dans le cadre des Comités d'éducation à la santé et à la citoyenneté, ou au moyen de séances d'information et de débats. Cela passe aussi par une aide apportée à leurs représentants, en organisant par exemple des sessions d'information ou de formation à destination des élus aux conseils d'école et d'administration.

Tous ces sujets seront abordés et débattus lors de l'université d'été qui est organisée du 9 au 12 juillet à l'IUFM de Saint-Denis. Le titre de cette université d'été résume bien, je crois, notre objectif : " De meilleurs relations parents-école : un enjeu pour la réussite scolaire des jeunes ".

Si nous voulons mettre les élèves au c¿ur de notre action de lutte contre la violence, nous devons aider les personnels à mieux connaître les adolescents, mieux connaître le processus d'adolescence, ses répercussions possibles sur la vie scolaire. J'ai donc demandé au " comité de l'enfance et de l'adolescence " présidé par Mme Marie Choquet de préparer une brochure destinée aux enseignants pour les informer des derniers acquis de la recherche dans ce domaine. Cette brochure sera prête dans le courant du premier trimestre de l'année scolaire prochaine.

Je souhaite, je l'ai dit, que les élèves soient davantage acteurs dans les initiatives prises dans les établissements pour prévenir et combattre la violence.
Là encore, nous ne partons pas de rien. Beaucoup d'initiatives excellentes existent, dans tous les niveaux d'enseignement. De nombreux lycées sont ainsi engagés dans une action pilotée par la Direction de l'enseignement scolaire, intitulée " élèves acteurs de prévention ". Grâce à la mobilisation des lycéens volontaires et au concours des adultes, cette action collective a eu un impact sur la diminution des actes de violence, sur le recul de l'absentéisme et sur l'amélioration des résultats scolaires. Votre journée de travail a également permis de présenter des témoignages exemplaires. Je soutiendrai bien entendu toutes les actions qui nous permettront d'aller dans cette direction.

Par exemple, de manière à soutenir et à dynamiser cet élan, nous avons, en collaboration avec le ministère de l'intérieur et le ministère de la jeunesse et des sports, apporté notre soutien au " manifeste contre la violence " dont les auteurs sont les élèves et les personnels du collège Matisse de Choisy-le-Roi.

Ce manifeste, qui va être adressé à tous les élèves de 6ème à la prochaine rentrée, sera le support qui permettra aux enseignants qui le souhaiteront d'engager une réflexion avec leurs élèves dés le début de leur scolarité dans le second degré. Parrainé par Marcel Desailly, capitaine de l'équipe de France de football, le manifeste sera présenté officiellement, dans leur établissement, par les élèves du collège Matisse de Choisy-le-Roi à mes deux collègues ministres de l'intérieur et de la jeunesse et des sports et à moi-même, lors d'une visite que nous leur rendrons dans les premiers jours de septembre.

Je soutiens également l'initiative du Conseil national de la vie lycéenne qui a décidé en ma présence, lors de sa dernière réunion, le lancement d'une grande campagne de mobilisation des lycéens à la rentrée, qui prendra notamment la forme d'un concours de scénario sur le thème de la lutte contre la violence. Cette campagne sera un moment fort au cours duquel les lycéens exprimeront leur refus de la violence et s'engageront, aux côtés des personnels, dans des actions de sensibilisation et prévention en direction de l'ensemble des élèves.
C'est parce que leur initiative va dans la même direction que j'ai également soutenu celle des lycéens d'Ile-de-France qui souhaitent mettre en place des comités dans les lycées de la Région.

Peu importe d'ailleurs la forme que prend cette volonté des jeunes d'agir et de s'exprimer aux côtés des adultes des établissements. Ici, on décidera de créer de toutes pièces une instance nouvelle, là on fera vivre, et peut-être mieux vivre, une instance qui existe déjà et qui est le conseil de la vie lycéenne. Ailleurs, on élargira le cercle des participants et on choisira d'utiliser les possibilités offertes par le comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté ou la commission de vie scolaire. Toutes les initiatives seront bonnes qui faciliteront l'engagement des jeunes.

Il ne s'agit pas tant de donner la parole aux élèves que de donner du pouvoir à la parole de l'élève, en tant qu'élève, sous la responsabilité des professeurs, c'est-à-dire sans démagogie.
Nous avons besoin de la parole des élèves sur tous ces sujets et de leur engagement pour mieux comprendre et pour mieux agir.
C'est vrai à tous les niveaux de notre système éducatif, c'est particulièrement nécessaire en lycée professionnel où les modalités spécifiques de la formation, d'une part, et le fait que beaucoup d'élèves y deviennent majeurs, d'autre part, rendent indispensables la participation des élèves. Mais, de cela, mon collègue Jean-Luc Mélenchon vous parlera en fin d'après-midi.


Renforcer le travail engagé avec les partenaires

La diversité des situations générées par la violence et la complexité des difficultés rencontrées par certains élèves impliquent des interventions concertées, complémentaires, chacun des partenaires agissant avec sa spécificité et ses moyens. La composition même du Comité national est l'illustration de cette nécessité de s'ouvrir sans réticence, dés lors que l'identité des uns et des autres est clairement reconnue, car on ne construit rien dans la confusion. J'ai veillé en effet à ce que non seulement l'éducation nationale soit représentée dans toutes ses composantes au sein du Comité mais que des parents, des élus, d'autres administrations (7 ministères sont représentés au comité national), des chercheurs, des élèves, nous apportent leur aide.
Il faut en finir avec l'isolement, le cloisonnement et le repli sur soi.

Si, aujourd'hui, j'ai centré mon propos sur les mesures que l'éducation nationale doit prendre dans son champ de compétence pédagogique, je sais et vous savez tous que, plus que jamais, nous devons poursuivre notre réflexion avec nos partenaires éducatifs.

La traduction locale de cette nécessité absolue est que nous devons, encore plus que nous ne le faisons aujourd'hui, coordonner les projets d'école et d'établissement avec un projet éducatif plus global permettant de s'accorder avec nos partenaires sur des enjeux urbains et sociaux bien identifiés, comme on le fait désormais de mieux en mieux dans le cadre de la politique de la Ville, des contrats éducatifs locaux ou des contrats locaux de sécurité.

C'est une relation confiante avec nos partenaires qui nous permet de progresser collectivement sur des questions essentielles. Citons quelques exemples. Les cellules d'appui et d'écoute que les recteurs mettent en place travaillent avec l'Institut national d'aide aux victimes et à la médiation (INAVEM) pour suivre et accompagner les victimes de violence. Les inspections académiques travaillent de plus en plus étroitement avec les municipalités, les conseils généraux, les caisses d'allocations familiales et les acteurs de la politique de la Ville pour conjuguer les efforts afin de faire reculer l'absentéisme et lutter contre le décrochage et la déscolarisation : les cellules de veille éducative que nous allons mettre en place avec tous ces partenaires sont la traduction de cette volonté collective. Le partenariat avec la police, la gendarmerie et la justice, que j'ai impulsé en 1992, s'est beaucoup développé ces dernières années. Je me félicite des relations confiantes et constructives qui se sont progressivement nouées au fil du temps entre les différents responsables locaux. Pour poursuivre et enrichir le travail commun déjà engagé, je demande que l'on organise dorénavant tous les ans un bilan de ce partenariat dans les établissements et au niveau académique, comme cela se fait déjà dans de nombreux endroits. Ce bilan doit servir, si nécessaire, à actualiser les protocoles locaux signés avec la justice, la police et la gendarmerie.

S'agissant plus particulièrement de la gendarmerie, je vous annonce que je signerai tout prochainement un nouveau protocole d'accord avec mon collègue ministre de la Défense, sur " la sécurité des établissements scolaires situés en zone de gendarmerie ".

Je souhaite aussi actualiser et renforcer le partenariat que nous entretenons avec les services de la protection judiciaire de la jeunesse. La circulaire qui organise nos relations date de quinze années, il est temps de l'actualiser pour permettre d'accompagner, mieux que nous le faisons aujourd'hui, la scolarité et la formation des jeunes en voie de marginalisation scolaire bénéficiant ou non d'une mesure de protection judiciaire ou administrative. Nous pouvons progresser dans au moins deux directions.
D'une part, nous devons absolument assurer dans nos établissements un soutien pédagogique et éducatif auprès de jeunes en risque de marginalisation scolaire, et mieux préparer et suivre la réintégration de jeunes ayant vécu une situation de rupture : il faut, à cet égard mobiliser davantage encore toutes nos ressources comme les dispositifs relais et le programme Nouvelles Chances.
D'autre part, nous devons organiser des temps d'enseignement dans les services où sont accueillis des jeunes qui ne peuvent momentanément être inscrits dans un établissement scolaire : je veux parler des jeunes qui sont dans un foyer, dans un centre de placement immédiat, dans un centre d'éducation renforcée, dans un centre de jour, ou dans une maison d'enfants à caractère social. L'accompagnement de ces jeunes relève de notre responsabilité et s'inscrit parfaitement dans les missions du groupe départemental de pilotage des dispositifs relais. Il doit être mis en place localement au moyen d'une collaboration entre l'inspection académique, la direction de la protection judiciaire de la jeunesse et l'aide sociale à l'enfance.

De ce point de vue également, la réactivation et le développement de l'internat scolaire public, chantier de longue haleine que j'ai impulsé dès ma prise de fonction, correspond à d'indéniables besoins. Sans être, bien entendu, réservé aux seuls élèves au comportement difficile, l'internat peut s'avérer un cadre structurant et stimulant, tant du point de vue de la construction de la personnalité que des apprentissages scolaires.


Conclusion

Chacun perçoit bien qu'en cherchant à prévenir et à combattre la violence à l'école, nous touchons en fait aux questions fondamentales qui, plus largement, se posent à tout le système éducatif. La lutte contre la violence à l'école ne peut, à l'évidence, être isolée du travail patient, déterminé, souvent non visible immédiatement, que nous devons effectuer, sur le contexte pédagogique, social, éducatif de l'école. Et ce, qu'il y ait ou non violence. C'est en réalisant des progrès dans ces domaines que nous parviendrons à faire reculer plus encore la violence au sein de nos écoles et de nos établissements scolaires. Mon v¿u le plus cher est que, le plus vite possible, on cesse d'être sur la défensive, et que l'on parle moins de " lutte contre la violence à l'école" et davantage " d'efforts pour mieux réussir et pour mieux vivre ensemble ".


Résumé des mesures

Les moyens engagés :

- Les emplois mis en place depuis 1997 Dans les sites du plan de lutte contre la violence, les moyens d'enseignement des établissements sont augmentés de 15% en moyenne par rapport aux dotations par rapport aux dotations des autre établissements.

En outre, dans les 10 académies concernées par le plan de lutte contre la violence, près de 14000 emplois supplémentaires ont été implantés :
- 9728 aides éducateurs
- 2000 emplois jeunes ouvriers
- 400 surveillants
- 150 C.P.E.
- 400 personnels administratifs ouvriers et de service
- 142 médecins
- 566 infirmières
- 503 assistants de service social

La poursuite de l'effort dans le cadre du budget 2002

Dans le cadre du plan pluriannuel de création d'emplois, l'effort sera poursuivi, notamment pour les postes de surveillants, de C.P.E., de personnels de santé et de service social.

Mieux connaître les manifestations de la violence et leur évolution

- Utilisation dès la rentrée scolaire d'un nouveau logiciel de recensement des faits de violence ; pour la première fois, le premier degré est concerné par le recensement des incidents. La France est le premier pays au monde à se doter d'un tel outil.

- Généralisation, dans les départements les plus concernés, de la mise en place d'observatoires locaux des phénomènes de violence pour mieux analyser et comprendre les faits. Formation des membres des observatoires.

Mieux réagir quand survient un incident

- Diffusion à tous les chefs d'établissement d'un vade-mecum destiné à les aider dans le traitement local des situations de crise.
- Renforcement des équipes " vie scolaire " des académies par la création progressive de postes de proviseurs " vie scolaire " dans les départements concerné par le plan de lutte contre la violence. Formation des membres des équipes " vie scolaire " à l'analyse de données, à l'assistance directe auprès des établissements, et à l'intervention en formation auprès des équipes d'établissement et d'autre formateurs.

Mieux prévenir la violence

Organisation de rencontres nationales de la prévention par le Comité national de lutte contre la violence à l'école, en novembre 2001

Dans le premier degré
- Diffusion d'un texte de référence donnant aux élèves et aux membres des équipes éducatives des repères en matière de droits et de devoirs.
- Généralisation des Comités d'éducation à la santé et à la citoyenneté qui rassemblent, autour du collège, toutes les écoles du secteur.
- Expérimentation, dans les départements concernés par le plan de lutte contre la violence, de la mise en place de quelques postes d'assistants de service social auprès des inspecteurs de l'éducation nationale chargés de circonscriptions primaires.

Dans le second degré
- Diffusion d'un texte de référence : "120 propositions pour un établissement mobilisé contre la violence" dans tous les établissements du second degré.
- Mise en place dans 102 collèges d'Ile-de-France, à la rentrée 2001, d'un dispositif visant à stabiliser les équipes de direction et les équipes pédagogiques.
- Amélioration de la formation initiale et continue des personnels.

Mieux impliquer les élèves et les parents

Les parents
- Construire ou reconstruire en direction des parents un discours sur les valeurs qui fondent l'action éducative.
- Rendre l'école plus accessible aux parents.
- Donner aux parents la place qui leur revient dans le fonctionnement des écoles et des établissements.

Les élèves
- Aider les personnels à mieux connaître les adolescents : brochure destinée aux enseignants et préparée par Marie Choquet.
- Rendre les élèves acteurs dans la prévention :
- campagne " manifeste contre la violence " dans les classes de 6ème à la rentrée 2001.
- campagne du conseil national de la vie lycéenne à la rentrée 2001.

Renforcer le travail engagé avec les partenaires

- mieux coordonner les projets d'école et d'établissement avec un projet éducatif plus global associant notamment les partenaires de la politique de la Ville.
- Organisation, dans les établissements et au niveau académique, d'un bilan annuel du partenariat éducation nationale, justice, police et gendarmerie.
- Amélioration du suivi des jeunes en voie de marginalisation scolaire qui bénéficient ou non d'une mesure de protection judiciaire ou administrative, par un renforcement de la collaboration avec la protection judiciaire de la jeunesse.

(Source http://www.education.gouv.fr, le 25 juin 2001)

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