Intervention de M. Christian Paul, secrétaire d'Etat à l'outre-mer, sur la géographie de la commune de Camopi, son développement et sa gestion locale, Camopi, Guyane, le 16 juin 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Intervention de M. Christian Paul, secrétaire d'Etat à l'outre-mer, sur la géographie de la commune de Camopi, son développement et sa gestion locale, Camopi, Guyane, le 16 juin 2001.

Personnalité, fonction : PAUL Christian.

FRANCE. SE à l'outre mer

Circonstances : Déplacement de M. Christian Paul, secrétaire d'Etat à l'outre-mer, à Camopi, Guyane, le 16 juin 2001

ti : Monsieur le maire,

Monsieur le Président du Conseil régional,

Monsieur le Président du Conseil général,

Messieurs les parlementaires,

Mesdames, Messieurs,


Je vous remercie Monsieur le Maire, de votre accueil et de l'accueil chaleureux de la population de Camopi aujourd'hui.

Au cours de ce second voyage en Guyane, en 2001, j'ai souhaité aller à la rencontre des communes que l'on appelle " communes de l'intérieur ", pour avoir une appréhension concrète des difficultés dont j'avais pu prendre connaissance sur dossier, difficultés que vous avez rappelées dans votre intervention. Il était important, me semble-t-il, de venir ici à votre rencontre pour mieux apprécier, sur place, la situation de votre commune, les réponses que nous tentons d'y apporter, et les améliorations que nous devons décider.

Camopi constitue, à n'en point douter, une commune singulière en Guyane de par sa géographie, avec, comme vous l'avez dit, deux bourgs très éloignés l'un de l'autre. Cette singularité, c'est aussi sa population amérindienne. Cette singularité, c'est enfin un éloignement et un enclavement, par rapport au reste de la Guyane, combinées à une situation transfrontalière originale.

A sein de la Guyane, Camopi est une commune qui, au cours de ces dernières années, a su, par un travail discret et efficace, habilement jeter les bases d'un développement qu'elle veut durable, en harmonie avec son environnement et avec sa population.

Je tiens à vous féliciter, Monsieur le Maire, d'avoir contribué personnellement et directement à cette démarche par laquelle les habitants de Camopi ont exprimé leur volonté de vivre en harmonie avec leur environnement, ce qui signifie notamment la préservation de la forêt et des richesses naturelles qui nous entourent.

Depuis l'origine, la population de Camopi a toujours dit son souhait de contenir l'activité de l'orpaillage strictement dans ses limites légales, et vous l'avez rappelé aujourd'hui encore. D'ailleurs, l'Etat répond régulièrement à ce souhait par des opérations de lutte contre les exploitations aurifères clandestines, opérations qui supposent la mise en ¿uvre de lourds moyens matériels et humains. J'ai noté votre demande de faire respecter l'arrêté préfectoral qui encadre le transport de carburant sur certains cours d'eau proches. Il appartient, bien entendu, aux forces locales de sécurité publique présentes en continu ou lors d'opérations particulières à Camopi de le faire respecter.

La population de Camopi a également largement contribué, Monsieur le Maire, aux réflexions sur la notion de développement durable en Guyane, en cherchant notamment, par la voie de l'artisanat, de l'écotourisme, des activités d'accueil, à tirer le meilleur parti de son positionnement. Ces approches ont commencé à se formaliser dans les réflexions sur le projet du parc du sud de la Guyane. Comme vous le savez, ce projet d'ampleur suppose de dégager un consensus aussi large que possible dans le département pour être mené à bien. Et je ne doute pas que la contribution de votre commune et de ses habitants favorise ce consensus, sur l'Oyapock, sur le Maroni, mais aussi à Cayenne.

Comme vous l'avez souligné, Monsieur le Maire, le développement de Camopi se heurte aussi aux contraintes de son positionnement géographique et de son éloignement. Enseigner, soigner, construire à Camopi, ne sont pas choses faciles et la solidarité nationale et européenne s'exprime régulièrement au bénéfice de votre commune, Monsieur le Maire.

C'est ainsi, par exemple, que le 3ème régiment du service militaire adapté a fait séjourner, pendant de longs mois, un détachement qui a permis la remise en état de la piste d'aviation ou encore la création d'un site de décharge aux normes environnementales.

C'est ainsi, également, que des opérations de logement social ont pu avoir lieu.

Enfin, les fonds européens ont permis de réaliser plusieurs infrastructures au sein de la commune. Cet effort devra être poursuivi dans les années qui viennent, notamment dans les domaines de l'eau et de l'assainissement.

Je n'ignore pas le poids des contraintes techniques et administratives liées à la mobilisation des fonds européens dans l'intérieur de la Guyane, et je me réjouis que votre commune soit, en ce domaine, exemplaire, parmi les communes de l'intérieur.

Mais la solidarité nationale, à Camopi, c'est aussi l'enseignement et la santé.

Le plan de rattrapage scolaire a permis, notamment à Zidoc et à Trois Sauts, de construire des infrastructures nécessaires à l'éducation des enfants, accompagnées de créations de postes. Cet effort se poursuivra, je m'y engage.

Il est clair, comme vous l'avez souligné, Monsieur le Maire, que l'égalité républicaine des chances suppose de permettre aux enfants de Camopi de poursuivre leur scolarité au delà du primaire. Le concours du Centre National d'Etudes à Distance a permis de développer à Camopi l'enseignement secondaire, au niveau du collège. J'ai bien noté votre souci de développer la scolarité dans la vallée de l'Oyapock jusqu'au lycée, en s'appuyant par ailleurs sur un dispositif d'hébergement. Cette réflexion doit être menée en partenariat étroit avec le Président du Conseil régional et avec le recteur.

Dans le domaine sanitaire, la reprise par l'Etat des centres et postes de santé ont permis, au cours de ces derniers mois, de pourvoir tous les postes et de mettre à niveau les équipements et les infrastructures. Il est absolument impératif que cet effort se poursuive et je demande d'ailleurs au directeur du centre hospitalier de Cayenne, sous la double autorité du Préfet et du directeur de l'Agence Régionale de l'Hospitalisation, de s'y consacrer tout particulièrement.

Enfin, vous avez insisté, Monsieur le Maire, sur la situation des personnes au regard du droit. Comme vous le savez, si l'accompagnement de notre devise républicaine, " Liberté, Egalité, Fraternité " ouvre d'immenses droits à nos concitoyens, il suppose aussi un certain nombre de devoirs. Et je ne crois pas que la grande souplesse du droit républicain puisse aller aujourd'hui jusqu'à reconnaître, sous une forme ou sous une autre, des exceptions à certains principes fondamentaux de l'état-civil et de la famille.

Néanmoins, s'agissant de l'état-civil des personnes et de " l'accès aux papiers ", il serait tout à fait possible, je crois, sur la base d'une liste établie par la mairie de Camopi, que les situations administratives que vous avez décrites puissent être résolues, en liaison avec l'autorité judiciaire, y compris par des sessions foraines administratives ou judiciaires, dans l'esprit de l'opération sur l'état-civil conduite depuis 1998 dans la vallée du Maroni. Je demande donc, qu'en liaison avec vous, les autorités administratives et judiciaires locales, puissent exprimer leurs besoins pour conduire une telle opération, légitimement attendue par les habitants de Camopi.

Ainsi, Monsieur le Maire, Camopi, géographiquement distante, humainement singulière, est au c¿ur des préoccupations et de l'action de l'Etat et des collectivités locales de Guyane, au travers de leurs différents instruments d'intervention qui se formaliseront, dans quelques semaines, au travers d'une cellule " Oyapock " comme il existe déjà une cellule " Maroni ", l'une et l'autre chargées de faire vivre les plans Maroni - Oyapock renouvelées dans l'actuel contrat de plan, et dont vous avez tout à l'heure souligné l'efficacité et l'utilité.

Je souhaite en tout cas, Monsieur le Maire, que la démarche de développement durable que vous avez initiée à Camopi se poursuive harmonieusement, et ce dans l'esprit de la déclaration finale du sommet de Rio de 1992.

Soyez assuré en tout cas du soutien actif de l'Etat à vos côtés, et tel est le sens de ma présence aujourd'hui parmi vous.


Je vous remercie.

(source http://www.outre-mer.gouv.fr, le 27 juin 2001)

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