Entretien de M. Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, avec le quotidien "Le Monde" le 23 juin 2001, sur la politique de l'audiovisuel extérieur français. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, avec le quotidien "Le Monde" le 23 juin 2001, sur la politique de l'audiovisuel extérieur français.

Personnalité, fonction : , , VEDRINE Hubert.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

ti : Q - En quoi l'accord signé modifie-t-il la politique française en matière d'audiovisuel extérieur de la France ?

R - L'accord signé par les cinq partenaires traduit la politique audiovisuelle extérieure arrêtée par le gouvernement il y a trois ans, dont TV5 est l'un des éléments-clé. Mon objectif, avec Charles Josselin, le ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie, qui s'y est beaucoup impliqué, était de faire de TV5 modernisée une vitrine de l'audiovisuel français dans un cadre multilatéral francophone. TV5, qui devient TV5 Monde, va simplifier ses structures, son outil technique et sa programmation, et consolider ainsi les progrès réalisés depuis trois ans sous la présidence de Jean Stock.

TV5 Monde proposera le 1er août, au départ de Paris, sept - au lieu de cinq aujourd'hui - signaux destinés aux différents continents. Les deux nouveaux signaux confectionnés à Paris renforceront la présence française et francophone aux Etats-Unis et en Amérique Latine.

Q - Comptez-vous dégager de nouvelles mesures financières pour permettre à TV5 de rivaliser face à BBC World et la Deutsche Welle ?

R - Notre pays doit disposer d'un outil audiovisuel performant ; c'est une dimension essentielle de notre action extérieure. TV5 atteint 130 millions de foyers dans le monde ; c'est beaucoup plus que BBC World ou Deutsche Welle, malgré un budget inférieur d'un tiers environ à ces concurrents. Mais il faut être plus ambitieux encore : enrichir les programmes, élargir l'audience, étendre l'influence et ainsi gagner la bataille de la diversité culturelle.

Q - Quelles mesures envisagez-vous pour permettre un meilleur accès de TV5 aux Etats-Unis, où la chaîne francophone est quasiment absente ?

R - Le marché américain, à la fois fermé et encombré, est le plus difficile du monde. Les images françaises - cinéma et télévision - y sont encore trop rares. Il faut franchir ces obstacles, proposer un programme spécifique capable de répondre à la curiosité et au désir de France, qui, j'en suis convaincu, existent dans le public américain.

(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 25 juin 2001)

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