Déclaration de M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche, sur l'importance de la recherche en matière de protection de l'environnement, notamment dans la compréhension des mécanismes du changement climatique et la recherche de solutions visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre, Paris le 19 juin 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche, sur l'importance de la recherche en matière de protection de l'environnement, notamment dans la compréhension des mécanismes du changement climatique et la recherche de solutions visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre, Paris le 19 juin 2001.

Personnalité, fonction : SCHWARTZENBERG Roger-gerard.

FRANCE. Ministre de la recherche

Circonstances : Conférence annuelle du Programme national de lutte contre le changement climatique, à Paris le 19 juin 2001

ti : C'est avec beaucoup de plaisir que j'interviens ici aujourd'hui devant vous dans le cadre de cette conférence nationale sur la lutte contre le changement climatique, organisée par la Mission Interministérielle contre l'Effet de Serre, dont je salue le Président Michel MOUSEL. Le monde de la Recherche est en effet largement mobilisé autour de la lutte contre le changement climatique

Le 21 mai dernier, j'ai organisé au ministère de la Recherche une "Rencontre nationale de la recherche scientifique sur l'effet de serre", pour donner une impulsion encore accrue à cette recherche et pour renforcer la coordination entre les différentes disciplines impliquées.

Et je créerai très bientôt un "Conseil de la recherche sur le changement climatique" pour développer structurellement cette concertation scientifique, pour amplifier les synergies entre les actions et les programmes existants.

Gérard MEGIE grand climatologue, spécialiste de la couche d'ozone et de l'effet de serre que j'ai nommé à la Présidence du CNRS notamment pour montrer ma volonté de faire de la protection de l'environnement une des priorités de la recherche publique, interviendra dans quelques minutes devant vous, pour faire un point complet de l'état des connaissances scientifiques sur ce sujet.

Le rapport rendu public le 19 février dernier par les experts du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat, (le GIEC ou IPCC en anglais), estime que la température de la surface du globe devrait encore augmenter de 1,4 à 5,8° Celsius jusqu'en 2100, après avoir augmenté de 0,6 degré au cours du siècle dernier.

Selon ce rapport, si rien d'efficace n'est fait, les conséquences du réchauffement climatique seront très préoccupantes : sécheresses, inondations, montée des eaux, érosion des sols¿ Il faut donc agir vite et de façon déterminée pour lutter contre ce phénomène. Plus nous tarderons à nous engager dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et plus le changement climatique qui en résultera sera important. Nous avons là une responsabilité très forte vis-à-vis des générations futures, qui auront à connaître les effets des décisions que nous allons prendre ou ne pas prendre dans les années à venir.

En la matière, le laissez-faire ou l'inertie constituerait pour les décideurs publics une faute politique grave. Gouverner, c'est préparer l'avenir. Ce n'est pas gérer au jour le jour, sans se préoccuper du futur. La devise des responsables politiques ne peut évidemment pas être "après moi, le déluge". La réduction des émissions de gaz à effet de serre doit intervenir dans un cadre international et concerner tous les Etats. D'abord, parce que cette évolution du climat se manifestera partout dans le monde, et pas seulement dans les zones géographiques les plus génératrices de pollution. Ensuite parce qu'il suffirait qu'un seul grand pays, comme les Etats-Unis ou la Chine, refuse de faire les efforts nécessaires pour anéantir ou amoindrir ceux des autres nations. Par ailleurs, la lutte contre le changement climatique a un coût et il serait anormal que les entreprises des pays acceptant de lutter contre l'effet de serre subissent un désavantage compétitif par rapport à celles des pays refusant de s'engager dans cette voie. Un cadre international de négociation, de juste répartition et de coordination des efforts entre tous les pays est indispensable pour que nous parvenions à maîtriser ce phénomène.

La Convention sur les changements climatiques a été adoptée à Rio en 1992. Le protocole de Kyoto a été signé en 1997 par 84 pays : il fixe pour objectif aux pays industrialisés de réduire les émissions de CO2 et des principaux gaz à effet de serre de 5,2 % en moyenne en 2010 par rapport à 1990. A ce jour, le protocole de Kyoto n'a été effectivement ratifié que par 30 pays du Tiers Monde (dont le Mexique pays émergeant), qui n'ont pas d'engagements de réduction quantifiés. Mais il n'a été ratifié par aucun des 38 pays occidentaux et est-européens (à l'exception de la Roumanie). La France a cependant aujourd'hui achevé la procédure de ratification avec la promulgation de la loi autorisant la ratification du protocole.

L'attitude des Etats-Unis
Le refus du président Bush de ratifier le protocole de Kyoto est gravement préoccupant.

J'observe d'ailleurs que les adversaires les plus résolus du protocole de Kyoto sont aussi les partisans les plus zélés de l'hyper-libéralisme, qui considère les dégâts environnementaux comme de simples "dommages collatéraux" de la croissance économique.

Il faut au contraire, promouvoir un développement "soutenable" et durable, qui concilie croissance économique et respect de l'environnement. Les Etats-Unis sont le premier émetteur de gaz à effet de serre : 25 % des émissions avec seulement 5 % de la population mondiale. Ils ne peuvent donc s'exonérer des engagement multilatéraux souscrits sous l'administration Clinton-Gore, pour se crisper sur une attitude unilatéraliste, voire isolationniste.

L'Amérique n'est pas seule au monde. Elle doit, comme les autres pays accepter un certain nombre de règles, qui assurent le devenir de la communauté internationale.

Il est également regrettable que les Etats-Unis souhaitent imposer dès maintenant une réduction quantifiée d'émission de CO2 aux pays en voie de développement. Les régions du globe qui disposent des ressources les plus réduites sont aussi celles dont les capacités d'adaptation sont les plus faibles. Ce sont celles qui seront les plus vulnérables aux effets du changement climatique avec des risques de réduction des ressources en eau, voire de désertification, d'inondations dans certaines zones, de réduction des productions agricoles. Les pays en voie de développement sont d'ailleurs parties prenantes aux négociations en cours et ne représentent en général qu'une part marginale des émissions de gaz à effet de serre.

Les pays développés devront au contraire aider ces pays à concilier leur développement et le respect de l'environnement. Il faut empêcher, là aussi, le fossé Nord-Sud de se creuser.

Bien sûr des pays comme l'Inde ou la Chine représentent un important potentiel d'émissions et il est essentiel qu'ils s'engagent eux aussi dans une politique de développement durable. Néanmoins, un tel effort ne peut être exigé que si les Etats-Unis et l'Europe montrent l'exemple en ratifiant le protocole de Kyoto et en le mettant en ¿uvre.

Je me félicite de la détermination montrée par les Etats européens, qui font front commun pour défendre le protocole de Kyoto. Pour ceux qui douteraient encore de l'intérêt de la construction européenne, ce front commun montre bien que c'est en agissant ensemble que les Européens peuvent peser et faire valoir leurs positions.

Cette détermination européenne commence déjà à produire quelques effets, même timides, sur l'attitude des Etats-Unis, le président Bush acceptant de "considérer les changements climatiques comme un défi sérieux" et d'avoir de nouveaux canaux de discussion avec les Européens, notamment dans le domaine de la recherche.

Le rôle de la recherche
Les scientifiques sont d'ailleurs à l'origine des discussions qui ont conduit à la signature de la convention de Rio en 1992, puis du protocole de Kyoto en 1997. La recherche est en effet en mesure d'intervenir aux différents niveaux de la lutte contre le changement climatique :
- Elle permet d'abord de mesurer les évolutions de notre environnement, de comprendre les mécanismes du changement climatique et de les modéliser pour estimer les évolutions à venir
Il est plus que jamais indispensable de poursuivre notre effort de compréhension et de modélisation des évolutions du climat, de notre environnement et de l'impact des activités humaines sur ceux-ci.
Une des priorités est la connaissance des cycles du carbone et des composés à effets de serre, et celle du rôle des océans, des sols et d'autres facteurs dans l'absorption de ceux-ci.
Au-delà de son importance sur le plan scientifique, cette question est également un enjeu des négociations internationales, la prise en compte des puits de carbone ayant été un des points de désaccord entre Européens et Américains lors de la conférence de La Haye.
Il est à ce titre indispensable de développer les lieux de concertation et de dialogue entre les chercheurs et les experts, d'une part, et les décideurs publics et les négociateurs des conventions internationales d'autre part.

Le développement des sources d'observation et de recueils de données sur l'environnement est également une priorité, qu'il s'agisse de la recherche des données du passé ou du suivi des évolutions en cours. Il faut aujourd'hui mettre en place les instruments et les bases de données, qui permettront aux scientifiques de disposer des données nécessaires à leurs travaux.

Une telle action gagne évidemment à être engagée au niveau européen, vu les moyens à mettre en jeu et la nécessité de disposer de données au niveau global. C'est pourquoi, présidant le Conseil des ministres de la Recherche, j'ai soutenu très activement, pendant la présidence française de l'Union européenne, l'initiative de la Commission européenne GMES, Global Monitoring for Environment and Security (Surveillance globale de l'environnement et la sécurité).

L'Europe doit disposer d'une capacité indépendante d'analyse et de suivi des paramètres relatifs à l'environnement et de vérification des engagements internationaux comme le protocole de Kyoto. Cela est indispensable pour préparer les décisions publiques appropriées au niveau national et communautaire et pour défendre nos positions dans les discussions internationales.

Les moyens spatiaux constituent naturellement un outil privilégié de l'observation de la Terre et de son environnement, car ils offrent des données de façon permanente et fiable, en couvrant toutes les échelles nécessaires d'espace et de temps. Mais il est cependant indispensable de fusionner les données mesurées depuis l'espace avec celles acquises au sol, dans les océans et le sous-sol.

A cette fin, mon ministère a lancé un appel à propositions sur les "Observatoires de recherche sur l'environnement" auquel de nombreux organismes, notamment l'INRA ont répondu. Les premiers Observatoires seront mis en place début 2002.

- La Recherche permet d'appréhender les conséquences du changement à venir sur les activités humaines, sur la santé et sur les milieux naturels (eau, cultures, forêts, biodiversité¿)

Il ne s'agit pas ici de céder au catastrophisme, les sociétés humaines disposant en effet de fortes capacités d'adaptation, mais nous devons étudier les conséquences des évolutions de notre environnement et des pollutions :

- sur la santé humaine, il y aura un impact direct dû aux variations de température et aux pollutions locales ; mais surtout il y a un risque de développement et de déplacement de certaines pathologies ;

- sur la nature au sens large et notamment sur les arbres et sur l'agriculture, qui devront aussi bien intégrer l'augmentation de la teneur en gaz carbonique que les variations de température et d'humidité.

- La Recherche est à la source du développement technologique et des solutions que nous devons dégager pour réduire les émissions de gaz à effet de serre
Notre effort de réduction des émissions de gaz doit aujourd'hui principalement porter sur deux axes : la production d'énergie et les transports.

Nous devons réduire nos consommations énergétiques, tout en maintenant notre qualité de vie. Il s'agit de produire mieux en consommant moins d'énergie et aussi de produire autrement. Les pollutions engendrées par la production, qu'elles soient industrielles ou agricoles, doivent être réduites et contrôlées. Nous devons nous orienter vers des procédés propres et contrôlés par une interaction renforcée entre le secteur de la production et la recherche, même la plus amont. C'est une priorité que je tiens à favoriser par les actions du ministère de la recherche.

Il faut également réfléchir aux modes de transport de personnes et de marchandises, et modifier nos comportements quotidiens. La mobilisation de tous est ici nécessaire, chercheurs, industriels et citoyens. Le Gouvernement a lancé en ce sens un plan d'action en liaison avec l'ADEME portant sur les différents secteurs consommateurs.

Les choix à faire dépendent de l'acceptation de l'opinion publique, qu'il faut pleinement informer, et des décisions politiques qu'il faut avoir le courage de prendre. Le développement de technologies de production d'énergie réduisant les émissions de gaz à effet de serre fait partie des priorités du ministère la recherche et des établissements comme le CEA, l'ADEME ou le CNRS sont très actifs sur ces questions.

Ainsi, le contrat quadriennal conclu en janvier 2001 avec le CEA inscrit parmi ses priorités le développement des énergies renouvelables. D'ici à 2004, les programmes de recherche sur les énergies nouvelles mobiliseront 300 personnes (contre 100 en 2000) et 272 MF (contre 118 en 2000).

Nous devons développer l'usage de l'éolien, du photovoltaïque, de la biomasse et la géothermie profonde qui sont complémentaires et dont le potentiel d'utilisation dépend de la géographie du lieu de production. Nous devons aller progressivement vers des ressources énergétiques diversifiées ou "plurielles". En développant cet effort de recherche sur les énergies renouvelables, sur les énergies alternatives.

Dans une perspective de long terme, les efforts se poursuivent, au niveau européen et en partenariat avec la Russie et le Japon, sur les recherches relatives à la fusion par confinement magnétique, qui offre des perspectives pour la production énergétique du futur, tout en présentant de nombreux avantages notamment en matière d'environnement : disponibilité du combustible, sûreté de fonctionnement et limitation à moins de cent ans de la durée de vie des déchets radioactifs.

Dans le domaine des transports, l'effort doit porter sur les technologies permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre par les véhicules. La pile à combustible apparaît comme une technologie très prometteuse. Nous disposons aujourd'hui du Réseau de recherche sur la pile à combustible et aussi du CNRT de Belfort-Montbéliard que j'ai créé en juillet 2000 et qui se consacre à ce domaine.

Il nous faut aujourd'hui concilier le développement et le respect de l'environnement. Il n'y a aucune fatalité à voir la croissance économique se réaliser au détriment des préoccupations écologiques, comme cela a été trop souvent le cas au XXe siècle.

Par ailleurs, l'énergie nucléaire, qui assure aujourd'hui 80 % de la production électrique française, n'émet pratiquement pas de gaz à effet de serre. Cependant, elle soulève d'autres problèmes.
Il faut en particulier poursuivre les recherches sur la gestion des déchets nucléaires, sur la sûreté des installations et enfin sur les effets des activités nucléaires sur la santé et l'environnement.

D'importants progrès ont été accomplis depuis 1991 sur les différents axes de recherche fixés par la loi Bataille, notamment sur la séparation et l'extraction des différents types de déchets et sur les méthodes de conditionnement de ceux-ci, dont il faut pouvoir garantir le comportement sur le long terme. Ces travaux sont réalisés en étroite collaboration avec la Suède, la Suisse, et avec le Canada qui ont des préoccupations analogues.

Le bilan des recherches qui sera présenté au Parlement en 2006, lors du rendez-vous prévu par la loi Bataille, sera très complet. Il permettra au Parlement de débattre utilement des différents choix de gestion des déchets nucléaires ultimes.

- Enfin, les sciences humaines et sociales doivent se mobiliser sur les dimensions juridiques et sociales d'une politique de développement durable.

Il convient ainsi d'être en mesure d'apprécier pleinement les enjeux et les conséquences pour nos économies des négociations internationales en cours et de développer une expertise sur les outils juridiques innovants, auxquels devront faire appel les conventions internationales sur l'environnement.

Enfin, la mobilisation contre le réchauffement climatique nécessitera un changement profond de nos comportements, dont l'acceptabilité et les conséquences pour nos concitoyens doivent être analysées.

Je mettrai donc en place avant la fin de cette année une Action Concertée Incitative (ACI) sur les dimensions juridiques et sociales d'une politique de développement durable.

Dès mon arrivée au ministère de la Recherche en mars 2000, j'ai souhaité faire des recherches sur l'environnement et l'énergie une des trois priorités de l'action du ministère avec les sciences de la vie et les sciences et technologies de l'information et de la communication (STIC). Ces recherches doivent être au c¿ur de l'effort pour le "développement durabl " et sont déterminantes pour l'héritage que nous laisserons aux générations futures.

Ma conviction, c'est que la recherche peut et doit contribuer à une meilleure protection de l'environnement et au développement durable. Le potentiel de recherche national sur l'environnement est important. Il représente environ 4500 personnes au sein des organismes de recherche et des Universités et un budget d'environ 4 milliards de francs chaque année, soit près de 8% du Budget Civil de Recherche et de Développement, le BCRD.

Presque tous les organismes de recherche sont concernés, mais aucun d'entre eux ne couvre la totalité des thématiques à étudier. Même le CNRS, qui est le premier d'entre eux, traite par exemple assez peu des questions relatives à l'agriculture qui sont pourtant essentielles en matière d'environnement et qui sont de la compétence de l'INRA, du CIRAD et du CEMAGREF.

Le Conseil de la recherche sur le changement climatique

Tous ces organismes sont mobilisés sur ces enjeux, qui nécessitent le recours à de multiples disciplines : les sciences de la Terre, de l'atmosphère et des océans, les mathématiques appliquées, les science de l'ingénieur, la chimie, la physique, les sciences de la vie au sens large et enfin les sciences humaines économiques et sociales.

Il existe ainsi aujourd'hui plus d'une quarantaine de programmes, actions ou groupements de recherche publics sur l'environnement, sans compter les actions internationales notamment au niveau européen.

J'entends donner désormais une lisibilité plus forte et surtout une cohérence d'ensemble plus forte à ce dispositif, notamment sur le changement climatique qui constitue bien sûr un thème prioritaire.

C'est la raison pour laquelle j'ai décidé de mettre en place un "Conseil de la Recherche sur le Changement Climatique et le Développement Durable", qui devra assurer la coordination des actions du ministère, des établissements de recherche et des universités et définir une stratégie visant à renforcer les synergies et à développer de nouvelles initiatives dans ce domaine. La première tâche de ce Conseil sera de préparer, d'ici la fin de l'année, une stratégie et un plan d'action pour la recherche scientifique et technologique sur le changement climatique, ses conséquences et sur les solutions à développer pour répondre à ces enjeux.

Ce Conseil de la Recherche, dont je souhaite qu'il soit fortement pluridisciplinaire et auquel des industriels seront associés, reposera sur quatre piliers :
- les sciences de la Terre, de l'atmosphère et de l'océan ;
- les technologies en interaction étroite avec les sciences pour l'ingénieur, la physique, la chimie et les mathématiques appliquées ;
- les sciences humaines et sociales ;
- la biologie et la santé. Je souhaite en particulier qu'un effort soit effectué en faveur des technologies du développement durable, en associant les laboratoires de recherche et les entreprises, qui ont les uns comme les autres un rôle clé à jouer dans ce dispositif, en renforçant les synergies entre la recherche en amont et les technologies en aval.

La Rencontre nationale du 21 mai
Le ministère de la recherche a par ailleurs organisé le 21 mai dernier une "Rencontre nationale de la recherche scientifique sur l'effet de serre" qui poursuivait quatre principaux objectifs :
- synthétiser les résultats ;
- renforcer la cohésion interdisciplinaire des approches des différents programmes ;
- préparer des recommandations ;
- identifier et mobiliser un noyau de compétences pour l'animation et la valorisation de la recherche nationale.

Cette rencontre a eu un vif succès puisque plus de quatre cents chercheurs ont répondu à cet appel et ont débattu toute la journée des principales questions et des thèmes prioritaires à traiter dans les années à venir pour chacune d'entre elles, c'est à dire : la variabilité climatique, le cycle du carbone, les impacts de l'effet de serre, les modèles climatiques et économiques et enfin les solutions à développer pour répondre à ces enjeux, notamment sur le plan technologique.

Comme ministre de la Recherche, je souhaite développer une science citoyenne, placée au contact direct de nos concitoyens et de leurs préoccupations, leur permettant de s'informer et de se prononcer sur les grands choix scientifiques et technologiques, dont l'effet de serre et le réchauffement climatique.

La protection de l'environnement : une priorité politique
Il y a plusieurs décennies, Paul Valéry écrivait déjà : "Le temps du monde fini commence". Plus tard, dans les années 1970, Marshall Mac Luhan décrivait la Terre comme un "village planétaire". Aujourd'hui, nous y sommes. La population mondiale prend conscience de son unité et du fait que l'humanité est une, par-delà les frontières, qui sont souvent des cicatrices de l'histoire.

Ce qui est en jeu, c'est notre destin commun dans les décennies qui viennent et, au-delà, le sort des générations futures que nous ne pouvons hypothéquer par nos actes ou nos abstentions d'aujourd'hui.
La protection de l'environnement doit être désormais une de nos principales priorités politiques.
C'est vrai au plan national où le gouvernement s'attache à agir pour le droit à un environnement préservé et où le Parlement a adopté début 2001 une proposition de loi qualifiant de "priorité nationale" la lutte contre l'effet de serre.

C'est vrai aussi au plan européen, où la Charte des droits fondamentaux, adoptée à Nice, inscrit l'environnement parmi ces droits. Cela doit être vrai aussi au plan international, où le protocole de Kyoto doit être ratifié et appliqué.

Le volontarisme politique doit s'appliquer à la défense de l'environnement, comme il s'applique à d'autres grandes priorités.

Face à l'urgence climatique, face aux autres défis écologiques, la recherche peut et doit contribuer à la prise de conscience et à la prise de décision. En contribuant à dessiner un nouvel horizon pour ce XXIème siècle, qui vient juste de commencer. .

(Source http://www.recherche.gouv.fr, le 20 juin 2001)

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