Interview de M. Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement, des transports et du logement, à RMC le 27 juin 2001, sur la situation de la compagnie aérienne AOM-Air Liberté et sur les nouvelles mesures de sécurité routière. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement, des transports et du logement, à RMC le 27 juin 2001, sur la situation de la compagnie aérienne AOM-Air Liberté et sur les nouvelles mesures de sécurité routière.

Personnalité, fonction : GAYSSOT Jean-claude.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports et du logement

ti : P. Lapousterle - Quelques mots sur les questions d'actualité sur lesquelles la majorité elle-même est un peu divisée. Le Smic, par exemple, + 4 % dans quelques jours. Le coup de pouce est vraiment mineur, au point que votre camarade M. Gremetz, qui siège à l'Assemblée, a dit : "Le Gouvernement se moque du monde!." Votre avis ?

- "R. Hue avait demandé..."

... au moins 5 % d'augmentation.

- "Exactement. On voit bien qu'on n'y est pas. On est légèrement à un peu plus de 4 %. Je crois que l'idée qu'il faut relever les bas-salaires est d'abord une idée juste du point de la justice sociale, mais c'est aussi important pour l'activité économique. Au moment où on sent qu'il y a des risques de recul de la croissance du fait de ce qui se passe aux Etats-Unis et en Allemagne, il est bon que la consommation intérieure dans notre pays soit soutenue et maintenue. Cela veut dire qu'en relevant les salaires, les bas-salaires, on fait d'une pierre deux coups : on s'attaque à la fois, aux inégalités sociales, et en même temps, on participe à ce que la croissance, qui a quand même permis des créations d'emplois importantes dans notre pays depuis 1997 soit maintenue et soutenue."

Donc vous n'êtes pas très content ?!

- "J'aurais préféré que la revalorisation soit un peu supérieure."

Les affaires sociales : hier, on a appris trois nouveaux plans sociaux, notamment chez Philips, Cap Gemini.

- "Quelles entreprises en plus ! On parle de profits tout à fait considérables pour Philips. Cela signifie bien que la loi sur la modernisation sociale que le groupe communiste a ..."

...dont il a accouché dans la douleur !

- .".. a amélioré, a fait améliorer, avec les possibilités justement de discussion des comités d'entreprise, de révision de ce que l'on appelle "le licenciement économique", doit être absolument mise en oeuvre sans délais. De ce point de vue, l'attitude de la droite sénatoriale, qui refuse de poursuivre rapidement ..."

La loi est reportée à l'automne.

- "Pendant ce temps, on voit que des grands groupes en profitent. Maintenant, il faut que ces dispositions soient mises en oeuvre immédiatement !"

Les rave parties : êtes-vous de ceux qui pensent qu'il faut légiférer dans cette affaire ou bien faut-il savoir fermer les yeux de temps en temps ?

- "J'utiliserai une formule que les ministres utilisent souvent : on ferait bien "de s'en remettre à la sagesse des parlementaires.""

AOM-Air Liberté est un dossier très compliqué. Des milliers de vacanciers ont déjà payé leur billet et ne sont pas certains de pouvoir effectuer les vols prévus par la compagnie qui risque, vous le savez mieux que personne, de cesser ses activités. Est-ce que dans cette affaire, le ministre des Transports que vous êtes se sent responsable et agit afin que les gens soient remboursés ou qu'ils puissent faire leur voyage ?

- "Sur le remboursement, il y a des règles précises. Si le passager a acheté un billet à forfait, incluant au moins une autre prestation, il est de fait assuré, donc il sera remboursé."

Il paraîtrait qu'on serait remboursés à "perpet" ...

- "Je ne dis pas qu'il n'y a pas de problèmes mais je rappelle le droit. S'il a pris un billet individuel, hors de toute autre prestation, souvent acheté auprès d'une agence de voyage, il y a deux situations : si le billet est à tarif réduit, il sera remboursé auprès de l'agence de voyage si le vol n'est pas effectué. Par contre, si le billet est plein tarif, le billet est remboursé s'il le souhaite, que le vol soit annulé ou non. Pour les ventes faites au comptoir AOM-Air Liberté, les modalités sont identiques. Toutefois - et c'est là la question -, les billets vendus avant le 19 juin sur des vols non-annulés ne sont pas remboursés puisque les vols ne sont pas annulés. C'est là le problème, nous devons tout faire justement pour que les vols ne soient pas annulés. Si jamais, par malheur, les solutions de reprise n'intervenaient pas, par rapport aux DOM-TOM en particulier, j'ai invité les opérateurs aériens ..."

Quand les avez-vous invités ?

- "J'ai d'ores et déjà invité les opérateurs aériens français, Air France, Corsair etc., à assurer un niveau de vols suffisant pour faire face à l'ensemble de la demande. Je peux même vous informer que dans les prochains jours, je recevrai les élus, avec monsieur C. Paul et madame Demessine, pour faire le point de cette situation."

Il y a bon espoir sur la reprise ou c'est mal parti ?

-"C'est une situation difficile, mais si je prends Air Littoral, aujourd'hui il y a un comité d'entreprise où des propositions vont être présentées ; je sais que des projets sérieux existent. Je me suis engagé à ce qu'il n'y ait personne sur le carreau, je tiendrai mes engagements."

Personne sur le carreau ?!

- "Je me suis engagé à ce qu'il y ait personne sur le carreau ! D'ailleurs, je demande aux préfets de l'Hérault et des Alpes-Maritimes de mobiliser les services publics de l'emploi et de mettre en place un suivi personnalisé, car il y aura une réduction de voilure. Il faut qu'elle soit la plus faible possible. Il y aura des effectifs en réduction, il faut que cette réduction soit la plus faible possible. Mais dans tous les cas, je me suis engagé à ce qu'il y ait un suivi personnalisé des dossiers. Une cellule spécifique a même été mise en place par Air France, qui, vous le savez, a un programme d'embauche important. Nous avons le souci que les pôles de Nice et de Montpellier soient maintenus. Pour Air Littoral, nous sommes en négociations sur la base d'un plan de continuation. Il n'y a pas eu de dépôt de bilan. Il faut poursuivre l'activité, même si les conditions de cette poursuite sont différentes de ce qu'elles étaient auparavant."

Quand le Concorde va-t-il voler ?

- "Je vous l'avais déjà, je suis raisonnablement optimiste. Les essais et les tests se déroulent dans de bonnes conditions. J'ai fait effectuer une enquête d'opinion : à 95 %, l'opinion française attend la reprise des vols. Je continuer à penser que, dès lors que les conditions de sécurité seront réunies, à l'automne, on pourra envisager la reprise du certificat de navigabilité."

Et donc le vol commercial dans la foulée ?

- "Evidemment."

La route : on vous a entendu hier. Vous avez pris des décisions draconiennes : retrait du permis sur place s'il y a très grande vitesse ou s'il y a de l'alcool dans le sang.

- "Oui, dès lors que ce sont des conduites dangereuses, par exemple vitesse excessive de plus de 40 km/h."

Quel est l'objectif cet été ? Vous espérez sauver combien de vies avec ces mesures ?

- "Quand je suis arrivé en 1998, je crois qu'il y a eu plus de 1700 victimes durant les deux mois d'été. C'était deux mois dramatiques ! L'an dernier, nous avons réussi à faire baisser les accidents sensiblement par rapport aux chiffres de 98, puisqu'il y a 300 ou 400 tués de moins, 400 vies sauvées. Je veux poursuivre dans cette démarche. Donc, il y aura des contrôles, plus de contrôles, avec plus de radars. Et il y aura des sanctions pour ceux qui ne respectent pas les règles du jeu, y compris la rétention du permis de conduire, sur le champ, pour ceux qui dépassent 40 km/h, la vitesse prescrite ou qui ont plus de 0,8 grammes d'alcool."

(source http://sig.premier-ministre.gouv.fr, le 27 juin 2001)

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