Déclaration de M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche, sur la politique de recherche en matière de génomique et de thérapies géniques ainsi que dans la lutte contre le sida, Paris le 25 juin 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche, sur la politique de recherche en matière de génomique et de thérapies géniques ainsi que dans la lutte contre le sida, Paris le 25 juin 2001.

Personnalité, fonction : SCHWARTZENBERG Roger-gerard.

FRANCE. Ministre de la recherche

Circonstances : Quatrième conférence internationale du Conseil international pour un progrès global de la santé (CIPGS) consacré au thème "Progrès médical et qualité de la vie au 21e siècle", à Paris le 25 juin 200125 juin 2001

ti : Je suis heureux d'être avec vous aujourd'hui pour la 4ème conférence internationale du CIPGS et pour clore cette session "les nouveaux horizons de la recherche médicale : les promesses d'une amélioration de la santé et l'impact sur la santé de l'individu et de la population" présidée par les Prs François Gros et Jay Levy.

Je voudrais saluer tout particulièrement cette initiative, dont le but est de rapprocher science, médecine et société, et remercier le directeur général de l'UNESCO, Mr Koïchiro Matsuura, pour le soutien qu'il vous apporte, et les organisateurs de cette conférence, Harvey Fineberg, Claude Jasmin, Luz Lajous et Elie Wiesel.

Votre colloque a choisi cette année le thème : "Santé pour tous dans le monde : progrès médical et qualité de la vie au XXIème siècle".

M'inscrivant dans cette réflexion, je voudrais souligner ce que doit être la mission des femmes et des hommes de science dans ce nouveau siècle : faire reculer la souffrance et la mort et les faire reculer pour tous.

D'où deux angles de réflexion :
- comment améliorer la santé humaine à partir des nouvelles découvertes : c'est la question de l'innovation médicale ;
- comment permettre à tous de bénéficier de l'avancée des connaissances, en assurant l'égalité des chances devant la maladie : c'est la question de l'accès aux soins, ici, dans les pays développés mais également dans les pays du Sud, qui ne doivent pas être laissés au bord du chemin et à l'écart des applications de l'innovation médicale. .

AMELIORER LA SANTE HUMAINE

D'abord, comment améliorer la santé humaine et tirer parti du progrès des connaissances ? Les avancées principales résulteront sans doute de la mise en ¿uvre des thérapies géniques et cellulaires.

Les recherches en génomique et les thérapies géniques

La première réussite d'une thérapie génique a eu lieu en 2000, à Paris, à quelques pas d'ici, à l'Hôpital Necker, grâce à l'équipe du Pr Fischer. Quatre enfants guéris déjà. Mais les perspectives de la génomique concernent également des millions de malades dès que l'on aborde la question des maladies fréquentes. Demain, c'est la prédisposition aux cancers, au diabète, à l'hypertension, que nous pourrons diagnostiquer et ce sont donc de nombreuses maladies que nous pourrons mieux prévenir et traiter. Nous espérons des résultats de la génomique de réelles applications à des fins diagnostiques, vaccinales ou thérapeutiques, conduisant à la mise au point de nouveaux tests, vaccins et médicaments.

L'objectif est notamment de développer les instruments de prévention nécessaire à l'amélioration du pronostic des cancers les plus fréquents. Ce qui est déjà vrai aujourd'hui pour un gène particulier le sera plus encore demain lorsque nous aurons à notre disposition un plus grand éventail de gènes de prédisposition que les techniques permettront de rassembler sur une seule puce à ADN. Un outil qui deviendra rapidement indispensable ici encore pour le dépistage, le diagnostic et le suivi thérapeutique des patients.

Les recherches en génomique ouvrent également des perspectives nouvelles pour les pathologies infectieuses endémiques et bien connues. Je souhaite évoquer ici le paludisme et l'engagement de la France, que je viens de confirmer, dans le programme international de séquençage du génome du moustique Anophèle Gambiae, vecteur du parasite responsable de la maladie. La France investira dès cette année plus de 30 millions de francs dans ce grand projet. Nous espérons de ce séquençage de nouvelles connaissances des relations hôte-parasite et des moyens innovants de lutter contre la transmission de la maladie. Une maladie qui frappe 500 millions de personnes et en tue chaque année 2 700 000.

Le Centre national de séquençage mobilisera ses capacités sur ce projet et travaillera en collaboration avec Celera Genomics et le TIGR (The Institute of Genomic Research, associé à l'Université de Washington). Les capacités d'analyse bio-informatique de l'Institut Pasteur seront en parallèle développées.

Le programme PAL+ du ministère de la recherche est également associé à ce projet. PAL+ est consacré à des collaborations avec les pays du Sud sur les maladies transmissibles. Un objectif important de programme est la formation des chercheurs de ces pays sur des thématiques qu'ils apportent et veulent étudier ensuite localement. Cette nouvelle dynamique de partenariat est essentielle au développement des systèmes de santé des pays en développement.

Les thérapies cellulaires
Par ailleurs, la mise en ¿uvre des thérapies cellulaires devrait contribuer de manière très importante à l'amélioration de la santé humaine. Il nous faut donc développer les recherches sur les cellules souches, qu'il s'agisse des cellules adultes ou des cellules embryonnaires.

Les cellules souches adultes
L'utilisation des cellules souches adultes ne pose évidemment pas les mêmes problèmes éthiques que celle des cellules embryonnaires. J'ai donc souhaité qu'on développe très activement les recherches sur les cellules souches adultes.
J'ai donc demandé au Professeur François Gros de constituer sur ce sujet un groupe de travail. Ce groupe comprenait vingt experts, parmi lesquels Madame Marina Cavazanna-Calvo, René Frydman, Louis-Marie Houdebine, Marc Peschanski, Alain Pompidou et Marc Tardieu.
Ce groupe de travail m'a remis le 6 novembre 2000 son rapport, intitulé "Les cellules souches adultes et leurs potentialités d'utilisation en recherche et en thérapeutique -Comparaison avec les cellules souches embryonnaires".
Ce rapport indique que les cellules souches embryonnaires et les cellules souches adultes n'ont pas, a priori, les mêmes capacités de différenciation et de multiplication.
Il est indispensable cependant de poursuivre très activement l'effort de recherche sur les cellules souches adultes, même si celles-ci semblent actuellement moins riches de potentialités que les cellules souches embryonnaires. Le Ministère de la Recherche veillera donc au renforcement des recherches menées sur les cellules souches adultes.
Mais, vu l'état actuel des connaissances, le groupe de travail présidé par F. Gros jusge "urgent" "le développement de travaux fondamentaux sur les cellules souches embryonnaires".

Les cellules souches embryonnaires
L'éthique nous invite à prendre en compte deux séries de considérations.

D'une part, l'attention à accorder à l'embryon humain, qui ne peut être réifié.

D'autre part, le droit des malades à être soignés. Le droit des personnes atteintes d'affectations graves et le plus souvent incurables, à voir les recherches progresser et développer de nouvelles thérapeutiques, susceptibles de soulager leurs souffrances et de leur offrir des chances de guérison.

Ces deux impératifs éthiques doivent être pris en compte l'un et l'autre.

Médecine régénératrice et thérapie cellulaire
L'enjeu, c'est la médecine régénératrice, remplaçant un jour cellules et organes défaillants.
Beaucoup de maladies humaines sont liées à la dégénérescence cellulaire et à la destruction de tissus qu'on n'a pas aujourd'hui les moyens de remplacer.
La solution actuelle est la transplantation d'organes. Mais le nombre de donneurs d'organes est limité. Et il importe donc de pallier le manque de dons d'organes.
La thérapie cellulaire vise donc à remplacer des cellules malades ou en nombre insuffisant par des greffes de cellules. Elle vise donc à traiter les affections qui nécessitent une régénérescence des cellules.
- Les maladies neuro-dégératrices : de très nombreuses maladies neurologiques sont le résultat de la perte de cellules nerveuses. C'est le cas de la maladcie d'Alzheimer et de la maladie de Parkinson. De même, on peut espérer traiter par ces cellules nerveuses spécialisées la sclérose latérale amyotrophique et la sclérose en plaques.

- Les maladies cardiaques : la transplantation de cellules musculaires cardiaques pourrait aider les malades en insuffisance cardiaque chronique et repeupler le tissu cardiaque.

- Les hépatites : la culture de cellules hépatiques pourrait repeupler le foie et remplacer les cellules défectueuses.

- Le diabète de type I : la production d'insuline par les cellules spécialisées réunies dans les îlots de Langerhans est abolie dans le diabète de type I. La transplantation d'îlots isolés est susceptible de guérir la maladie. Les faire dériver de cellules souches permettrait d'en disposer en nombre suffisant pour la transplantation.

On voit bien les bénéfices potentiellement considérables de ces recherches, pour mettre au point des thérapies prometteuses, pour sauvegarder ou améliorer des vies humaines.

Les cellules souches embryonnaires sont obtenues à partir d'un embryon qui peut provenir d'une fécondation in vitro (FIV) ou du transfert d'un noyau adulte dans un ovocyte énuclée (transfert de noyau des cellules somatiques).

Les embryons surnuméraires sans projet parental
Quel peut être le devenir des embryons humains conçus dans les centres d'AMP (assistance médicale à la procréation) qui, ne faisant plus l'objet d'un projet parental, sont conservés depuis par congélation ?
Actuellement, la loi de biothétique de 1994 dispose que ces embryons qui ne font plus l'objet d'un projet parental et qui ne peuvent pas être accueillis par un autre couple cesseront d'être conservés au-delà d'un délai de 5 ans.
Plutôt que de détruire ces embryons conservés par congélation, il faut permettre leur utilisation à des fins de recherche.
Le projet de loi relatif à la bioéthique, adopté par le conseil des ministres du 20 juin dernier, autorise l'utilisation à des fins de recherche des embryons humains conçus dans les centres d'APM qui, ne faisant plus l'objet d'un projet parental, sont conservés depuis par congélation.
Les lois de bioéthique de 1994 disposait que ces embryons qui ne font plus l'objet d'un projet parental et qui ne peuvent être accueillis, par un autre couple cesseraient d'être conservés au-delà d'un délai de 5 ans.
Plutôt que de détruire ces embryons conservés par congélation, le nouveau projet de loi autorise -enfin- leur utilisation à des fins de recherche.
C'est un premier progrès pour la recherche et pour la mise au point de nouvelles thérapies destinées à sauvegarder ou à améliorer des vie humaines.

Le transfert de noyaux de cellules somatiques
Une seconde voie permettrait la constitution de lignées de cellules souches embryonnaires : le transfert de noyau de cellules somatiques, le transfert dans un ovocyte énucléé du noyau d'une cellule adulte du patient qu'on désire traiter.

Cette seconde technique présente un avantage : éviter les problèmes immunologiques qui peuvent faire suite à une transplantation, éviter le rejet immunologique, éviter le rejet du transplant.
En effet, les cellules souches prélevées sur les embryons surnuméraires ne seraient pas identiques génétiquement à celles du receveur et pourraient entraîner des problèmes de rejet. En revanche, le transfert de noyaux de cellules somatiques constitue des lignées cellulaires totalement compatibles avec le système immunitaire du patient donneur du noyau.
Même s'il jugeait actuellement "prématuré" le recours au transfert nucléaire, le Groupe européen d'éthique écrivait dans son rapport du 14 novembre 2000 (page 33) : "Cette technique est peut-être la manière la plus efficace d'obtenir des cellules souches pluripotentes génétiquement identiques à celles du patient et, dès lors, des tissus parfaitement histocompatibles, le but étant d'éviter le rejet de tissus après leur transplantation."
Le Comité consultatif national d'éthique a émis un avis positif sur le transfert nucléaire le 18 janvier 2001. En revanche, la Commission nationale consultative des droits de l'homme, puis le Conseil d'Etat se sont, pour leur part, prononcé contre dans leurs avis.

Un texte de consensus
Soucieux de déposer un texte de consensus, susceptible de recevoir un large assentiment sur des questions qui concernent de manière aussi interne le devenir humain, le gouvernement n'a pas retenu la possibilité du transfert nucléaire dans le texte qu'il a adopté le 20 juin et qui sera examiné par le Parlement avant la fin de cette législature.
Cependant, très naturellement, la réflexion se poursuivra, le débat se poursuivra et s'amplifiera sur tous les enjeux et sur toutes les perspectives thérapeutiques, qui seront portés à la connaissance de nos concitoyens.
Le débat se poursuivra en particulier au Parlement, qui est le lieu naturel des grands débats de société.
Le Parlement est, à l'évidence, l'instance la plus légitime et la plus représentative pour effectuer les grands choix de société, parce qu'il est issu du suffrage universel. A la différence de tel comité au conseil rassemblant soit des spécialistes reconnus de l'éthique, soit des juristes éminents, mais non élus.
Il importe de rappeler cette vérité d'évidence : c'est le législateur qui fait la loi. Et le législateur, dans notre République, c'est le Parlement, issu du suffrage universel. Ce n'est pas telle ou instance, éminemment respectable, mais composée d'experts ou de techniciens non élus.
Il importe donc que le débat démocratique se poursuive et s'amplifie. Quand ce projet de loi sera soumis au Parlement, c'est-à-dire au début de 2002, les réflexions et les informations scientifiques dont nous disposerons auront peut être évolué.
D'ailleurs, l'Agence de la procréation, de l'embryologie et de la génétique humaine, créée par ce projet de loi, instaure un Haut Conseil, dont l'une des missions sera d'"assurer une veille scientifique, dans le but de proposer au gouvernement les évolutions nécessaires dans ces domaines".
En outre, il sera chargé d'établir "un rapport scientifique annuel transmis au Parlement, au ministre de la justice et aux ministres chargés de la santé et de la recherche, ainsi qu'au CCNE ".
Le projet de loi comporte donc, en son sein même, un dispositif susceptible de proposer à terme aux pouvoirs publics de nouvelles évolutions.
Il est probable que ce Haut Conseil prendra en compte le développement des connaissances et des thérapeutiques qui sera intervenu dans d'autres pays (dont le Royaume-Uni) ayant déjà choisi d'autoriser non seulement les recherches sur les embryons surnuméraires mais aussi le transfert nucléaire.
Il est donc douteux que la recherche française doive rester durablement à l'écart de recherches autorisées dans d'autres grandes nations scientifiques.

PERMETTRE A TOUS DE BENEFICIER DU PROGRES DES CONNAISSANCES

Nous devons améliorer la santé humaine et permettre à tous de bénéficier de l'avancée des connaissances, en assurant l'égalité des chances pour l'accès aux soins, c'est-à-dire l'égalité des chances devant la maladie.

Evoquant les avancées récentes dans le domaine de la pharmacologie, le Pr Michel LAZDUNSKI observait : "Tout cela est enthousiasmant, mais il faut rester extrêmement vigilant pour que les progrès considérables annoncés de la pharmacologie ne se transforment pas en une gigantesque injustice sociale. Une injustice sociale dans les pays développés eux-mêmes, entre ceux qui auront une couverture maladie suffisante et ceux qui ne l'auront pas, et une injustice sociale bien connue de tous entre pays développés et pays en voie de développement.".
Les nouvelles molécules présentent des coûts de recherche et développement très importants, comme le sont d'ailleurs les profits qui peuvent en être espérés lorsque la molécule devient une référence mondiale, un blockbuster.
Il est intéressant, dans le contexte de votre colloque, de constater la politique adoptée par Novartis concernant le Glivec. Aux Etats-Unis, où le système de soins est particulièrement inégalitaire, Novartis a décidé d'adapter aux capacités financières des malades le prix du médicament Glivec, J'espère qu'il s'agira là du premier exemple d'une longue série.

La lutte contre le sida
Cet impératif de l'égalité des chances devant la maladie concerne tout particulièrement la lutte contre le Sida.
La France consacre un effort important à la recherche sur le Sida. Ainsi, l'ANRS (Agence nationale de recherches sur le sida) dispose de 241 MF au budget 2001. Par ailleurs, le ministère de la Recherche soutient aussi les recherches sur le Sida au travers de l'INSERM (50 MF) et du CNRS (45 MF). L'effort de recherche sur le sida mené par ces trois organismes atteint donc 336 MF en 2001. Cet effort doit être poursuivi.
Actuellement, les malades des pays en développement ont difficilement accès aux traitements anti-rétroviraux, vu leur coût élevé.
Pourtant, on compte aujourd'hui environ 40 millions de personnes infectées par le virus du sida dans le monde, dont 34 millions dans les pays en développement.
Pour parvenir à enrayer l'épidémie, la recherche d'un vaccin contre le sida est donc une grande priorité de santé publique.
En France, une dizaine de préparations vaccinales sont actuellement en phase I et II d'essais cliniques, les travaux de l'ANRS visant à tester la tolérance de l'organisme à ces préparations. 4 nouveaux essais seront lancés en 2001.
Si ce programme s'avère concluant, des essais de phase III sur l'efficacité de ce vaccin pourront être lancés après 2005. L'objectif est d'induire des réponses immunitaires, qui éliminent les cellules infectées en cas de contamination par le VIH. C'est dire toute l'importance de la campagne "Volontaires pour un vaccin", récemment lancée par l'ANRS avec le soutien du ministère de la recherche.

Par ailleurs, l'Europe doit mieux coordonner ses efforts. Il faut donc créer une structure publique européenne consacrée aux essais cliniques dans l'infection VIH et le Sida.

J'ai confié, conjointement avec le ministère de la Santé, une mission sur la faisabilité de cette structure européenne au Pr Maxime Seligmann. Le 21 décembre 2000, j'ai organisé avec celui-ci au ministère de la Recherche un colloque sur ce thème : "Projet d'une structure publique européenne consacrée aux essais thérapeutiques dans l'infection VIH et le Sida", colloque qui a réuni à Paris les meilleurs spécialistes français et européens.

Le 16 novembre 2000, présidant le Conseil Recherche de l'Union Européenne, j'ai invité la Commission à soumettre au Conseil Recherche de juin 2001 une note précisant les modalités concrètes de la mise en ¿uvre de ce projet. Je sais maintenant que cette structure est en bonne voie de création et prendra pour modèle la structure chargée d'animée des essais cliniques sur le cancer, l'OERTC.

Il faut intensifier la mobilisation nationale et européenne dans la recherche sur le Sida, qui doit avoir une place prioritaire dans l'Espace européen de la recherche.

La Commission Européenne à pris récemment une initiative que nous soutenons concernant la création d'une plateforme destinée à développer la recherche et l'accès aux soins dans le domaine des trois grandes maladies associées à la pauvreté dans les pays du Sud: SIDA, paludisme, tuberculose. Pour mieux participer à cette dynamique, j'ai décidé de répondre à une proposition initialement formulée par l'ANRS et l'Institut Pasteur et je mettrai prochainement en place un Groupement d'Intérêt Scientifique, GIS maladies transmissibles, consacré à la coordination des efforts de recherche des différents organismes français dans ce domaine. Seront partenaires de ce GIS: l'ANRS, l'Institut Pasteur, le programme PAL+ , l'INSERM, l'IRD, le CIRAD et plusieurs universités.


La crise qui a récemment opposé l'Afrique du Sud et les laboratoires américains à propos des traitements du sida s'est conclue par un bon accord. En effet, cet accord respecte la propriété intellectuelle sur les molécules ; en contre-partie, il assure l'approvisionnement à un coût réduit, grâce à l'effort accompli par les firmes et à une aide substantielle de la communauté internationale aux pays les plus touchés par l'épidémie à qui sont donc consentis des prix bas préférentiels.

Vous savez que la France prend une part importante à cette ¿uvre humanitaire, et que l'ONU a maintenant accepté notre projet de conférence internationale sur l'accès aux soins : elle devrait se tenir à Dakar le 1er décembre 2001, avant la session plénière consacrée à ce sujet en février 2002.

Le premier ministre, Lionel Jospin, a récemment annoncé une contribution française de 150 millions d'euros sur 3 ans au Fonds international contre le sida, avec 100 millions d'euros par an en plus par la voie de l'effacement de la dette.

Enfin, à partir d'aujourd'hui, l'Assemblée Générale de l'ONU tient une session extraordinaire sur le sida. C'est la 1ère fois qu'une session extraordinaire est consacrée à un problème mondial de santé publique.

La mobilisation internationale a donc commencé.

Dans ce contexte, je voudrais, en terminant, saluer de nouveau votre initiative, qui conjugue science et conscience : améliorer la santé humaine et l'améliorer au bénéfice de tous, en assurant l'égalité des chances devant la maladie.

Votre initiative met en ¿uvre la valeur fondamentale qui devra guider la recherche médicale dans ce siècle nouveau. Cette valeur s'appelle la fraternité. Et vous en êtes ici les interprètes et les acteurs.

(Source http://www.recherche.gouv.fr, le 27 juin 2001)

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