Déclaration de M. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, sur les orientations de la FNSEA concernant les prix agricoles et l'organisation des filières, la réforme de la PAC et sur la rénovation du syndicalisme, Paris le 17 mai 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, sur les orientations de la FNSEA concernant les prix agricoles et l'organisation des filières, la réforme de la PAC et sur la rénovation du syndicalisme, Paris le 17 mai 2001.

Personnalité, fonction : LEMETAYER Jean-Michel.

FRANCE. FNSEA, président

Circonstances : Election de M. Jean-Michel Lemétayer comme président de la FNSEA par le conseil d'administration, à Paris le 17 mai 2001

ti : - Composition du nouveau bureau de la FNSEA.

Je voudrais tout d'abord saluer le sens des responsabilités de Dominique Chardon, soucieux comme moi de l'unité de la FNSEA et qui a accepté de rester Secrétaire général.


- Les objectifs fondamentaux : redonner aux paysans la fierté de leur métier restaurer la confiance avec les consommateurs.

Les agriculteurs doivent être des acteurs à part entière dans la vie économique et les débats de société. C'est une ambition collective que je veux porter comme président de la FNSEA pour poursuivre ces objectifs

- Continuité ou changement ?

Aux dernières élections aux chambres d'agriculture, les agriculteurs n'ont pas voté pour une rupture. Personne n'aurait intérêt à porter la responsabilité d'une rupture.

Le débat est permanent à la FNSEA pour définir ensemble des orientations, qui sont votées dans les congrès. Le débat se poursuivra pour réaliser les évolutions que nous jugerons nécessaires.

Je veux rendre un hommage très sincère et amical à Luc Guyau pour son action à la FNSEA depuis plus de quinze ans. Il a réalisé un énorme travail au service des agriculteurs, avec conviction, ténacité et talent, un travail parfois ingrat, pas toujours reconnu à sa juste valeur.

Merci Luc, pour ton ¿uvre, accomplie avec désintéressement et beaucoup de c¿ur. A l'APCA, je suis sûr que tu sauras continuer à servir l'agriculture, comme tu l'as toujours fait.

Je poursuivrai le combat en m'efforçant d'être digne de l'action de mes prédécesseurs, mais je le ferai bien sûr à ma manière. Chacun son style ! Je crois que je suis un homme de dialogue, qui préfère emporter la conviction de mes interlocuteurs qu'imposer mon point de vue¿ Mais j'ai de la suite dans les idées et je ne lâche pas facilement quand j'ai un objectif que je crois juste.

- Prix et filière

Je mène depuis de nombreuses années une action forte pour promouvoir les produits laitiers, en faisant travailler ensemble, dans un cadre interprofessionnel, producteurs et entreprises laitières, sans oublier la recherche de débats constructifs avec la distribution.

La mise en place et la consolidation de filières organisées est pour moi un axe majeur pour assurer la transparence, apporter une meilleure satisfaction aux consommateurs par des produits de qualité, assurer une meilleure sécurité aux producteurs.

Une politique de prix rémunérateurs est le meilleur moyen d'apporter aux producteurs un juste revenu, qu'ils doivent tirer pour l'essentiel de leur activité.

- PAC et OMC :

Je ne suis pas favorable à agir dans la précipitation. La réforme de la PAC a fait l'objet d'un calendrier. Respectons-le, sans fermer la porte aux discussions préalables mais aussi sans vouloir aller plus vite que la musique !

Il ne faut pas chercher à enfermer toutes les productions dans un schéma unique. La logique du rapprochement des prix européens avec les prix mondiaux, dans laquelle on voudrait nous enfermer, n'est pas valable pour toutes les productions.

Il faut distinguer les productions qui sont des matières premières devant trouver leur compétitivité par rapport au marché mondial, des productions qui sont principalement valorisées sur le marché européen.

Je suis hostile à une mondialisation de la PAC, qui serait ruineuse pour l'agriculture et les économies des pays européens.

Mais je suis favorable à une organisation mondiale du commerce préservant et consolidant de justes équilibres entre les agricultures des différents continents.

- Image de l'agriculture

Je suis convaincu de la nécessité de mieux communiquer pour mieux nous faire comprendre.

Je suis frappé du décalage qui s'est creusé entre l'opinion et la réalité de l'agriculture.

Les agriculteurs sont déjà en train de s'adapter depuis longtemps pour répondre aux attentes de la société et des consommateurs : qualité des produits, qualité de l'eau, sécurité sanitaire¿

Nous sommes résolument engagés dans une politique de transparence qui doit se poursuivre et s'étendre, des producteurs aux consommateurs

Les efforts importants de traçabilité faits aujourd'hui au niveau de la production ne sont pas encore assez suivis jusqu'au niveau de la distribution.

Cette formidable capacité d'adaptation des agriculteurs nous permet déjà aujourd'hui de mettre à la disposition des consommateurs une variété de produits de qualité qui répond à la diversité de leurs demandes : produits standard, produits labels, A.O.C., produits biologiques¿

Nous savons nous adapter en permanence à l'évolution des marchés en proposant des produits qui doivent tous, quels qu'ils soient, apporter aux consommateurs une parfaite sécurité sanitaire. En tant que représentant de la profession agricole à l'AFSSA, je suis bien sûr très attaché à cette recherche permanente de sécurité.

De même, nous sommes résolument engagés dans la voie d'une agriculture raisonnée, soucieuse de la qualité du milieu naturel dans lequel nous travaillons en permanence. C'est l'orientation que nous avons fortement réaffirmée à notre dernier congrès des Sables d'Olonne.

- Rénovation du syndicalisme

Après Strasbourg, aux Sables d'Olonne, sous l'impulsion de Dominique Chardon et des secrétaires adjoints nous avons ouvert de nombreuses pistes de réflexion pour améliorer le fonctionnement et dynamiser l'action du syndicalisme.

Je crois avoir montré que je suis un homme ouvert aux débats d'idées. Je suis résolu à poursuivre et à approfondir ce travail de rénovation pour redonner identité, cohésion et dynamisme à notre syndicalisme, qui ne doit pas être le champ clos d'ambitions personnelles.

Ce sera l'un des axes de réflexion auquel s'attellera le prochain Conseil fédéral de la FNSEA que se réunira les 5 et 6 juillet prochain à Paris.


(Source http://www.fnsea.fr, le 18 mai 2001)

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