Déclaration de Mme Michelle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, sur le bilan des 3 premières campagnes "Tourisme et handicap" destinées à améliorer l'accueil des personnes handicapées sur les lieux de vacances, Paris La Villette, le 4 mai 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Michelle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, sur le bilan des 3 premières campagnes "Tourisme et handicap" destinées à améliorer l'accueil des personnes handicapées sur les lieux de vacances, Paris La Villette, le 4 mai 2001.

Personnalité, fonction : DEMESSINE Michelle.

FRANCE. SE au tourisme

Circonstances : 4ème campagne "Tourisme et Handicap" intitutlée "Vivons ensemble nos vacances", à Paris La Villette, le 4 mai 2001

ti : Allocution de Madame Michelle DEMESSINE
Secrétaire d'État au Tourisme

Lancement du Label
"Tourisme et Handicap"

Cité des Sciences et de l'Industrie - Paris La Villette

Vendredi 4 mai 2001

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi, tout d'abord, de remercier, Monsieur le Président DEMAZURE pour son chaleureux accueil au c¿ur de cette belle Cité des sciences et de l'industrie.

Merci également à vous tous d'avoir répondu aussi nombreux à notre invitation pour cette initiative qui marque le lancement de la 4ème campagne Tourisme et Handicap intitulée "VIVONS ENSEMBLE NOS VACANCES".

Une campagne cette année toute particulière puisqu'elle s'accompagne du lancement tant attendu du label national Tourisme et Handicap.

Comme vous avez pu le constater, nous n'avons pas choisi, pour annoncer la naissance de notre label, ce lieu par hasard.

La Cité des sciences et de l'industrie est le plus grand établissement de culture scientifique et technique d'Europe. Ses expositions, spectacles, services et activités multiples y attirent chaque année près de 3.5 millions de visiteurs, ce qui en fait l'un des principaux équipements touristiques de la capitale.

Comme vous le voyez, l'action menée en faveur du public handicapé par la cité des sciences est, à bien des égards, exemplaire.

Je pense bien entendu à l'accessibilité du bâtiment qui s'est affirmée comme une volonté dès sa conception architecturale. Mais je pense aussi et surtout au travail quotidien des 6 personnes du service accessibilité mis en place il y a maintenant 15 ans au sein de la direction des expositions.

Rendre accessible aux personnes handicapées, quelque soit leur type de handicap, un équipement culturel aussi dynamique que cette Cité de la Villette est, je crois, une préoccupation de chaque instant. Cela veut dire, envisager chaque nouvelle exposition sous l'angle de l'accessibilité, développer et renouveler des prestations adaptées à chaque handicap, sensibiliser et former le personnel d'accueil, améliorer la signalétique et les services...

Le label Tourisme et Handicap est à la fois une reconnaissance de ce travail mais également un encouragement à poursuivre cette politique d'intégration de qualité.

C'est pourquoi je suis particulièrement fière et heureuse d'être ici, entourée de vous tous
- professionnels du tourisme, représentants des associations de personnes handicapées - pour présenter notre label.

Ce label concrétise, en effet, l'action que nous avons engagée ensemble depuis quatre ans.

Lorsque j'ai pris mes fonctions, j'avais à l'esprit la loi du 30 juin 1975 qui place l'accès aux loisirs et aux vacances des personnes handicapées au rang d'obligation nationale, au même titre que la santé, l'éducation, la formation et l'emploi.

Pourtant, il fallait le constater plus de 20 ans après la promulgation de la loi, le taux de départ en vacances des personnes handicapées demeurait très faible et ce malgré le travail remarquable mené par les associations et les établissements spécialisés.

La France, de par sa qualité de premier pays touristique au monde, ne pouvait accepter ce constat sans réagir.

J'ai donc inscrit l'accès des personnes handicapées aux lieux de vacances et de loisirs comme l'un des axes importants et nouveaux de mon ministère. Cette orientation s'intègre, vous le savez, naturellement dans la politique que j'ai engagée plus largement pour promouvoir et développer le droit aux vacances pour tous.

Permettre aux millions de personnes handicapées de partir, comme tout un chacun, en vacances, d'avoir la possibilité de découvrir les richesses naturelles, patrimoniales, culturelles de notre pays, voilà l'ambition qui m'anime depuis quatre ans.

Pour la conception et la mise en ¿uvre de cette politique, j'ai voulu, dès le départ, privilégier la concertation avec l'ensemble des professionnels du tourisme et l'ensemble des associations de personnes handicapées.

Je ne vous cacherai pas que c'est d'abord de cette rencontre entre le monde du tourisme et celui du handicap, du travail qui s'est engagé en commun dont je suis la plus fière. La composition, ce matin de notre assemblée, témoigne de la richesse de cette rencontre et de cet engagement.

J'ai voulu également que la démarche soit pragmatique c'est-à-dire basée sur les expériences de terrain et qu'elle valorise les initiatives locales.

Ainsi, chaque année depuis 1998, nous avons conçu et mené ensemble une campagne nationale Tourisme et Handicap.

Les 3 premières campagnes avaient pour objectif principal de sensibiliser et de mobiliser l'ensemble des professionnels du tourisme.

C'était, je tiens à le souligner, la première fois que l'on s'adressait ainsi à l'ensemble des acteurs du tourisme sur la question du handicap.

Ces campagnes ont permis une réelle prise de conscience et plus encore une véritable mobilisation du monde du tourisme pour faciliter l'accès aux personnes handicapées des lieux de vacances.

En faisant connaître et en valorisant les expériences de sites pilotes, d'initiatives locales variées, nous avons fait la démonstration que l'intégration sur les lieux de vacances est possible et réalisable.

Si je me permets d'insister, c'est parce qu'en prononçant ces mots je revois très précisément la joie immense sur les visages de jeunes handicapés se baignant dans la Méditerranée grâce aux plages adaptées de l'Hérault et aux tiralos, ou encore celle de ceux découvrant la montagne et même pratiquant le parapente dans les Pyrénées.

Les 3 premières campagnes Tourisme et Handicap ont non seulement permis d'enclencher une forte dynamique mais elles ont aussi favorisé l'émergence de véritables services et produits touristiques réellement ouverts à tous.

Je tiens à saluer ici l'engagement des acteurs du tourisme qui, très largement, se sont mobilisés pour combattre la double insuffisance dont souffrait le secteur :

- insuffisance, bien entendu, en matière d'accessibilité : qu'il s'agisse de l'hébergement, des équipements de loisirs, des prestations, des transports...

- insuffisance aussi dans le domaine de la formation des professionnels et plus largement dans la prise en compte concrète par ces derniers de la question du handicap.

Cette situation a depuis largement évolué. Et je peux ainsi rappeler que l'ensemble de la profession touristique, par le biais de la signature de ses 7 principales fédérations professionnelles de la charte nationale Tourisme et Handicap, adhère à cette démarche dont l'objectif est de développer et d'améliorer une offre touristique non pas spécifique mais adaptée aux différents types de handicaps.

Avec la mobilisation de tous, professionnels et associations, nous avons enclenché un profond changement de culture dans la prise en compte du handicap par le secteur du tourisme.

Permettez-moi de citer brièvement quelques exemples de ce mouvement de fond que tous ensemble nous avons créé.

Je pense en premier lieu à l'intégration dans les programmes de la formation au BTS Tourisme d'un module obligatoire sur l'accueil des touristes à besoins spécifiques et à la réalisation du manuel pédagogique correspondant.

J'ai également à l'esprit les différents groupes de travail qui, au sein du Conseil National du Tourisme notamment, ont engagé d'importantes réflexions concernant l'accompagnement des personnes handicapées et son financement.

Permettez-moi enfin de préciser que des modifications significatives sont intervenues au sein même de mon administration : qu'il s'agisse de la Direction du Tourisme, des délégations régionales ou de tous les organismes associés, l'Agence Nationale du Chèque Vacances, l'Agence Française d'Ingénierie Touristique, Maison de la France, Bourse Solidarité Vacances.

Tous ont pris en compte dans leur organisation comme dans leurs activités cette préoccupation de l'intégration des personnes handicapées.

Vous le savez, rendre aujourd'hui en France, l'offre touristique accessible à tous apparaît aussi comme un enjeu économique de taille. Considérer la question sous un angle également économique était l'une des préconisations du rapport du Conseil National du Tourisme.

C'est pourquoi j'ai demandé à l'AFIT de réaliser une étude de marché et à Monsieur Philippe MOISSET, son Directeur, de vous en présenter brièvement ce matin les résultats.

Cette étude montre que les touristes en situation de handicap représentent un marché potentiel encore peu exploité.

Cette perspective constitue bien sûr une motivation supplémentaire pour l'engagement des professionnels dans une politique d'accessibilité.

L'étude met aussi en évidence le souhait fort d'intégration des personnes handicapées : elles veulent pouvoir choisir leurs vacances comme tout le monde et les vivre avec tout le monde.

L'étude de marché, tout comme le rapport du Conseil National du Tourisme, souligne la faiblesse de l'information sur l'accessibilité et l'accueil dans les sites et équipements touristiques.

C'est une question importante car le manque de fiabilité de cette information constitue l'un des obstacles majeurs à l'accès aux vacances des personnes handicapées.

Le premier objectif du label national Tourisme et Handicap que nous dévoilons aujourd'hui est donc d'apporter une information fiable et objective sur l'accessibilité des sites et des équipements touristiques en tenant compte de tous les handicaps.

Il permettra aux personnes handicapées de bien choisir leur destination et, en toute confiance, de partir en vacances.

Le label est également pour les professionnels un outil pour faire connaître leurs établissements et leurs prestations à la clientèle handicapée.

Le professionnel du tourisme qui s'inscrit dans la démarche de labellisation s'y engage volontairement pour assurer à ses clients un accueil de qualité et des équipements et prestations accessibles.

Par sa diffusion et son développement, le label permettra donc de développer en France une offre touristique adaptée et des produits et services réellement ouverts à tous.

Vous le savez, un Comité de Pilotage, composé des représentants des professionnels du Tourisme et des associations de personnes handicapées, a présidé, en lien avec mes services, à l'élaboration de l'ensemble de cette démarche.

Je tiens à les saluer et à profiter de leur présence pour souligner l'importance du travail accompli, le remarquable esprit de concertation et leur implication sans faille sans lesquels ce label n'aurait pu voir le jour.

Le rôle essentiel du Comité de Pilotage va, bien entendu, se pérenniser puisque j'ai décidé de lui confier la coordination nationale du dispositif à travers l'association Tourisme et Handicap dont je voudrais saluer la présidente Madame Annette MASSON dont chacun sait qu'elle a été une des chevilles ouvrières de cette démarche.

Je voudrais m'arrêter un instant pour expliquer le fonctionnement concret du label.

Le professionnel du tourisme qui souhaite voir son établissement labellisé pourra s'adresser à l'instance régionale Tourisme et Handicap mise en place par le ou la délégué(e) régional(e) au tourisme.

Cette instance régionale, composée à parité de représentants des professionnels du tourisme et des associations de personnes handicapées attribue le label après une visite de l'équipement.

Cette visite permet l'analyse de l'accessibilité et de l'accueil de l'équipement. Elle est réalisé par des représentants du tourisme et des associations de personnes handicapées préalablement formés sur la base d'un référentiel national.

Les critères d'évaluation sont nationaux et prennent en compte aussi bien le type d'équipement ou de site que les différents types de handicap.

Ainsi, un hôtel, un village vacances, une plage, un restaurant ou encore un musée pourra être labellisé pour un, deux, trois ou les quatre handicaps.

Je voudrais préciser que les critères retenus n'ont pas pour objectif de sélectionner les situations idéales mais d'identifier les équipements et les sites où les touristes handicapés peuvent utiliser les prestations le plus, en autonomie possible.

Cependant, et cela nous a semblé important, ils intègrent les notions d'accueil, de sensibilisation et de formation du personnel.

Une fois le label obtenu le professionnel pourra l'utiliser dans toutes ses publications et l'ensemble des acteurs - Offices de tourisme, comités départementaux et régionaux du tourisme notamment - pourront ainsi faire connaître cette offre touristique adaptée.

Le Secrétariat d'Etat au Tourisme, par le biais de la Direction du Tourisme, de Maison de la France, de l'Association Nationale du Chèque Vacances prendra bien évidemment toute sa part dans la diffusion de l'information.

Ainsi je suis heureuse de vous annoncer que l'ensemble des publications de l'A.N.C.V. feront non seulement la promotion du label vers les professionnels mais signaleront notamment dans le guide des prestations agréées (130 000 exemplaires) les équipements labellisés.

Avec ce dispositif, et sa conception totalement partenariale, je crois que les conditions sont réunies pour que nous puissions désormais envisager de mieux "vivre ensemble nos vacances".

Le défi que nous voulons relever est bien celui de l'intégration. Et parce que ces moments de vacances sont souvent les plus beaux de notre vie, il est essentiel de les partager, d'en faire des souvenirs communs.

Ce label est donc une étape importante et je sais pouvoir compter sur vous pour le faire vivre.

Ainsi, nous inaugurerons ensemble ce nouveau siècle sous le signe d'un tourisme ouvert à tous pour une société plus solidaire et plus humaine.

Je vous remercie et je laisse la parole à Philippe MOISSET, directeur général de l'AFIT pour une courte synthèse de l'étude de marché puis j'aurai le plaisir de vous faire partager quatre témoignages exemplaires de l'esprit de notre démarche.

(source http://www.tourisme.gouv.fr, le 9 juillet 2001)

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