Déclaration de Mme Michelle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, sur les différentes campagnes d'information menées pour favoriser l'accueil des personnes handicapées sur les lieux de vacances, Poitiers, le 11 mai 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Michelle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, sur les différentes campagnes d'information menées pour favoriser l'accueil des personnes handicapées sur les lieux de vacances, Poitiers, le 11 mai 2001.

Personnalité, fonction : DEMESSINE Michelle.

FRANCE. SE au tourisme

Circonstances : Rencontre nationales des jeunes de l'APF "Loisirs et vacances pour tous", à Poitiers au Futuroscope le 11 mai 2001

ti : Intervention de Madame Michelle DEMESSINE

Secrétaire d'État au Tourisme

Rencontres Nationales des Jeunes de l'APF

"Loisirs et vacances pour tous"

Poitiers - Futuroscope

Vendredi 11 mai 2001

Monsieur le Président,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Permettez-moi, tout d'abord, de vous remercier pour votre invitation à participer à ces rencontres nationales des jeunes de l'APF.

J'ai tenu à être présente à vos côtés par ces "rencontres" en premier lieu parce que le thème que vous avez retenu "loisirs et vacances pour tous" est également un des axes importants de la politique que je mène depuis 4 ans en tant que Ministre en charge du Tourisme.

C'est aussi pour marquer mon attachement au partenariat engagé avec les associations de personnes handicapées et en particulier l'APF dans le cadre de la politique tourisme et handicap que nous avons initiée ensemble.

Ma présence aujourd'hui est, enfin, un encouragement pour vous jeunes de l'APF à poursuivre votre engagement et à devenir force de propositions.

Je connais l'importance de la CNJ au sein de l'APF, représentant 50 groupes de jeunes et plus de 2 000 jeunes qu'ils soient en intégration dans une Institution d'Education Motrice et je n'oublie pas que l'APF a été fondée en 1933 par 4 étudiants.

+ transition ... les origines de mon action

Lorsque j'ai pris mes fonctions, j'avais à l'esprit la loi du 30 juin 1975 qui place l'accès aux loisirs et aux vacances des personnes handicapées au rang d'obligation nationale, au même titre que la santé, l'éducation, la formation et l'emploi.

Pourtant, il fallait le constater plus de 20 ans après la promulgation de la loi, le taux de départ en vacances des personnes handicapées demeurait très faible et ce malgré le travail remarquable mené par les associations et les établissements spécialisés.

La France, de par sa qualité de premier pays touristique au monde, ne pouvait accepter ce constat sans réagir.

J'ai donc inscrit l'accès des personnes handicapées aux lieux de vacances et de loisirs comme l'un des axes importants et nouveaux de mon ministère.

Avant, jamais les associations de personnes handicapées n'avaient eu de réels contact avec le ministère du tourisme qui renvoyait vers la santé et les affaires sociales : on les considérait comme handicapés avant de les considérer comme touristes et je n'ose dire comme citoyens.

Cette orientation s'intègre dans la politique que j'ai engagée plus largement pour promouvoir et développer le droit aux vacances pour tous.

Permettre aux millions de personnes handicapées de partir, comme tout un chacun, en vacances, d'avoir la possibilité de découvrir les richesses naturelles, patrimoniales, culturelles de notre pays, voilà l'ambition qui m'anime depuis quatre ans.

Pour la conception et la mise en ¿uvre de cette politique, j'ai voulu, dès le départ, privilégier la concertation avec l'ensemble des professionnels du tourisme et l'ensemble des associations de personnes handicapées.

Je ne vous cacherai pas que c'est d'abord de cette rencontre entre le monde du tourisme et celui du handicap, du travail qui s'est engagé en commun dont je suis la plus fière.

J'en profite pour saluer et remercier l'implication de l'APF dans ce travail et de son responsable national au tourisme Frédéric DUMEZ.

J'ai voulu également que la démarche soit pragmatique c'est-à-dire basée sur les expériences de terrain et qu'elle valorise les initiatives locales.

Ainsi, chaque année depuis 1998, nous avons conçu et mené une campagne nationale "Tourisme et Handicap".

Les 3 premières campagnes avaient pour objectif principal de sensibiliser et de mobiliser l'ensemble des professionnels du tourisme.

C'était, je tiens à le souligner, la première fois que l'on s'adressait ainsi à l'ensemble des acteurs du tourisme sur la question du handicap.

Ces campagnes ont permis une réelle prise de conscience et plus encore une véritable mobilisation du monde du tourisme pour faciliter l'accès aux personnes handicapées des lieux de vacances.

En faisant connaître et en valorisant les expériences de sites pilotes, d'initiatives locales variées, nous avons fait la démonstration que l'intégration sur les lieux de vacances est possible et réalisable.

Si je me permets d'insister, c'est parce qu'en prononçant ces mots je revois très précisément la joie immense sur les visages de jeunes handicapés se baignant dans la Méditerranée grâce aux plages adaptées de l'Hérault et aux tiralos, ou encore celle de ceux découvrant la montagne et même pratiquant le parapente dans les Pyrénées.

Les 3 premières campagnes Tourisme et Handicap ont non seulement permis d'enclencher une forte dynamique mais elles ont aussi favorisé l'émergence de véritables services et produits touristiques réellement ouverts à tous.

Je tiens à saluer ici l'engagement des acteurs du tourisme qui, très largement, se sont mobilisés pour combattre la double insuffisance dont souffrait le secteur :

- insuffisance, bien entendu, en matière d'accessibilité : qu'il s'agisse de l'hébergement, des équipements de loisirs, des prestations, des transports...

- insuffisance aussi dans le domaine de la formation des professionnels et plus largement dans la prise en compte concrète par ces derniers de la question du handicap.

Cette situation a depuis largement évolué. Et je peux ainsi rappeler que l'ensemble de la profession touristique, par le biais de la signature de ses 7 principales fédérations professionnelles de la charte nationale "Tourisme et Handicap", adhère à cette démarche dont l'objectif est de développer et d'améliorer une offre touristique non pas spécifique mais adaptée aux différents types de handicaps.

Avec la mobilisation de tous, professionnels et associations, nous avons enclenché un profond changement de culture dans la prise en compte du handicap par le secteur du tourisme.

Permettez-moi de citer brièvement quelques exemples de ce mouvement de fond que tous ensemble nous avons créé.

Je pense en premier lieu à l'intégration dans les programmes de la formation au BTS Tourisme d'un module obligatoire sur l'accueil des touristes à besoins spécifiques et à la réalisation du manuel pédagogique correspondant.

J'ai également à l'esprit les différents groupes de travail qui, au sein du Conseil National du Tourisme notamment, ont engagé d'importantes réflexions concernant l'accompagnement des personnes handicapées et son financement.

Aujourd'hui, c'est plus de 50 Comités Départementaux au Tourisme du qui se sont emparés de cette question, c'est près de 100 nouvelles initiatives ou produits chaque année.

Mais surtout, c'est désormais des réflexions plus larges sur l'accessibilité d'un même territoire qui émergent : c'est en effet toute la chaîne de l'accessibilité qu'il faut traiter : à quoi servirait un hôtel accessible si la plage, les équipements de loisirs, les services et activités ne l'étaient pas.

Permettez-moi enfin de préciser que des modifications significatives sont intervenues au sein même de mon administration : qu'il s'agisse de la Direction du Tourisme, des délégations régionales ou de tous les organismes associés, l'Agence Nationale du Chèque Vacances, l'Agence Française d'Ingénierie Touristique, Maison de la France, Bourse Solidarité Vacances.

Tous ont pris en compte dans leur organisation comme dans leurs activités cette préoccupation de l'intégration des personnes handicapées.


Une étude de marché montre que les touristes en situation de handicap représentent un marché potentiel important.

Cette perspective constitue bien sûr une motivation supplémentaire pour l'engagement des professionnels dans une politique d'accessibilité.

L'étude met aussi en évidence le souhait fort d'intégration des personnes handicapées : elles veulent pouvoir choisir leurs vacances comme tout le monde et les vivre avec tout le monde et plus particulièrement les jeunes.

L'étude de marché, tout comme le rapport du Conseil National du Tourisme, souligne la faiblesse de l'information sur l'accessibilité et l'accueil dans les sites et équipements touristiques.

C'est une question importante car le manque de fiabilité de cette information constitue l'un des obstacles majeurs à l'accès aux vacances des personnes handicapées.

Le premier objectif du label national "Tourisme et Handicap" que nous avons dévoilé la semaine dernière est donc d'apporter une information fiable et objective sur l'accessibilité des sites et des équipements touristiques en tenant compte de tous les handicaps.

Il permettra aux personnes handicapées de bien choisir leur destination et, en toute confiance, de partir en vacances.

Le label est également pour les professionnels un outil pour faire connaître leurs établissements et leurs prestations à la clientèle handicapée.

Le professionnel du tourisme qui s'inscrit dans la démarche de labellisation s'y engage volontairement pour assurer à ses clients un accueil de qualité et des équipements et prestations accessibles.

Par sa diffusion et son développement, le label permettra donc de développer en France une offre touristique adaptée et des produits et services réellement ouverts à tous.

Rôle APF

Les critères d'évaluation sont nationaux et prennent en compte aussi bien le type d'équipement ou de site que les différents types de handicap. Ils ont été établis avec les associations dont bien sûr l'APF et les professionnels du tourisme.

Ainsi, un hôtel, un village vacances, une plage, un restaurant ou encore un musée pourra être labellisé pour un, deux, trois ou les quatre handicaps.

Je voudrais préciser que les critères retenus n'ont pas pour objectif de sélectionner les situations idéales mais d'identifier les équipements et les sites où les touristes handicapés peuvent utiliser les prestations le plus, en autonomie possible.

Cependant, et cela nous a semblé important, ils intègrent les notions d'accueil, de sensibilisation et de formation du personnel.

Avec ce dispositif, et sa conception totalement partenariale, je crois que les conditions sont réunies pour que nous puissions désormais envisager de mieux "vivre ensemble nos vacances".

Le défi que nous voulons relever est bien celui de l'intégration. Et parce que ces moments de vacances sont souvent les plus beaux de notre vie, il est essentiel de les partager, d'en faire des souvenirs communs.

Ce label est donc une étape importante et je sais pouvoir compter sur vous pour le faire vivre.

Je voudrai conclure en vous souhaitant 3 jours de rencontres fructueuses et enrichissantes. En étudiant tout à l'heure vos représentants à la CNJ, en discutant, faisant des propositions demain vous faîtes l'apprentissage de la citoyenneté.

Sachez que j'ai demandé à mon conseiller technique de rester demain avec vous de façon à recueillir vos débats et vos propositions auxquelles je serai des plus attentive.

Ainsi, nous inaugurerons ensemble ce nouveau siècle sous le signe d'un tourisme ouvert à tous pour une société plus solidaire et plus humaine.

(source http://www.tourisme.gouv.fr, le 3 juillet 2001)


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