Interview de Mme Marie-George Buffet, ministre de la jeunesse et des sports, à France 2 le 13 juillet 2001, sur la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2008, sur le recrutement des athlètes et sur le dopage. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Marie-George Buffet, ministre de la jeunesse et des sports, à France 2 le 13 juillet 2001, sur la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2008, sur le recrutement des athlètes et sur le dopage.

Personnalité, fonction : BUFFET Marie-George, DAVID Francoise.

FRANCE. Ministre de la jeunesse et des sports

Circonstances : Réunion du CIO (Comité international olympique) à Moscou (Russie), le 13 juillet 2001 pour le choix de la ville organisatrice des Jeux Olympiques de 2008

ti : F. David


Vous êtes à Moscou et dans quelques heures la France va passer son grand oral. On va décider aujourd'hui qui sera le titulaire des Jeux Olympiques de 2008. Est-ce que vous vous sentez un petit peu comme un élève de terminale à la veille de passer son bac ?

- "Tout à fait. On a le même stress. On révise dans notre tête. On juge les possibilités. C'est tout à fait la même ambiance."
On a beaucoup parler de la candidature de Paris, mais est-ce que vous pouvez quand même nous rappeler quels sont - selon vous - les atouts de la capitale française ?
"Je vois d'abord le dossier technique, avec des évènements sportifs qui vont se tenir au coeur de la capitale, avec le boulevard des Sports qui va comporter beaucoup d'épreuves sportives au Nord de Paris tout prêt du Stade de France et le village olympique. Le deuxième atout, c'est Paris : Paris, ville d'accueil, ville de fraternité, ville porteuse de solidarité. Le troisième atout, c'est le mouvement sportif français qui va être très présent aujourd'hui dans la délégation, avec ses résultats et ses valeurs. Ce sont les trois points principaux qui font de la candidature de Paris 2008 une très belle candidature."

A l'inverse, quels seraient les défauts - selon vous - de cette candidature et qui feraient pencher la balance vers Pékin, notamment ?

"On ne va pas dire que ce sont "des défauts" de notre candidature ; c'est peut-être les atouts des autres candidatures. Pour Pékin, je crois que l'enjeu est économique : c'est un énorme marché. Je crois que c'est l'atout qui va en faveur de Pékin. J'espère que ce critère ne prendra pas le dessous par rapport aux critères sportifs et aux critères de l'olympisme."

En ce qui concerne la candidature de Pékin, on dit que c'est le favori pour l'instant. Il y a effectivement l'aspect économique et il y aussi ceux qui disent que ce serait aider la Chine à engager un meilleur processus de démocratisation que de leur donner les Jeux Olympiques. Est-ce que vous avez aussi le sentiment que cela peut jouer pour les délégués ?

- "Il y a un débat, y compris en Chine, sur cette question. Je ne vais donc pas trancher ce matin. On a eu quelques expériences - en liaison avec des grands événements sportifs - par le passé qui n'ont pas été tout à fait concluantes. Mais il y a un débat et je pense qu'il ne faut pas entrer dans ce débat aujourd'hui."
On sait qu'aujourd'hui il y a encore 30 % d'indécis parmi les membres qui vont désigner la ville gagnante. Qu'est-ce qui peut, dans ce grand oral, faire la différence entre la candidature parisienne et les autres ?

"Peut-être la ferveur, la générosité qui va se dégager des interventions, celle du maire de Paris, celle de Z. Zidane, de B. Hess notre championne paralympique, celle du Premier ministre et d'autres encore. Peut-être la clarté et la précision des réponses aux questions qui vont nous êtes posées. Nous nous sommes beaucoup préparés, nous avons beaucoup travaillé. Nous allons encore avoir une réunion de travail avant le grand oral. C'est ce qui fera la différence et qui peut convaincre encore les quelques indécis qui demeurent."

Le fait d'avoir notamment associé Zidane, qui va s'exprimer tout à l'heure, c'est un coup de chapeau à l'équipe du monde de football, c'est un coup de chapeau à l'ensemble du mouvement sportif français ?

"C'est un coup de chapeau à l'ensemble du mouvement sportif français, tel qu'il est aujourd'hui, c'est-à-dire à l'image de la Nation française, c'est-à-dire, un sport qui rassemble au-delà des différences, qui réunit et qui rassemble tout un peuple autour d'une équipe. Je crois que c'est l'image que nous avons voulu donner à travers la présence de Z. Zidane. D'ailleurs, il va parler de ces questions, il va parler de la solidarité entre les hommes et les femmes issus de différentes origines. Cela va être le sens de son message."

Si la France gagne, est-ce qu'on a déjà une idée des investissements et des sommes qui seront investies par la ville, par l'Etat, par la région pour les JO ?
"Oui, il a fallu élaborer un budget. Je crois que nous sommes à 32 millions au total. Mais on a un budget extrêmement précis parce qu'il y a des équipements sportifs proprement dits - comme le vélodrome ou d'autres équipements- et il y a des infrastructures pour les transports. Il y a le village olympique qui représente le plus fort coût. Tous ces équipements resteront et serviront demain à la pratique sportive ou à d'autres dispositifs."

Si on prend, par exemple, le village olympique on sait où il va se situer, on sait combien cela va coûter... On sait ce qu'on en fera après ?

"Oui, tout cela est contenu dans le dossier qu'on avait déposé lors du passage de la commission du CIO."

Qu'est-ce qui fait qu'un dossier peut être bien ficelé ? C'est l'expérience ? Le dossier d'Albertville a servi peut-être un petit peu de modèle à celui de Paris, même si c'étaient des JO d'hiver ?

"Ce n'est pas trop le dossier d'Albertville, mais on a travaillé aussi à partir de ce qui avait été fait à Sydney. On a travaillé à partir des candidatures comme celle de Lille. On a travaillé à partir de notre expérience à travers la préparation de la Coupe du monde de football. On s'est servi de l'expérience et on a cherché aussi à innover. Par exemple, avec cette idée du "boulevard des Sports", où existera toute une série d'équipements provisoires qui seront ensuite démontés et qui, comme on l'a décidé, iront vers des pays en voie de développement dans la pratique sportive. On a essayé d'avoir des formes nouvelles pour construire ce dossier."

Au niveau du recrutement des athlètes qui participeraient éventuellement aux JO, on sait un peu déjà sur quels atouts on pourrait compter, nous, en 2008 ?

"Je dirais que ceux qui vont être nos athlètes, nos champions et nos championnes en 2008 sont aujourd'hui nos espoirs. Il sont dans nos centres de formation, dans nos filières parmi nos listes "espoirs." Peut-être que si ce soir on peut annoncer que Paris va accueillir les Jeux Olympiques de 2008, cela va leur donner envie d'encore mieux se préparer et d'obtenir des résultats. Mais d'ici là, il y a énormément d'événements sportifs. On va accueillir en 2003 le championnat du monde d'athlétisme, d'autres championnats d'Europe et du monde vont se tenir en France. Ce sera l'occasion de voir ceux et celles qui, en 2008, seront peut-être nos futurs médaillés."

Une autre question préoccupe pas mal les Français, le mouvement sportif et vous notamment : le dopage. Est-ce que vous avez le sentiment - c'est en dehors du choix de la ville gagnante - qu'il a maintenant au sein du mouvement olympique une véritable volonté de mettre fin au dopage et un accord entre les pays pour pratiquer de la même façon cet arrêt du dopage ?

- "On a réussi à mettre en place l'Agence mondiale anti-dopage, qui commence à prendre une tournure opérationnelle. On est en train de régler son financement, on s'est mis d'accord sur ses objectifs pour les années à venir. Et parmi ces objectifs, il y a la nécessité qu'il y ait une mise en cohérence, une mise en harmonie des différentes procédures dans le mouvement sportif et par les Etats. On aura l'occasion d'en reparler lors de la réunion des ministres des Sports organisée par l'Unesco à Paris en octobre, où je serais présente et où ces questions seront évoquées bien évidemment."

(Source http://sig.premier-ministre.gouv.fr, le 23 juillet 2001)

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