Déclaration de Mme Marie-George Buffet, ministre de la jeunesse et des sports, sur les femmes dans le sport et la mobilisation pour la participation d'athlètes afghans aux Jeux Olympiques d'Athènes en 2004, Paris le 4 juillet 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Marie-George Buffet, ministre de la jeunesse et des sports, sur les femmes dans le sport et la mobilisation pour la participation d'athlètes afghans aux Jeux Olympiques d'Athènes en 2004, Paris le 4 juillet 2001.

Personnalité, fonction : BUFFET Marie-George.

FRANCE. Ministre de la jeunesse et des sports

Circonstances : Réception d'une délégation aux Jeux Olympiques d'Athènes en 2004 à Paris le 4 juillet 2001

ti : Mesdames les Ministres,
Mesdames, Messieurs les ambassadeurs et représentants des gouvernements,
Mesdames, Messieurs les élus
Mesdames, Messieurs les représentants du Comité national olympique et sportif français et du Mouvement sportif,
Mesdames, Messieurs,


Je veux tout d'abord vous remercier très sincèrement d'être présents si nombreuses et si nombreux aujourd'hui, pour marquer ainsi notre attachement aux valeurs de l'olympisme et exprimer, dans ce cadre, notre volonté commune qu'une délégation afghane composée de femmes et d'hommes défile sous le drapeau olympique aux prochains jeux d'Athènes en 2004.

En formulant cette proposition en avril dernier, mon désir était d'offrir une occasion de solidarité concrète avec les femmes afghanes maintenues depuis trop longtemps sous le joug des talibans.

Les bouddhas venaient d'être dynamités et les médias donnaient à entendre le bruit de ces démolitions. Il m'a semblé alors que le fracas des pierres devait aussi nous rappeler le silence dans lequel, depuis plusieurs années déjà, les femmes afghanes sont privées de toute humanité.

Il m'est apparu également qu'il nous fallait être nombreuses et nombreux à agir ici pour que là-bas, ils sachent et elles sachent qu'on ne les laisserait pas seules plus longtemps, prisonnières dans leur propre pays.

J'étais convaincue que cet appel trouverait écho. Votre présence nombreuse et diverse en est la preuve.

Il en est d'autres : en trois mois seulement plus de 10 000 femmes et hommes ont déjà exprimé le souhait que soit honoré ce rendez-vous d'Athènes.

De nombreuses personnalités du monde du sport et de la culture figurent parmi ces signataires. Et je tiens à les remercier très chaleureusement d'avoir souhaité associer leur nom et leur renommée à cette action de solidarité, de générosité, j'allais dire tout simplement d'humanité.

La pratique du sport est, en effet, un droit de l'homme, et pour vous aussi, j'en suis convaincue, les droits des femmes valent les droits de l'homme.

Cette mobilisation continue de grandir dans notre pays grâce aux associations, aux clubs et aux fédérations sportives qui, s'emparant de cet appel, le font signer à leur tour.

Et déjà, d'autres initiatives sont prises. J'ai par exemple le plaisir de vous annoncer qu'en partenariat avec le Ministère, plusieurs associations et fédérations sportives ont décidé d'organiser un relais sport et culture en octobre à Paris.

Mais la mobilisation dépasse désormais nos frontières. Monsieur Juan Antonio Samaranch, président du Comité International Olympique m'a ainsi fait savoir son intérêt pour cette proposition dont il a saisi la commission " femmes et sport " du CIO.

Le 27 juin dernier, à l'occasion de la désignation de la France à la présidence de la prochaine conférence européenne " femmes et sport ", plusieurs participantes et participants à la rencontre de Tallin, en particulier les femmes de Grèce, m'ont fait savoir leur volonté de prendre, dans leurs pays respectifs, le relais pour qu'une délégation afghane mixte participe à Athènes 2004.

Je sais aussi l'attachement à la place des femmes dans le sport dont témoignent mes homologues de la Belgique qui vient de prendre la présidence de l'Union européenne.

Et je remercie Monsieur le Délégué général de la Communauté française de Belgique d'être présent parmi nous aujourd'hui, avec les ambassadeurs d'autres pays.

Je suis convaincue également que de nombreuses femmes et hommes d'autres pays se mobiliseront après avoir regardé l'exposition que j'ai le plaisir de vous inviter à découvrir aujourd'hui. Elle sera, en effet, présentée dans les grands évènements sportifs internationaux qui vont se dérouler cet été notamment à Ottawa, Edmonton, Pékin et Tunis.

Je le disais voici quelques instants, toutes et tous à notre manière, nous entendons porter les valeurs de l'olympisme qui bannit toute discrimination à l'égard d'une personne, que ce soit pour des raisons raciales, religieuses, politiques, de sexe ou autres.

Nous le savons aussi, l'intervention des femmes et des hommes a toujours été indispensable pour que ces valeurs qui portent aussi la candidature de Paris aux Jeux de 2008, soient pleinement mises en ¿uvre.

De ce point de vue, un long chemin a été parcouru depuis le premier marathon olympique d'Athènes en 1896. Tandis que le comité d'organisation refusait alors d'inscrire des femmes, deux sportives, l'une grecque originaire de Corfou, l'autre venue de Syros, décidaient de braver l'interdit et de courir le marathon.

Le geste de ces pionnières n'est pas resté vain, même s'il a fallu attendre un siècle pour que les femmes soient admises dans cette épreuve.

Entre temps, les choses avaient cependant fort heureusement bougé dans d'autres disciplines.

Si en 1900, six femmes seulement ont pu participer aux jeux Olympiques sur plus de 1000 athlètes, l'an dernier à Sydney, on comptait 38 % de sportives parmi les participants.

Ces jeux étaient marqués par une autre avancée d'importance : en Australie, il n'y avait plus que 9 délégations ne comportant aucune femme, contre 26 aux Jeux d'Atlanta.

Et de nouvelles avancées sont régulièrement enregistrées. C'est avec une grande satisfaction que j'ai reçu comme vous l'information selon laquelle des députés iraniens se mobilisent pour demander l'ouverture des stades aux femmes.

À tous ceux qui en doutaient, une évidence s'est désormais imposée : les femmes sont une richesse pour le sport lui-même. Les médailles dont elles le décorent, lui offrent de nouveaux horizons.

Mais le sport est aussi une source de rêves, de plaisir, de bien être et d'épanouissement dont personne, hommes ou femmes, jeunes ou moins jeunes, ne doit être privé.

Les stades sont des espaces de libération de l'être, d'échanges véritables, de solidarité et de générosité.

Je suis sûre que, tous ensemble, nous pouvons faire en sorte qu'aucun voile ne plane sur Athènes. Et je crois vraiment que, libérées du tchadri aveuglant, des athlètes afghanes pourront, en compagnie de sportifs afghans, défiler en pleine lumière sous les couleurs olympiques.

Je vous remercie de votre attention.


(Source http://www.jeunesse-sports.gouv.fr, le 3 août 2001

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