Interview de Mme Michèle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, à RMC le 5 juillet, sur la suppression éventuelle des fonds spéciaux et sur la capacité de la France de maintenir son rang de première destination touristique mondiale. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Michèle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, à RMC le 5 juillet, sur la suppression éventuelle des fonds spéciaux et sur la capacité de la France de maintenir son rang de première destination touristique mondiale.

Personnalité, fonction : DEMESSINE Michelle, LAPOUSTERLE Philippe.

FRANCE. SE au tourisme

ti : M. DEMESSINE

RMC - 7h50

Le 5 juillet 2001

P. Lapousterle - Avant de parler des questions de tourisme, qui font de la France la première destination touristique mondiale - avec plus de 75 millions de touristes l'an dernier, qui crée, en France, plus de 2 millions d'emplois, directs ou indirects -, quelques mots sur l'actualité politico-judiciaire. Sans aborder le processus judiciaire qui va suivre son cours, est-ce que cette fameuse affaire de billets d'avion - payés en liquide, à hauteur de 2,5 millions de francs, en deux ans et demi, pour des voyages privés par l'actuel Chef de l'Etat qui était alors maire de Paris - mérite-t-elle que le Président de la République s'explique devant le citoyen ? Je ne parle pas de l'affaire judiciaire.

- "Je n'ai pas l'habitude de commenter les décisions de justice. Je crois que la décision lui revient. C'est chacun devant sa conscience, je ne voudrais pas donner de leçon au Président de la République."

Quand les citoyens ont envie d'explications, est-ce leur droit ?

- "Tout à fait."

Les défenseurs de Chirac attaquent les juges en les accusant de mener une opération politique, pensez-vous que c'est vrai ? Les juges font-ils simplement leur travail dans cette affaire ?

- "Je crois que les juges font leur travail. La justice suit son cours, c'est normal."

Cela fait quatre ans que le Gouvernement est en place, quatre ans que vous êtes ministre aussi. Pourquoi le Premier ministre a-t-il attendu hier pour demander un rapport sur les fameux fonds secrets, dont à votre place, vous profitez aussi ? Cela aurait pu se faire avant ...

- "Peut-être, mais je pense que c'est une sage décision de vouloir changer un système qui existe depuis 40 ans. Le problème ne s'est peut-être pas posé avec autant d'acuité avant, on a beaucoup travaillé pendant quatre ans, ce n'était pas le sujet prioritaire. C'est bien qu'on le fasse."

Quand L. Jospin a dit "que ces fonds avaient été gérés avec une attentive rigueur" cela a-t-il été votre cas pour ce qui concerne les fonds dont vous disposez ?

- "Parfaitement."

"Attentive rigueur" ?

- "Bien sûr, c'est de l'argent public. Il faut y penser en l'utilisant."

Et vous, vous ne craignez rien par rapport à ce que vous avez fait des fonds publics ?

- "Je crois que tout le monde connaît l'attitude des communistes face à l'argent et face à l'argent qui vient du mandat électif. Je reverse une partie de mon salaire de ministre à mon Parti. Les moyens dont je dispose sont les mêmes qu'un salarié hautement qualifié. Cela me convient parfaitement."

Vous ne seriez pas contre la suppression des fonds secrets, une fois pour toutes ?

- "Non."

Tourisme : la France était donc la première destination touristique mondiale, l'an dernier. Est-ce que ce premier rang va être conservé cette année, pour 2001, et dans les années qui viennent ? Est-on en capacité de tenir ?

- "Actuellement oui, puisqu'il y a 20 millions de différences par rapport au deuxième. Dans l'avenir et d'ici 30 ou 40 ans, je ne peux pas vous répondre, parce qu'on est dans une période de croissance mondiale du tourisme qui est fabuleuse. On annonce le doublement et le triplement des flux touristiques mondiaux d'ici à 20 ans. Il y a des régions au monde qui n'ont pas développé de tourisme, et je pense particulièrement à l'Asie qui commence. Le jour où elle s'y mettra vraiment, compte tenu du nombre d'habitants qu'il y a sur cette région ..."

On avait dit à un moment que c'était un miracle : c'était la Coupe du monde, après ceci, cela. On avait toujours annoncé des raisons un peu particulières pour justifier que la France soit la première au monde. C'est pour cela que je vous posais la question de savoir si cela pouvait continuer ?

- "Cela peut continuer encore un moment, parce que la France est assez exceptionnelle en matière touristique. Elle est très professionnelle en matière touristique."

Cela n'a pas toujours été le cas. Je me souviens, il y a quelques années, on l'attaquait précisément sur ce point.

- "Oui, mais de plus en plus, il y a un professionnalisme qui se développe, parce que l'enjeu du tourisme, c'est la qualité, chacun le sait. Quand on se rend dans un site touristique on a envie d'être bien accueillis, bien reçus, d'avoir des prestations de qualité. Si on veut retenir le touriste et le faire revenir, je crois que c'est un des moyens. Ensuite, la France est exceptionnelle par sa culture, son histoire, par le fait qu'il y a une grande diversité des tourismes, sur l'ensemble du territoire il y a du patrimoine. Et puis, la France est bien située au coeur de l'Europe ; pour aller dans un autre pays il faut nous traverser et quand on a traversé la France on a envie d'y revenir car elle est belle partout."

Est-ce que l'Erika, les côtes bretonnes, c'est de l'histoire ancienne ?

- "Oui, c'est un mauvais souvenir. Je trouve cela formidable, je n'y croyais même pas personnellement. : la saison qui s'annonce sur le littoral Atlantique... "

Sera comparable à celle d'avant l'Erika ?

- "Oui, à peu près semblable à 99. Les touristes sont revenus, les plages sont très propres. Plus de 23 ont obtenu le Pavillon bleu, ce qui est quand même un bon signe."

A propos de Pavillon bleu il y a eu quelques revers. Quelques plages éminentes, en France, n'ont pas eu le Pavillon bleu.

- "Le Pavillon bleu, c'est un progrès. Tout le monde ne l'a pas, c'est un label, une marque de reconnaissance d'une grande qualité. Beaucoup aspirent au Pavillon bleu et pour cela il faut travailler, il faut répondre à un certain nombre de critères. C'est une marque d'excellence."

Tout le monde en France ne bénéficie pas du tourisme ? Cela concerne une personne sur deux ...

- "Cette année, on a une progression puisqu'on a plus de 3 % de Français qui partiront en vacances, selon nos enquêtes. Mais il en reste encore, c'est donc la raison pour laquelle il faut une politique sociale du tourisme. C'est ce que je fais depuis quatre ans, avec des outils d'aide au départ qui permettent aux Français qui ont une difficulté à partir de pouvoir être encouragés à le faire."

(source http://sig.premier-ministre.gouv.fr, le 5 juillet 2001)

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