Déclaration de Mme Michèle Alliot-Marie, présidente du RPR, sur le bilan de l'action gouvernementale, celui de J. Chirac et la volonté du RPR de donner une finalité nouvelle à la vie politique en préparant l'avènement d'une "société de confiance", Quimper le 2 septembre 2001. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Michèle Alliot-Marie, présidente du RPR, sur le bilan de l'action gouvernementale, celui de J. Chirac et la volonté du RPR de donner une finalité nouvelle à la vie politique en préparant l'avènement d'une "société de confiance", Quimper le 2 septembre 2001.

Personnalité, fonction : ALLIOT MARIE Michèle.

FRANCE. RPR, président

Circonstances : Université d'été des Jeunes RPR à Quimper (Finistère), les 1er et 2 septembre 2001

ti : Chers compagnons, chers amis,


Dans huit mois la Présidentielle. Dans dix mois les Législatives. C'est dire qu'en juin prochain, l'avenir - je dirais même le sort - de la France sera joué pour cinq ans.

Voilà qui explique une bonne part du concert cacophonique des prises de positions personnelles, de l'agitation médiatique et les habituels coups fourrés propres aux périodes préélectorales.

L'essentiel n'est pas là. L'essentiel c'est de savoir quel idéal, quels principes, quelles méthodes, quelles équipes, décideront de la marche de la France, et donc de l'avenir des Français.

En regardant Lionel Jospin mardi soir dans son intervention télévisée, je n'avais vraiment pas envie de le voir à la tête de la France. D'abord, je me suis ennuyée profondément. Surtout, quand je ne m'ennuyais pas, j'ai été frappée par son manque
de lucidité. Ou il n'a vraiment rien compris aux interrogations et aux inquiétudes des
Français, ou il est atteint d'un narcissisme triste et pathétique.

Satisfait de lui-même, il considère que tout va bien et qu'il suffit de continuer. L'insécurité augmente de 12% sur les six premiers mois de 2001 ? Pas de problème,
on va réunir les préfets et les procureurs à Paris et tout s'arrangera.

En Corse, on assassine et on pose toujours des bombes ? Pas de problème, on continue le processus de Matignon comme si de rien n'était.

La croissance fléchit et les plans sociaux se multiplient ? Pas de problème, ça ne vaut même pas la peine d'en parler ou de s'adresser aux licenciés.

Les 35 heures obligatoires conduisent les PME et les hôpitaux à l'impuissance ? Pas de problème. Pour les premières, le Premier ministre promet un assouplissement, sans préciser lequel. Pour les seconds, il annonce des milliers de postes sans penser bien sûr qu'il faut trois ans pour former une infirmière, sept ans pour un médecin.

Lionel Jospin passe son temps à être content de lui. Dans une autosatisfaction constante, il présente son bilan aux Français. Il ferait mieux de leur présenter des excuses¿

Des excuses pour les réformes nécessaires et pas réalisées malgré leur urgence :celles de l'Etat, de l'Ecole, des retraites, de la fiscalité¿

Des excuses pour les mesures qui les découragent, qui limitent leur libre choix,qui ont gelé leur pouvoir d'achat.


[[A L''HEURE DES BILANS]]

Il serait faux de dire que le Gouvernement n'a rien fait.

Par crainte de mécontenter les composantes d'une gauche autrefois plurielle et aujourd'hui disloquée, des réformes nécessaires ont été gelées.

Mais, même si c'est au détriment de la France, les réformes promises à son électorat ont été globalement mises en ¿uvre.

Sachons le reconnaître, nous qui n'avons pas toujours, par le passé, mené une politique conforme à nos engagements.

C'est un fait. Aujourd'hui, les 35 heures avec leur aberrante obligation, les emplois jeunes, même sans avenir, la retraite à 60 ans, même sans garantie de paiement des pensions, sont inscrits dans la loi.

Il faut dire que les socialistes affectionnent la régulation, la réglementation, lacontrainte¿ La contrainte mais aussi la démagogie car, il faut le savoir et le dire, le financement des principaux engagements du Gouvernement n'est pas assuré pour 2002, encore moins pour après.
35 heures, retraites, aide aux personnes âgées dépendantes, emplois jeunes, ce sont des dizaines de milliards qui ne sont pas gagés budgétairement.

Il est plus facile de céder sur le court terme que d'assurer financièrement les promesses et engagements. Et tout cela alors que nous aurons connu des années d'exceptionnelle croissance.

Aujourd'hui les chiffres du chômage sonnent le réveil sur une dure réalité. Ce Gouvernement, qui attribuait la croissance à sa méthode économique, nous laisse bien dépourvus devant le retournement de conjoncture. Décidément ces années resteront dans l'histoire de notre économie comme celles des occasions perdues !

Lionel JOSPIN, derrière son masque de fourmi austère, cache une cigale dépensière !

Voulons-nous pendant les cinq prochaines années ces mêmes méthodes, ces mêmes équipes, cette même autosatisfaction pour gérer la France ? Non, merci ! Non Monsieur JOSPIN !

La France ne peut pas être gouvernée sur le modèle Feydeau et ronds de cuir, revu par Jaurès et Blum, mâtiné de Karl Marx ou peut-être de¿Trotski.

Non, la France ne peut pas être conduite, l'¿il fixé sur le rétroviseu ridéologique du XIXème siècle.

Alors, bien sûr, certains nous demanderont : " Et de votre côté ? Quel est le bilan du Président de la République ? ".

Le bilan de Jacques CHIRAC, parlons-en. Moi, je peux vous en parler, sans fard ni paillettes.

Si le Gouvernement n'a pas su utiliser des opportunités historiques pour améliorer la vie quotidienne des Français comme c'était son devoir, le Chef de l'Etat ,lui, a rempli pleinement le triple rôle que lui assigne la Constitution :

- Représentant notre pays à l'étranger, il a su faire entendre la voix de la France, de la France qui gagne, de la France qui pèse sur l'échiquier international. Et cela, les Français le savent et le reconnaissent. Il a su faire avancer l'intégration européenne pour assurer l'avenir de la France.

- Chef des armées, il a décidé et mis en ¿uvre cette " armée de métier " que celui que l'on appelait encore le Colonel de Gaulle, appelait de ses v¿ux. C'est le Président de la République qui a mis fin à la conscription. Les garçons qui m'écoutent le savent bien.


- Enfin, garant du fonctionnement des institutions, il a assuré leur continuité malgré les difficultés d'une cohabitation longue et tendue. Il a amorcé leur modernisation par l'instauration du quinquennat. Il a montré la voie de leur évolution en appelant à la décentralisation et à l'expérimentation.

Oui, si quelqu'un a rempli son contrat avec les Français, c'est bien Jacques CHIRAC. Nous, qui le soutenons, nous pouvons en être fiers.

Voilà qui est bien gênant pour ceux qui voudraient à bon compte le disqualifier avant la compétition. Voilà qui explique les faux procès, les fausses procédures, les attaques personnelles, les tentatives répétées de déstabilisation.

Nous ne nous laisserons pas entraîner vers cet abaissement du débat politique. Nous, nous avons un idéal pour notre pays.

Ce qui doit nous mobiliser dès à présent, c'est la France, la France que nous aimons, la France grande et généreuse, la France dont nous sommes fiers, la France dont nous voulons accompagner l'avenir pour les cinq prochaines années.

Après un nouveau choix clair des Français, il faudra avoir le courage d'accomplir des réformes majeures qui rompront avec les pratiques antérieures, y compris les nôtres. Il faudra savoir répondre vraiment à l'attente des Français.

Ces réformes profondes, je veux les inscrire dans une méthode politique nouvelle
(I). Je souhaite leur donner avec vous une finalité nouvelle (II).

Cette finalité, c'est l'avènement d'une " société de confiance ".

Confiance, le mot peut paraître banal. Mais devant l'état de dégradation des relations sociales, devant le sentiment d'inquiétude et d'incertitude des Français, l'idée neuve, la clé d'un avenir, c'est la confiance.

C'est la voie que nous avons à tracer.

Et, dans l'élaboration de cette politique de confiance, de cette stratégie de confiance, pour cette société de confiance, je veux faire prendre toute sa place au RPR.

Et vous allez nous y aider ! La route ne sera pas facile. Il faudra vaincre le
scepticisme. Il faudra du courage.

Il faudra de l'obstination. Vous en avez. Nous en aurons ensemble !

Il faudra vaincre le scepticisme des Français. Ils doutent, peut-être à juste titre, des hommes politiques. Ils ont le sentiment que les convictions des dirigeants en place s'effacent trop souvent au profit d'une gestion sans ligne directrice, dictée par la contrainte internationale, sans idéaux, sans âme.

Ils ont le sentiment que les ambitions de ceux qui aspirent à diriger gommaient trop souvent chez eux toute conviction, tout courage ou tout bon sens.

Nous les connaissons tous, ces travers et ces petitesses de la vie politique. Et moi, je sais que ce n'est pas pour cela que vous êtes ici.

Ce n'est pas pour cela que vous vous êtes engagés.

Ce n'est pas à cela que vous consacrez vos loisirs et vos énergies ! Je sais que vous avez les convictions, le courage, le bon sens.

Notre projet avance. Il ne sera pas porté par quelques individualités plus soucieuses de se distinguer dans les médias que de répondre aux attentes des Français.Il est celui d'une équipe, formée de milliers de Français, représentant toute la riche diversité de la France.

La méthode que j'ai voulue pour son élaboration est celle de l'écoute et du débat : écoute de nos militants, de nos électeurs à travers tout le pays, débat avec nos partenaires, les experts, les représentants des forces syndicales, patronales et des professions libérales.

C'est ainsi en écoutant, en associant à notre débat, en faisant participer à notre réflexion que nous vaincrons le scepticisme.

Merci à tous ceux qui y ont contribué et qui y contribueront encore sous l'efficace animation de Jean-François COPE.

Avec vous les jeunes, je veux :

Que cette campagne ouvre de nouvelles pratiques politiques ! Que cessent enfin la langue de bois, les filets d'eau tiède, la pensée unique ! Que nous épargnions aux Français la démagogie et les promesses irréalisables !


Il faudra du courage. Celui d'affirmer notre idéal de société, nos idées. Notre projet ne sera pas timoré, je vous le dis depuis longtemps, et j'en suis de plus en plus persuadée en le voyant s'élaborer dans les forums et toutes nos séances de travail. Les premiers éléments qui ont été approuvés par le Conseil National de juin en attestent. Il y a de la matière vraie. Ca bouge ! Ca bouscule les habitudes ! Et vous, ici, vous en avez bousculé encore plus.

Nous voulons pour notre Nation une politique durable qui assure une modernisation réelle de la France, une préparation solide de l'avenir.

Il faudra faire partager à chacun notre envie, notre conviction.

Il faut remédier à cette défiance qui mine les rapports entre les citoyens et les institutions, entre les électeurs et le monde politique, entre les Français eux-mêmes.

Il faut trouver avec la confiance une façon nouvelle de vivre.

Une société de confiance, qu'est ce que c'est ? C'est celle dans laquelle on n'a pas peur de se promener dans la rue ; dans laquelle on envisage son avenir avec sérénité et optimisme ; où je sais que l'école de mes enfants leur permettra de préparer leur vie professionnelle ; où je sais ce que seront demain ma protection sociale et ma retraite. Les chemins de la confiance sont à inventer.

Les Français doivent retrouver confiance en l'Etat, l'Etat doit à nouveau faire
confiance aux Français.

Les Français doivent retrouver confiance dans un Etat qui leur garantisse
une France plus sûre.

A la hausse de la délinquance qui atteint les 10 % au premier semestre, nous répondons par la mise en place des conditions d'une tolérance zéro. Elle aura d'ailleurs une valeur autant pédagogique que répressive.

Face au découragement impuissant des victimes, nous apportons le principe de la réparation obligée, rapide, visible, par le délinquant du dommage subi.

La sécurité au quotidien et dans la proximité est la condition première de la confiance et de la liberté.

C'est pourquoi nous insistons sur le rôle primordial des élus locaux et notamment des maires dans la prévention, mais aussi dans la lutte contre la délinquance.

Seule une telle action de terrain peut recréer, ville par ville, quartier par quartier, la confiance.

Parce que l'inquiétude et la défiance ont envahi tout le champ de la vie des Français, donner confiance suppose de prendre en compte les besoins nouveaux de sûreté.

Les Français ont besoin d'être rassurés sur leur santé, sur les conditions dans lesquelles ils seront soignés, comme sur la protection contre ce qui pourrait y porter
atteinte.

La qualité de l'air, de l'eau, des aliments, le cadre de vie, sont autant de défis auxquels nous devons répondre avec audace et détermination.

Il faut que les Français puissent faire confiance à l'Etat, mais ouvrir de nouvelles voies à la confiance, c'est aussi conduire l'Etat à faire confiance aux
Français.

Les Français n'ont pas besoin d'un tuteur qui, à chaque instant, leur dit ce qu'ils doivent faire. Il faut leur redonner le libre choix des décisions qui les concernent.

A la contrainte des 35 heures obligatoires pour tous, même pour ceux qui voudraient travailler plus, à l'obligation d'une retraite à 60 ans, même pour ceux qui ont envie de continuer à être actifs, nous devons substituer la liberté de choix. Il faudra donc nécessairement assouplir le carcan rigide des 35 heures ; et pas du bout des lèvres, Monsieur le Premier Ministre ! C'est pourquoi, dans notre projet ,nous proposons toute une série de mesures pour leur garantir le libre choix du moment de leur retraite, de la gestion des temps de leur vie et la constitution de compléments retraite par répartition en déduction des impôts.

Arrêtons de mettre à l'index ceux qui choisissent l'effort et ceux qui veulent travailler pour réussir. Ceux qui s'engagent, ceux qui créent, travaillent aussi pour les autres !

Non, le travail n'est pas nécessairement le lieu de la contrainte et de l'opposition des classes, c'est aussi le cadre de la participation et de l'épanouissement de l'homme. Sachons le dire sans honte !

Ce goût du travail, l'Etat ne doit pas le décourager. Sachons créer les conditions d'une juste reconnaissance du mérite et des efforts, que ce soit dans l'entreprise ou
dans la société : prime, promotion, évaluation, mais aussi allégement du poids fiscal à moins de 50 % des revenus, pour qu'il ne soit plus confiscatoire.

Il faut que chacun sache ce que son travail lui apporte. Le prélèvement à la source doit permettre cette mesure ; le rétablissement complet de l'AGED pour que l'on cesse de pénaliser les femmes qui ont envie d'exercer une activité professionnelle.

De même, Nicolas, notre projet reconnaît bien l'envie que chacun de nous a de transmettre quelque chose à ses enfants sans que l'Etat les oblige à vendre la maison ou l'appartement pour payer les droits de succession.

Oui, mes chers Compagnons, j'en ai le sentiment profond, les Français veulent retrouver confiance dans un Etat qui leur garantisse une France plus sûre ; ils veulent que l'Etat leur fasse à nouveau confiance en allégeant leurs contraintes pour vivre dans une France plus libre respectueuse de leurs aspirations et de leur travail ; ils veulent aussi retrouver un lien de confiance entre eux, afin de constituer à nouveau une Nation, une France plus juste.

Nos adversaires politiques sont avant tout des adversaires idéologiques. La gauche est obsédée par les catégories, par les classes, par le communautarisme, par les avant-gardes éclairées. Nous, nous voulons une France unie. Nous voulons en finiravec les divisions entre les Français. Nous voulons rassembler.

Nous refusons d'opposer entre eux les Français rangés dans des catégories.

Nous préférons l'individu à la catégorie,
Nous préférons la confiance à la coercition.
Nous préférons la Nation unie à l'assemblage des communautarismes.

Pour nous, la France est elle-même quand elle est fraternelle ! En reconnaissant à chacun sa place, sa dignité, nous construisons la Nation. Cette France de la confiance, cette France de la cohésion nationale, doit aussi être une France juste.

Voilà la France que nous proposerons aux Français.

Notre projet repose sur ces convictions solides, historiques, volontaristes, qui furent toujours les nôtres.

En cette période de grands changements planétaires, nos valeurs, notre croyance en l'Homme prennent une nouvelle acuité. Le gaullisme est toujours contemporain des Français !

Nous croyons en l'homme qui doit pouvoir construire son destin, personnel et
collectif, dans la Nation.

Nous devons être soucieux de la cohésion nationale.

Oui, portons ensemble ces valeurs. Pour les faire triompher au-delà de nous mêmes,
au-delà de l'union de l'opposition qui veut gagner les élections législatives, c'est vers tous les Français, que nous devons nous tourner dans les semaines et les mois qui viennent.

Le monde change, les Français changent. Nous devons leur proposer un choix de société, c'est notre raison d'être.

Ce choix de société va s'incarner pour cinq ans dans le choix d'une personne.

Il nous revient, avec d'autres, mais plus que d'autres aussi, de préparer cette échéance. Nos travaux, notre énergie et notre ferveur sont destinés à celui dont nous appelons la candidature de nos v¿ux. De toute la France, me revient comme un écho l'annonce dans toutes nos communes, dans tous nos départements, dans toutes nos régions, de comités pour sa candidature.

Sa décision lui appartient, il est maître de son temps. Nous, nous sommes, nous serons prêts. Avec vous, avec votre énergie, avec celle de nos cadres sur tout le territoire, de nos élus, de l'équipe dirigeante du Mouvement, notre parti, son parti, le Rassemblement Pour la République, est en campagne pour l'Alternance !

J'étais pleine d'énergie en arrivant.

Après vous avoir écouté, je suis, en repartant, encore plus confiante : confiante en l'avenir, confiante en nos idées, confiante en notre action, autour de Jacques CHIRAC pour la France.


(Source http://www.rpr.org, le 5 septembre 2001)

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