Interview de Mme Michelle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, à France 2 le 21 août 2001, sur un premier bilan touristique de l'été 2001 et sur les mesures en faveur des salariés saisonniers. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Michelle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, à France 2 le 21 août 2001, sur un premier bilan touristique de l'été 2001 et sur les mesures en faveur des salariés saisonniers.

Personnalité, fonction : DEMESSINE Michelle.

FRANCE. SE au tourisme

ti : T. Hay Pour beaucoup, c'est la rentrée, le moment est donc venu de dresser un premier bilan de la saison touristique. La saison touristique a-t-elle été bonne ou mauvaise ?

- "Nous allons avoir à nouveau un bon cru pour l'année 2001. La saison estivale montre que la tendance à la progression se confirme, ce que nous vivons déjà depuis 1997 puisque nous avons eu un taux de croissance de plus de 12 %. Cette année, selon une enquête que nous avons menée auprès des offices du tourisme jusqu'au 20 août - puisque la saison n'est pas encore terminée - , la situation est en hausse pour 44% des sites, c'est-à-dire qu'ils ont reçu plus de touristes. Pour 35 %, c'est une bonne stabilité et seuls 21 % des sites nous disent que c'est en baisse."

Est-ce que l'on observe un changement des comportements des Français pendant leurs vacances ?

- "Effectivement, je crois que cette année a montré une tendance forte qui se confirme dans le comportement de nos concitoyens mais aussi des visiteurs étrangers : le mois de juillet a démarré plus tardivement. C'est dû à une mauvaise météo et essentiellement aux effets de la réduction du temps de travail. On prend ses vacances toute l'année. D'ailleurs, le mois de mai et le mois de juin ont été des vrais mois de saison touristique."

Il n'y a plus seulement le mois d'août, il y a une avant-saison, on prend ses vacances quand on veut maintenant.

- "Beaucoup plus en tout cas."

Est-ce que ce sont des touristes américains, britanniques, italiens, qui viennent nous voir pendant l'été ?

- "Cette année, il y a encore eu une augmentation de la fréquentation des visiteurs étrangers. Les nationalités les plus significatives cette année sont les Britanniques qui sont vraiment revenus en force - ils nous avaient un peu délaissé avec l'Erika - mais aussi les Belges et les Néerlandais. Par contre, on observe une baisse un peu continue depuis quelques années de la clientèle allemande. Les visiteurs étrangers d'Amérique du Nord et du Sud et du Japon sont en légère augmentation. "

La tendance cette année, ce fut la mer, la montagne ou la forêt ?

- "La grosse tendance, c'est le sud parce que les touristes sont de plus en plus mobiles et bougent selon la météo. En même temps, on constate aussi une demande plus importante de nature, + 13 % selon les offices du tourisme, et un bond de 15 % de la randonnée. Les touristes demandent aussi des loisirs pour les enfants. Ce sont des grandes tendances qui se confirment."

La répartition du tourisme, n'est-ce pas un problème ? Paris est très visité par rapport à la Creuse ou d'autres départements, est-ce qu'il n'y a pas moyen d'équilibrer un petit peu plus, est-ce l'un de vos soucis à l'avenir ?

- "Bien sûr, nous souhaitons une meilleure répartition sur l'ensemble du territoire ; je crois que cela donnerait une fréquentation plus harmonieuse. Cela reste difficile en ce qui concerne la saison estivale, puisque les vacanciers recherchent souvent le soleil. Je crois que pour les régions qui souffrent d'ailleurs d'avantage de la saison estivale, il y a à réfléchir une offre touristique plus structurée sur l'ensemble de l'année. Ce qui est en pointe actuellement toute l'année, ce sont les courts séjours et je crois qu'il y a beaucoup à attendre, pour les régions qui ont plus de difficultés sur la saison estivale, dans le fait d'offrir une offre touristique attractive, tout au long de l'année, pour les grands week-end, notamment depuis la RTT."

Est-ce que les accidents survenus durant les loisirs ont été en augmentation cette année ?

- "Non, je ne crois pas qu'il y ait une augmentation. Malheureusement, c'est le lot de toutes les années. Je pense aux familles qui subissent¿"

Les chiffres sont-ils constants ?

- "Je pense. On a quand même un dispositif de sécurité qui est très important sur le territoire, tous les ministères sont mobilisés. Malheureusement, il arrive toujours des accidents."

Début 2000, le Gouvernement a pris 15 mesures pour augmenter les droits sociaux des saisonniers et leur faciliter l'accès à un logement. Mais cet été, il y a eu des gros problèmes avec des restaurateurs qui, il faut bien le dire, exploitent les jeunes. Est-ce que vos services multiplient les contrôles ? Comment faire pour éradiquer ce phénomène à l'avenir ?

- "Ce n'est pas une nouveauté. Ce que je voudrais réaffirmer - ce n'est pas inutile - c'est que le droit du travail s'applique aux salariés saisonniers du tourisme comme à tous les autres salariés . Depuis l'annonce de ces 15 mesures, nous avons renforcé les contrôles de l'Inspection du travail sur l'ensemble du territoire, cela donne des résultats. Je pense à l'année dernière, par exemple, où nous avons eu de gros problèmes à Lourdes. Cette année, grâce à un travail important des services du travail, la saison s'est déroulée dans de meilleures conditions de respect du travail. Plus généralement, je pense que les quinze mesures sont en train de se mettre en place ; c'est un travail de longue haleine. Il faut dire que c'est un changement de culture puisque tout le monde considérait que comme c'était une activité aléatoire, le travail aussi pouvait être aléatoire. Il y a encore beaucoup de vents contraires dans l'avancée de ces mesures mais elles avancent. Je peux annoncer déjà plus de 100 actions pour améliorer les conditions de vie et le travail des salariés sur 10 département, l'ouverture de trois maisons de saisonniers, et plus d'une dizaine aujourd'hui en projets. Il y a des actions dans le domaine de la formation, il y a aussi des actions dans le domaine du logement, qui est un très gros problème. Le logement des saisonniers est un des problèmes les plus importants que nous avons à gérer et les mesures qui ont été annoncées il y a deux ans commencent à se mettre en place sur l'ensemble du territoire."

En chiffre d'affaires, le tourisme en France représente quel montant aujourd'hui ?

- "770 milliards de francs."

(Source http://sig.premier-ministre.gouv.fr, le 22 août 2001)

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